L’anticonformisme conformiste

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« Antisocial, tu perds ton sang froid », comme se disait dans une chanson de ma génération. Aujourd’hui, c’est l’anticonformisme conformiste.

Dans les années 80, nous n’avions pas Internet, les téléphones portables, les iPad & Co, la Wi-Fi, le Bluetooth, le GPS, etc. Nous avions les disques vinyles, le Walkman, pas toujours auto-reverse, un bic avec lequel nous remettions la bande de la cassette en place qui se déroulait à force d’usage. Nous nous servions du guide Michelin sur lequel nous tracions l’itinéraire de nos vacances. Nous avions des pièces de monnaie au fond des poches qu’il nous arrivait de faire tomber dans la cabine téléphonique. Dans des villages, il y avait même encore un standard téléphonique à la Poste. Nous avions les speakerines, la petite chenille de FR3, le club Dorothée, Albator, Capitaine Flam, Maya l’abeille, l’Agence tous risques, Starsky et Hutch… Nous avions les magnétoscopes et cassettes VHS et nous avons vu naître le CD « inusable ou presque », comme nous disait Patrick Poivre d’Arvor. Nous n’avions pas le modernisme d’aujourd’hui, mais celui de notre époque.

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À l’adolescence, nous nous réunissions dans notre café préféré qui devenait notre QG. Certains jouaient au flipper ou au baby-foot. D’autres avaient des cartes pour jouer au Tarot ou à la Belote. Nous échangions aussi des conversations au cours desquelles nous refaisions le monde. Nous partagions nos différences culturelles, religieuses, sans haine, ni distinction de couleur de peau. Nous étions la génération Benetton. Nous allions le soir chez l’un ou chez l’autre, où les parents avaient élu domicile à l’étage afin de nous laisser nous amuser, mais tout en ayant l’œil sur nous. Nous mangions des crêpes faites maison, des pâtes à la carbonara ou autre, un repas pas cher, car nous n’avions pas beaucoup de sous. Nous dansions sur les Démons de Minuit, Indochine, ACDC, ABBA… Nous avions notre premier flirt et premier baiser. Nos premières peines de cœurs et nos désillusions. Nos premières galères et nos vraies colères. Nous étions la génération « désenchantée ».

Nous avons vieilli et nous avons vu le monde évoluer, parfois trop vite. Aujourd’hui, cette évolution qui croît encore et encore est là.

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Il y a les réseaux sociaux sur lesquels beaucoup lâchent leur violence et leur rage. Les téléphones mobiles qui servent à tout sauf à vraiment téléphoner. Il y a Internet pour communiquer, mais peu se parle. Les jeux vidéos ont remplacé les jeux de société. Les normes d’avant se sont plus celles d’aujourd’hui.

Nous voyons une société qui prône l’anticonformisme en remettant tout en cause et qui propose en échange un conformisme extrême. Des filles en tenue sexy se font agresser et traiter comme de la pire espèce. À l’opposé, des filles couvertes quasi de la tête jusqu’aux pieds sont prises en nouveau modèle. Des filles squelettiques déambulent sur des tapis, pas toujours rouges, d’autres affichent leur surpoids sous le prétexte de l’acceptation de soi, alors que les deux parties mettent leur santé en danger. Les hommes sont considérés pratiquement tous comme des harceleurs, des violeurs, des mauvais. Les femmes veulent être perçues comme des modèles de vertus pour soi-disant la défense de leurs droits en imposant leur image selon leur vision.

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En parallèle, des produits toxiques sont créés pour détruire d’autres produits toxiques. Des animaux sont tués pour en protéger d’autres. Des tours d’épuration d’air sortent du sol pour lutter contre la pollution, alors on pollue encore plus. Le « politiquement correct » a été inventé afin de se donner l’impression d’être « politiquement correct » et le « vivre ensemble » pour se sentir moins seul.

Et pour combattre le conformisme d’antan, le nouveau phénomène de mode du « briser les tabous » tend à remplacer le respect par l’impudeur. Des hommes prêts à n’importe quoi pour améliorer leurs performances sexuelles et se rendre plus désirables auprès de la gent féminine. Des femmes qui organisent des défilés de vagins en tissu ou bijoux pour que la femme ne soit plus dite « sexe faible ». Les paparazzi ont vu accroître leur business. Les magazines de la presse people ont poussé comme des champignons.

Nous sommes devenus la génération déséquilibrée…

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