Trump a commémoré le 11 novembre ?

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« Quel c… ce Trump ! », aurait pu être le titre de l’article. Mais restons zen et politiquement correct.

Rétrospective de la commémoration du 11 novembre à Paris ce week-end passé, version Trump.

Invité avec ses homologues européens à participer à Paris aux cérémonies du centenaire de l’Armistice, le Président américain Donald Trump a comme à son habitude marqué sa présence ou plutôt brillé par son absence.

Vendredi 9 novembre. À peine le pied posé sur le tarmac de l’aéroport d’Orly, sans papa ni maman pour lui inculquer les bonnes manières, le petit Donald envoie un tweet visant son camarade Emmanuel : « Le Président français Macron vient de suggérer que l’Europe construise ses propres forces militaires afin de se protéger des États-Unis, de la Chine et de la Russie. Très insultant, mais peut-être que l’Europe devrait d’abord payer sa juste part de l’OTAN, que les États-Unis subventionnent énormément ! »

Il faut dire que Donald n’est pas très fort en Histoire. Après avoir confondu la Syrie avec l’Irak, il a oublié qu’à l’origine, les États-Unis voulaient que les Européens réalisent eux-mêmes d’abord leur défense, craignant qu’une alliance brise le mouvement d’unification de l’Europe. D’ailleurs dans le Traité de l’Atlantique Nord (pour fonder l’OTAN), la volonté que l’Europe prenne en charge sa défense elle-même y est encore présente, et l’article 3 permet aux Américains d’aider au développement militaire de l’Europe afin que celle-ci développe son propre système défensif. La situation internationale évolue après le coup de Prague du . Le est conclue l’alliance militaire du Traité de Bruxelles entre la France, le Royaume-Uni, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg qui préfigure la future Alliance atlantique.

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Samedi 10 novembre. Après son déjeuner avec Emmanuel à l’Élysée, Donald découvre la pluie ! Ça mouille ! Il n’aime pas. Alors en début d’après-midi, il annule son déplacement prévu au cimetière américain de Bois Belleau dans l’Aisne, à une centaine de kilomètres au nord-est de Paris, dont la raison officielle donnée est que « l’hélicoptère du président ne pouvait pas décoller à cause des conditions météorologiques ».

En fait, Donald n’aime pas trop non plus les cimetières, ça lui fait peur…

C’est le chef de cabinet de la Maison-Blanche, John Kelly, général à la retraite du Corps des Marines, son épouse et le secrétaire d’État, Mike Pompeo, qui le remplacent. Jusqu’au dîner avec le couple Macron au Musée d’Orsay, Donald n’ayant donc rien à faire n’a rien fait. Après un si long voyage, il est quand même fatigué et un peu en vacances aussi.

Ben Rhodes, ancien proche conseiller de Barack Obama sur les affaires étrangères, a fait part de sa réaction concernant l’attitude de Donald : « En plus de nos vétérans, c’est une insulte remarquable envers nos alliés qui ont perdu tant de millions de personnes pour voir Trump venir jusqu’en Europe et s’asseoir dans une chambre d’hôtel. »

L’entourage de l’ex-président américain a aussi soutenu cet avis, en relayant une vidéo de 2017 montrant le Premier ministre canadien Justin Trudeau baisser son parapluie en déclarant : « Alors que nous sommes assis ici sous la pluie, en pensant à quel point durant ces minutes nous devons être inconfortables, comme nos costumes sont mouillés et nos cheveux sont mouillés… c’est d’autant plus juste que nous nous souvenons de ce jour à Dieppe la pluie n’était pas la pluie, c’était des balles. »

L’heure pour se rendre au dîner de gala organisé au Musée d’Orsay sonne. Donald et son épouse Melania, s’apprête à quitter l’Élysée en grande pompe, or pas celle que l’on croit. La modeste voiture de Donald, une grosse Cadillac, se met à tousser en laissant sortir de son pot d’échappement une épaisse fumée blanche, comme si un incendie se préparait, qui vient alors enfumer Emmanuel et sa femme Brigitte venus les raccompagner.

Oui, Donald, il est comme ça. Il adore les parfums qui puent. Il n’aime pas l’odeur de la nature. Il n’a rien contre le réchauffement climatique. Au contraire, ça l’arrange, il a tout le temps froid. Et comme il a des problèmes de mémoire, qu’il a ainsi peur que les autres en aient aussi, il a tenu à rappeler qu’il était sorti de l’accord de Paris sur le climat, il y a un an et demi. Ah, ce Donald ! Toujours à penser à ses camarades…

Arrivés au Musée d’Orsay, Donald et Melania se faufilent par l’arrière du Musée pour y entrer afin d’éviter les photographes et les caméras.

« Erdogan, Merkel ou encore le Prince Albert sont présents au dîner de gala offert par le couple Macron. Donald Trump et son épouse ont évité photographes et caméras, ils sont entrés par l’arrière du Musée d’Orsay », a tweeté le journaliste parisien Boris Kharlamoff.

Ça se comprend. Donald est aussi un peu timide. Il n’aime pas trop se montrer. Et comme il pense aux autres, il a préféré laisser la vedette au Président turc Recep Tayyip Erdogan et à la chancelière Angela Merkel. Il a entendu humblement d’être à l’intérieur pour se faire photographier avec le Président Erdogan.

Quel samedi ! Et dire que Donald doit encore aller travailler dimanche.

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Dimanche 11 novembre. Alors que tous les dirigeants internationaux se rendent en bus devant l’Arc de Triomphe, Donald y va avec sa voiture, en prétextant officiellement « pour des raisons de sécurité ». Quel sens du sacrifice ce Donald ! Voulant laisser de la place à ses camarades afin qu’ils soient à leur aise dans le bus, il s’y rend par ses propres moyens au risque d’être pris dans les embouteillages. Beau geste qui est du reste salué à son arrivée par trois charmantes militantes Femen ayant réussi à passer les barrières en criant « fake peace maker », « faux faiseur de paix ». Les femmes sont rapidement stoppées par la police.

Donald porte toutefois un bleuet de France, symbole français de la mémoire des anciens combattants, pour montrer à quel point il aime ses camarades.

Attendu ensuite à La Villette pour le Forum sur la paix initié par Emmanuel, Donald opte plutôt pour une visite au cimetière américain de Suresnes, dans les Hauts-de-Seine.

S’étant probablement torturé à lutter contre sa peur des cimetières, Donald a réussi cette fois-ci à surmonter sa crainte. Fier d’y être parvenu, il conclut ce week-end en déclarant à la fin de son discours : « Ce moment est vraiment le meilleur moment de ces deux jours ».

Bah oui tout de même, parvenir à affronter et à dompter sa plus grande frayeur, c’est un vrai moment !

Ah Donald ! Pourvu qu’il devienne allergique aux élections de 2020 afin qu’il nous évite d’autres de ses frasques rocambolesques durant 4 ans. Mais, on n’y est pas. Il lui reste 2 ans encore…

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Jour du souvenir

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Nous commémorons cette année le centenaire du 11 novembre. L’Armistice de 1918 a été ainsi signé dans l’après-midi du 11 novembre 1918. Il marque la fin des combats de la Première Guerre mondiale, commencée en 1914, la victoire des Alliés et la défaite totale de L’Allemagne. Mais, il ne s’agit pas d’une capitulation au sens propre.

Petit rappel historique. Le cessez-le-feu a été effectif à 11 heures du matin. Ont suivi des multiples sonneries de cloches et de sonneries dans l’ensemble du pays annonçant la fin de la guerre qui a provoqué plus 18 millions de morts, d’invalides et de mutilés, dont 8 millions de civils. Représentants allemands et alliés se réunissent alors dans un wagon-restaurant aménagé issu du train de l’état-major du maréchal Foch, dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne.

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Photo prise après la signature de l’Armistice à la sortie du « wagon de l’Armistice » du train de l’état-major du maréchal Ferdinand Foch (2e à partir de la droite)

Plus tard, le 28 juin 1919, à Versailles, le traité de paix mettant un terme définitif à l’état de guerre est signé.

En Angleterre, ce jour est également commémoré, sous l’appellation, pour cette année, de « Remembrance Sunday ».

Bon dimanche !

Le devoir de mémoire

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Dans une tranchée de première ligne pendant la Première Guerre Mondiale – agence Meurisse – Source Gallica BnF

Hier, un hommage a été rendu aux hommes de courage qui ont donné leur vie dans cette terrible Première Guerre Mondiale.

Ce 11 novembre a permis de nous rappeler que certaines libertés ont été acquises par le prix du sang.

Ce jour a également marqué le centenaire de l’année 1917, une année charnière de la Grande Guerre, notamment :

En Belgique à Mons au Quartier Général du Prince Rupprecht de Bavière, une conférence militaire réunissait Ludendorff et les chefs d’état-major des groupes engagés sur le front occidental pour déterminer les opérations à lancer au printemps 1918 avant l’entrée en ligne de l’armée américaine.

En Grèce sur le front de Salonique, Paul Pavelka, pilote engagé dans l’escadrille Lafayette mourut. Il fut le seul Américain à décéder sur ce front.

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En Italie, ce fut la capitulation d’une division de la 4e armée italienne à Longarone

En Russie, il y eut le soulèvement des cadets de l’école militaire de Petrograd contre le pouvoir bolchevique. À Moscou, Rouges et Blancs s’opposèrent par les armes. Ce fut le début de la guerre civile.

En France, une offensive allemande permis à leurs troupes de pénétrer dans les lignes françaises situées sur le sommet de Hartmannswillerkopf.

Et bien d’autres évènements se déroulèrent conduisant un an plus tard à la signature de l’Armistice.

Enfin, bien que cent ans se soient ainsi écoulés depuis, nous devons toujours continuer à nous souvenir pour le respect de nos morts…

Bon dimanche !