Les célibataires endurcis plus enclins au bonheur ?

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Vous ne le saviez pas ? Vivre une longue période de solitude nous permettrait de mieux accéder au bonheur !

C’est ce qu’avance en tout cas un article que j’ai lu ce matin. Hormis des lapalissades qui y sont évoquées, l’analyse plus approfondie du sujet est quelque peu brinquebalante.

« Être seul(e) permet de nous laisser le temps de savoir qui nous sommes. […] « Connais-toi toi-même » disait Socrate. […] Et de fait, d’être capable de pouvoir compter uniquement sur soi-même. C’est en cela que les personnes qui ont connu des longues périodes de célibat sont plus enclines au bonheur que les autres ! »

Voici l’introduction de cet article. Pas besoin d’avoir fait des années en psychologie pour savoir que lorsque l’on est seul on ne peut compter que sur soi et que l’on a tout le temps pour apprendre à se connaître. Quant à être plus « enclin » au bonheur après une longue traversée du désert, ça se discute…

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Selon son auteur, être seul dans notre société actuelle où la quête de l’amour est devenue obligatoire est difficile à vivre. Ce qui n’est pas faux. Or, avant l’épanouissement à deux, il faut savoir être épanoui tout seul. Merci Françoise Dolto.

Toujours selon l’auteur, les personnes qui sont restées longtemps célibataires sont en fait celles qui sont les plus heureuses, car elles n’ont pas attendu quelqu’un pour échapper à « cette dépendance de l’Autre ». Donc, la vie à deux serait une prison ?

Maintenant, voyons le portrait du célibataire qui y est dépeint. « Alors oui, ces personnes n’ont peut-être pas eu et/ou pas voulu d’histoire d’amour au lycée, ni vécu de date romantique mémorable, ni de romances sérieuses, mais elles ont eu le temps d’apprendre à vivre seul et à apprécier cette solitude. Ce qui est une richesse. Prendre le temps de se concentrer sur soi-même, d’adopter un comportement égoïste mais sain, d’apprendre à savoir ce qui compte pour soi, réaliser ses rêves au lieu de les mettre entre parenthèses. Cette force les forge indéniablement pour aborder l’amour et le « vivre à deux ». Ce qui en fait des personnes passionnées et engagées ».

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Freud, rendors-toi dans ta tombe ! Je ne connais pas le parcours de cet auteur, mais je ne pense pas qu’il eût été ou soit celui de tout célibataire et que cette analyse psychologique soit la bonne. Surtout en fonction du prototype du célibataire décrit ici.

Quand on est seul, on est seul ! On essaye de se rapprocher des autres, sans pour autant découvrir ce qui compte pour soi. On ne se pose pas la question ou cela n’a pas vraiment d’importance. Ce sont les expériences de la vie, seul ou à deux, qui nous permettent de savoir ce qui compte pour soi ou pas. On ne réalise pas toujours ses rêves non plus, car les circonstances de la vie ne nous en donnent pas l’occasion ni les moyens parfois. Donc, ses rêves, on les met de côté. Pas besoin d’être seul pour ça. Et être une personne engagée et passionnée est un trait de caractère. Rien à voir avec la solitude.

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« Cultiver son indépendance est nécessaire. Car si l’on considère que trouver l’amour est la seule clé du bonheur, la quête de la moitié dévore tout le reste, et l’on finit par s’oublier. À la différence majeure de ceux qui ont pris le temps de réaliser que trouver l’amour ne devrait pas être le but ultime dans nos vies. D’ailleurs, si l’on ne considère pas l’amour comme le centre de l’univers, tout ce qui en découle a également moins d’importance et d’impact, comme le fait de pouvoir se retrouver seul(e) après une séparation sans chercher immédiatement à combler le vide. Cette manière d’aborder les relations vient plus que jamais confirmer les dictons « Mieux vaut être seul(e) que mal accompagné(e) » ou encore « On n’est jamais mieux servi que par soi-même » ».

Même s’il est effectivement utile de développer son indépendance, de ne pas estimer la trouvaille de l’amour comme l’un des objectifs primordiaux à atteindre dans sa vie, la solitude comporte bien d’autres paramètres. Tous les propos qui suivent sont de même justes. Mais ceux-ci, sans vouloir être désobligeante, correspondent à une psychologie de magazine qui pourrait être celle d’un ou d’une étudiante qui découvre son premier cours de psychologie et pas forcément dans la meilleure université.

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La solitude, c’est bien plus complexe que cela. En aucune façon elle ne permet d’être plus enclin au bonheur. Elle nous coupe doucement de la vie sociale. On n’invite plus un ou une célibataire dans une soirée où il n’y a que des couples. On perd ses copains, copines, qui se mettent en couple. Elle est tout le temps là. Lorsque l’on est en présence de couples qui échangent leur regard complice. Au travail quand un collègue parle de son week-end sympa passé avec son ou sa compagne et/ou leurs enfants. Elle est là à nous attendre le soir dans une maison vide. Elle s’impose à la table à manger, sur le canapé vide du salon devant la télé, et surtout dans son grand lit froid où les oreillers sont les seuls pour nous tenir compagnie. Elle peut être là dans une vie à deux lorsque nous n’avons plus rien à partager avec celui ou celle qui fut l’être aimé. La solitude est la seule qui ne nous lâche jamais. Même lorsque nous avons le sentiment parfois d’être heureux, elle revient nous hanter. On la combat, on l’embrasse, on la hait, on l’aime… Elle est fidèle, elle reste notre meilleure ennemie.

Ceci n’est bien sûr qu’une opinion personnelle. Or, affirmer que les célibataires endurcis sont plus enclins au bonheur me semble totalement absurde. C’est de la psychologie de bas étage qui n’aide certainement pas les gens seuls à se sentir ou à être moins seul…

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Les peines de cœur

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Ce n’est pas mon habitude, ni mon credo de parler de ce genre de choses. Je ne suis pas très à l’aise avec ça, ni très douée. Peut-être suis-je trop sensible ? Ai-je peur d’en faire de trop ou pas assez ? Je ne sais pas. Cependant exceptionnellement…

La raison qui m’a poussée à vous écrire à ce sujet est simple. Il y a quelques jours, j’ai lu un article sur un blog qui m’a quelque peu tourneboulée. Après sa lecture, je souhaitais laisser un commentaire. Au moment de taper sur les touches du clavier de mon pc, mes doigts se sont figés, mes idées se sont embrouillées… Je ne savais simplement pas quoi dire, ni comment m’exprimer.

Quels mots employer pour soulager une tristesse ? Quelle formule littéraire utiliser pour combler une solitude ? Comment apaiser une absence sans tomber dans le larmoiement ? Comment adoucir un vide sans donner l’impression de pitié ?

Toutes ces questions me sont venues à l’esprit. J’ai donc décidé de fermer la fenêtre de ce commentaire. Je n’ai rien écrit. J’y ai pensé durant ce temps. Je voulais oublier. J’ai hésité longuement à écrire ces mots. Aujourd’hui, je me suis dit, c’est bien et facile de combattre la souffrance en écrivant sur ce qui se passe dans le monde, or au final, ça ne sert à rien si l’on ne peut répondre à celle qui est à sa portée.

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Alors voilà. N’ayant pas l’audace et ne voulant en aucun cas blesser l’auteur de l’article, parce que je ne le connais pas vraiment, je ne laisserai pas de commentaire direct sur son blog mais par l’intermédiaire du mien. Je vais tenter de trouver les mots justes pour peut-être l’aider à traverser cette période difficile de sa vie.

Les peines de cœur. Celles qui traversent notre existence. Celles que nous avons connues tous et toutes un jour ou plusieurs dans notre vie ou connaissons encore. Celles qui font partie d’un tel quotidien qu’elles finissent par ne plus compter. Celles qui paraissent si dérisoires de nos jours par rapport aux violences dans le monde qui abreuvent la presse et en font les choux gras des journaux.

Mais voilà. Ces peines existent. Elles sont aussi réelles que les violences. Car elles sont violentes. Certaines blessent plus que d’autres. Elles laissent autant de traces qu’un coup que l’on aurait reçu en plein visage. Ce bleu s’efface avec le temps. Mais à l’identique, la blessure morale, elle, demeure. On ne peut quantifier la valeur d’une peine. Cette valeur n’a l’importance que celle qu’on lui accorde et surtout en fonction du ressenti de l’être, de sa sensibilité.

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Que l’on ait été quitté ou que l’on ait quitté, la peine est là dans les deux cas. Elle reste plus ou moins longtemps. Elle peut disparaître quand on se retrouve à deux. Elle résiste lorsqu’on est seul. Et c’est peut-être cette solitude qui attise la force de cette peine.

Un adage dit : « Mieux vaut être seul que mal accompagné ». Et ce proverbe dit vrai. Même si la solitude accompagne notre quotidien, elle est parfois plus présente et pesante dans une vie à deux qui se passe mal. On dit aussi que quiconque n’est fait pour vivre seul. Ça dépend. Il y a des individus, des solitaires qui sont malheureusement destinés à le rester. Certaines personnes ne parviennent pas à vivre avec quelqu’un. Non parce qu’elles n’en sont pas capables, qu’elles le veulent, qu’elles sont exigeantes ou encore difficiles à vivre, mais parce que tout simplement c’est comme ça dans cette vie-ci et ne le sera plus peut-être dans une autre vie.

L’amour, le vrai, n’est pas toujours évident à trouver. Il ne se rencontre pas au coin de la rue, même d’une ruelle sombre. Surtout aujourd’hui dans le monde dans lequel on vit. Il est difficile lorsque l’on est seul de trouver ne serait-ce que chaussure à son pied, même si ce n’est pas la chaussure rêvée. Quand on observe l’évolution actuelle, cette guerre des sexes menée avec rage dans chaque camp, comment peut-on réussir à lier une relation de cœur basée sur le respect. Car c’est peut-être cela finalement l’amour vrai, le respect mutuel.

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Il y a également l’âge. Ce n’est pas un secret de dire que l’on vieillit. Et cette avancée dans le temps, la société qui change à vitesse grand V, l’ultra conformisme d’un côté et le non-conformisme à outrance de l’autre, la communication virtuelle qui s’est tant développée dans tout domaine qu’elle s’annihile d’elle-même dans la vie réelle entre les personnes, crée le confinement dans la solitude. On « snapchate », on « textote », on « short message », on « tweete »… mais l’on ne sait plus regarder l’autre, on ne sait plus parler à l’autre, on ne sait plus qui est l’autre, on ne sait plus lui dire : Je t’aime.

Enfin, j’en ai peut-être dit de trop pour le coup ou pas vraiment assez. Il est plus facile à dire qu’à faire. La rencontre de l’être aimé, de son âme sœur, on en a tous et toutes rêvé ou on en rêve encore…