La viande du futur à base de cellules d’animaux

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Amis épicuriens, amies épicuriennes, abstenez-vous de lire ce qui va suivre au risque de vous provoquer une apoplexie !

Des startups projettent de révolutionner la consommation de viande en proposant des alternatives à celle-ci, à base de cellules animales cultivées en laboratoire.

En 2013 déjà, Mark Post, un scientifique néerlandais de l’Université de Maastricht, avait conçu le premier hamburger de synthèse, qui avait été baptisé « Frankenburger ». Depuis des startups ont suivi le mouvement.

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En Israël, la startup Aleph Farms s’est récemment enorgueillie de la création du projet SuperMeat, lequel promet des morceaux de poulet à partir de cellules prélevées « sans douleur ». Sur son site, il est précisé qu’après ce prélèvement les cellules sont reproduites en laboratoire pour réaliser une viande à l’aide de la technologie 3D. Cependant, aucune information n’indique la manière dont ces cellules sont prélevées sur l’animal vivant. La compagnie Future Meat Technologies basée à Jérusalem garantit, elle, une production de muscles et de graisse non génétiquement modifiés.

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Quant à la société Memphis Meats, siégeant à San Francisco en Californie aux États-Unis, elle se concentre sur du bœuf, du poulet et du canard en laboratoire. À l’image du projet SuperMeat, cette viande dite « propre » est créée à partir de cellules prélevées et cultivées en laboratoire. Sa production n’utiliserait qu’environ 1 % de la terre et 10 % d’eau utiles à l’agriculture animale classique. L’entreprise JUST Clean Meat affirme de son côté fournir du poulet à partir de cellules prélevées sur une plume ! Josh Tetrick, le fondateur de cette startup a tenu à expliquer : « De la même manière que l’on fait fermenter la bière, on met ces cellules ensemble, elles se reproduisent plusieurs fois et à la fin, on obtient de la viande hachée ».

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Bien que le coût de toutes ces productions soit encore trop élevé et ne permette ainsi pas de rendre disponible un produit à la vente, certains spécialistes envisagent toutefois une commercialisation dans les 5 ans à venir.

Mais aussi, ces technologies suscitent de plus en plus l’intérêt d’investisseurs. C’est le cas d’ailleurs de la startup californienne qui a réussi à convaincre Bill Gates, l’entrepreneur britannique Richard Branson, connu grâce à ses succès avec sa marque Virgin Group, et l’ancien PDG de General Electric, Jack Welch. L’industrie agro-alimentaire, ne voulant pas être à la traîne de l’innovation, se lance également sur le terrain, comme Tyson Foods, le premier exportateur de bœuf américain, siégeant à Springdale en Arkansas, qui a pris des parts dans Future Meat Technologies et Memphis Meat, dont l’entreprise américaine Cargill, spécialisée dans la fourniture d’ingrédients alimentaires et le négoce de matières premières, s’est invitée au capital de cette dernière.

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Ces nouvelles startups affichent ainsi la volonté de changer durablement le système de production de la viande en évitant d’élever et de tuer des animaux. En dépit de pouvoir vendre une viande naturelle, elles avancent l’argument d’une limitation des émissions de gaz à effets de serre ; la culture de cellules in vivo générant beaucoup moins de méthane que les flatulences des ruminants, et d’une utilisation moindre de ressources naturelles.

En résumé, remplacer de la m… par de la m…

Adieu donc veau, vache, cochon, couvée…

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Les écureuils, des véritables managers de leurs provisions

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Comme évoqué dans un précédent article, les écureuils sont très présents en Angleterre, mais aussi et à l’origine en Amérique du Nord. Mais connaissons-nous leur organisation alimentaire ?

Les écureuils cachent entre 3 000 et 10 000 fruits à coque par an. Il leur est donc utile de mettre en place un système afin de maximiser leurs chances de retrouver leurs réserves.

Deux chercheurs de l’Université de Californie à Berkeley aux États-Unis ont suivi durant deux ans des écureuils fauves qui se baladent sur le campus californien. Ils ont alors fait une découverte impressionnante. Ces animaux rangent leur nourriture en rassemblant dans une même cachette les aliments de même variété.

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Lors de plusieurs séances, les deux chercheurs ont présenté à 45 écureuils à chaque fois 16 fruits à coques de 4 variétés différentes ; amandes, noisettes, noix et noix de pécan. Les fruits étaient répartis par 4 par variété de façon aléatoire. Ils ont ensuite établi une carte des cachettes de chaque rongeur à l’aide d’une balise GPS dont chacun était équipé.

Ils ont ainsi découvert que les écureuils du campus appliquent la méthode du chunking, terme souvent utilisé en marketing, signifiant « une organisation hiérarchisée des caches suivant leur contenu afin d’améliorer l’habilité de l’animal à se souvenir précisément de la localisation de chacune d’entre elles » dans ce contexte, tel que l’ont précisé les auteurs de l’étude. Les rongeurs qui recherchent leur provision toujours au même endroit rangent les fruits à coque suivant leur variété peu importe l’ordre dans lequel ils ont été trouvés. En revanche, les écureuils qui se déplacent sur différents lieux cachent leur nourriture sur place sans tenir compte de la variété afin d’économiser leur énergie. Ces différentes stratégies ont l’objectif commun de trouver de bonnes cachettes faciles à retrouver et à l’abri des voleurs.

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Lucia Jacobs, l’un des auteurs de l’étude a expliqué dans un communiqué : « Les écureuils semblent utiliser le chunking de la même façon que l’on range nos courses. On place les fruits sur une étagère et les légumes sur une autre. Comme cela, si l’on veut un oignon, nous savons directement où nous devons regarder ».

Lorsque ces animaux vont chercher de la nourriture sur le même site, ils font donc des « sous-dossiers » amandes, noisettes, noix et noix de pécan.

Cette étude a été publiée le 13 septembre 2017 dans la revue Royal Society Open Science.

Bon dimanche !

Des cerveaux de cochons morts maintenus en vie

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Le neuroscientifique, Nenad Sestan, et son équipe de l’Université de Yale sont parvenus à maintenir en vie des cerveaux de cochons décapités, après l’abattage, durant 36 heures.

Le 28 mars dernier, ils ont été au cœur du sujet lors d’une réunion qui s’est déroulée au National Institutes of Health (NIH), l’agence de recherches médicales du gouvernement des États-Unis, pour des questions d’éthiques posées par les recherches en neurosciences. Une prouesse technique qui ainsi interpelle.

Selon l’article du magazine américain, MIT Technology Review, qui a relayé l’information, publié le 25 avril dernier, la technique employée, BrainEx, s’apparente aux techniques de conservation des organes en vue de la transplantation. Cette technique consiste à rétablir la circulation sanguine vers le tronc cérébral, l’artère cérébelleuse et les zones profondes du cerveau à l’aide d’un système de pompe et de poches de sang artificiel maintenu à température corporelle. L’expérience, en attente de parution, a été menée sur un total de 100 à 200 cerveaux de porcins obtenus d’un abattoir.

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Après l’abattage, la décapitation de l’animal, le transfert du cerveau et la réoxygénation des cellules du cerveau au terme de 4 heures, ces dernières étaient toujours vivantes et aptes à une activité normale. C’est une première scientifique, celle de réussir à maintenir un cerveau en vie de gros mammifère séparé du corps, sans l’utilisation de températures froides et avec des résultats prometteurs. Cependant, loin encore de pouvoir transplanter des cerveaux humains, la technique employée peut-être étendue à d’autres espèces, selon Nenad Sestan, incluant les primates et… nous.

Des questions d’ordre éthique et juridique se posent alors. « Si le cerveau d’une personne était réanimé hors du corps, elle reviendrait à la conscience dans un cerveau privé d’yeux, d’oreilles, ou de moyens de communication. Comment le vivrait-elle, aveugle, sourde, sans même les sensations du toucher, du goût ? Garderait-elle même ses souvenirs ou une identité après le traumatisme de sa mort ? Ou encore, réduite à l’état de simple viscère dans un bocal, quel serait son statut légal ? Et ses droits ? », s’est ainsi interrogé le journaliste du magazine Sciences et Avenir, Guillet Emmanuel, qui a relaté cette première scientifique.

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Nenad Sestan et son équipe ont tenté d’apporter certains éléments de réponse. À l’aide d’électrodes, ils ont mesuré l’activité cérébrale dans les cerveaux des cochons en bocal. Les résultats des électroencéphalogrammes ont montré une onde cérébrale plate égale à un état comateux. Les animaux morts n’avaient donc aucune conscience de leur état. Si leur cerveau pouvait être estimé « vivant », il fonctionnait en mode automatique. Quant à la possibilité de les « réveiller », c’est-à-dire conscients, la question reste en suspens, car de nombreux paramètres entrent en ligne de compte. L’état comateux du cerveau pourrait être irréversible en cas de dommages ou mort des cellules du cerveau durant le transfert de l’abattoir au laboratoire de l’équipe. Il pourrait être aussi dû aux produits chimiques ajoutés au sang artificiel par l’équipe afin de prévenir le gonflement des tissus, ayant de même fortement réduit l’activité neuronale. Or dans ce cas, le cerveau pourrait être ainsi ramené à la conscience, une conscience néanmoins enfermée de la façon la plus absolue qui soit.

Mais, ces expériences menées sur les cerveaux des porcins ont été uniquement à des fins de recherches pour fournir une cartographie complète des connexions entre les cellules du cerveau humain. « Pour une telle recherche, un cerveau humain vivant mais parfaitement accessible et libéré des contraintes du corps serait un plus appréciable. Les cerveaux humains désincarnés sont également susceptibles d’avoir d’autres applications médicales. Celle de cobaye par exemple », a précisé le journaliste.

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La question de la conscience ne se pose donc pas ; elle n’est pas nécessaire pour le type d’expériences qu’espèrent mener les chercheurs sur des cerveaux vivants « désincarnés ».

Cependant, le cerveau est un organe unique en lui-même. À l’opposé d’un rein, du foie ou du poumon, « il est siège de notre personnalité, de notre mémoire, notre expérience, notre conscience. Il est le siège de notre esprit. Et, quelque part, de notre âme », a spécifié Guillet Emmanuel.

« C’est un viscère qui doit donc être traité avec le plus grand respect. Et la plus grande prudence. Jusqu’à maintenant, seuls des auteurs de science-fiction se sont penchés sur ces questions. Par exemple, Masamune Shirow et son manga Ghost in the shell ou John Scalzi dans ses romans La fin de tout et Les enfermés. Aujourd’hui les scientifiques s’interrogent à leur tour. Dans la revue Nature, 17 neuroscientifiques et bioéthiciens ont publié un texte appelant à une réglementation spécifique pour les expériences sur les tissus cérébraux humains, pour protéger à la fois l’expérimentateur et l’humain dans le cerveau expérimenté », a conclu le journaliste.

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Cette première scientifique est certes une avancée considérable en la matière, mais il est vrai qu’elle soulève des interrogations d’ordre éthique. Et pas seulement. Elle pose peut-être aussi des questionnements sur le devenir existentiel propre de l’humain. Si un jour, la transplantation d’un cerveau humain réussie et l’être devient de nouveau conscient, quelle conscience aura-t-il ? Des bribes antérieures de la vie de son précédent hôte ? Une conscience qui pourrait être créée, elle aussi, en laboratoire et pouvant donc amener à la manipulation de l’être humain à suivre une voie définie ? Une conscience « améliorée » à l’image d’une intelligence artificielle et dont toute la complexité du domaine émotionnel serait réduite à un algorithme ?

Hyloscirtus japreria

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Hyloscirtus japreria découverte en Amérique du Sud – Photo Fernando Rojas-Runjaic / La salle natural history museum of Venezuela / AFP

Continuons et terminons cette semaine avec cette nouvelle découverte animalière. Après les écureuils, les grenouilles !

Cette découverte a fait l’objet d’un article publié en février de cette année dans la revue scientifique Zootaxa.

Des scientifiques vénézuéliens et colombiens ont ainsi découvert une nouvelle espèce de grenouille dans les montagnes de Perija à la frontière des deux pays qu’ils ont baptisée Hyloscirtus japreria. Elle devient dès lors la 37e espèce identifiée des Hyloscirtus.

Cette petite grenouille à la peau multicolore et au chant particulier vit dans les rivières et les cours d’eau à plus de 1 000 m d’altitude ; les mâles mesurant entre 2,8 et 3,2 cm et les femelles, de 3,5 à 3,9 cm. Elle fut découverte au cours d’expéditions qui ont commencé il y a une dizaine d’années.

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Le biologiste Fernando Rojas-Runjaic, coordinateur de l’étude, a déclaré auprès de l’AFP : « Nous avons mis plusieurs années pour prouver qu’il s’agissait d’une nouvelle espèce ». D’expédition en expédition, les scientifiques, équipés en appareils photo et enregistreurs haute définition, ont observé les spécimens en montagne pendant plusieurs jours à pied ou à dos d’âne. Ils ont ensuite soumis leurs travaux à des « analyses bioacoustiques ».

Cette grenouille Hyloscirtus japreria, dont son appellation rend hommage aux japrerias, une ethnie indigène disparue habitant dans cette région de l’État de Zulia au nord-ouest du Venezuela, se caractérise par son chant spécifique et son dos de couleur jaune pâle tacheté de points marrons et rougeâtres. Elle comporte aussi des traits blancs au niveau des yeux, des oreilles, des cuisses et des pattes avant. Des spécimens ont été trouvés des deux côtés de ces montagnes, le versant colombien ayant été longtemps inaccessible aux chercheurs en raison du conflit armé sanglant qui a sévi dans le pays durant plus d’un demi-siècle.

Bon dimanche !

Le polatouche de Humbolt

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Glaucomys sabrinus – Photo Nick Kerhoulas

En début de mars dernier, je vous avais parlé de ces petits rongeurs, communs dans l’Est de l’Amérique du Nord, qui pullulent tout autant en Angleterre.

Hé bien avec cette nouvelle trouvaille, ces écureuils sont encore loin d’être une espèce en voie de disparition !

L’article a été publié en mai 2017 dans la revue Journal of Mammalogy sur le site Oxford Academic.

Une nouvelle espèce d’écureuil volant a été découverte l’année dernière en Amérique du Nord. Les biologistes pensaient jusqu’ici que le genre Glaucomys n’était constitué que de deux espèces, le grand polatouche, Glaucomys sabrinus, et le petit polatouche, Glaucomys volans. Suite à des analyses ADN effectuées sur 185 cadavres conservés dans plusieurs musées américains, les scientifiques ont découvert qu’une espèce distincte était classifiée de manière incorrecte dans les Glaucomys sabrinus.

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Glaucomys volans – Photo KIM TAYLOR/CATERS NEWS AGENCY/SIPA

Dénommée le polatouche de Humbolt, Glaucomys oregonensis, cette nouvelle espèce est plus petite en taille avec une fourrure plus foncée que le grand polatouche. Elle se situe le long de la côte ouest de l’Amérique du Nord, de la Colombie-Britannique au Canada à la Californie aux États-Unis, alors que les grands polatouches ne sont présents que dans le sud des États-Unis, largement répandus plutôt à  l’intérieur des terres. Les chercheurs ont mis en évidence des zones où les polatouches de Humbolt et les grands polatouches se côtoient, notamment dans l’État de Washington. Cependant, aucune hybridation n’a eu lieu entre les deux espèces. Elles se fréquentent donc, mais ne se mélangent pas.

Différemment des oiseaux ou des chauves-souris, ces écureuils ne volent pas. Ils planent d’arbre en arbre en distendant une membrane de peau qui relient leurs pattes avants et arrières. Ils utilisent leur queue en forme de plume comme gouvernail afin de diriger le vol plané. Ils peuvent ainsi planer sur plusieurs dizaine de mètres et réalisés des virages.

Chine : des animaux meurent dans les zoos sous les coups des visiteurs

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Dans un zoo de la ville de Fuzhoudu, sud-est de la Chine, une femelle kangourou, âgée de 12 ans, a succombé aux coups des visiteurs. Ces derniers voulaient qu’elle saute et lui ont lancé des briques et des morceaux de béton. Le kangourou a eu une patte cassée qui s’est retrouvée séparée de son corps et une pierre qu’elle a reçue aux reins lui a été fatale. Sa mort fut longue et douloureuse.

Quelques semaines plus tard, c’est au tour d’un kangourou mâle, âgé de 5 ans, de subir le même sort dans le zoo en question. Il semblerait que le lancer de pierres de la part des visiteurs à l’encontre des kangourous pour les forcer à sauter soit courant dans ce zoo.

Or, ce ne serait pas un cas isolé en Chine. Les zoos dans le pays sont souvent confrontés à ce genre de situation. Il apparaîtrait aussi que des mesures qui devraient s’imposer afin d’éviter ces massacres ne soient pas prises.

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Au vu de ce drame qui a été rapporté dans la presse internationale, le zoo de Fuzhoudu a prévu l’installation de caméras de surveillance afin d’empêcher ces comportements. La direction du zoo a même annoncé le souhait de faire empailler le kangourou maltraité et l’exposer au sein du zoo en vue de sensibiliser le public au respect des animaux. Pas sûr que cette prise de position ait l’effet escompté.

La Chine n’est tristement pas un bon exemple en matière de protection des animaux, que ce soit dans les zoos ou ailleurs. Le mauvais traitement des animaux dans les zoos de ce pays est souvent décrié. L’an passé, des visiteurs ont jeté un âne en pâture aux tigres.

Malgré une forme de bonne volonté s’affichant dans cette décision de mettre en place un système de surveillance, peut-être pour atténuer la colère des défenseurs des animaux, faudra-t-il que le personnel derrière ces caméras suivent ? Faudra-t-il également que les gardiens présents, s’il y a, fassent leur travail ? Un animal jeté en pâture ne passe quand même pas inaperçu.

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Bon dimanche !

Les renards en Angleterre

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Petit rectificatif avant de vous parler de ces canidés qui sont très présents en Angleterre. La semaine dernière, en conclusion de l’article relatif aux écureuils, j’avais écrit que la fête des grands-mères serait célébrée aujourd’hui en Angleterre. Mais, ce n’est pas la fête des grands-mères, c’est celle des mères. On ne fête pas les grands-mères ici.

Cela étant dit, revenons maintenant à nos moutons, plutôt à nos renards.

Ils seraient environ 33 000 renards « urbains » en Angleterre. Ce chiffre reste relativement stable malgré la campagne d’extermination lancée dans les années 1980. Celle n’a pas eu le résultat escompté, en raison de leur reproduction active.

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Ces renards n’ont pas été introduits, à l’inverse des écureuils. Ils étaient donc là au début. Bien qu’ils soient en plus grand nombre dans les campagnes anglaises, l’urbanisation du siècle dernier a conduit les renards à s’accoutumer à ce nouveau monde. Qui plus est, les espaces verts étant conséquents dans le pays, les renards n’ont pas eu de mal non plus à s’adapter à l’Homme et à ce nouvel environnement. D’ailleurs, ils sont aussi effrayés par l’Homme que le sont les écureuils. C’est-à-dire qu’ils se promènent en toute tranquillité dans les jardins, s’y installent pour un petit coup de roupillon, entrent dans les maisons, s’allongent parfois sur les canapés, voire s’endorment dans les lits.

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Or, il ne faut pas s’y méprendre, ils restent des animaux sauvages et non domesticables. Par conséquent, ils demeurent dangereux pour l’humain. De nombreux accidents ont été à déplorer. Ils se sont si bien acclimatés à l’Homme qu’ils n’ont absolument plus peur de lui. Certains d’entre eux sont même agressifs et s’attaquent aux jeunes enfants. Un fait divers datant de 2011 a relaté l’attaque d’un renard sur 2 fillettes dans leur chambre.

Cependant, la chasse aux renards est belle et bien finie, car ils sont un intérêt important au point de vue sanitaire. Leur présence a un impact positif sur l’entretien indirect des villes et des campagnes, puisqu’ils mangent les rats et les souris notamment. En outre, la croyance populaire sur l’attaque des renards sur les poules et autres animaux de la basse cour n’est plus qu’un mythe ici.

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Les Anglais ont de nombreux défauts que l’on ne voit pas toujours au premier abord, or, leur grande qualité est l’amour qu’ils portent aux animaux. Les renards sont nourris. Les gens leur donnent les restes des repas, les épluchures de légumes, etc. Il n’est donc pas rare de se retrouver en face-à-face avec un renard lorsque l’on habite dans une maison de ville avec jardin.

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Petite anecdote personnelle. J’étais en Angleterre depuis peu. Allongée en plein soleil sur le gazon de mon jardin en pleine bronzette, couchée sur le ventre, je sentis une fourrure soyeuse me chatouiller les orteils. Mon chat, Clarence, étant dehors avec moi, je pensais alors que c’était lui. Me relevant pour m’apprêter à le caresser, je me retrouvai nez à nez avec un renardeau. Je fis un bond digne de ce nom. Mais, pensez-vous que cette grosse boule de poils s’enfuit. Non, il se contenta de me regarder, puis s’en alla pépère. Inutile de spécifier que ce fut la première fois de ma vie que je rencontrais un renard. Et durant toute cette période d’été jusqu’à la mi-novembre, le renardeau venait régulièrement. Il s’était même pris d’affection pour Clarence. Affection partagée, puisque mes deux petits « tourtereaux » dormaient souvent l’un à côté de l’autre. Peut-être était-ce aussi lié à leur couleur de poils réciproque, roux tous les deux ? Enfin, le temps passa, le renardeau est devenu adulte et je ne l’ai alors plus revu.

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À mon second lieu de résidence, à Grove House, je n’ai jamais vu de renard. La maison située trop proche d’une route assez fréquentée devait en être la raison. En revanche, ici, à Humberston, vu la taille du jardin aboutissant de surcroît sur les champs, renards et écureuils s’en donnent à cœur joie. Et ça c’est un vrai bonheur. L’association idéale de la campagne et de la ville.

Enfin, même si les renards dits « urbains » sont quelquefois perçus comme un danger pour l’humain de par les témoignages d’attaques, il y a plus de blessés en Angleterre par les chiens que par les renards.

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N. B. : Ces photos ne m’appartiennent pas. Si elles sont soumises à des droits réservés et que leurs auteurs souhaitent qu’elles n’apparaissent plus sur ce blog, je les enlèverai.

Bon dimanche !

Les écureuils en Angleterre

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L’écureuil gris, Sciurus carolinensis, d’où son appellation moins commune d’écureuil gris de Caroline, est un mammifère rongeur arboricole, commun dans l’Est de l’Amérique du Nord.

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Généralement donc gris, il peut également comporter un pelage brun, noir, roux ou plus rarement blanc. L’écureuil gris est très abondant dans la région de Montréal, le brun, du plus au moins foncé, se situe lui à Toronto.

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Au début du 20e siècle, l’écureuil gris a été introduit en Afrique du Sud et en Angleterre. Dès lors en Angleterre comme au pays de Galles, il est devenu si invasif qu’il a réduit de manière conséquente le nombre des écureuils roux. En 2009, sa population représentait 2,5 millions pour 160 000 écureuils roux. Mais aussi, depuis les années 1990, les écureuils introduits dans d’autres zones européennes, en Italie notamment, causent des problèmes environnementaux.

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Outre le fait que l’écureuil gris tend à éradiquer l’écureuil roux en ayant apporté avec lui un virus relativement bénin pour lui, mais fatal pour son cousin, il détruit de même son habitat.

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En parallèle, il provoque d’importants dégâts en s’attaquant à l’écorce des arbres. Il ne s’intéresse pas aux arbres dépérissant à l’instar d’autres animaux, à l’image du pic qui se nourrit des insectes xylophages qui y sont présents. L’écureuil gris recherche des arbres plus vigoureux pour se nourrir du phloème (tissu conducteur de la sève élaborée riche en glucides) et de la sève qu’il lèche ensuite.

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Cependant, les écureuils d’Amérique du Nord n’entraînent pas cette même dégradation. La raison pour laquelle les écureuils d’Europe pratiquent cet écorcement proviendrait de deux sources. La première d’ordre évolutif de la culture propre à leur espèce (souche) et la seconde d’origine alimentaire. Ce comportement a débuté avec la sécheresse de 1976 qui a ainsi affecté une partie de l’Europe entre l’automne 1975 et l’été 1976. Les écureuils présents en Europe auraient de fait adopté un autre moyen de survie et l’auraient par la suite transmis à leur descendance. Cette sécheresse qui a provoqué la mort de nombreux arbres en Europe a été suivie d’un regain de vitalité de jeunes arbres et pousses dans les trouées laissées par les arbres morts. Ces jeunes arbres alors riches en sève auraient pu donc contribuer à entretenir ce mode de comportement. Et lorsque le peuplement s’est resserré, les écureuils gris auraient conservé cette habitude.

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Quoi qu’il en soit, les écureuils gris sont très présents dans les jardins anglais de ville. Les habitants les nourrissent même. Il est commun de voir sur la terrasse ou cour intérieure devançant le jardin des aménagements alimentaires et autres pour ces petites boules de poils. Certains Anglais ont été jusqu’à leur y installer un petit nid douillet, un panier ou une couverture en tissu pour chien. Inutile de préciser qu’aucun écureuil n’y va bien sûr. Toutefois, bien qu’ils restent farouches, les écureuils s’approchent aisément des maisons. Parmi eux, il y en a au moins un dans la bande, le petit curieux de service sans peur et sans reproche, qui s’installe à côté de vous en période de belle saison lorsque vous êtes assis sur l’herbe. Il se met à l’aise au point parfois de venir vous chatouiller les orteils avec sa queue. Mais surtout, il ne faut pas le caresser. Non seulement, vous risqueriez de perdre quelques bouts de doigts au passage comme aussi d’attraper une infection. Car, les écureuils, en rappel, sont porteurs de maladies pour l’humain. Et en cette période, au vu de la taille de mon jardin, il est assez fréquent qu’une dizaine d’écureuils s’y ballade tranquillement.

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Ce fut pour ma part une splendide découverte. La première année de mon expatriation ici, je n’en revenais pas. Je voyais pour la première fois de ma vie en vrai des écureuils. Or, ce ne sont que des écureuils. Un autre animal ici, beaucoup plus gros, est tout autant présent. Je ne vous en dis pas plus, ce sera la surprise de dimanche prochain, qui ceci dit sera le jour de la fête des grands-mères anglaises, tandis qu’en France c’est aujourd’hui.

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Alors bonne fête à toutes les grands-mères françaises, qu’elles soient encore de ce monde ou pas.

Bon dimanche !

Des animaux qui blanchissent l’hiver

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Un lièvre d’Amérique ayant conservé son pelage d’été et un lièvre au pelage d’hiver cohabitent – photo Jaco and Lindsey Barnard

À l’image du lièvre américain, des espèces blanchissent l’hiver, puis abandonnent ce trait génétique lorsque la durée du couvert neigeux diminue et celle du jour augmente.

20 espèces de mammifères et 1 espèce d’oiseaux, le lagopède, blanchissent l’hiver pour se fondre dans la neige. Cette caractéristique leur permet d’échapper aux prédateurs. Sauf le renard arctique qui, lui, améliore son efficacité de chasse.

Ce changement de couleur est une adaptation génétique non liée à l’arrivée de la neige mais à la durée du jour. La couleur du poil change donc peu importe la météo.

Mais avec le réchauffement climatique, l’enneigement diminue fortement dans toutes les régions boréales où vivent ces animaux.

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Le Dr L. Scott Mills, professeur à l’Université du Montana a démontré que la mortalité du lièvre d’Amérique, Lupus americanus, augmente lorsque celui-ci se retrouve tout blanc dans son habitat des sous-bois d’Amérique du Nord et du Canada en absence de neige. Pour cause, puisque l’animal ainsi très visible sur l’humus brun devient une proie facile pour la dizaine de carnivores qui s’en nourrissent. Sans compter que le lièvre n’a aucune conscience de sa vulnérabilité.

Le réchauffement climatique est par conséquent un réel handicap.

Cependant, selon le professeur, qui a publié un article dans la revue Science, ces animaux s’y adaptent. Son équipe a déjà d’ailleurs relevé des signes d’adaptation.

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Des belettes du sud des États-Unis ont abandonné ce changement de couleur en raison de la disparition du couvert neigeux. En Irlande, des lièvres des montagnes ont également emboîté le pas. Cette évolution est génétique. Les animaux qui ne changent ainsi plus de pelage ont davantage de chance de survivre que les autres. Ils se reproduisent donc plus et transmettent alors cette nouvelle caractéristique à leur progéniture.

Le laboratoire de Dr L. Scott Mills a signé des accords de coopération avec des unités de génétique afin de suivre les variations régissant la couleur du pelage.

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Dans cet article, les scientifiques évoquent des territoires où l’évolution de 8 espèces est en cours. Dans ces régions, les animaux ayant conservé leur pelage d’été cohabitent avec ceux qui en ont changé. Ce phénomène est plus visible et plus facile à observer pour les lièvres d’Amérique. Ces animaux sauvages mais qui peuvent vivre en captivité facilitent les expériences. La preuve est donc là. Les espèces à pelage d’hiver pourront survivre à la réduction de l’enneigement. Cela ne justifie pas pour autant de stopper la lutte contre le réchauffement climatique, comme les chercheurs le rappellent. La réduction des gaz à effet de serre est plus que nécessaire, ne serait-ce que pour continuer à voir des animaux changer de couleur l’hiver.