Yémen : épidémie de choléra

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Photo d’Abduljabbar Zeyad / Reuters – 9 septembre 2016

Après une première épidémie de choléra l’année dernière, celle-ci est revenue au Yémen depuis avril dernier. Ce pays comptant 27 millions d’habitants très pauvres est déchiré par une guerre qui a débuté en 2014.

Cette guerre oppose le gouvernement actuel soutenu par une coalition arabe dirigée par l’Arabie Saoudite aux rebelles Houthis, alliés aux fidèles de l’armée de l’ancien Président Ali Abdallah Saleh et accusés de lien avec l’Iran.

Ce conflit complique non seulement les livraisons de médicaments ainsi que la venue de l’aide humanitaire internationale, mais prive également des millions de Yéménites d’eau potable, dont ce facteur favorise bien évidemment la propagation du choléra.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le nombre de cas de choléra a dépassé le demi-million. L’épidémie a déjà provoqué la mort d’environ 2 000 personnes depuis fin avril. Selon l’ONU, 503 484 cas suspects et 1 975 décès ont été enregistrés dans le pays. Plus du quart des morts ainsi que plus de 41 malades sont des enfants.

Bien que selon les derniers relevés de l’OMS l’épidémie semble être en régression depuis juillet, elle continue de toucher près de 5 000 personnes par jour.

Le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus a rapporté dans un communiqué : « Le personnel de santé au Yémen travaille dans des conditions impossibles. Des milliers de personnes sont malades, mais il n’y a pas suffisamment d’hôpitaux, de médicaments, d’eau potable. » Il a de même appelé les parties concernées au conflit de trouver d’urgence une véritable solution politique, en déclarant : « Les Yéménites ne peuvent plus supporter cette situation plus longtemps. Ils ont besoin de paix pour reconstruire leur vie et leur pays. »

Il est aussi estimé que plus de 99 % des individus souffrant de choléra peuvent survivre à condition d’avoir accès aux services de santé. Ce qui n’est malheureusement pas le cas pour plus de 15 millions de Yéménites qui n’ont même pas accès aux soins de base.

En parallèle, cette guerre a déjà causé plus de 8 300 morts au Yémen depuis mars 2015.

Enfin, je vous invite à lire ce texte poignant écrit par Shireen Al-Adeimi (@ shireen818) et publié sur Twitter le 11 août dernier : « La guerre au Yémen n’est-elle rien d’autre qu’un spectacle sportif ? »

Un cocktail explosif !

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Coucou les amis ! Me revoilà parmi vous en chair et en os ! Enfin, virtuellement plutôt pour vous ! Peu importe, en tout cas, prête à attaquer cette seconde quinzaine d’août !

Hé oui, déjà ! Demain, ce sera le 15 août ! Mais les vacances ne sont pas encore finies !

Alors, afin de poursuivre cette belle période estivale, je vais vous présenter un cocktail plus qu’explosif pour le meilleur de notre santé. Après tout, les vacances riment certes avec détente, farniente, un peu de laisser-aller nutritif, mais elles peuvent aussi allier tonus et bienfaits pour notre petit organisme.

Tous les bons vivants le savent bien, quand c’est les vacances, on a tendance à se lâcher un peu, voire même beaucoup, sans franchement faire attention aux calories que nous ingérons. Bah oui ! Il faut être honnête. Lorsque nous allons dans une région familiale qui propose de la bonne charcuterie du terroir, la vraie, pas celle des supermarchés, du bon confit de canard, de l’aligot, des tripous, etc., tout ça accompagné de bons vins, on ne résiste pas !

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Mais après… Il n’y a pas que la balance qui pleure !

Donc, pour compenser ces excès et nous permettre de signer un traité de paix avec notre organisme, il existe une méthode relativement radicale : l’association du pamplemousse et de l’épinard.

Comme vous le savez déjà aussi, le pamplemousse est le fruit par excellence de fraîcheur, de saveur, de vitamines et bien sûr l’un des meilleurs gardiens de notre ligne. Source de vitamines A, B1, B3 et C, notamment, il est peu calorique.

L’épinard également peu calorique est un autre atout majeur. Bien que sa réputation à la Popeye d’être riche en fer, ce qui est absolument faux, puisqu’il en contient 20 fois moins que la viande, il possède bien d’autres vertus pour la santé.

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Ces deux aliments sont non seulement des alliés minceur, mais concoctés ensemble, ils représentent aussi un véritable cocktail Molotov ! Grâce à leurs puissants pouvoirs anti-oxydants, leur association s’avère plus efficace. Ils se multiplient pour la santé de notre cœur, nos yeux, notre peau, l’aide à la régénération cellulaire… Ces deux aliments sont tout autant de bons antidépresseurs naturels, de régulateurs pour la tension artérielle comme oculaire et détoxifient…

Cependant, ils ne sont pas des produits miracles. Ils ne doivent pas être qu’une base nutritive, mais une alimentation complémentaire.

Vous pouvez ainsi les incorporer dans une salade avec des morceaux de blancs de poulet, du surimi ou des crevettes, par exemple. Vous pouvez de même les préparer en cocktail en les associant avec du lait de coco ou de la banane, par exemple, afin de casser l’acidité et l’amertume.

Enfin, vous pouvez réaliser de nombreuses recettes avec ces deux parfaits compagnons qui se marient pratiquement avec tous les aliments, viandes, poissons, légumes…

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Je vous retrouve la semaine prochaine et vous souhaite une bonne dégustation !

Inde et Bangladesh : des litchis tueurs

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Alors que l’Europe a les yeux rivés sur les œufs contaminés au fipronil en provenance des Pays-Bas, des enfants au nord de l’Inde ainsi qu’au Bangladesh décèdent dans des circonstances mystérieuses. Et ce depuis plus de 20 ans.

Chaque année aux mois de mai et juin, depuis les années 90, au nord-est de l’Inde et au Bangladesh, des centaines d’enfants sont hospitalisés avec de la fièvre, des convulsions et des troubles de la conscience. Près de 40 % d’entre eux meurent d’une encéphalopathie hypoglycémique, c’est-à-dire une maladie inflammatoire touchant une partie du cerveau et liée à une diminution anormale et prolongée de la concentration sanguine en glucose. Et inexplicablement, au mois de juillet, l’épidémie prend fin aussi rapidement qu’elle est venue. Des scientifiques tentaient de résoudre cette énigme depuis cette époque.

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En février 2017, le Centre national indien de lutte contre la maladie de Delhi et le Bureau indien des centres pour le contrôle et la prévention de la maladie, basé à Atlanta aux États-Unis, a annoncé avoir enfin résolu le mystère. La cause serait des toxines contenues dans les graines de litchis, fruits préférés des enfants de la région. Le fruit contient un taux d’hypoglycines élevé et nocif pour la santé, lorsqu’il est consommé avant maturité. Et l’effet en est même intensifié s’il est ingéré le ventre vide, ce qui est la majorité des cas de ces enfants issus de familles pauvres. Les conséquences pourraient donc aller jusqu’à l’hypoglycémie aiguë et même à l’encéphalopathie mortelle.

Cependant, en juillet dernier, d’autres scientifiques ont remis en cause ce résultat. Dans un communiqué, Saiful Islam, un scientifique au Centre international de recherche sur les maladies responsables de diarrhées à Dacca et principal auteur de ces travaux, a déclaré : « Notre enquête suggère que cette toxine seule n’ait pas pu provoquer cette inflammation cérébrale mortelle chez 14 enfants au Bangladesh. […] La maladie mortelle a été provoquée le plus probablement par une exposition multiple à des substances agrochimiques très toxiques. […] Ces décès se sont produits au moment de la récolte des litchis et de leur consommation partout au Bangladesh. Si les graines étaient en cause, il y aurait eu d’autres cas à travers le pays, pas seulement à un seul endroit. »

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L’équipe scientifique de Saiful Islam ainsi que des scientifiques des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont réalisé une étude approfondie des 14 cas de ce syndrome cérébral chez les enfants âgés de 1 à 12 ans signalés en juin 2012 dans le district de Dinajpur dans le nord du Bangladesh. 13 d’entre eux habitaient soit au milieu des arbres fruitiers ou à moins de 10 mètres d’un verger. Un seul a survécu. Ils ont alors découvert qu’au moment du pic de l’épidémie, les producteurs de litchis utilisaient de l’endosulfan, un insecticide « hautement toxique » interdit dans plus de 80 nations en raison de ses effets neurotoxiques, une stimulation accrue du système nerveux central.

Version que de son côté le Centre national indien de lutte contre la maladie de Delhi et le Bureau indien des centres pour le contrôle et la prévention de la maladie réfute. Il avait déclaré en février 2017 avoir déjà étudié la piste des pesticides sur les cultures de litchis, sans résultat concluant.

Le « respirianisme »

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Le respirianisme, appelé aussi pranisme ou l’inédie est une croyance selon laquelle une personne peut vivre sans se nourrir ni boire durant de longues périodes de sa vie, c’est-à-dire des mois, voire des années. Ce mouvement sectaire très dangereux qualifié à juste titre de « jeûne extrême » a causé déjà des morts.

Né vers la fin du 20e siècle, ce mouvement regroupe des adeptes principalement issus du courant New Age s’inspirant du Prāṇa, mot sanskrit à la signification complexe. Ce terme synthétique, variant selon les auteurs et les écoles, intègre simultanément les notions de souffle, de principe vital du souffle et de sa manifestation organique dans la respiration. Il pourrait être traduit par « souffle vital respirant » et le pluriel de celui-ci prāṇās désigne un ensemble de 5 souffles vitaux.

En résumé, les adeptes du respirianisme considèrent que ce n’est pas vraiment un jeûne, mais plutôt une façon de s’alimenter en captant une forme d’énergie vitale invisible qui imprègnerait l’univers, en puisant ainsi son énergie de particules subtiles qui se trouvent partout, les particules de « lumière divine ». Cette pratique leur permettrait d’atteindre un état de pleine conscience et de transcender le Māyā qui est le pouvoir de dieu de créer, perpétuant l’illusion de la dualité dans l’univers phénoménal ; elle est aussi la nature illusoire du monde.

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Ce mouvement qui tentait de s’éteindre est malheureusement revenu au goût du jour par l’intermédiaire des réseaux sociaux. Les « respiriens », comme ils s’appellent, représentent aujourd’hui près de 40 000 personnes en France.

Bien loin de l’adage « vivre d’amour et d’eau fraîche », cette secte moderne qui prône cette idée démentielle de s’alimenter uniquement « d’air et de lumière » est un risque fatal pour la santé. Déshydratation, sous-alimentation, problèmes cardiaques et autres en découlent pouvant alors conduire jusqu’à la mort.

Les professionnels de la santé rappellent : « Pour un être humain en bonne santé, un régime sans eau est généralement mortel après une semaine. Sans nourriture solide, il est généralement impossible de survivre au-delà de 40 à 60 jours, voire 85 jours au maximum dans des cas exceptionnels, cas d’une personne bien portante et bien nourrie au moment du début du jeûne. La physiologie peut s’adapter en mobilisant des réserves internes, mais assez vite, en moyenne au terme de 3 à 4 semaines, la poursuite du jeûne comporte des risques importants, notamment cardiaques, et peut être fatale. »

La lavande

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La lavande (Lavandula angustifolia) est une plante vivace aromatique de la famille des Lamiacées. Originaire des montagnes du bassin méditerranéen, elle est aujourd’hui cultivée à travers le monde, surtout sur les sols rocailleux, calcaires, secs, très ensoleillés et bien drainés, sauf la Lavandula stoechas (lavande très florifère) appelée aussi lavande papillon, lavande stéchade, lavande à toupet ou lavande des îles d’Hyères. Différentes espèces de lavande existent ainsi et la plupart très odorantes sont beaucoup utilisées dans tous les secteurs de la parfumerie. Toutes les lavandes sont des plantes mellifères très recherchées par les abeilles.

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Issue donc de l’ouest du bassin méditerranéen, la lavande était utilisée par les Romains afin de protéger le linge (contre les mites) et parfumer les bains.

Au Moyen-Âge, en Provence (France), la lavande servait pour la composition de parfums et de médicaments. Ce n’est qu’à partir du 19e siècle que sa culture fut développée.

Aujourd’hui, la plus grande fête française dédiée à la lavande, « Corso de la Lavande », est célébrée depuis près de 70 ans à Digne-les-Bains et se clôture par le défilé de chars décorés de lavande. Un musée de la lavande existe dans la commune de Saint-Remèze, dans le département de l’Ardèche en région Auvergne-Rhône-Alpes.

La Bulgarie est le premier producteur mondial de lavande devant la France avec ses 45 tonnes. Elle a même atteint les 60 tonnes en 2011. La France n’en produit que 30 tonnes au maximum. Les deux pays fournissent ainsi les 3/4 de la production internationale. Et entre 80 et 90 % de l’huile essentielle de lavande bulgare est vendue en France.

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Propriétés

  • Atténue l’anxiété et le stress
  • Favorise l’endormissement
  • Apaise les douleurs
  • Soulage les dérangements digestifs d’origine nerveuse, les ballonnements et les troubles de la circulation (en balnéothérapie)
  • Calme les symptômes de la dépression, les douleurs spasmodiques, névralgiques et rhumatismales

Utilisations

  • Voie interne

Anxiété, agitation, insomnie, malaise digestif d’origine nerveuse et ballonnements :

Infusion de 0,8 g à 1,5 g de fleurs séchées (1 c. à café à 2 c. à café) dans 150 ml d’eau bouillante pendant 5 à 10 minutes. À consommer jusqu’à 3 fois par jour ou au coucher en cas d’insomnie.
Teinture (1/5 dans l’éthanol à 60 %) de 2 ml à 4 ml, 3 fois par jour.
Huile essentielle de 1 à 4 gouttes avec 1 c. à café de miel ou à déposer sur une pierre de sucre.
Inhalation de 2 à 4 gouttes d’huile essentielle de lavande dans un diffuseur ou grand bol d’eau chaude. À répéter plusieurs fois par jour ou à faire au moment du coucher.

  • Voie externe

Agitation et insomnie :

– 5 gouttes d’huile essentielle de lavande vraie à appliquer sur les avant-bras et le plexus solaire (entre le sternum et le nombril) au coucher.
– 20 à 30 gouttes d’huile essentielle avec un c. à café de savon liquide neutre à mettre dans l’eau du bain, à prendre avant le coucher.

Crampes et douleurs musculaires :

– 2 à 4 gouttes d’huile essentielle de lavande ou de lavandin avec 1 c. à soupe d’huile végétale, à appliquer en léger massage sur les zones concernées jusqu’à pénétration complète.

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Le cannelier de Chine

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Le cannelier de Chine (Cinnamomum cassia), appelé également casse, cannelier casse, cassia, cannelle de Cochinchine ou encore fausse cannelle, est une espèce d’arbre de la famille des Lauracées originaire de Chine.

Comme son homologue, le cannelier de Ceylan (Cinnamomum verum), cet arbre détient une écorce aromatique riche en huile essentielle.

La casse est l’épice vendue sous le nom de cannelle de Chine et utilisée en cuisine en tant que condiment. L’huile de cannelle de Chine est employée souvent en parfumerie et en aromathérapie. Plus piquante, moins chère et d’une odeur totalement différente de la cannelle de Ceylan, la cannelle de Chine est très répandue sur le marché américain.

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La cannelle est l’une des épices exportées par l’Orient depuis environ 4 000 ans. Réputée pour ses vertus fortifiantes ainsi que purifiantes, elle est évoquée dans les ouvrages de pharmacopée chinoise traditionnelle, datant de 2 700 ans. D’ailleurs selon les taoïstes, elle permettrait même de trouver l’immortalité.

Son huile essentielle possède de nombreuses propriétés anti-infectieuses et fait d’elle une inconditionnelle de la trousse à pharmacie du voyageur. Elle est aussi estimée pour son bénéfice énergétique. Extrêmement puissante, l’huile essentielle de cannelle est de nature Yang, elle stimule ainsi les centres nerveux et réchauffe le corps. Elle est donc tonique, aphrodisiaque (principalement pour les hommes) et est appliquée très diluée pour les massages sensuels.

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Propriétés

  • Antibactérienne très puissante à large spectre d’action
  • Antivirale
  • Fongicide et parasiticide, l’huile essentielle de cannelle de Chine agit souvent lorsque d’autres demeurent inefficaces
  • Tonique utérine, elle stimule la venue des règles
  • Anticoagulante, elle inhibe l’agrégation plaquettaire (étude in-vitro)
  • Insecticide, acaricide

Utilisations

  • Infections  de tous types :
    – Respiratoires
    – Urinaires et gynécologiques (cystite, utérite, vaginite leucorrhéique)
    – Buccales et cutanées (bactérie, gale, mycoses, teigne, etc.)
  • Infections et fièvres tropicales parasitaires, virales et bactériennes
  • Infections gastro-intestinales :
    – Diarrhées
    – Parasitoses (amibes, ascaris, oxyures, etc.)
    – Typhus
    – Dysenteries
  • Règles absentes ou insuffisantes
  • Thromboses
  • Verrues (appliquer avec un coton-tige une goutte d’huile essentielle de cannelle de Chine directement sur la verrue sans déborder, 1 à 2 fois par jour jusqu’à la disparition de cette dernière)
  • Répulsif pour insectes et acariens

Combinaisons

  • Action anti-infectieuse générale, en association avec l’huile essentielle de clou de girofle, l’huile essentielle d’origan et l’huile essentielle de sarriette
  • Parasites cutanés, en association avec l’huile essentielle de clou de girofle
  • Agrégation plaquettaire, en association avec l’huile essentielle d’ail
  • Verrues, en association avec l’huile essentielle d’ail et l’huile essentielle de sarriette
  • Répulsion des acariens, en association avec l’huile essentielle de cryptoméria et l’huile essentielle de laurier

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Le clou de girofle

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Le giroflier ou girofle (Syzygium aromaticum) est un arbre de la famille des Myrtacées. Il est originaire des Moluques du Nord, une province d’Indonésie, formée des îles de la moitié septentrionale de l’archipel indonésien des Moluques et située entre la Nouvelle-Guinée à l’est, Sulawesi à l’ouest et l’Océan Pacifique au nord-est. Il fut ensuite cultivé sur les autres îles indonésiennes ainsi qu’à Madagascar, au Sri Lanka et en Afrique de l’Est. Il est aussi un arbre persistant et peut atteindre une dizaine de mètres de haut.

Le clou de girofle fait partie des épices les plus populaires, pourtant sa découverte reste encore mystérieuse.

On retrouve sa trace la plus lointaine dans un texte indien datant de plus de 2 000 ans, à l’épopée du Ramayana. Dans ce texte, le clou de girofle est recommandé pour avoir « une haleine propre, fraîche et parfumée » en le gardant en bouche avec de la noix de muscade. Une légende parle de la « vallée des clous de girofle » sur une île côtière de l’Inde, où les marins venaient y déposer des marchandises sur son bord de mer et retrouvaient des clous de girofle à la place le lendemain. Ils disaient commercer avec des génies de la forêt.

Sous la dynastie Han, les Chinois utilisaient les clous de girofle pour la même raison, mais aussi pour ses vertus médicinales et culinaires.

Connus également des Grecs et des Romains, ils sont d’ailleurs décrits dans les écrits de Pline L’Ancien, au 1er siècle.

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Une récente découverte archéologique laisse à supposer que le commerce de cette épice avec l’Occident ait débuté beaucoup plus tôt. Un clou de girofle a été retrouvé parmi des restes calcinés sur le sol d’une cuisine incendiée, sur le site mésopotamien de Terga (actuelle Syrie), daté de 1 700 av. J.C.

Selon une tradition chrétienne, les clous de girofle sont un symbole végétal des clous ayant servi à la crucifixion du Christ.

En Europe, le clou de girofle est importé au 4e siècle par les Arabes et devint à la mode au Moyen-Âge. En 1511, les Portugais découvrant l’archipel des Moluques se procurèrent alors du monopole du commerce de clous de girofle en brûlant les arbres situés hors de l’île de Ternate. Ce monopole fut ensuite repris par les Hollandais. Le Français Pierre Poivre, intendant de l’île de France (actuelle île Maurice), récupéra quelques plants au cours d’une expédition, les acclimatèrent à l’île de France et aux Antilles. En Angleterre, au 17e siècle, les clous de girofle valaient quasiment autant que l’or, en raison de leur importation difficile.

Le giroflier aime le climat tropical, humide et chaud, d’où sa principale situation dans les îles tropicales. Ses feuilles s’apparentent à celles du laurier. Ses fleurs comportent des pétales jaunes à maturité. Ses boutons sont cueillis dès qu’ils commencent à rosir. Ils sont mis à sécher sur des nattes au soleil, brunissent et prennent ainsi la forme de clous rouillés. Durant le séchage, ils se gorgent de senteurs et de saveurs. Ils contiennent aussi une huile essentielle lui apportant cette odeur caractéristique qui s’évapore en les broyant. Autre le fait que le clou de girofle purifie l’haleine, il est également réputé pour soulager les maux de dents grâce à ses pouvoirs anesthésiant, cicatrisant et désinfectant. En cuisine, il entre dans la composition des Cinq parfums (épice chinoise) ainsi que dans de nombreux mélanges d’épices indiens et se retrouve dans le baume du tigre.

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Propriétés

  • Anti-infectieux
  • Antibactérien puissant à large spectre 
  • Antiviral
  • Antifongique 
  • Antiparasitaire 
  • Cautérisant cutané et pulpaire (relatif à la pulpe de la dent)
  • Stomachique (favorise la digestion), carminatif (favorise l’expulsion des flatuosités contenues dans l’intestin)
  • Utérotonique (augmente la tonicité des muscles de l’utérus, stimule la contraction des muscles utérins)
  • Neurotonique (rétablit le tonus du système nerveux)
  • Stimulant immunitaire, stimulant général
  • Anesthésiant
  • Antiseptique 
  • Hypertensif et hypotensif (aide à réguler la tension dans les 2 cas)
  • Aphrodisiaque léger

Utilisations

  • Infection dentaire, odontalgie, amygdalites, infections buccales
  • Hépatites virales, entérocolite virale (inflammation de l’intestin grêle ou du côlon entraînant des selles fréquentes et peu consistantes pouvant être douloureuses), colite bactérienne (inflammation de la muqueuse du côlon), choléra, malaria, dysenterie amibienne, entérocolite spasmodique. Appliquer 20 % d’huile essentielle de clous de girofle dans de l’huile végétale en frictions sur l’abdomen.
  • Cystite (infection urinaire), salpingite (inflammation d’une ou plus souvent des deux trompes de Fallope, infection utéro-annexielle fréquente, profonde et potentiellement grave étant souvent secondaire à une infection génitale basse sexuellement transmissible), métrite (infection aiguë ou chronique de l’utérus)
  • Névrite virale, névralgies
  • Zona, herpes simplex, sclérose en plaques, poliomyélite
  • Parasitoses cutanées, gale, acné infecté
  • Sinusite, bronchite, grippe, tuberculose
  • Paludisme, Bourbouille (affection cutanée causée par une inflammation des glandes sudorales touchant majoritairement les enfants non habitués aux climats chauds et humides)
  • Asthénie (affaiblissement de l’organisme, fatigue physique). Appliquer 20 % d’huile essentielle de clous de girofle dans de l’huile végétale en frictions le long de la colonne vertébrale.
  • Fatigues intellectuelle et sexuelle
  • Accouchement difficile
  • Dysrégulation thyroïdienne
  • Polyarthrite rhumatoïde, arthrite, rhumatisme
  • Mycoses

Combinaisons

  • Anesthésiant, antiviral, en association avec huile essentielle de Menthe poivrée
  • Antibactérien, en association avec l’huile essentielle de Tea tree (arbre à thé) et l’huile essentielle de Niaouli
  • Expectorant, en association avec l’huile essentielle de Niaouli
  • Utérotonique, antibactérien, en association avec l’huile essentielle de Palmarosa
  • Sédatif, antiparasitaire, en association avec l’huile essentielle de Camomille romaine
  • Mucolytique, en association avec l’huile essentielle d’Inule odorante

Précautions

  • L’huile essentielle de clou de girofle est à utiliser systématiquement diluée en usage externe au maximum à 20 % dans une huile végétale.
  • Elle est déconseillée aux femmes enceintes (sauf en cours d’accouchement) et allaitantes ainsi qu’aux enfants de moins de 6 ans.
  • L’usage interne est réservé au thérapeute.

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Progéria : un espoir de traitement ?

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En Inde, un enfant de 4 ans atteint de progéria, une maladie causée par une mutation génétique et qui crée un vieillissement accéléré – Mushfiqul Alam / NurPhoto / AFP

La progéria ou syndrome de Hutchinson-Gilford est une maladie génétique extrêmement rare et sévère. Elle provoque un vieillissement très prématuré et accéléré des enfants. 1 naissance sur 10 à 20 millions dans le monde serait seulement concernée. La maladie touche les deux sexes. L’apparition des symptômes débute entre 18 et 24 mois. Elle est causée par une mutation du gène LMNA situé sur le chromosome 1. Ce gène produit la Lamine A, une protéine déjà connue pour son rôle dans le maintien structural de l’enveloppe entourant le noyau des cellules. Les anomalies des lamines, et donc de l’enveloppe nucléaire, perturbent le fonctionnement normal des cellules, et leur division. La réparation et le renouvellement des tissus sont altérés, entraînant un vieillissement pathologique. Elle induit ainsi la production et l’accumulation dans le noyau cellulaire d’une protéine toxique, la progérine. Cette dernière conduit à des dysfonctionnements cellulaires graves, notamment des cassures de l’ADN non réparées, des défauts de prolifération et différenciation cellulaire, etc. Toutes les cellules du corps sont alors touchées sauf étonnamment les neurones. L’évolution est mortelle. Le décès survient en général aux environs de l’âge de 13 ans. Elle demeure incurable jusqu’à aujourd’hui.

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L’image en haut représente un noyau cellulaire normal, celui d’en bas, un noyau déformé d’une personne atteinte de progéria

Une nouvelle étude, publiée dans la revue EMBO Molecular Medicine1, fait état d’une avancée majeure dans la compréhension des mécanismes du vieillissement ainsi que d’un axe probable de traitement pour la progéria.

L’équipe de chercheurs, sous la direction du Professeur Nicolas Lévy, au centre de Génétique Médicale et Génomique fonctionnelle INSERM l’UMU_S 910, à l’Université d’Aix-Marseille, a identifié récemment le mécanisme lié à l’accumulation de la progérine. « Depuis l’identification du gène par la même équipe en 2003, les chercheurs avaient d’abord envisagé de réduire la toxicité de la progérine. Ils ont démarré en 2008 un essai (toujours en cours) auprès de 12 enfants avec une combinaison de deux molécules, l’oméga statine et le Z-dronate, déjà prescrites dans d’autres indications, comme la prévention des risques cardio-vasculaires et l’ostéoporose. Les résultats sur un possible ralentissement du vieillissement sont attendus pour 2018 », selon le magazine Sciences et Avenir.

Cependant, l’équipe de scientifiques a fait une découverte. Suite à un essai in vitro et sur des cellules d’enfants malades et de souris, elle a démontré le potentiel thérapeutique d’une nouvelle molécule appelée MG132. Cette molécule détient une double capacité de réduire de manière considérable la production de progérine ainsi que de la dégrader au fur et à mesure de sa formation. Grâce à cette découverte, les chercheurs espèrent lancer rapidement un second essai avec cette nouvelle molécule. Une troisième piste est aussi suivie par ces mêmes scientifiques, l’essai de thérapie génétique. Initié déjà chez l’animal, celui-ci devrait commencer chez l’humain en 2019.

L’huile essentielle de cajeput

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L’huile de cajeput est une huile essentielle extraite des feuilles du cajeputier (Melaleuca cajuputi) ou d’espèces proches, un arbre de la famille des Myrtacées, même famille que l’eucalyptus. Son huile essentielle est obtenue par distillation des feuilles à la vapeur d’eau.

Distillée surtout en Indonésie et au Vietnam, l’huile aux propriétés antimicrobiennes est utilisée en usage interne ainsi qu’en massage contre les rhumatismes. Elle est l’un des constituants du baume du tigre rouge.

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Propriétés

  • Purifiante, elle assainit l’air en diffusion atmosphérique.
  • Antiseptique général puissant pulmonaire, intestinal, urinaire
  • Antiseptique cutané
  • Expectorante (anacathartique)
  • Antinévralgique
  • Stimulante, revigorante et tonique cutané
  • Vermifuge
  • Antispasmodique
  • Décongestionnant veineux

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Utilisations

  • Respiratoire, elle lutte contre les affections de l’appareil pulmonaire (bronchite, pharyngite, tuberculose, etc.) et l’asthme. Elle s’utilise en massages ou en frictions sur le thorax ou le dos, 10 à 20 gouttes pures ou diluées dans de l’huile végétale pour les peaux sensibles. Elle s’utilise aussi en inhalation pour les cas de laryngite et de sinusite.
  • Excrétoire, elle traite les infections urinaires (cystite, urétrite)
  • Douleurs, elle apaise les rhumatismes, les courbatures, les douleurs articulaires, les sciatiques ou encore la goutte. Elle s’utilise en massages ou en frictions sur les zones douloureuses, 10 à 20 gouttes pures ou diluées dans de l’huile végétale pour les peaux sensibles.
  • Tête, elle calme la névralgie dentaire et celle de l’oreille, la laryngite et la sinusite.
  • Dermatoses, elle soulage le psoriasis et l’acné. Elle s’utilise en massages ou en frictions sur les régions concernées, 10 à 20 gouttes pures ou diluées dans de l’huile végétale pour les peaux sensibles.
  • Plaies, elle aide à la cicatrisation.
  • Herpès génital
  • Dysplasie du col (malformation ou déformation découlant d’une anomalie du développement d’un tissu ou d’un organe, qui survient soit au cours de la période embryonnaire ou après la naissance)
  • Varices
  • Hémorroïdes

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Combinaisons

  • Bronchite, pharyngite et laryngite, en association avec les huiles essentielles de pin et de niaouli.
  • Tuberculose, en association avec les huiles essentielles de pin, de thym et d’origan.
  • Psoriasis, en association avec les huiles essentielles de lavande aspic et de géranium.
  • Acné, en association avec l’huile essentielle de cèdre.
  • Diffusion, en association avec les huiles essentielles de cèdre, de lavande aspic et de marjolaine sylvestre.

L’eucalyptus

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Les eucalyptus forment un groupe très riche d’arbres du genre Eucalyptus de la famille des Myrtacées. Originaires d’Australie, ils constituent 95 % des forêts. Plus de 800 espèces sont reconnues. Ils comportent de nombreux mécanismes d’adaptation impressionnants et leur croissance rapide donne lieu à leur présence dans beaucoup d’environnements. L’eucalyptus est connu aussi sous l’appellation française du Gommier.

Certaines espèces, dont l’Eucalyptus commun ou Gommier bleu (Eucalyptus globulus), ont été importées en Europe où elles se sont ainsi très vite acclimatées sur le littoral méditerranéen. Au Portugal aussi, où d’importantes forêts d’eucalyptus ont été plantées pour la production de pâte à papier. Elles ont été également introduites en Afrique du Nord, (Maroc, Algérie, Tunisie et Libye), en Afrique du Sud (pentes du mont Elgon situé sur la frontière entre le Kenya et l’Ouganda), dans les îles de Madagascar, de Mayotte, de Malte et de la Réunion, ainsi qu’au Sri Lanka, Brésil, Chili, Pérou, en Argentine, Californie et Équateur.

L’eucalyptus commun, portant aussi les noms d’eucalyptus bleu et d’arbre à fièvre, peut croître jusqu’à 30 à 55 m de haut.

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Vertus

  • Immunomodulant, il régule les dysfonctionnements du système immunitaire.
  • Antibactérien et antiviral, il combat ainsi les bactéries et les virus.
  • Expectorant (anacathartique), il facilite l’expulsion (par crachats) des mucosités et autres matières attachées aux parois bronchiques et des alvéoles pulmonaires.
  • Décongestionnant nasal, il débouche le nez en douceur et facilite la respiration.
  • Rafraîchissant
  • Répulsif d’insectes

Utilisations

  • Infections respiratoires, il prévient ou guérit des bronchites, rhino-pharyngites, rhinites, sinusites, etc.
  • Rhinites allergiques, il aide à lutter notamment contre le rhume des foins.
  • Otites
  • Maladies virales et grippes
  • Toux grasses
  • Cystites, vaginites, leucorrhées
  • Asthénies, déficiences immunitaires
  • Diffusion pour chasser les insectes

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