La France devient le 11e pays européen à accorder la PMA à toutes les femmes

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Alors que certains pays restent encore attachés à des traditions archaïques, il semblerait qu’un vent de modernisme vient enfin de souffler sur la France. Et il était temps.

Vendredi 27 septembre 2019, avec 55 voix pour, contre 17 et 3 abstentions, l’Assemblée nationale a voté l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes. Célibataires et couples de femmes vont alors pouvoir recourir à cette technique pour devenir mamans. Jusqu’à ce jour, seuls les couples hétérosexuels en avaient le droit en France. Et c’est sous les applaudissements que ce projet de loi relatif à la bioéthique a passé ce cap historique.

Agnès Buzin, la ministre de la Santé, prévoit une adoption définitive avant l’été prochain. La PMA sera accessible à toutes « immédiatement dès la loi promulguée », a-t-elle déclarée. Elle sera aussi remboursée par la Sécurité Sociale. En revanche, si elle est accordée aux femmes célibataires et/ou lesbiennes, elle ne l’est pas aux hommes transgenres. La PMA post-mortem a été également rejetée.

Quant à la GPA (Gestation pour autrui), qui fait encore débat, elle demeure « un interdit absolu pour la France ».

En rappel, l’ouverture de la PMA à toutes était une promesse du Président Emmanuel Macron lors de sa campagne. Malgré les nombreux détracteurs à son encontre (hommes comme femmes), notre actuel Président apporte une belle avancée pour les droits de la femme. Et bien à défaut d’autres Présidents, comme l’Américain ou encore le Brésilien, sans les citer, qui, eux, œuvrent à détruire le droit à l’avortement, réduire le budget du planning familial, voire même à sa suppression, entre autres.

Dans l’Union Européenne, la PMA est déjà autorisée à toutes les femmes en Belgique, au Danemark, en Espagne, en Finlande, en Irlande, au Luxembourg, aux Pays-Bas, au Portugal, au Royaume-Uni et en Suède. La France devient donc le 11e pays à l’autoriser.

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Les droits de la femme bafoués au Maroc

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Ce n’est pourtant pas la Chine, qui, en rappel, a célébré hier les 70 ans d’existence de sa République populaire, où la démocratie peine à s’instaurer. Et pourtant.

Lundi 30 septembre, la journaliste marocaine de 28 ans Hajar Raissouni, travaillant pour le quotidien arabophone marocain Akhbar Al Yaoum, a été condamnée à 1 an de prison ferme pour « avortement illégal » et « débauche et relations sexuelles hors mariage » par le tribunal de Rabat.

Arrêtés et jugés en même temps qu’elle, son fiancé a été également condamné à 1 an de prison ferme, son gynécologue à 2 ans de prison ferme, un anesthésiste à 1 an de prison avec sursis et une secrétaire à 8 mois avec sursis. L’annonce du jugement à soulevé un vent d’indignation chez les familles des accusés, dont certains ont scandé en chœur le prénom de la reporter.

Interpellée fin août dernier à l’entrée d’un cabinet médical de la capitale marocaine, la journaliste avait été alors soumise à « un examen médical sans son accord », selon elle. Ses avocats avaient comparé cet examen à de « la torture », évoquant aussi « des manquements de la police judiciaire », « des preuves fabriquées » et avaient plaidé pour sa libération. Elle risquait jusqu’à 2 ans de prison ferme en vertu du code pénal marocain sanctionnant les relations sexuelles hors mariage et l’avortement lorsque la vie de la mère n’est pas en danger. Lors d’une précédente audience, la journaliste, dénonçant un procès « politique », avait nié tout avortement, affirmant avoir été soignée pour une hémorragie interne, dire confirmé par son gynécologue devant le tribunal.

« Une criante injustice, une flagrante violation des droits humains et une atteinte frontale aux libertés individuelles. Un jour noir pour les libertés au Maroc », a commenté Ahmed Benchemsi, un responsable de Human Rights Watch (HRW), sur Twitter.

« Un coup dévastateur pour les droits des femmes au Maroc. […] Les autorités devraient annuler sa condamnation et ordonner sa libération immédiate et sans conditions », a déclaré, de son côté dans un communiqué, Amnesty International.

Taïwan : premier pays asiatique à légaliser le mariage homosexuel

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Alors que les droits de la femme régressent dans certains pays, comme aux États-Unis, les droits des homosexuels, eux, heureusement, évoluent.

Et hier les communautés LGBT et LGBT+ pour leur Journée internationale ont eu de quoi se réjouir.

Le Parlement taïwanais a légalisé en cette journée le mariage entre personnes de même sexe ; ce vote intervenant deux ans après que la Cour constitutionnelle a rendu un arrêt jugeant anticonstitutionnel l’absence de mariage homosexuel.

Une grande première en Asie ! Taïwan est devenu hier le premier pays de toute l’Asie à reconnaître officiellement ce droit.

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« Le 17 mai 2019, à Taïwan, l’amour l’a emporté. Nous avons fait un grand pas vers l’égalité réelle, et fait de Taïwan un pays meilleur », a déclaré la Présidente de la République de Chine Tsai Ing-wen sur Twitter.

Ainsi, deux ans auparavant, la Cour constitutionnelle avait fixé la date butoir au 24 mai 2019 au gouvernement afin qu’il rectifie la loi, en notant que si rien n’était fait le mariage pour tous deviendrait une réalité. C’est désormais le cas.

Cette grande victoire pour le pays est aussi « l’aboutissement de trente ans de lutte », tel que l’a précisé Jay Lin, un entrepreneur taïwanais et dirigeant d’une association pro-mariage gay.

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C’est tout autant un symbole fort, puisque cette légalisation est tombée en cette Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie. En soutien à ce texte le plus progressiste de la Présidente Tsai Ing-Wen, le seul utilisant le terme « mariage », des partisans du mariage pour tous s’étaient rassemblés par centaine devant le Parlement pour faire pression sur les élus.

Cependant, même si les Taïwanais se montrent donc plus évolutif en la matière que leurs voisins, d’autres pays ne semblent pas prêts à emboîter le pas. C’est notamment le cas du sultanat de Brunei qui envisage de punir l’homosexualité par lapidation. C’est tristement aussi vrai pour le haut commissaire à l’ONU, Michelle Bachelet, qui a été jusqu’a dire que « si elle est appliquée, cette loi marquera un sérieux recul pour les Droits Humains ».

Cela prouve malheureusement que nous n’avons pas tous la même vision sur les Droits de l’Homme…

Alabama : la loi anti-IVG la plus répressive des États-Unis

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Ce mercredi, l’Alabama a promulgué une loi anti-IVG, même en cas d’inceste ou de viol. Elle a pour objectif de remettre en question ce droit constitutionnel reconnu depuis 1973. Un texte de loi précédent avait été adopté par la Chambre des représentants et du Sénat de l’État n’autorisant que l’interruption volontaire de grossesse en cas de risques pour la mère. Il représentait déjà le texte le plus restrictif à l’échelle du pays. Désormais avec ce nouveau texte, promulgué par le gouverneur républicain Madame Kay Ivey, il devient le plus répressif des États-Unis.

Cette loi qui entrera en vigueur dans six mois commence évidemment à faire l’objet des mouvements contestataires de défense des droits civiques, dont l’Union Américaine pour les Libertés Civiles, American Civil Liberties Union (ACLU).

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Cette année, les réformes de la législation sur l’avortement aux États-Unis ont déjà frappé fort. 20 États américains ont été concernés, notamment la Géorgie, le Kentucky, l’Ohio et le Mississippi qui ont récemment grossi les rangs. Ces États ont interdit l’IVG dès lors que les battements du cœur de l’embryon son détectables ; un phénomène évolutif naturel dans le développement in utero pouvant apparaître dès la sixième semaine. L’ACLU et le Planning familial ont annoncé ce mercredi qu’ils avaient saisi la justice pour l’abrogation de la nouvelle loi votée dans l’Ohio.

Or, le texte de loi approuvé ce mardi par le Sénat de l’État de l’Alabama, constitué à très large majorité de Républicains, va beaucoup plus loin. Il interdit l’avortement à tous les stades de la grossesse. Il prévoit de plus des peines allant de 10 à 99 ans de prison pour les médecins qui le pratiquent. Une sentence plus sévère que pour un viol. Cependant, il estime qu’une femme ayant été avortée ne peut être tenue responsable. Un amendement proposé par les Démocrates permettant d’autoriser l’IVG en cas de viol ou d’inceste a été rejeté. Les 27 sénateurs républicains qui adopté le texte sont tous des hommes.

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Les partisans de la restriction du droit à l’avortement ambitionnent davantage, tel que l’a résumé le sénateur local Clyde Chambliss. Ils veulent se rendre « directement à la Cour Suprême pour remettre en cause la décision Roe vs Wade », l’arrêt garantissant le droit à l’avortement voté en 1973.

Les deux nominations choisies par Donald Trump parmi les 9 juges de la Cour Suprême ont rendu cette instance à majorité conservatrice. Pour le mouvement pro-life, celle-ci représente dès lors une possibilité de revenir sur cette jurisprudence constitutionnelle.

Suffragette

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Film historique britannique réalisé par Sarah Gavron, sorti en 2015. Il est disponible sur le site Netflix. Ce film a été le premier dans l’histoire ayant pu être tourné dans l’enceinte du Parlement anglais.

Suffragette, Les suffragettes en français, relate le combat de femmes de toutes conditions pour obtenir le droit de vote. Angleterre, 1912-1913, Maud (Carey Mulligan), une jeune ouvrière travaillant dans une blanchisserie finit par s’engager dans le mouvement des « suffragettes », initié par Emmeline Pankhurst (Meryl Streep), leader du mouvement Women’s Social and Political Union (Union sociale et politique des femmes), auprès d’Édith (Helena Bonham Carter), d’Emily Davison (Nathalie Press) et de bien d’autres.

Circa 1911: British suffragette Emmeline Pankhurst (1858 – 1928), being jeered by a crowd in New York. (Photo by Topical Press Agency/Getty Images)

Des manifestations pacifistes à des actions plus radicales, bombardements de boîtes aux lettres jusqu’à l’explosion d’une résidence parlementaire vide, ces femmes mettent tout en œuvre pour se faire entendre.

Pourchassées, abandonnées parfois par leur mari, malmenées par la police, incarcérées même plusieurs fois, elles ne lâchent rien pour obtenir ce droit de vote. Il faudra la mort d’Emily Davison pour que leurs voix soient enfin écoutées.

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Portrait of Emily Davison, british suffragette, who ran in front of the King’s horse at the 1913 Epsom Derby and was considered a martyr by her fellow suffragettes.

En 1913, les suffragettes se rendent au Derby d’Epsom pour y rencontrer le roi George V. Ne pouvant l’approcher, Emily franchit les barrières de sécurité et pénètre sur la piste où se déroule la course hippique. Percutée de plein fouet par le cheval de course de George V, une banderole à la main mentionnant ses convictions, elle perd conscience et décède quatre jours plus tard d’une fracture du crâne. Cette tragédie fait la Une des journaux jusqu’à l’international et permet aux femmes britanniques d’obtenir le droit de vote en 1918, mais seulement à partir de l’âge de 30 ans, alors que les hommes votent dès 21 ans. Elles devront attendre 1928 pour avoir le même droit de vote que les hommes.

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Emily Davison (1872 – 1913) is fatally injured as she tries to stop the King’s horse ‘Amner’ at Epsom on Derby Day, to draw attention to the Women’s Suffragette movement, 4th June 1913. (Photo by Arthur Barrett/Hulton Archive/Getty Images)

Le film se termine sur des images d’archive, dont la séquence filmée lors de la marche des suffragettes accompagnant le tombeau funéraire de leur sœur de lutte. S’ensuit le générique final sur la liste des pays et leur année d’accord du droit de vote pour les femmes.

Ce film plus que poignant est très évocateur de cette lutte des femmes à cette époque. Il retrace avec force et beaucoup de justesse les douleurs et la considération sociale de la femme plus que médiocre au début du 20e siècle. Il nous révèle une période qui fut très difficile pour les femmes. Surtout, il nous permet de relativiser par rapport à aujourd’hui et nous montre un vrai combat qui a profondément changé le statut social comme privé de la femme. Alors qu’actuellement certaines lancent des hashtags à tout bout de champ sur les réseaux sociaux, montrent leurs poils ou leur cellulite sur Instagram, ces femmes-là, elles, menaient un véritable combat. Elles étaient des féministes sans pour autant le crier sur tous les toits ou même y prétendre…

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