Maria Goeppert-Mayer

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Née Maria Gertrud Käte Goeppert le à Katowice, ville du Royaume de Prusse à l’époque, et morte le à San Diego en Californie, elle est une physicienne germano-américaine. Elle devient la deuxième femme de l’histoire, après Marie Curie en 1903, à être récompensé du prix Nobel de physique en 1963. Il faudra attendre 55 ans pour une autre femme, Donna Strickland, obtienne ce prix Nobel.

En 1929, étudiante en doctorat à l’université de Göttingen, elle démontre théoriquement l’existence de l’absorption à deux photons (ADP), alors que la première mise en évidence expérimentale de l’ADP n’aura lieu que trente ans plus tard avec l’invention des lasers. De nombreuses applications ont été développées à partir du principe de l’ADP, telles que la limitation optique, le stockage optique 3-D de l’information, l’imagerie médicale, la micro-fabrication et la photochimiothérapie. Son nom a été donné à une unité de mesure de l’efficacité d’absorption, le Goeppert-Mayer, « GM ».

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En 1935, après avoir suivi son mari aux États-Unis à l’Université Johns-Hopkins, elle ne peut occuper qu’un poste d’assistante sans salaire. Elle publie un article historique sur la double désintégration bêta. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle rejoint le projet Manhattan et collabore avec Edward Teller, physicien nucléaire hongro-américain. Le projet Manhattan est le nom de code du projet de recherche qui créa la première bombe atomique durant la Seconde Guerre mondiale, mené par les États-Unis le Royaume-Uni et le Canada.

Elle travaille par la suite à l’Université de Chicago. Elle y développe le modèle en couches qui lui vaudra plus tard d’être lauréate avec Hans Daniel Jensen du prix Nobel de physique de 1963 « pour leurs découvertes à propos de la structure en couches du noyau atomique ».

En 1960, elle obtient un poste de professeur à l’Université de Californie à San Diego. Bien qu’elle souffre d’un AVC peu après son arrivée, elle continue à enseigner et poursuit ses recherches pendant plusieurs années.

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Le 20 février 1972, elle décède à San Diego des suites d’une crise cardiaque survenue l’année précédente, l’ayant laissée dans le coma. Elle est enterrée à El Camino Memorial Park à San Diego.

Elle est inscrite au National Women’s Hall of Fame. Fondé en 1969 à Seneca Falls dans l’État de New York, il honore et perpétue la mémoire des citoyennes américaines qui se sont particulièrement illustrées dans le domaine des arts, des humanités*, des sciences, de la politique, des affaires ou du sport. C’est à Seneca Falls que se tint les 19 et 20 juillet 1848 la première convention pour les droits des femmes aux États-Unis. Son nom a été également donné à l’un des cratères de Vénus, dont la liste recense les cratères connus de la planète ainsi que leurs noms. Une plaque commémorative en son honneur a été aussi apposée à Katowice.

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*Le terme humanités a longtemps distingué les collèges dispensant la première partie de l’enseignement des arts libéraux de la faculté des arts de l’Université. Il existait sept arts libéraux. Ils désignaient une grande part de la matière de l’enseignement concernant les lettres latines et les sciences des écoles de second niveau de l’Antiquité, se poursuivant sous plusieurs formes au Moyen Âge. Ces collèges d’humanités étaient pourvus de trois ou quatre classes de grammaire, de deux classes d’humanité et de rhétorique. Du Moyen-Âge à la Révolution française, ils étaient l’équivalent de notre enseignement secondaire actuel et préparaient à l’entrée dans l’une des trois autres facultés de l’Université, droit, médecine et théologie. Par la suite, les Humanités ont continué à qualifier les disciplines traitant des langues et de la littérature ancienne, c’est-à-dire essentiellement le latin et le grec ancien. Aujourd’hui les Humanités déterminent un champ disciplinaire plus large, contenant les Lettres et une partie des Sciences humaines et sociales. L’évolution de sens est emprunt de l’anglais Humanities, mais elle est aussi la conséquence des grands débats pédagogiques qui ont accompagné la marginalisation du grec et du latin par de nouvelles matières (français, sciences, langues étrangères, etc.), débats concrétisés en France par la réforme des lycées de 1902.

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Donna Strickland, prix Nobel de physique 2018

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Donna Theo Strickland, née le 27 mai 1959 à Guelph, province de l’Ontario au Canada, est une physicienne canadienne pionnière dans le domaine des lasers. Professeure adjointe au département de physique et d’astronomie de l’Université de Waterloo depuis 1997. Présidente de The Optical Society (1) depuis 2013.

Ce 2 octobre 2018, le prix Nobel de physique a été décerné à l’Américain Arthur Ashkin, au Français Gérard Mouru et à Donna Strickland par l’Académie royale des sciences de Suède pour leurs travaux sur la physique des lasers.

Elle est ainsi devenue la 3e femme seulement de l’Histoire à obtenir ce prix Nobel, après la Française Marie Curie en 1903 (laquelle reçut aussi le prix Nobel de Chimie en 1911) et la Germano-américaine Maria Goeppert-Mayer en 1963.

Depuis 1901, 112 prix ont été attribués par le jury suédois n’ayant ainsi promu qu’une femme par demi-siècle dans cette discipline.

Donna Strickland

« Trois, c’est tout vraiment ?! », a-t-elle demandé de loin à l’Académie royale des sciences. « Je pensais qu’il pouvait y en avoir eu plus […] Dès que j’en ai l’occasion, je parle souvent de la dernière femme à avoir remporté un prix Nobel », a-t-elle par la suite expliqué lors d’une conférence de presse à l’Université de Waterloo, où elle enseigne. « Et tout d’abord, je dois admettre, désolée, que je l’avais en fait appelée ‘il’ dans ma thèse. Quelqu’un qui a lu ma thèse m’a dit ‘honte à toi, Donna’, alors j’ai changé et mis ‘elle’ […] Je connaissais son travail, mais je ne savais pas que c’était une ‘elle' », a-t-elle ensuite précisé.

Il s’agit de Maria Goeppert-Mayer qui découvrit en 1939 « qu’un atome pouvait absorber deux photons », a rappelé Donna Strickland. « C’est une femme qui a pensé à ça et changé notre façon de faire de la science. Et pourtant elle a seulement suivi son mari de poste en poste […] Il est devenu professeur, est monté en grade et a travaillé comme chimiste à l’université. Elle avait le droit d’enseigner si elle le souhaitait, elle pouvait avoir un bureau, mais pas elle… elle n’a pas été payée avant les années 1950 […] Donc évidemment, les femmes ont fait beaucoup de chemin », a-t-elle ajouté.

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Dans le passé, peu de femmes travaillaient dans la recherche en sciences dures. Or, une démographie a évolué et la communauté scientifique doit en tenir compte aujourd’hui. « Il y a des femmes qui font de l’excellente recherche dans toutes sortes de disciplines […] L’excuse ‘oh, on n’a pas trouvé de femmes’ ne tient plus », a déclaré auprès de l’AFP Roisin Owens, une biochimiste de l’Université de Cambridge.

Jessica Wade, une chercheuse en physique à l’Imperial College de Londres, ne supportant plus de constater les femmes scientifiques rester dans l’ombre, décida en 2017 d’insérer à l’encyclopédie en ligne Wikipédia les biographies de 270 chercheuses. Même si elle note des progrès des professions scientifiques vers l’égalité hommes-femmes, notamment « des mesures pour soutenir les femmes à leur retour de congé maternité, le partage du congé parental, des politiques contre le harcèlement sexuel », en revanche, elle remarque « une frange croissante de la société, où, de façon inquiétante, les hommes politiques et les réseaux sociaux laissent se propager des visions surannées et sexistes des femmes ». D’ailleurs, pas plus tard que le 28 septembre dernier lors de l’atelier « Théorie des hautes énergies et genre », organisé par le Comité Européen pour la Recherche Nucléaire (CERN), à Genève, Alessandro Strumia, Professeur de physique fondamentale à l’Université de Pise en Italie, y a tenu des propos sexistes « particulièrement choquants », en ayant affirmé que la physique était une science « inventée et construite par les hommes ». Ce qui lui a valu une mise à l’écart par le CERN.

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Peu de femmes sont également proposées pour le Nobel, malgré la volonté de l’Académie suédoise décernant le prix Nobel à encourager les gens à nominer des femmes « parce que nous ne voulons passer à côté de personne », tel qu’elle l’a indiqué. « Les récompenses engendrent les récompenses… un moyen important de promouvoir les physiciennes est de s’assurer de les nommer », a spécifié Jennifer Curtis, Professeure associée de physique au Georgia Institute of Technology. Parmi ces candidates susceptibles d’être récompensées, la radiochimiste américaine Dawn Shaughnessy ayant découvert 5 éléments du tableau périodique qui n’a pas été encore officiellement honorée d’un Nobel.

Mais aussi, les femmes scientifiques seraient moins enclines à se porter candidates que leurs homologues masculins. La raison est que les Nobel sont pour gratifier des efforts individuels plus que collectifs, d’où si peu de femmes lauréates. « Mon sentiment est que les femmes travaillent pour le bien commun et peuvent souvent sacrifier leur carrière individuelle pour faire avancer la communauté », considère Roisin Owens. En exemple, Jocelyn Bell Burnell, l’une des plus grandes astrophysiciennes du monde ayant participé à découvrir les pulsars, a annoncé en septembre 2018 qu’elle faisait don des 3 millions de dollars reçus avec le prix prestigieux Breakthrough prize en physique fondamentale afin d’aider les groupes sous-représentés à se lancer dans la physique.

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(1) The Optical Society, anciennement Optical Society of America (OSA), est une société savante d’optique fondée en 1916, dont le but est l’avancée du domaine de l’optique et de la photonique (2), de l’étude de la lumière et de ses propriétés, à travers l’organisation de symposiums, de publications, de bourses et de prix. Elle est considérée, avec The Society of Photo-Optical Instrumentation Engineers (SPIE, société internationale à but non lucratif fondée en 1955 ayant pour but la diffusion des connaissances en optique, photonique et imagerie), comme la plus grande société savante internationale de professionnels sur le sujet l’optique et de la photonique.

(2) La photonique est une branche de la physique concernant l’étude et la fabrication de composants permettant la génération, la transmission, le traitement, soit la modulation, amplification, ou la conversion de signaux optiques. Elle étudie sans faire de distinction les photons comme onde ou corpuscule, dans une approche classique ou quantique. Son domaine d’étude couvre l’ensemble du spectre lumineux du Térahertz aux rayons X. Ses composants étudiés sont notamment les lasers, les diodes électroluminescentes, les fibres optiques, les modulateurs optiques, les amplificateurs optiques ou encore les cristaux photoniques, les lentilles, les prismes et les réseaux. Son secteur d’activité possède de nombreuses applications industrielles et de recherche, dont il fait également l’objet d’un soutien spécifique au niveau européen.

Les prix Nobel de la paix 2018

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Deux extraordinaires personnes pleines de courage et de force ont reçu hier, 5 octobre, le prix Nobel de la paix : le gynécologue congolais Dr Denis Mukwege et l’activiste yézidie Nadia Murad. Ils ont été récompensés pour leur combat contre les viols de guerre. Ils ont dédié leur prix aux centaines de milliers de femmes victimes de violences sexuelles dans les conflits.

Nadia Murad, Denis Mukwege win 2018 Nobel Peace Prize

Alors qu’il était dans le bloc opératoire de son hôpital de Panzi, le Dr Denis Mukwege a été contacté par le comité Nobel qui lui annonça la nouvelle. Celle-ci a été accueillie avec une grande joie et une immense fierté en ces lieux ainsi que dans le reste du pays de la République Démocratique du Congo (RDC). « C’est une ambiance de folie, beaucoup de joie et de soulagement. Ça vient à un moment critique pour notre pays. Un moment où il y a beaucoup de viols de masse, de tueries », a expliqué le Dr Rheema Rukumghu, gynécologue depuis 10 ans à l’hôpital de Panzi, à Bukavu.

Vêtu de sa blouse blanche avec un grand sourire et accompagné de sa femme, le Docteur Denis Mukwege n’est pas monté à la tribune réservée à cet évènement, mais il s’est placé parmi les milliers de survivantes de viols et de violences sexuelles au Sud-Kivu pour s’exprimer. « J’ai la joie, car le monde reconnaît les combats que nous menons tout ce temps en faveur des femmes victimes, actuellement survivantes de viols et de violences sexuelles en République Démocratique du Congo », a-t-il ainsi entamé son discours. « Comme notre combat est reconnu, nous demandons maintenant une réparation », a-t-il ajouté. Car à juste titre, il considère que la reconnaissance ne suffit pas seulement, mais qu’une réparation en faveur de ces victimes en RDC, particulièrement dans l’est du pays, doit être faite.

Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais, a de même félicité le Dr Denis Mukwege : « Cette distinction honore non seulement tous ceux qui travaillent avec lui mais aussi toute la République Démocratique du Congo qui a continué aussi d’ailleurs à souffrir de ces violences imposées à nos sœurs, à nos femmes, à nos filles et pour lesquelles nous sommes tous mobilisés aujourd’hui, que ce soit au niveau des médecins comme lui, au niveau des politiques, au niveau de l’armée, qui continuent à se battre contre les groupes armés qui ont transformé cette partie de la République dans une sorte d’enfer où les violences sexuelles deviennent une sorte d’arme de guerre. Nous sommes vraiment honorés par cette marque de distinction du comité Nobel d’Oslo », a-t-il déclaré.

Cependant, avant d’obtenir cette reconnaissance, son engagement a été mis à des rudes épreuves. En 2012, il fut victime d’une agression en plein centre de Bukavu, tandis qu’il rentrait chez lui. Son gardien fut abattu à bout portant. Sa voiture fut incendiée. Et il fut ligoté avant que des habitants du quartier lui viennent en aide. Depuis, dans le Sud-Kivu, il se déplace sous la garde de casques bleus. Protection dont le Dr Gildo Byamungu, l’un ses proches collaborateurs, n’a eu la chance d’avoir. Il fut assassiné par trois balles dans le corps en avril 2017.

En outre, il y a quelques années, le Dr Denis Mukwege n’était pas très connu à la capitale, Kinshasa. Les nombreux prix reçus à travers le monde, notamment le prix Sakharov lui ayant été décerné le 26 novembre 2014 à Strasbourg par le Parlement européen. Nommé en l’honneur du scientifique et dissident soviétique Andreï Sakharov et créé en 1988 par le Parlement européen pour honorer les personnes ou les organisations qui ont consacré leur existence à la défense des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Sa lutte pour aider les femmes violées dans l’est de la RDC. Son engagement citoyen. Sa position contre les dirigeants congolais actuels. Toutes ces actions lui ont valu sa popularité dans la capitale. Et les habitants de Kinshasa interrogés sur l’attribution de ce prix Nobel de la paix sont fiers pour le Dr Denis Mukwege, celui qui est surnommé « l’homme qui répare les femmes ».

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Nadia Murad est une véritable survivante de l’enfer dans lequel les femmes enlevées par Daesh sont plongées. Elle est aujourd’hui la porte-parole de sa communauté en exil.

En 2014, le village de Kocho, dans la région yézidie de Sinjar en Irak, fut pris en otage par des djihadistes de l’État islamique (EI) qui s’acharnaient sur ces villages habités par les membres de cette minorité non musulmane et les contraignaient à se convertir à l’Islam. En cas de refus, les jeunes filles et les femmes étaient kidnappées pour servir d’esclaves sexuelles. Les hommes étaient massacrés puis jetés entassés dans des fosses communes. Les jeunes garçons étaient enrôlés de force, transformés en bêtes de somme pour les assassins de leur père. C’est ce qu’ont vécu les villageois de Kocho, dont Nadia Murad qui avait 21 ans.

Prisonnière, elle fut emmenée à Mossoul. Vendue et revendue à de nombreuses reprises, elle subit la torture, les viols collectifs et fut aussi forcée à se marier. Avec le concours d’une famille musulmane de la ville, elle réussit à se sortir des griffes de ses bourreaux. Elle traversa les lignes de front et trouva refuge au Kurdistan irakien où des centaines de milliers de yézidis de la région de Sinjar sont déplacés. Les plus pauvres vivent dans des camps de tentes. Les autres s’installent dans les villes de la région. Or, la grande majorité espère obtenir un statut de réfugié afin de venir en Europe et laisser derrière eux leur terre ravagée par Daesh.

Certains ont réussi malgré tout à s’organiser. À Dohuk, une ville kurde située au nord de Mossoul, dans les environs de laquelle nombreux yézidis s’y sont réfugiés, des militants originaires de Sinjar, jeunes pour la plupart, ont fondé l’association Yazda en 2014 avec le soutien d’activistes américains. Nadia Murad se rapprocha d’eux et devint le visage de la communauté. L’association s’illustre par sa détermination. Elle résiste aux autorités du Kurdistan irakien qui tentent de freiner ses activités, lesquelles étaient censées protéger Sinjar et qui ont abandonné les yézidis à leur sort en août 2014, permettant les horreurs endurées par cette communauté. Loin de reconnaître leurs torts et afin de se disculper, elles misent sur le martyre des yézidis, eux-mêmes de langue et de culture kurdes, pour attirer la sympathie de la communauté internationale.

Incitée par l’association Yazda à devenir ainsi la porte-parole des femmes yézidies, Nadia Murad n’a de cesse de rappeler au monde la situation de milliers d’entre elles restés en captivité, souvent avec leurs enfants.

À l’image de beaucoup de ses compatriotes, elle s’installa en Allemagne et commença à intervenir au niveau des plus grandes instances internationales. En décembre 2015, elle s’exprima d’ailleurs devant le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) où elle appela les gouvernements du monde à prêter attention aux souffrances des siens, en particulier au sort des femmes et des enfants yézidis disparus après avoir été kidnappés par l’État Islamiste. En 2016, elle fut nommée ambassadrice de bonne volonté de l’ONU pour la dignité des survivants de la traite des êtres humains. Fin de 2017, Lamia Haji Bachar, une autre activiste yézidie, et Nadia Murad reçurent le prix Sakharov.

En 2018, les djihadistes ont été chassés de Mossoul, de Rakka, de Sinjar. Du califat, il ne reste qu’un territoire en ruine. Les ravages du groupe djihadiste poursuivent les peuples traumatisés sur lesquels il a régné, entre l’Irak et la Syrie.

Après sa récompense du prix Nobel de la paix, Nadia Murad a expliqué : « Cela n’a pas été facile pour moi de parler de ce qui m’est arrivé parce que ce n’est pas facile, particulièrement pour les femmes au Moyen-Orient, de dire qu’on a été des esclaves sexuelles ». « Le prix Nobel signifie beaucoup. Pas seulement pour moi mais pour toutes ces femmes en Irak et dans le monde entier », a-t-elle également précisé.

Le président kurde irakien, Barham Saleh, élu ce 2 octobre, a déclaré que le prix Nobel de la paix était « une fierté pour tous les Irakiens ».

Le prix Nobel de chimie 2017

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Les 3 lauréats du prix Nobel de chimie 2017 pour avoir développé la cryo-microscopie électronique :

  • Jacques Dubochet, Université de Lausanne en Suisse
  • Joachim Frank, Université de Columbia à New York aux États-Unis
  • Richard Henderson, Laboratoire de biologie moléculaire à Cambridge au Royaume-Uni

Pour plus de détails, je vous invite à lire cet excellent article écrit par Hervé Ratel sur le site du magazine Sciences et Avenir.

Le prix Nobel de littérature 2016

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Une petite pause musicale pour clôturer cette semaine.

Ce jeudi 13 octobre, le chanteur Bob Dylan, âgé de 75 ans, a reçu le prix Nobel de littérature, à Stockholm, succédant à la Biélorusse Svetlana Alexievitch.

Sara Danius, la secrétaire générale de l’Assemblée Nobel a déclaré qu’il avait reçu cette récompense « pour avoir créé dans le cadre de la grande tradition de la musique américaine de nouveaux modes d’expression poétique. »

Un très beau prix en reconnaissance de la grande carrière de ce chanteur.

Bon dimanche !

Le prix Nobel de la paix 2016

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Ce vendredi 7 octobre, à Oslo, le prix Nobel de la paix a été décerné au Président colombien Juan Manuel Santos pour avoir tenter de conclure un accord de paix avec les Farc, qui aurait mis ainsi fin à un conflit vieux depuis plus de 50 ans.

Bien que cet accord de paix datant du 2 octobre dernier ait été rejeté par une faible majorité du peuple colombien estimant que cet accord était à l’avantage de la guérilla marxiste, la présidente du comité Nobel norvégien, Kaci Kullmann Five, a expliqué : « Le fait qu’une majorité des votants ait dit non à l’accord de paix ne signifie pas nécessairement que le processus de paix est mort. »

Âgé de 65 ans et originaire d’une famille très aisée de la capitale colombienne Bogota, Juan Manuel Santos a entamé sa carrière politique en 1991. Il met tout en œuvre pour essayer d’arrêter définitivement ce conflit qui dévaste le pays depuis plus d’un demi-siècle. Suite au rejet par référendum de l’accord de paix, celui-ci a déclaré  : « Je continuerai à rechercher la paix jusqu’à la dernière minute de mon mandat parce que c’est le chemin à suivre pour laisser un pays meilleur à nos enfants […] Je ne cherche pas les applaudissements. Je veux faire ce qui est correct. »

Sa nomination au prix Nobel lui offre donc une aide incontestable dans sa lutte pour la paix pour son pays, puisque qu’un prix, quel qu’il soit, n’est pas qu’un simple titre honorifique, mais est aussi une somme allouée.

Il s’est alors vu recevoir une récompense d’environ 831 000 euros (8 millions de couronnes suédoises), comme tous les lauréats d’un prix Nobel. Un montant entièrement financé par l’Institut Nobel, libre d’utilisé cette somme à sa guise.

Chaque année, l’Institut décerne des prix à des hommes ou des femmes ayant « apporté le plus grand bénéfice à l’humanité », suivant les vœux d’Alfred Nobel. Ce Suédois qui a laissé un legs de 32 millions de couronnes, soit 3 324 000 euros, en exigeant dans son testament que celui-ci soit placé afin de renouveler à l’infini les fonds destinés à la récompense.

Quel beau geste de ce grand monsieur qui apporte la preuve que l’on peut autant donner de son vivant qu’après sa mort afin de servir au mieux pour le bien de l’Humanité…

Bon dimanche !

Le prix Nobel de médecine 2016

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Né le 9 février 1945 à Fukuoka au Japon, Yoshinori Ōsumi, un universitaire et spécialiste en biologie cellulaire, a reçu, après le prix de Kyoto qui lui a été décerné en 2012, le prix Nobel de médecine ce 3 octobre dernier pour ses recherches sur l’autophagie (entretien de la vie aux dépens de la substance propre chez un animal soumis à l’inanition, plus précisément, mécanisme des cellules animales qui assimilent leurs propres déchets et peut déclencher la maladie de Parkinson ou le diabète en cas de dysfonctionnement)

Ainsi, âgé de 71 ans, ce biologiste, qui a œuvré la majorité de sa carrière à l’Université de Tokyo, a consacré ses recherches dans ce domaine. Ces dernières ont permis de fournir des données capitales à la compréhension du renouvellement cellulaire, du vieillissement et de la réponse de l’organisme confronté à la faim et aux infections.

L’Assemblée Nobel de l’Institut Karolinska, décernant le prix, a expliqué : « Les difficultés à étudier le phénomène faisaient que nous en savions peu jusqu’à ce que, dans une série d’expériences brillantes au début des années 1990, Yoshinori Ohsumi utilise la levure de boulanger pour identifier les gènes essentiels à l’autophagie […] Il a ensuite poursuivi pour élucider les mécanismes sous-jacents à l’autophagie dans la levure et a démontré qu’un mécanisme sophistiqué similaire était employé dans nos cellules. »

Ce terme « autophagie » a été apporté par le Belge Christian de Duve, l’un des trois lauréats du prix Nobel de médecine en 1974. Ce processus a été également étudié par l’Américain Irwin Rose, les Israéliens Aaron Ciechanor et Avram Hershko, qui ont d’ailleurs reçu tous les trois pour leurs travaux le prix Nobel de chimie en 2004.

Il a été ainsi démontré que ce système était primordial au renouvellement cellulaire. Nos cellules s’autodétruisant, s’enferment dans des vésicules (sac membraneux semblable à une petite vessie) à double membrane, puis sont confiées aux lysosomes, petits organites riches en enzymes impliqués dans la dégradation des nutriments, c’est-à-dire qu’ils digèrent et détruisent les déchets et les bactéries.

Le dysfonctionnement de ce mécanisme a pour effet de provoquer des maladies, appelées « lysosomales », d’origine génétique, ou encore la maladie de Huntington(1), d’Alzheimer, de Crohn(2), des myopathies, etc.

Selon le jury de l’Assemblée Nobel : « Les perturbations de l’autophagie ont été liées à la maladie de Parkinson, au diabète de type 2 et d’autres troubles qui apparaissent chez les personnes âgées […] Les mutations des gènes de l’autophagie peuvent provoquer des maladies génétiques. Une recherche intense est actuellement menée pour développer des traitements qui puissent viser l’autophagie dans différentes affections. »

Le président de L’Assemblée Nobel, Rune Toftgård, a spécifié sur SVT, chaîne de télévision suédoise : « Si la fonction d’autophagie est défectueuse, les cellules nerveuses ne peuvent pas fonctionner correctement. Dans des études expérimentales on a aussi vu que l’embryon ne peut se développer normalement. »

En 2015, ce prix Nobel de médecine avait été décerné à l’Américain, d’origine irlandaise, William Campbell, au Japonais Satoshi Omura et à la Chinoise Tu Youyou pour leurs travaux et découvertes de traitements contre les infections parasitaires et le paludisme.

Dans la tradition, chaque année, le premier des prix Nobel à être décerné est celui de la médecine, suivi par la physique, la chimie, la paix, l’économie et la littérature.

(1)La maladie de Huntington : appelée également chorée de Huntington, est une maladie héréditaire et orpheline. Elle consiste à une dégénérescence neurologique qui provoque de sérieux troubles moteurs, cognitifs (troubles de la mémoire, de la perception, baisse de la pensée et des difficultés à résoudre un problème), psychiatriques et dans les cas les plus graves, la perte de l’autonomie et la mort. En général, cette maladie se développe chez les personnes âgées en moyenne de 40 à 50 ans et de manière exceptionnelle, entre 15 et 25 ans avec l’apparition précoce de premiers symptômes.

(2)La maladie de Crohn : est l’une des maladies inflammatoires chroniques intestinales, dites MICI, pouvant atteindre l’ensemble du tube digestif (de la bouche à l’anus), ainsi que potentiellement la peau, les articulations et les yeux. D’origine inconnue jusqu’alors, car plusieurs facteurs pourraient être la cause, cette maladie se distingue le plus souvent par une inflammation au niveau de l’iléon et du côlon admettant une composante génétique et le microbiome.

N.B. : N’étant absolument pas scientifique pour un chouia, comme le savez déjà, j’espère ne pas vous avoir fourni des explications erronées. Si jamais un spécialiste en la matière passe par-là, qu’il ou elle n’hésite surtout pas à me corriger. Petit clin d’œil à toi, Lyse, puisque tu es chimiste, je suppose que tu dois connaître un peu tout ça…

Malala Yousafzai

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Cette jeune pakistanaise, qui a reçu le prix Nobel de la Paix en 2014 pour son combat pour l’éducation des filles, est aujourd’hui millionnaire et dépense son argent au service de sa cause.

Cette formidable jeune femme, qui a défié les talibans au péril de sa vie pour aller à l’école et qui a survécu à une tentative d’assassinat en 2012, très sévèrement blessée à la tête et à l’épaule, offre aux yeux du monde un bel exemple à suivre.

Alors que certains utiliseraient ces millions à leurs propres intérêts, la jeune femme, elle, se sert de cet argent pour poursuivre son combat.

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Malala Yousafzai et sa mère

À la tête d’une véritable petite fortune qu’elle a accumulée au fil du temps grâce à la vente de son livre mémoire, Moi, Malala, publié en 2013 à plus d’1,8 millions d’exemplaires, à ses interventions en conférence qui lui rapporterait 130 000 €, Malala Yousafzai, qui poursuit ses études en Angleterre, dépense son bien en finançant des associations et projets visant à assurer une éducation et un futur aux 62 millions de filles dans le monde qui n’y ont pas encore accès.

Par l’intermédiaire de Malala Fund, fondation qu’elle dirige activement depuis sa création, dont l’objectif est de garantir une scolarisation de qualité internationale sur 12 ans pour toutes les filles, elle contribue grandement à ce programme de l’éducation pour toutes. Mais aussi, elle fait des dons grâce aux droits d’auteur et aux profits générés par la société Sarlarzai Ldt qu’elle a créé avec ses parents Ziauddin Yousafzia et Toor Pekai, bénéfices qui s’élèveraient à 1,5 millions d’euros pour cette seule année.

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Malala Yousafzai et son père

Comme le porte-parole de la famille Yousafzai l’a déclaré dans un communiqué : « Depuis la publication de son livre, Malala et sa famille ont donné plus d’un million de dollars à des œuvres humanitaires, œuvrant majoritairement sur des projets éducatifs aux quatre coins de la planète, y compris le Pakistan »

Son engagement pour cette cause va encore plus loin, puisqu’en début de cette année, lors d’une conférence qui s’est déroulée à Londres, elle a exhorté les gouvernements à dégager 1,4 milliard de dollars en direction des camps de réfugiés syriens en vue de garantie une éducation aux millions d’enfants ayant été obligés à fuir leur pays et à s’investir davantage en la matière.

Les vrais héros !

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Cette jeune pakistanaise de 17 ans, Malala Yousafzai a reçu le 10 octobre dernier le prix Nobel de la Paix pour son combat pour l’éducation des filles et l’Indien Kailash Satyarthi, militant lui aussi pour les droits des enfants, prix qui leur sera remis lors de la cérémonie du 10 décembre prochain.

Cette merveilleuse jeune fille, qui au péril de sa vie, a défié les « talibans islamistes » au Pakistan, dès son enfance, en allant à l’école malgré leur interdiction. Après une tentative d’assassinat en 2012, par les extrémistes, cette jeune pakistanaise, sévèrement touchée à l’épaule et à la tête, a miraculeusement survécu. Depuis le Royaume Uni, d’où elle réside désormais, et depuis cet attentat, elle a continué d’étudier et de poursuivre son combat avec d’autant plus d’ardeur afin que les filles privées de scolarité aient enfin ce droit fondamental d’accordé.

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Ce courageux Indien reçoit aussi ce prix pour sa lutte, depuis plus de trente ans, contre le travail des enfants. Il se bat contre l’exploitation, l’esclavage des enfants.

Ce prix décerné à ces deux personnes pour le droit des enfants, dont l’une est musulmane et l’autre hindou, est significatif aussi. Il est porteur du message faisant preuve de l’utilité de l’entente entre les différentes religions pour un monde meilleur.

Que dire de plus ?

Si ce n’est que ce sont eux nos vrais héros !