Ruth Bader Ginsburg

Ruth Bader Ginsburg_1933-_wp

Née Joan Ruth Bader le 15 mars 1933 à Brooklyn, New York, cette incroyable femme est avocate, juriste et juge à la Cour Suprême des États-Unis (1) depuis 1993.

Âgée de 85 ans aujourd’hui, Ruth Bader Ginsburg est la doyenne de la Cour Suprême. À l’affiche du documentaire Notorious RBG, retraçant son parcours, sorti en Suisse depuis ce 10 octobre, elle est devenue l’incarnation de la lutte féministe et des droits civiques.

En 1993, elle est nommée juge à la Cour Suprême par Bill Clinton. Figure emblématique du féminisme et de la lutte pour une justice égalitaire, elle a aussi souffert du sexisme.

Durant ses études elle s’est entendue notamment questionner : « Mais pourquoi voulez-vous donc prendre la place d’un homme ? » Dès les années 1970, mariée à Martin Ginsburg, « le seul homme qui a considéré mon intelligence avant mon look », tel qu’elle l’a exprimé, et mère de deux enfants, elle devient professeur de droit à l’Université de Columbia. Douée pour repérer les failles juridiques, elle remporte de nombreux combats contre l’inégalité.

Ruth Bader Ginsburg_usa-supreme-court-seal_wp

L’une de ses plus belles réussites : la Lilly Ledbetter Fair Pay Act of 2009 (2) (Pub. L. 111-2, art. 181), une loi en faveur des droits des femmes dans le monde du travail, adoptée en 2009. Elle devient une icône populaire ; une apparition dans les Simpson, des gadgets à son effigie et a même son propre personnage dans l’émission Saturday Night Live.

La nomination de l’ultra-conservateur Brett Kavanaugh à la Cour Suprême, le 6 octobre dernier, malgré des accusations d’agressions sexuelles, entraîne Ruth Bader Ginsburg à être la dernière personnalité occupant un haut poste à pouvoir contrecarrer la politique de Trump, lui-même accusé de harcèlement sexuel par 13 femmes.

Ouvertement pour l’IVG, le mariage pour tous, entre autres, elle compte bien se servir de sa position importante afin de poursuivre le combat et de défendre les droits des femmes si durement acquis. Elle a d’ailleurs saisi l’occasion. À la présentation du documentaire Notorious RBG et à l’annonce de la sortie en décembre prochain du film biographique On The Basis Of Sex, qui lui sont consacrés, elle a affirmé ses intentions de faire barrage à Trump : « Si je ne le contre pas, qui le fera ? Je resterai tant que j’en aurai la force. Et pour l’instant, c’est le cas. D’ailleurs, je fais encore mes 20 pompes par jour sans problème ! »

Ruth Bader Ginsburg_student_wp

Ses prises de position lui valent les surnoms de « zombie » par les conservateurs et de « vieille schnock qui devrait partir à la retraite », de la part de Trump. Cependant, elle reçoit de nombreux éloges de beaucoup d’autres personnes. Son coach sportif, Bryant Johnson, parle d’elle ainsi : « Elle est merveilleuse. En plus, elle est capable de mettre son ego de côté : quand elle ne sait pas quelque chose, elle demande, elle écoute la réponse et elle apprend ! » Barack Obama a une grande considération à son égard : « Elle est sympathique […] Elle est vraiment remarquable et j’ai vraiment un gros faible pour elle ! » Quant à Bill Clinton, il déclarait : « J’aime sa vision progressiste, sa sagesse, son sens du consensus et sa capacité à garder des opinions équilibrées en toutes circonstances. Et, évidemment, je respecte profondément son travail de pionnière en faveur des femmes de ce pays ! »

Longue vie à cette grande Dame exceptionnelle, à celle que certains appellent la « Simone Veil » américaine…

Ruth Bader Ginsburg_usa-supreme-court-capitol_wp

(1) Cour Suprême des États-Unis : Supreme Court of the United States (SCOTUS) ou aussi United States Supreme Court, est le sommet du pouvoir judiciaire aux États-Unis et le tribunal de dernier ressort. C’est l’article III de la Constitution des États-Unis qui établit le pouvoir judiciaire du gouvernement fédéral américain. Ce pouvoir comprend la Cour Suprême et des cours inférieures définies par le Congrès. Conformément à cet article, la Cour Suprême est compétente sur tous les cas relevant de la Constitution, des lois et des traités conclus par les États. La devise de la Cour Suprême est Equal Justice under law, « Égalité de Justice devant la loi ». Elle siège à Washington D.C. (Washington District of Columbia), dans le bâtiment de la Cour Suprême, proche du Capitole où elle siégeait jusqu’en 1935, date d’achèvement de la construction de son propre bâtiment.

Ruth Bader Ginsburg_professor_wp

(2) Lilly Ledbetter Fair Pay Act of 2009 : Première loi fédérale adoptée par le Président Barack Obama le 29 janvier 2009. Elle modifie le titre VII de la loi de 1964 sur les droits civils et la loi de 1967 sur la discrimination de l’âge dans l’emploi. Elle modifie également le fonctionnement de la loi de 1990 sur les personnes handicapées et de la loi de 1973 sur la réadaptation. Pour préciser qu’une décision d’indemnisation discriminatoire ou d’une autre pratique illégale en vertu de ces lois se produit chaque fois que la compensation est payée par l’effet de la décision d’indemnisation discriminatoire ou d’une autre pratique, et à d’autres fins. Adoptée par le 111e Congrès des États-Unis le 29 janvier 2009, cette loi stipule que le délai de prescription de 180 jours pour le dépôt d’une action en justice sur l’égalité de rémunération en matière de discrimination salariale est réinitialisé à chaque nouveau chèque de paie affecté par cette action discriminatoire. Cette loi fait suite à une décision de la Cour Suprême dans l’affaire Goodyear Tire & Rubber Co., 550 US 618, de 2007. La Cour Suprême des États-Unis a fixé le délai de prescription pour l’introduction d’une action en justice correspondant à l’égalité de rémunération commençant à la date à laquelle l’employeur établit le salaire discriminatoire initial et non à la date du dernier chèque de paie.

Publicités

Belgique : un homme reconnu coupable de viol « à distance »

Le 25 septembre dernier, un homme de 25 ans a été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Bruxelles de viol « à distance ». Une première en Belgique et au monde.

De 2011 à 2016, ce jeune belge a harcelé plusieurs adolescentes, dont la plus jeune était âgée de 13 ans, pour obtenir de leur part des vidéos et des photos à connotation sexuelle.  Il créait de faux profils sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, Whatsapp et Viber. Selon le quotidien La Libre Belgique, caché derrière ses faux profils, il obligeait ses victimes à répondre à ses exigences sexuelles en les menaçant de divulguer leurs photos dénudées sur les réseaux sociaux en cas de refus. Bien qu’il n’ait jamais rencontré ses victimes, il est parvenu à forcer une adolescente de 15 ans à l’auto-pénétration sexuelle, sans aucun consentement, lors d’une conversation par webcam après l’avoir menacée de diffuser des photos d’elles compromettantes.

Au cours de l’audience de l’accusé, le président du tribunal correctionnel de Bruxelles a énoncé de « faits nombreux et graves ». L’homme a été reconnu coupable d’attentat à la pudeur, d’incitation à la débauche et de viol « à distance ». « Même s’il n’y a eu aucun contact physique, c’est un viol. Il n’y avait pas de consentement et il a manipulé la jeune par un véritable chantage, il l’a donc forcée à se pénétrer digitalement », a déclaré le président du tribunal.

Belgique_un homme reconnu coupable de viol_à distance_justice-balance_wp

À l’heure où le cyber-harcèlement se multiplie frappant de plus en plus des jeunes filles, nombreux félicitent cette décision inédite en Belgique et au monde, mais justifiée selon les experts qui estiment que toutes les caractéristiques du viol sont réunies. Un signal fort renvoyé par ce jugement. Surtout une prise de conscience énorme de la Justice qui prend enfin compte de ces nouveaux délits numériques.

« Il y a quelques années, on pouvait regretter que quand il s’agissait d’informatique, le préjudice était lui aussi souvent considéré comme virtuel. Mais quand on voit les victimes, c’est souvent une vie à reconstruire et la souffrance n’a rien de virtuelle. À présent, les juges les reconnaissent et prononcent des décisions extrêmement sévères, avec un message clair : on n’embête pas son voisin ou sa voisine, ni dans la rue, ni sur Internet », a ainsi expliqué Étienne Wery, avocat spécialisé dans le droit numérique, auprès de la RTBF.

Un grand bond en avant de la Justice belge, sachant que le cyber-harcèlement et l’envoi de photos à caractère sexuel se répandent de manière exponentielle ; 1 jeune sur 3 est victime de cyber-harcèlement et pas toujours d’ordre sexuel.

Il ne reste plus qu’à souhaiter que cette énorme avancée judiciaire puisse, elle aussi, se propager dans les autres systèmes judiciaires internationaux.

Charles Aznavour

1924 – 2018

Le « grand Charles », comme certains le surnommaient est mort à l’âge de 94 ans. Charles Aznavour, né Shahnourh Varinag Aznavourian le 22 mai 1924 à Saint-Germain-des-Prés, à Paris, est décédé ce 1er octobre 2018 à Mouriès, dans le département des Bouches-du-Rhône en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Qui ne connaît pas ou n’aime pas au moins un titre de ce Grand Monsieur de la chanson française ? Qui n’a pas traversé une période de sa vie sans avoir entendu une chanson de Charles Aznavour ?

Charles Aznavour_photo-de-Franck Horvat-1957_wp
Photo de Franck Horvat – 1957

Ce ne fut pourtant que tardivement qu’il se fit connaître du grand public. Jusqu’à l’âge de 33 ans il fut un artiste de l’ombre. Auteur de chansons pour Édith Piaf, Juliette Gréco ou Maurice Chevalier et un duettiste, il partageait les scènes des cabarets parisiens avec son complice Pierre Roche. Dans les années 1950, encouragé par Édith Piaf, il interpréta ses propres chansons. Ses trois premiers albums solo s’intitulent d’ailleurs Charles Aznavour chante Charles Aznavour. De là commença une carrière incroyable.

« Un sens inouï de la mélodie, un phrasé unique et une écriture soignée font la différence », a ainsi écrit Anthony Martin, journaliste RTL. Charles Aznavour connut son premier grand succès en 1960 avec la chanson J’me voyais déjà, refusée par Yves Montand qui déclara : « Les chansons qui racontent notre métier font toujours des bides ».

FRANCE-MUSIC-AZNAVOUR-OBIT

Charles Aznavour reçut d’autres vives critiques, notamment de la part de la Presse pour laquelle il ne fut jamais une révélation. « Il ne faut pas laisser des infirmes faire ce métier », tel qu’il pouvait se lire. Malgré cette impopularité médiatique, il s’accrocha et gravit les marches chanson par chanson.

Fils d’émigrés d’un père géorgien et d’une mère arménienne de Turquie, il se plongea dans les livres, les dictionnaires afin d’affiner son écriture et d’améliorer la manière de s’exprimer, cette façon si harmonieuse et talentueuse qui lui vaut ces particularités qui nous connaissons tous, la beauté et la subtilité de ses textes.

Charles Aznavour_Lino-Ventura-Un-taxi-pour-Tobrouk-1961_wp
Un taxi pour Tobrouk avec Lino Ventura – 1961

Il parcourut les années 1960 à hauteur de trois succès par an, comme avec Il faut savoir, Les comédiens, Et pourtant, La Mamma, tout en affirmant son sens du swing en pleine période yéyé. Il partit aussi à la découverte du monde, dont aux États-Unis où ses albums sortirent, il chanta Que c’est triste Venise, Paris au mois d’août. En 1966, à bord d’un ferry entre Hong Kong et Macao, il vit des gens pauvres aux ballots mal ficelés qui fumaient et s’amusaient comme si la misère n’existait pas. Touché par cette scène, il s’y inspira sur le pont du bateau pour y écrire Emmenez-moi.

Malgré sa pudeur, il sut affirmer ses convictions, il fut un homme engagé et précurseur en son temps. Au début de l’année 1971, indigné par le conservatisme social de l’époque qui poussa Gabrielle Russier, une professeur agrégée de lettres, amoureuse de l’un de ses élèves, à se suicider suite à sa condamnation judiciaire, sa chanson Mourir d’aimer sortit. « Je voulais m’insurger contre la bêtise et les esprits bourgeois », avait-il alors déclaré. Il affirma ensuite son amitié pour la communauté homosexuelle avec son titre J’habite seul avec maman. Deux scandales en cette période où la France se trouvait en pleine flambée révolutionnaire. S’ensuivirent les chansons À 18 ans, j’ai quitté ma province ou encore Balayé par septembre, notre amour d’un été.

Charles Aznavour_wp

Charles Aznavour avait également un sens inégalé de la formule. « J’ai réussi tout ce que j’ai fait, mais je n’ai pas fait ce que je n’aurai pas pu réussir », disait-il. Bien qu’il chanta en duo avec les plus grandes voix de pop, rock, jazz, lyrique, il sut garder son propre style tout au long de sa carrière. Marié trois fois, six enfants, il traversa toutes les époques « en oubliant souvent dans ma course contre le temps mes amis, mes amours, mes emmerdes », tel qu’il l’exprimait dans sa chanson Mes Emmerdes, en s’imposant ainsi contre les modes établies.

Il fut de même un excellent acteur de cinéma, sa seconde passion, en ayant tourné dans plus de 80 films sous la direction des plus grands réalisateurs. On se souvient notamment de ses fabuleuses interprétations dans « Tirez sur le pianiste », « Un taxi pour Tobrouk », « Les Fantômes du Chapelier » ou encore « Ararat ».

Charles Aznavour_Michel-Serrault-Les-Fantômes-du-chapelier-film-réalisé-par-Claude-Chabrol-juin-1982_wp
Les Fantômes du chapelier avec Michel Serrault – film réalisé par Claude Chabrol – juin 1982

Artiste international, il ne croyait pourtant pas à la postérité. « De moi, il ne restera qu’une ou deux chansons et on ne saura pas qui les a écrites », répétait-il. Il laisse derrière lui un répertoire de plus de 800 chansons. Et dont certaines d’entre elles, à titre personnel, ont marqué des périodes importantes de ma vie, m’ont permise de traverser des moments difficiles, encouragée lorsque je voulais abandonner, réconfortée lors de mes instants de doute, soutenue dans mes joies et mes peines…

Je n’ai jamais rencontré ce grand artiste que j’apprécie énormément, mais sa disparition m’affecte quelque peu. Alors je souhaitais à ma façon lui rendre un hommage.

États-Unis : un homme acquitté après 27 ans de prison grâce à un magazine de golf

États-Unis_un homme acquitté après 27 ans de prison grâce à un magazine de golf_Buffalo-flag_wp

Après avoir passé 27 ans de prison pour un crime qu’il n’a pas commis, Valentino Dixon, 48 ans, a été innocenté par le tribunal du district du Comté d’Érié à Buffalo dans l’État de New York, grâce à une enquête initiée par le magazine GolfDigest.

En 1991, âgé de 21 ans, Valentino Dixon est condamné à 39 ans de prison ferme pour le meurtre de Torriano Jackson, 17 ans. Lors d’une chaude nuit d’août, tous deux étaient à une fête de rue avec des mineurs. Le trop plein d’alcool provoqua une bagarre pour une fille et se transforma en fusillade.

États-Unis_un homme acquitté après 27 ans de prison grâce à un magazine de golf_Brooklyn-bridge_wp

Incarcéré à la prison d’Attica, un gardien lui donna une photo du 12e trou d’Augusta National en échange d’un service. Subjugué par cette photo, il commença à dessiner aux crayons de couleur des paysages de golf pour lesquels il développa une réelle passion. En 2012, il se laissa convaincre par ce gardien d’envoyer ses croquis au magazine spécialisé dans ce sport, le GolfDigest. Impressionné par la qualité de ses dessins méticuleusement détaillés, alors qu’il n’avait jamais pratiqué ce sport, ni posé un pied sur un parcours, le magazine lui consacra un portait. Il a fallu toutefois une centaine de dessins avant que le magazine le remarque. Mais lorsque cela a été fait, le GolfDigest a de même constaté qu’il pouvait être innocent.  Le magazine décida alors de mener sa propre enquête. Avec l’aide du journaliste Max Adler, il découvrit une investigation policière bâclée. Aucune preuve physique ne liant Valentino Dixon au crime, des témoignages contradictoires de témoins peu fiables, un défenseur public n’ayant pas appelé un témoin au procès, des accusations de parjure contre ceux qui ont défendu Valentino Dixon en affirmant son innocence et surtout les aveux enregistrés sur une vidéo d’un autre homme, un dénommé LaMarr Scott. Bien que le passé de Valentino Dixon n’ait pas été pas sans tâche, puisqu’il a vendu de la cocaïne, cela ne faisait pas de lui pour autant un meurtrier, mais l’a précipité en prison.

États-Unis_un homme acquitté après 27 ans de prison grâce à un magazine de golf_New-York-central-park_wp

L’article de 2012 du GolfDigest a permis à NBC / Golf Channel, CRTV.com, Fox Sports, au Georgetown University Prison Reform Project et à d’autres acteurs de mieux connaître le cas. En parallèle, la fille de Valentino Dixon a mené une campagne populaire en vue de collecter des fonds pour les frais juridiques de son père en vendant ses œuvres en ligne. Or, cela n’a pas suffit à faire vaciller le système judiciaire. Malgré que Valentino Dixon ait toujours clamé son innocence, à Noël 2017, les appels épuisés, les demandes de pardon ou de clémence, n’ont reçu aucune réponse de la part du bureau du gouverneur de New York, Andrew Cuomo.

Mais soudainement sa culpabilité fut remise en cause. Selon Donald Thompson, qui, avec Alan Rosenthal, a déposé la dernière requête de Valentino Dixon, comprenant l’article du GolfDigest, ce revirement découle de la convergence des facteurs. « Une fois que l’affaire a franchi un certain seuil d’attention des médias, c’est important, même si ce n’est pas le cas », a-t-il déclaré. « Il est embarrassant pour le système juridique que la meilleure présentation de l’enquête ait été faite depuis longtemps par un magazine de golf », a-t-il ajouté.

États-Unis_un homme acquitté après 27 ans de prison grâce à un magazine de golf_Buffalo-seal_wp

Donald Thompson a aussi précisé que le travail du GolfDigest a été finalement éclipsé par le récent rapport déposé par l’unité des condamnations injustes du procureur du Comté d’Érié, un nouveau type de département qui apparaît dans plusieurs districts ces jours-ci. Son rapport a été soutenu par un groupe d’étudiants en premier cycle de l’Université de Georgetown qui, dans le cadre de leurs études, avait créé des campagnes documentaires, sites Web et médias sociaux autour de trois personnes soupçonnées d’être emprisonnées à tort. « Ils ont fait un excellent travail en parlant des témoins qui pourraient encore être localisés, ainsi qu’en demandant à Chris Belling [qui a poursuivi Dixon] de modifier les propos qu’elle avait défendus par le passé », a-t-il spécifié.

La valeur du sang frais ne doit pas non plus être réduite. Franck Sedita III, le procureur de longue date du Comté d’Érié, a déclaré que la société devrait davantage se préoccuper des « acquittements injustifiés ». Le nouvel homme, John Flynn, est en poste depuis un an et c’est essentiellement grâce à sa bénédiction que Valentino Dixon a été libéré.

États-Unis_un homme acquitté après 27 ans de prison grâce à un magazine de golf_New-York-empire-state-building_wp

Bien entendu, une petite question à régler avant que la culpabilité de Valentino Dixon ne soit acquise est de la placer sur une autre personne. Juste avant que Valentino Dixon ne quitte le Palais de Justice, LaMarr Scott entra afin de plaider officiellement coupable du meurtre de Torriano Jackson. Il a ainsi reconnu sa responsabilité la nuit de la fusillade. Et ce depuis des décennies, y compris auprès de GolfDigest, à l’exception d’un court laps de temps pendant lequel Chris Belling a fait pression sur lui pour qu’il dise le contraire. LaMarr Scott purge déjà une peine d’emprisonnement à perpétuité pour avoir tiré lors d’un vol à main armée, en 1993, ayant laissé une victime tétraplégique. Tirer parti d’une condamnation concomitante pour l’assassinat de Torriano Jackson ne change rien à ses perspectives, si ce n’est la possibilité d’une éventuelle libération conditionnelle réduite à néant.

Interviewé à sa sortie du Palais de Justice, Valentino Dixon a déclaré : « Je vais au Red Lobster pour célébrer avec ma famille et mon équipe de soutien, puis nous irons dans un parc ». Il a prévu d’aller voir sa grand-mère, puis d’effectuer les démarches nécessaires en vue d’obtenir un passeport afin qu’il puisse rendre visite à sa femme, avec laquelle il est marié depuis 12 ans et a eu une fille, Louise qui vit en Australie et qui n’a jamais douté de son innocence.

États-Unis_un homme acquitté après 27 ans de prison grâce à un magazine de golf_statue-of-liberty_wp

Les carrières des personnes ayant contribué à la condamnation de Valentino Dixon ne seront pas affectées. Elles ont soit pris leur retraite, soit ont été assignées à de nouveaux postes. « Ce qui est positif, c’est que cette affaire pourrait servir d’exemple aux unités de condamnation injustifiées ailleurs », a conclu Donald Thompson.

Enfin, les hommes plus faibles auraient pu penser à s’évader. Mais avec son esprit fort et son corps intact, Valentino Dixon espère avoir de bonnes années à venir avec sa famille, dont sa fille qui a bien grandi et est maman de deux enfants. Peut-être va-t-il même jouer au golf ?

« Go back to where you came from »

_Go back to where you came from_Pologne-flag_wp

Les émissions de télé-réalité font partie depuis des années de notre paysage médiatique au point de parasiter la qualité des programmes en eux-mêmes. Et les créateurs de ces émissions ne savent plus quoi inventer afin de faire grimper le niveau d’audience de la chaîne de télévision pour laquelle ils travaillent.

Pour tous ceux ou celles qui penseraient que notre télévision française qui proposent ce type d’émissions serait parmi celles qui en détiendraient le record, ils changeront peut-être d’avis avec ce qui va suivre.

_Go back to where you came from_USA-NBC-News_wp

Révélée par le département de l’information du réseau de télévision américain National Broadcasting Company, NBC News, et relayée par le magazine en ligne américain Slate, cette actualité a de quoi faire bondir !

La chaîne de télévision privée polonaise TVN s’apprête à diffuser une nouvelle émission de télé-réalité au cours de cet automne. Intitulée Go back to where you came from, en français, Retourne là d’où tu viens, elle mettra en scène 6 Polonais qui vivront « comme les réfugiés et avec des réfugiés, pendant près d’un mois ». Une télé-réalité à l’identique d’une émission australienne diffusée entre 2011 et 2015.

_Go back to where you came from_USA-Slate_wp

Un Pékin Express à la polonaise.

6 « aventuriers » et « aventurières » devront parcourir le chemin inverse de celui emprunté par les migrants. Munis d’un passeport, d’un peu d’argent et d’un téléphone, ce que tout réfugié fuyant son pays a bien sûr en sa possession, ils partiront de Berlin en Allemagne, traverseront l’Autriche, la Hongrie, la Serbie et arriveront en Grèce, d’où ils prendront un bateau, sans risque de chavirer, pour traverser la Méditerranée jusqu’au Kurdistan. Sur place, ils vivront dans un camp de réfugiés. Et durant toutes ses épreuves, ils seront alors filmés non-stop par les caméras.

_Go back to where you came from_Pologne-armoiries_wp

Dans un communiqué la chaîne TVN a déclaré : « Ce sera l’une des expéditions les plus difficiles de leur vie ». « Comment cette errance affectera-t-elle les héros ? Vont-ils regarder leur vie différemment après ce voyage ? » Questions que devront se poser les participants du programme qui, selon le magazine Slate, ont un avis divergent sur le problème de la crise des migrants. Quant au titre de « héros », sans commentaire.

Alors que le directeur de la programmation de la chaîne privée polonaise a estimé que cette émission sera d’utilité publique et permettra de contribuer au débat sur ce sujet, de nombreuses personnes accusent déjà la production d’utiliser la souffrance des migrants afin de faire du profit, tel que l’a rapporté le magazine Slate. Et malgré que la production ait déclaré « Nous sommes bien au fait que c’est un sujet politique sensible et controversé », elle s’est justifiée en expliquant que cette émission revêtait davantage le caractère d’un documentaire que d’une télé-réalité.

_Go back to where you came from_Pologne-CBOS_wp

Un documentaire ?

Enfin, le magazine Slate a rappelé que la plupart des Polonais sont opposés à l’accueil des réfugiés chez eux. Un sondage du Centre de recherche sur l’opinion publique polonaise, CBOS, a établi que seulement  5 % des Polonais accepteraient que les réfugiés fuyant une guerre puissent s’installer dans le pays, par rapport en 2015, avant le début de la crise migratoire, où ce taux était de 14 %. Sur le plan politique, le gouvernement polonais est farouchement contre l’accueil de migrants issus de pays d’Afrique et du Moyen-Orient.

Destination : France

Destination_France_wp

Ça y est, l’heure du grand départ a sonné ! Au moment où vous lirez cet article, je serai en plein déménagement. Les bagages seront remplis de souvenirs anglais. Quelques larmes couleront à l’intérieur de moi, comme je vous l’avais dit, ma gorge sera un peu serrée, j’aurai un petit pincement au cœur aussi à l’instant où je donnerai ce dernier coup de clé à la porte d’entrée de cette dernière demeure à laquelle je me suis attachée durant ces mois.

Une nouvelle aventure commence…

Merci à vous tous et toutes qui m’avez suivie tout au long de ce parcours en Angleterre. Je vous souhaite une belle continuation dans votre vie en attendant de vous retrouver prochainement dans la mienne à la découverte de Paris…

À très bientôt !

Italie : des violeurs acquittés

Italie_des violeurs acquittés_flag_wp

Le 17 juillet dernier, la Cour de cassation italienne est revenue sur le verdict d’un procès pour viol, estimant que les deux accusés n’étaient pas entièrement responsables puisque la victime était en état d’ébriété au moment de l’agression. Cette affaire a été révélée par le quotidien britannique The Guardian.

Les faits remontent à 2009. Lors d’un dîner arrosé, deux cinquantenaires ont profité de l’état d’alcoolémie avancé d’une jeune femme pour la violer. Quelques heures plus tard, en état de choc, celle-ci s’est rendue à l’hôpital où elle y a décrit les faits avec confusion. Et c’est ce point qui a été justement reproché à la victime au cours du premier procès en 2011. Les deux accusés ont été acquittés par les juges du tribunal de Brescia (ville située en Lombardie, dans le nord de l’Italie) sur la base du témoignage peu fiable de la victime.

Italie_des violeurs acquittés_emblem_wp

En janvier 2017, la jeune femme fait appel. Le tribunal de Turin s’est appuyé cette fois-ci sur le rapport médical post-agression qui confirmait sans le moindre doute du rapport sexuel non consenti et la tentative de résistance de la victime vis-à-vis de ses agresseurs. Ces derniers ont écopé d’une peine de 3 ans d’emprisonnement ; la cour ayant retenu les circonstances aggravantes à l’encontre des deux hommes ayant profité de l’état d’ivresse de la jeune femme pour abuser d’elle.

Mais, la Cour de cassation est récemment revenue sur cet aspect. Bien que les juges aient reconnu les circonstances aggravantes incombant aux deux individus, ils ont toutefois estimé que la victime n’aurait pas dû choisir délibérément de consommer de l’alcool. Les deux hommes ont été alors relaxés.

Italie_des violeurs acquittés_Turin-coat-of-arms_wp.png

Cette décision choquante a rapidement soulevé la vive réaction de plusieurs associations féministes. Interrogée par The Guardian, la présidente du « réseau des femmes contre la violence », Donne in Rete contro la violenza, Lella Palladino, a déclaré son indignation : « La position de la Cour de cassation est extrêmement sérieuse parce que les femmes auront plus de difficultés à l’avenir à signaler des viols ». Et pour la députée du Parti démocrate italien, Alessia Rotta : « Cette décision nous ramène des décennies en arrière… Elle risque d’anéantir des années de lutte ».

Or, ce n’est malheureusement pas la première affaire en la matière qui a connu une telle tournure. La justice italienne est coutumière du fait. L’an passé, le tribunal de Turin avait acquitté un homme accusé d’avoir violé une femme hospitalisée sur la simple raison que celle-ci n’avait pas criée suffisamment fort.

USA : l’administration Trump, l’ennemie de l’environnement

USA_l'administration Trump, l'ennemie de l'environnement_car-vintage_wp.jpg

L’administration Trump veut supprimer les normes environnementales sur les voitures particulières qui avaient été aménagées sous la présidence de Barack Obama. Elle veut également marquer son pouvoir en empêchant les États de définir leurs propres règles plus strictes, à l’image de la Californie, État à la pointe en matière de voitures « propres » qui va cependant tout mettre en œuvre pour se défendre.

« Un pas en avant, deux pas en arrière », voilà la direction que ce gouvernement américain a choisie de prendre. Après le retrait de l’Accord de Paris sur le climat, c’est au tour du gel des normes environnementales d’être le nouveau fer de lance de l’administration Trump.

USA_l'administration Trump, l'ennemie de l'environnement_car-ford_wp

La Environmental Protection Agency (EPA), agence fédérale américaine de protection de l’environnement (agence indépendante du gouvernement des États-Unis), et La National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), agence fédérale américaine chargée de la sécurité routière (agence dépendante du Département des Transports des États-Unis), ont annoncé le 2 août dernier la suspension des normes environnementales contraignantes imposées à l’industrie automobile, visant plus spécifiquement les voitures particulières, sous l’administration Obama. Décision que l’État de Californie a qualifiée de « stupide ».

Les normes établies jusqu’ici prévoyaient des augmentations graduelles de l’automobile en carburant des véhicules en vue d’atteindre les 54,5 miles pour 1 gallon d’essence, soit 4,32 litres aux 100 kilomètres, en 2025. Ces normes n’étaient pas fixées par voiture mais pour l’ensemble de la gamme de chaque constructeur ; 1 modèle consommant beaucoup d’essence contre 1 modèle en consommant peu ou pas du tout (voiture électrique) et c’est la moyenne qui devait répondre à la norme en vigueur.

USA_l'administration Trump, l'ennemie de l'environnement_EPA-NHTSA_wp

Selon l’EPA, ces normes « ne sont plus adaptées », a-t-elle déclaré dans un communiqué. Les deux agences ont ainsi suspendu l’injonction donnée aux constructeurs automobiles par l’ancienne administration de construire davantage de véhicules moins polluants et plus économes en carburant, tels les véhicules hybrides et électriques.

D’après aussi ces deux agences, ces normes auraient contribué à l’augmentation du prix moyen des voitures, se trouvant actuellement à 35 000 $, soit 2 340 $ de plus, poussant les consommateurs à ne pas changer de véhicule. De ce fait, ces derniers se priveraient des dernières technologies de sécurité dont les nouvelles voitures sont équipées. Ces deux agences ont donc estimé que la suppression de ces normes permettra aux Américains une économie conséquente et une réduction du nombre de morts sur les routes.

USA_l'administration Trump, l'ennemie de l'environnement_car-ford-old_wp

Les nouvelles normes délimiteront alors l’objectif à 37 miles pour 1 gallon, soit 6,34 litres aux 100 kilomètres, après 2021. Leur entrée en vigueur est prévue fin de cette année. Et elles concordent avec la volonté de Trump d’anéantir la majeure partie du « plan climat » mis en place par son prédécesseur. Bien évidemment les lobbies de l’automobile, Auto Alliance et Global Automakers, se sont réjouis de cette décision considérant qu’elle « va sauver des emplois ».

Mais également ces nouvelles normes visent en parallèle à retirer le privilège accordé à certains États, comme la Californie, d’affermir des règles encore plus drastiques que le reste du pays dans ce domaine. Concernant cette exemption, le Gouverneur de cet État important de l’ouest américain, Jerry Brown, a commenté sur Twitter : « La Californie va combattre cette décision stupide avec tous les moyens à sa disposition ». 12 États ont déjà instauré des règles plus sévères que celles de Washington, en incitant les constructeurs automobiles à s’aligner sur les normes plutôt que sur les règles fédérales pour pouvoir y vendre leurs voitures. La chef démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a aussi réagi en désignant une « attaque injuste et illégale » de la part de l’administration Trump, qui « va asphyxier nos communautés avec un nuage de pollution ».

USA_l'administration Trump, l'ennemie de l'environnement_car-old_wp

En réponse à ces vives réactions, la porte-parole de la maison Blanche, Sarah Sanders, s’est défendue : « Nous prendrons la décision finale en fin d’année ».

De son côté, Daniel Baker de l’ONG environnementaliste Safe Climate Campaign a ajouté : « Trump essaie de justifier avec cynisme ce retour en arrière avec une parade d’horreurs inventées. Les nouvelles règles vont conduire à davantage de véhicules polluants, à plus de coûts pour les consommateurs et ça ne sauvera aucune vie ».

Enfin, suite à la baisse des prix de l’essence de ces dernières années, les consommateurs américains ont recommencé à racheter des véhicules plus gros et plus polluants.

Venezuela : le Président Nicolás Maduro victime d’un attentat ?

Venezuela_le Président Nicolás Maduro victime d'un attentat_flag_wp

Une explosion est survenue lors du discours du Président vénézuélien Nicolás Maduro ce samedi 4 août à Caracas qu’il tenait à l’occasion de la célébration du 81e anniversaire de la Garde Nationale Bolivarienne (GNB) sur l’avenue Bolívar à Caracas.

Le Président, sa femme Flores Cilia et le haut commandement militaire du Venezuela ont été évacués d’urgence après l’apparition d’au moins une explosion que le gouvernement a attribuée à des présumés drones chargés d’explosifs qui ont survolé la région.

Des images diffusées en direct sur la chaîne de télévision du pays ont montré le Président et sa délégation sursauter en regardant le ciel, tandis qu’une déflagration faisait vibrer la caméra qui filmait la scène. Les membres de la sécurité du Président ont immédiatement déployé des écrans pare-balles devant lui pour le faire sortir. Sur des images suivantes, se voyaient des soldats présents rompre les rangs et se disperser en courant sur l’avenue.

Une autre vidéo diffusée par la chaîne de télévision généraliste vénézuélienne à vocation pan-latino-américaine TeleSur a été filmée où s’apercevait un drone exploser en vol.

Venezuela_le Président Nicolás Maduro victime d'un attentat_armoiries_wp

Selon les autorités vénézuéliennes, il s’agirait d’un attentat à l’encontre du chef de l’État commis par le biais de 2 drones de type Matrice 600, du constructeur chinois DJI, chargé chacun d’un kilo de C4. Le ministre de l’Intérieur et de la Justice Néstor Reverol a déclaré ce 5 août que ces drones chargés de la quantité de ce puissant explosif auraient pu « faire des dégâts dans un rayon de 50 mètres ». Il a aussi affirmé que l’un des drones survolait la tribune présidentielle et avait été parasité par un système de brouillage pour alors aller exploser « hors du périmètre prévu ». Quant au second drone, il se serait perdu pour partir exploser contre un bâtiment situé proche du lieu de la cérémonie, a-t-il ajouté. Une photo prise par l’AFP a révélé un immeuble près l’endroit sur lequel l’une des parties basses de la façade était noircie par ce qui semblerait avoir été une explosion.

La première version officielle a été établie par le ministre de la Communication et ancien Vice-président de la République bolivarienne du Venezuela pendant le gouvernement de l’ex-président de la République Hugo Chávez, Jorge Rodríguez. Il a fait état de 7 militaires blessés et hospitalisés à la suite de l’attentat présumé. Un cliché du photographe argentin Marco Salgado a montré l’un d’entre eux, la tête ensanglantée, quitter les lieux aider de ses camarades. Il a aussi déclaré que « c’était une attaque frustrante contre le président et son cabinet », en ajoutant au sujet des explosions : « Exactement à 5h41 de l’après-midi, il a été rapporté que les enquêtes avaient déjà clairement établi qu’elles correspondaient à des engins volants type drone, plusieurs appareils volants, contenant une charge explosive qui a explosé à proximité de la tribune présidentielle et dans certains zones du défilé. »

Venezuela_le Président Nicolás Maduro victime d'un attentat_drone-type-matrice-600_wp

Une mystérieuse revendication, baptisée « Opération Phénix »*, a été publiée sur le compte Twitter du groupe rebelle « Soldados de Franelas » (soldats de flanelle), créé en mars 2014, qui serait composé de civils et de militaires : « L’opération visait à faire voler deux drones chargés de C4. La cible était la tribune présidentielle, mais des snipers ont abattu les drones avant qu’ils ne puissent l’atteindre. Nous avons montré qu’ils sont vulnérables. Ils n’ont pas été atteints aujourd’hui, mais ce n’est qu’une question de temps ». Un communiqué a été également transmis à la journaliste vénézuélienne Patricia Poleo qui en a fait lecture sur la chaîne YouTube « Fatores de poder ». Une partie de celui-ci a justifié  : « Nous ne pouvons pas tolérer que la population soit affamée, que les malades n’aient pas de médicaments, que la monnaie n’ait plus de valeur, que le système éducatif n’enseigne plus rien et ne fasse qu’endoctriner avec le communisme, que la sécurité des personnes ne soit plus qu’un souvenir lointain, que les droits humains continuent à être violés, que les structures de l’état soient utilisées pour des opérations de narcotrafic et de terrorisme international, que l’impunité règne sur la justice, que la volonté populaire ne soit pas respectée, que des millions de vénézuéliens soient obligés de quitter le pays, et enfin que le pays soit prisonnier… »

*l’Opération Phénix fait référence est l’une des actions du même nom menée contre les FARC de la force aérienne colombienne en Équateur en 2010 par Juan Manuel Santos.

Venezuela_le Président Nicolás Maduro victime d'un attentat_Caracas-flag_wp

6 arrestations ont alors eu lieu, a ainsi annoncé le ministre de l’Intérieur et de la Justice : « Nous avons jusqu’à présent six terroristes et tueurs à gages arrêtés, plusieurs véhicules saisis, des perquisitions ont eu lieu dans divers hôtels de la capitale, où des preuves accablantes ont été découvertes […] les exécutants et les planificateurs à l’intérieur et à l’extérieur du pays ont été entièrement identifiés […] d’autres arrestations ne sont pas exclues dans les prochaines heures ». Mais aussi, d’après celui-ci, l’un des interpellés était déjà sous le coup d’un mandat d’arrêt pour une attaque « terroriste » le 6 août 2017 d’une base militaire à Valencia, capitale de l’État de Carabobo, à l’ouest de Caracas.

Les autorités vénézuéliennes ont de même affirmé que les appareils ont été abattus par des tireurs d’élite. Dans un entretien télévisé de 2 heures après son discours, le Président vénézuélien a directement accusé le Président colombien Juan Manuel Santos d’avoir commanditer l’attentat en vue de le tuer. « Ils ont tenté de m’assassiner aujourd’hui […] Le nom de Juan Manuel Santos est à l’origine de cette attaque », a-t-il déclaré du palais de Miraflores en faisant référence à plusieurs reprises à « l’extrême droite » colombienne et vénézuélienne, ainsi qu’en évoquant des « financiers » non identifiés qui résideraient aux États-Unis. Il a également réaffirmé l’arrestation de plusieurs suspects et que « toutes les preuves » étaient déjà entre les mains des forces de sécurité. Il a de même promis « justice et punition maximale » pour les responsables et a dit : « Oublie le pardon ! » Une accusation sans précédent, même dans l’hostilité verbale ouverte entre les deux gouvernements.

Venezuela_le Président Nicolás Maduro victime d'un attentat_Caracas-coat-of-arms_wp

À Bogotá, capitale de la Colombie, ce même 4 août, un communiqué de presse paru sur le site du gouvernement colombien a informé : « Le ministère des Affaires étrangères, au nom du gouvernement colombien, rejette catégoriquement les accusations portées contre le président de la Colombie, Juan Manuel Santos, par le président du Venezuela, Nicolás Maduro. Les accusations selon lesquelles le dirigeant colombien serait responsable de l’attaque présumée contre le président vénézuélien sont absurdes et manquent de tout fondement. Il est déjà d’usage que le dirigeant vénézuélien blâme de manière permanente la Colombie pour tout type de situation. Nous exigeons le respect du président Juan Manuel Santos, du gouvernement et du peuple colombien. »

Le conseiller à la sécurité nationale du Président américain Donald Trump, John Bolton, a déclaré : « Je peux dire catégoriquement qu’il n’y a eu absolument aucune participation du gouvernement américain là-dedans ».

Le 5 août au matin, le gouvernement espagnol a réagi à son tour sur l’évènement, avec prudence. Le ministère des Affaires étrangères a exprimé la « ferme condamnation » de la part du Président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez, en soulignant que la crise au Venezuela « demande une sortie pacifique, démocratique et négociée entre les Vénézuéliens. Cette sortie doit avoir comme « éléments fondamentaux » le retour aux institutions démocratiques, le respect des droits de l’Homme, la libération des prisonniers politiques et l’attention aux besoins urgents de la population. »

Venezuela_le Président Nicolás Maduro victime d'un attentat_guardia-nacional-seal_wp

Concernant proprement l’attentat, des doutes ont été émis, comme l’a suggéré le journal vénézuélien EL Nacional : « Ce n’est pas la première fois que le président Maduro dénonce une attaque contre lui et n’a toujours pas présenté de preuves à l’appui de ses accusations. Malgré les images télévisées, beaucoup ont exprimé des doutes quant à l’attaque présumée. Le scepticisme est expliqué en partie parce que la diffusion officielle de l’événement ne voit aucun drone, et plusieurs médias ont également recueilli des déclarations de personnes présentes à la commémoration qui ont déclaré ne pas avoir vu d’objets de ce type. L’opposition vénézuélienne était également sceptique quant aux versions officielles. « Il reste à voir si c’était vraiment une attaque, un accident fortuit ou l’une des autres versions qui circulent sur les réseaux sociaux », a déclaré le Frente Amplio Venezuela Libre dans un communiqué », une plate-forme rassemblant les opposants au gouvernement socialiste au-delà des partis politiques.

L’agence Associated Press a également corroboré ces doutes en affirmant que plusieurs pompiers présents sur les lieux avaient contredit la version du gouvernement au sujet de l’explosion présumée du second drone. Selon elle, 3 agents ont déclaré de façon anonyme qu’il s’agissait en fait d’une explosion d’une bouteille de gaz dans un appartement voisin.

Venezuela_le Président Nicolás Maduro victime d'un attentat_Carabobo-flag_wp

Et dans le quotidien généraliste payant espagnol El País, un officier militaire présent à la commémoration a également fait part de son scepticisme à l’égard de la version officielle sur la manière dont ont été abattus les drones, car il n’a entendu aucun coup de feu. La version officielle affirmant donc que les forces de sécurités ont tiré sur un drone « n’est pas crédible ». Mais également, selon cet officier qui a témoigné, aussi sous le couvert de l’anonymat, auprès du journal, armer ou tirer sur un drone en mouvement avec un fusil est presque impossible. « De plus s’il en est équipé, il n’explose pas. L’explosif reste stable. Vous avez besoin d’une dispersion d’arme idéale avec contrôle de tir. Si vous tirez sur le drone, il tombe, mais n’explose pas. C’était une explosion comme avec un mortier de 81 mm (le projectile de l’infanterie traditionnelle). Hauteur de 20 mètres. Sans éclats d’obus… si j’avais reçu des éclats, j’aurais eu des égratignures », a-t-il expliqué, tout en excluant l’idée d’une simulation.

Les responsables des forces armées nationales bolivariennes ont confisqué le matériel d’enregistrement, les vidéos de la chaîne de télévision numérique privée VivoPlay, qui a couvert l’évènement.

Venezuela_le Président Nicolás Maduro victime d'un attentat_Valencia-flag_wp

Et le syndicat national des travailleurs de la presse vénézuélien a informé ignorer après l’incident où étaient les journalistes de communication et de télévision du pays, Neidy Freytes, César Díaz et Alfred Valera. « Ils ont été portés disparus après que la GNB les a approchés sur l’avenue Bolívar et les a empêchés de diffuser », a-t-il assuré.

Enfin, l’incident s’est produit dans un contexte social et politique tendu. Au Venezuela, tous les voyants économiques sont au rouge depuis des années. L’inflation pourrait bien atteindre 1 000 000 % fin 2018, selon le Fonds Monétaire International (FMI), et le PIB devrait s’effondrer de 18 %. Allié du Président Maduro, Cuba a ainsi exprimé son « entière solidarité » au président vénézuélien face à cette « tentative d’attentat ». La Russie, l’Iran, le Nicaragua et la Turquie ont également condamné cette action. Les Européens sont restés silencieux ou prudents, comme donc Madrid, qui a parlé de « faits violents » en réprouvant « tout type de violence à des fins politiques ».

Thunderstorm at Humberston

Thunderstorm at Humberston_orage-éclairs_wp

Dans la nuit de dimanche à lundi, nous avons essuyé un violent orage à Humberston. De gros éclairs aux grondements tonitruants ont parcouru le lieu où je réside durant plus de deux heures. Un orage d’une force qu’il m’était longtemps arrivé de rencontrer.

Par chance, je n’ai subi que peu de dégâts, bien que beaucoup de nettoyage à faire par la suite. Ce qui n’a malheureusement pas été le cas pour l’un de mes voisins. La foudre s’est abattue sur son saule pleureur qui s’est littéralement fendu et une partie importante s’est écrasée dans son jardin. Sa terrasse a été aussi quelque peu détériorée. Je ne sais pas s’il a eu à déplorer d’autres dommages, mais à l’écoute des va-et-vient, du monde présent et de quelques paroles fortes échangées hier, je suppose que oui.

Thunderstorm at Humberston_orage-lightning_wp

La journée de lundi s’est déroulée entre-coupée de pannes d’électricité et de fortes pluies, sous une chaleur relativement pesante. Ce matin, le temps paraît plus calme, même si nous sentons encore l’orage dans l’air. Entre fines pluies, accalmies, ciel bleu et soleil, la sensation de cette chaleur lourde demeure, malgré des températures en baisse. À voir cet après-midi.

D’ailleurs à l’instant où je vous écris, des grondements dans le ciel se font entendre. La météo prévoit de nouveau des orages localisés dans la région. J’espère de tout cœur, bien que je ne connaisse pas vraiment mes voisins, que celui qui a subi de gros dégâts n’en ait pas à en pâtir une seconde fois.

Thunderstorm at Humberston_rainbow_wp

Le seul point positif, ceci dit, à en retirer, car il y a toujours du positif malgré tout, est ce double arc-en-ciel que nous avons pu admirer hier après-midi et que j’ai eu l’occasion de prendre en photo ci-dessus.

Voilà donc mes amis la raison pour laquelle je n’ai pu vous présenter l’article d’hier. Je vous retrouve demain avec un article relatif à cette période caniculaire qui semble être générale en Europe et que nous vivons tous en ce moment…