Les symboles de la Saint-Patrick

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Dans l’article d’hier, je vous ai parlé de l’origine de la Saint-Patrick, dont le seul symbole un peu évoqué a été le trèfle. Aujourd’hui, je vous propose d’entrer un peu plus dans les détails.

La couleur verte, la harpe, le leprechaun et le trèfle symbolise la culture irlandaise, dont ces représentations sont ainsi particulièrement exaltées lors de la Saint-Patrick.

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Vert

L’une des trois bandes du drapeau irlandais, le vert est la couleur symbolique s’associant au mouvement catholique de libération nationale. Quant à bande blanche du milieu, elle représente l’apaisement et l’accord entre les communautés gaélique et anglo-normande. Et la couleur orange se rapporte à la victoire du roi Guillaume III d’Orange-Nassau.

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Harpe

La harpe de Brian Boru, appelée aussi la harpe du Trinity College ou simplement le Brian Boru, est l’emblème de la République d’Irlande. Elle fut choisie comme symbole de l’État lors de l’établissement de l’État libre d’Irlande.

Brian Boru, Brian Mac Cenneidigh, en vieil irlandais, surnommé Bóruma et anglicisé en Boru, né vers 941 et mort en 1014, était un roi irlandais qui régna sur toute l’Île d’Irlande au début du 11e siècle. Vainqueur des Scandinaves de Limerick en 976, il soumit ensuite le Munster, le Leinster et le royaume de Dublin. Il tenta une unification de l’Irlande.

La harpe fut connue comme symbole de l’Île d’Irlande depuis le 13e siècle et apparue en tant que monnaie anglo-irlandaise en 1536 sous le règne d’Henri VIII. Elle représente les armoiries de l’Irlande et le troisième quart des Armes royales du Royaume-Uni. Ce blason inspira d’ailleurs l’insigne de la compagnie aérienne irlandaise low cost Ryanair fondée en 1984.

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Leprechaun

Cette créature humanoïde est issue du folklore irlandais. Souvent représenté en un vieil homme de petite taille avec une barbe, coiffé d’un chapeau et vêtu de rouge et de vert, le leprechaun est apparenté aux créatures du « petit peuple » et comparé au lutin ou farfadet du folklore écossais.

Selon le mythe, le leprechaun est une créature solitaire, dont ses principales occupations sont de fabriquer et réparer des chaussures, faire des farces ainsi que compter ses pièces d’or qu’il garde dans un chaudron caché au pied d’un arc-en-ciel. S’il est capturé, il peut exaucer 3 vœux en échange de sa libération.

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Selon certains auteurs, cette fable tire son origine des « marmites ou chaudrons de cuisine remplis d’or, enterrés durant d’anciennes époques de guerre » que les leprechauns auraient découverts et se seraient appropriés. Le leprechaun serait le fils d’un « mauvais esprit et d’une créature féerique dégénérée, ni complètement bénéfique, ni complètement maléfique ».

Cependant, les films, dessins animés et publicité ont popularisé une image spécifique des leprechauns sans ressemblance avec les détails trouvés dans les cycles de la mythologie irlandaise.

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L’archétype moderne du leprechaun est donc un vieillard barbu roux habitant au pied d’un arc-en-ciel duquel il cache un pot ou un chaudron rempli d’or. Il est vêtu de vert et porte un trèfle à trois feuilles. Sarcastique et sournois, n’aimant pas être déranger par les étrangers, il aurait créé l’arc-en-ciel afin que personne ne le voie et ne trouve son fameux trésor.

Enfin, l’image stéréotypée du leprechaun babillé en vert est si forte aux États-Unis qu’elle est utilisée à de nombreux emplois, principalement commerciaux.

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Trèfle irlandais

Plus précisément le shamrock, cet autre symbole de l’Irlande, est en réalité une feuille d’oxalis petite oseille et non une feuille de trèfle (Trifolium repens), comme imaginée en général. Le trèfle comporte des feuilles arrondies alors que l’oxalis acetosella possède des feuilles en forme de cœur, ainsi le shamrock.

Ce mot est dérivé de l’ancien gaélique signifiant « jeune plante à trois feuilles ». Cependant, malgré que ce terme ne soit pas reconnu par l’electronic Dictionary of the Irish Language (eDIL), étant plutôt le nom du trèfle en anglais, selon le dictionnaire Hachette-Oxford, il conserve son appellation de shamrock.

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Ce symbole découle donc du passé gaélique de l’île associé à son évangélisation par Saint-Patrick. Le trèfle détenait déjà un aspect magique. Avant le christianisme, le peuple celte était familier des figures de triades, comme le triskel. Afin de permettre aux autochtones d’adhérer à la notion d’un dieu unique, Patrick utilisa ainsi le trèfle comme modèle pour expliquer la Trinité. Il prit un trèfle et le compara au Dieu des chrétiens, à la fois un et 3 entités : le Père, le Fils et l’Esprit Saint. L’image ancrée dans une symbolique ancestrale resta si fortement qu’elle devint l’emblème du pays.

Aux États-Unis, ce symbole est largement utilisé lors des cérémonies de la ville de Boston.

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Bien que le shamrock conserve sa représentation à la Saint-Patrick par les Irlandais, une variante s’est imposée ailleurs, le fameux trèfle à quatre feuilles. Une mutation rare du trèfle blanc, espèce la plus commune dans les pelouses, dont ses extrémités forment souvent aussi un cœur, d’où sa confusion avec l’oxalis. Ce trèfle fut considéré pour celui qui le trouve comme portant chance. Il est donc devenu un porte-bonheur qui, selon une certaine superstition populaire, apporterait l’amour, la chance et la richesse.

Plus de secret maintenant sur la Saint-Patrick, ses origines et ses symboles.

Bon dimanche soir !

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St Patrick’s Day

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La fête de la Saint-Patrick est une fête chrétienne qui célèbre le 17 mars le Saint patron de l’Irlande.

Évangélisateur de l’Irlande, Patrick se serait servi d’un trèfle lors de son sermon au roc de Cashel afin d’expliquer le concept de la Trinité aux Irlandais. Le trèfle devenant ainsi le symbole de l’Irlande. L’emblème officiel du pays étant la harpe celtique.

Selon la légende, ce fut à ce moment qu’il chassa tous les serpents du pays, caractérisant la conversion du peuple irlandais. Les serpents représentant les croyances polythéistes celtiques des Irlandais assimilées à Satan. Ce dernier rendu responsable de l’ignorance du Dieu véritable. D’où le trèfle que mettent à la boutonnière les Irlandais chaque année afin de commémorer cet enseignement.

La Saint-Patrick est célébrée par l’Église catholique, orthodoxe, luthérienne et anglicane. Déjà fêtée au 4e et 5e siècle, cette tradition à travers le temps est affiliée à l’Irlande dans le système de patronage religieux. Elle est donc une fête purement irlandaise.

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Le 16 mars 1607, sous l’influence du moine scolastique franciscain Luke Wadding, le 17 mars fut reconnu comme date officielle dans le calendrier irlandais. La fête de la Saint-Patrick devint alors un jour saint d’obligation pour les catholiques irlandais. Ce jour se situe toujours durant le Carême. Pour les chrétiens observant cette période, la tradition leur permet de rompre ce jeûne pendant la journée de la Saint-Patrick.

Au fur et à mesure du temps, cette fête a évolué vers une célébration civile, marquant la reconnaissance de tous les Irlandais. Aux États-Unis d’ailleurs, principal pays dans lequel la communauté irlandaise immigra en masse, la première Saint-Patrick fut fêtée en 1737 à Boston et la première parade officielle eut lieu en 1762 à New York.

Bien que cette fête soit l’une des fêtes les plus populaires, elle ne correspond absolument pas à la fête nationale de l’Irlande. Puisque la République d’Irlande (nommée ainsi afin de la différencier de l’Île d’Irlande) n’a pas de fête nationale au sens propre du terme.

Pour cause. À sa sortie de l’emprise coloniale britannique, l’Irlande se trouve confrontée à des problèmes majeurs de la partition de l’Île, présageant le conflit nord-irlandais qui dura pendant trente ans. Aucun évènement majeur, non plus, de l’histoire de cette partie de l’Irlande ne peut symboliser la Nation irlandaise dans son ensemble.

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À la suite de la guerre d’indépendance, le Royaume-Uni proclame le 6 décembre 1921 la naissance de l’État libre d’Irlande avec le traité anglo-irlandais. Mais il reste sous le joug britannique en tant que dominion. C’est-à-dire qu’il est un État indépendant membre de l’Empire britannique non entièrement souverain. La Couronne britannique conserve la souveraineté de la diplomatie, la guerre, la citoyenneté, la plus haute instance judiciaire et la constitution. De plus, il se voit retirer 6 comtés sur 9 en Ulster qui demeurent partie intégrale du Royaume-Uni. Le 27 décembre 1937, la République d’Irlande est proclamée, privée de ses frères au nord. Les indépendantistes nord-irlandais et le gouvernement de la République d’Irlande estiment alors que le jour décidé d’une fête nationale ne pourra être que pour « une célébration de l’unité de la nation toute entière du peuple d’Irlande ».

Enfin, en 1903 la Saint-Patrick devint un jour férié officiel en Irlande. Ce, grâce au Bank Holiday Act de 1903, acte du Parlement du Royaume-Uni introduit par James O’Mara. Par la suite, il établit une clause interdisant l’ouverture de tous les pubs le 17 mars, en raison d’une consommation d’alcool devenue hors de contrôle. Cette modalité fut abrogée dans les années 1970.

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Et lorsque la Saint-Patrick tombe un dimanche, le jour férié est déplacé au lundi. Ainsi, tous les citoyens irlandais peuvent bénéficier du nombre complet de leurs jours fériés actés par le gouvernement.

Même si cette fête ne connaît pas un tel succès en Angleterre, elle est relativement assez suivie dans mon coin, de par une communauté de travailleurs irlandais très présente. En rappel, la zone géographique dans laquelle je suis est essentiellement industrielle.

Claire Nevin

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Cette Irlandaise de 23 ans a choisi de se battre pour la dépénalisation de l’IVG dans son pays. Activiste depuis plus de 2 ans dans l’association ROSA (Reproductive Rights against Oppression, Sexism and Austerity), elle a voulu faire connaître sa lutte en France pour éveiller les consciences en Europe.

Bien qu’en France, le droit de l’avortement soit acquis depuis 1975, il ne l’est pas de nombreux pays, notamment parmi nos voisins européens où dans certaines régions de l’Irlande celui-ci est interdit. Fait d’ailleurs surprenant au vu de la récente adoption du mariage gay, mais pourtant bien réel.

Dans ces zones de l’Irlande, mettre un terme à une grossesse, même en cas de viol ou de malformation du fœtus, n’est pas envisageable, sauf si la vie de la mère est en danger. Et afin d’éviter une peine de 14 années d’emprisonnement punissant le recours à l’IVG, plus de 4 000 femmes par an vont en Angleterre. Situation rocambolesque dans le pays contre laquelle beaucoup de militants se battent aux côtés de Claire Nevin.

Diplômée, à seulement 23 ans, d’un Master en Droit de l’Homme, Claire Nevin est dans ce combat depuis 2013, année de la fondation de l’association ROSA, qu’elle a rejoint à cette même date. Aujourd’hui, elle s’est donnée pour mission de révéler sa cause en Europe afin que ce sujet devienne prioritaire dans la zone et dans son pays.

Tout à commencé, à l’âge de 18 ans, lors de sa venue à Dublin pour ses études, lorsqu’elle s’est intéressée de près à cette question et aux droits des femmes dans son pays, mais c’est en 2012, étudiante alors à Paris, que le déclic s’est réellement produit. La cause fut Savita Halappanavar, une jeune femme d’origine indienne décédée d’une septicémie dans un hôpital irlandais après lui avoir refusé l’avortement. Enceinte de 17 semaines, elle avait été admise pour des douleurs lombaires. Les médecins lui diagnostiquèrent une fausse couche qui aurait été fatale pour le futur bébé, mais lui refusèrent l’avortement sous prétexte que le cœur du fœtus battait toujours. À la suite de cet évènement, une vague d’indignation s’empara du pays et de l’Europe. Et c’est celui-ci qui incita Claire Nevin à rejoindre l’association ROSA en 2013 et à devenir activiste.

Depuis son engagement, elle poursuit le combat par le biais de ses études, puisqu’en 2014 lorsqu’elle est partie à Venise réaliser son Master en Droit de l’Homme, elle choisit en thème de mémoire le droit de l’avortement en Irlande, tout en militant sur le terrain avec des manifestations.

Aujourd’hui, elle a décidé d’adopter des stratégies plus astucieuses en faisant appel aux autres pays européens où l’avortement est autorisé afin d’informer leurs ressortissantes et en mettant ainsi l’Irlande face au problème.

Elle commença par la France en rencontrant Olivier Cadic, sénateur des Français établis hors de France, puis en octobre 2015 en rencontrant Chantal Jouanno, présidente de la délégation des droits des femmes, afin de mettre en place un plan d’informations pour les personnes voulant se rendre en Irlande ; ainsi dans les conseils aux voyageurs présents sur le site des affaires étrangères, des renseignements au sujet du droit à l’avortement s’y trouveront pour prévenir les femmes qui souhaiteraient s’y rendre.

Une tactique que Claire Nevin et l’association ROSA veulent exploiter plus en avant afin de sensibiliser davantage de pays européens. Et Claire Nevin pourra d’ailleurs compter sur le soutien d’Amnesty International qu’elle a également rencontrée lors de sa visite à Paris. Le but présent est de cosigner des lettres ouvertes avec d’autres associations irlandaises pour la dépénalisation de l’avortement fournissant les informations à leurs ressortissants.

Un autre souhait pour Claire Nevin est que cette coalition d’organisations envoie d’autres courriers à tous les partis politiques irlandais en les obligeant à déclarer ouvertement et clairement leur position vis-à-vis de l’avortement pour la prochaine campagne électorale qui débute cette année, car le sujet demeure un véritable tabou.

Or, en plus des politiques peu nombreux à toucher à ce sujet très sensible de l’avortement, deux autres soucis majeurs se rencontrent en Irlande. Le premier concerne les femmes elles-mêmes qui ont un sentiment de peur et le second est la forte emprise de l’Église catholique sur la société qui envoie beaucoup de messages négatifs par rapport à certains domaines, notamment sur l’avortement, en créant ainsi un sentiment de honte chez les femmes, et cela dès l’école. Claire Nevin a déclaré d’ailleurs : « Quand j’avais 16 ans, mes cours d’éducation sexuelle étaient dispensés par mon professeur de religion. Nous n’avions donc que l’approche catholique. J’ai 23 ans donc il n’y a pas très longtemps que j’ai vécu cela. L’Église nous a dit qu’on ne devait pas utiliser de préservatifs, que l’avortement était un meurtre, que le sexe en dehors du mariage est un péché. Certaines femmes sont très marquées par cela et ne peuvent pas s’en défaire. Ça reste dans les mentalités. » Procédé qui pourrait alors expliquer la raison pour laquelle de nombreuses jeunes filles soient encore contre l’avortement.

Cependant, il semblerait que la société irlandaise tendrait à évoluer suite aux nombreuses déclarations de femmes ayant eu recours à l’IVG, comme celle de la comédienne irlandaise Tara Flynn qui a déclaré publiquement avoir avorté, aux multiples témoignages venant s’ajouter aux innombrables faits divers faisant la Une de l’actualité, tel que celui de Savita Halappanavar ou celui d’une femme enceinte de son troisième enfant, morte d’une cause naturelle, artificiellement maintenue en vie en raison du cœur du fœtus qui battait encore. Et tout doucement, une véritable prise de conscience commencerait à se produire.

De récents sondages montrent qu’une majorité d’Irlandais serait pour la dépénalisation de l’avortement. Néanmoins, un long chemin reste à être parcouru comme l’a ainsi exprimé Claire Nevin : « C’est l’après qui sera difficile. Quelle législation mettra-t-on en place ? Ce sera ça la vraie lutte. J’ai peur qu’après la dépénalisation, on mette en place une loi avec un droit qui ne sera finalement pas accessible. » Le combat est donc bien loin d’être terminé.

Pour conclure, un baume au cœur que nous offre cette incroyable combattante. Comme il est apaisant de constater que la relève est assurée par la jeunesse, une véritable féministe, pour la défense des droits de la femme, du droit de disposer de notre corps à notre guise.