SIDA, déjà 36 ans…

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Hier, 1er décembre, eut lieu la Journée mondiale de la lutte contre le SIDA. Alors que le VIH est de mieux en mieux maîtrisé grâce à la performance des nouveaux traitements depuis son apparition en 1981, il a été utile de rappeler :

« La première protection, c’est l’information »

« Éviter les comportements à risque ou en diminuer la portée, informer et rester informé, les méthodes pour protéger ses proches et soi-même du SIDA, ultime stade de l’infection au VIH, sont nombreuses… Et essentielles. 36 ans après le début de l’épidémie, les méthodes de dépistage et les traitements n’ont jamais été aussi efficaces. Cependant, la Journée mondiale de lutte contre le SIDA du 1er décembre est l’occasion de rappeler qu’aucune guérison n’est encore possible, tandis que dans le monde une nouvelle infection a lieu toutes les 17 secondes. » Camille Gaubert, journaliste du magazine Sciences et Avenir.

En 2016, environ 10 % du nombre total de découvertes de séropositivité sont des jeunes français de 15 à 24 ans. Or, sous la demande de l’association Sidaction, un sondage révèle « une détérioration inquiétante du niveau d’information sur le VIH », selon le milieu social. 21 % des 15-24 ans s’estiment mal informés, jusqu’à 28 % chez les jeunes sans diplôme ou niveau CEP/BEPC. Ainsi, Florence Thune, directrice générale de Sidaction considère : « Il est urgent et nécessaire de reprendre les fondamentaux, faire circuler des messages dans et en dehors de la sphère scolaire pour atteindre les jeunes. »

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Sur son site Internet, l’association française Sida Info Service rappelle : « Le VIH ne peut pas se transmettre par la baignade, un baiser, une étreinte, un éternuement, la toux, une piqûre d’insecte, le partage d’un verre ou d’un vêtement, etc. » Il se transmet uniquement d’humain à humain par des rapports sexuels non protégés en cas de pénétration anale, vaginale ou orale, par l’échange de matériel d’injection, seringues, ustensiles médicaux, ou encore de la mère à l’enfant durant la grossesse.

25 000 personnes en France sont séropositives et l’ignorent. Le dépistage demeure donc essentiel. En rappel aussi. Après un rapport à risque accidentel, rupture du préservatif par exemple, un délai de 3 mois doit être observé avant qu’une éventuelle infection soit détectable. Passée cette période, le dépistage peut être effectué par test sanguin.

4 méthodes de test sanguin existent :

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AUTOTEST. Ce test vendu en pharmacie entre 25 à 28 € environ est pris en charge par certaines mutuelles. Il est par définition à faire soi-même et donne un résultat rapide. Il est de plus en plus utilisé, +7 % par rapport à 2016, particulièrement par les – 35 ans.

TROD, Test Rapide d’Orientation Diagnostique. Il est proposé dans les CeGIDD, Centres Gratuits d’Information, de Dépistage et de Diagnostic des infections par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), les hépatites virales et les infections sexuellement transmissibles (IST), ainsi que par d’autres associations concernées en la matière sur l’ensemble du territoire. Il permet ainsi un accompagnement par des personnes formées et chargées de prévention. Il est gratuit, anonyme et fournit un résultat en 20 à 30 minutes.

TEST dans un CeGIDD. Gratuit, anonyme et sans-rendez-vous, il permet également le dépistage des autres IST et l’initiation à la PrEP, « Prophylaxie pré-exposition ».

TEST en laboratoire. Remboursé sur ordonnance médicale, celui-ci offre de même la possibilité de réaliser sur prescription le dépistage d’autres IST.

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La PrEP est une pilule préventive à joindre au préservatif pour les populations à risque. Il s’agit du comprimé Truvada (co-formulation de 2 médicaments anti-VIH à dose fixe, seule pilule qui renferme à la fois du ténofovir et du FTC), médicament à l’origine destiné aux séropositifs. Cette pilule est recommandée aux séronégatifs issus d’une population à risque afin de prévenir d’une éventuelle contamination ou réduire son nombre potentiel. Pour une bonne efficacité, elle doit être prise tous les jours en continu ou avant et après un rapport sexuel, « selon un protocole précis et s’accompagner d’un suivi rigoureux ». Les « prépeurs », tels qu’ils se baptisent, doivent se faire dépister tous les 3 mois ainsi que pour les hypothétiques IST, dont cette pilule ne protège pas. Le spécialiste Jean-Michel Molina a déclaré à l’AFP le 30 novembre dernier : « On n’a pas encore de vaccin contre le SIDA, mais la PrEP est un nouveau moyen efficace de prévention qui s’ajoute au préservatif. » François, un homosexuel parisien de 55 ans sous PrEP en continu depuis un an et demi a également apporté auprès de l’AFP son témoignage : « Le jour où on oublie la capote ou si elle se déchire, on n’a plus la peur au ventre. » Cette pilule qui coûte 180 € par mois pour la prise en continu est remboursée à 100 % en France, premier pays à appliquer ce taux de remboursement. Bien que la PrEP ait toutefois son lot d’opposants qui l’impliquent dans l’encouragement des comportements à risque en incitant à l’abandon du préservatif, elle ne concerne que « 5 à 10 000 personnes », selon le Professeur Molina. Et d’après l’agence sanitaire Santé publique France, « le nombre de personnes ayant initié une PrEP en 2016, environ 3 000, est sans doute encore trop faible pour avoir un impact. » Des consultations PrEP sont accessibles dans tout le pays.

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Une évolution. Aujourd’hui les séropositifs ne sont plus condamnés à systématiquement utiliser un préservatif.

Lorsque le traitement contre le VIH est efficace, la quantité de virus dans le sang devient si faible que les techniques classiques n’arrivent plus à l’évaluer. Il s’agit de charge virale indétectable. Sida Info Service parle d’une « situation inédite, une majorité de personnes en France contrôlent très bien leur maladie grâce aux traitements récents. »

Enfin, on différencie 2 sortes de couple :

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COUPLE SÉRODIFFÉRENT. Pour un couple hétérosexuel sérodifférent, un seul individu contaminé, « la puissance du traitement antirétroviral et l’indétectabilité virale peuvent constituer une alternative efficace au préservatif dans la transmission du VIH mais pas des IST ni des hépatites B et C », selon l’association qui estime qu’il est préférable de se tourner vers des professionnels de santé VIH avant de tenter des rapports non protégés. Pour un couple homosexuel sérodifférent, « des études sont en cours ».

COUPLE SÉROCONCORDANT. Les deux sont contaminés et il a été question de risques de surcontamination, une personne vivant avec le VIH par une autre souche de ce virus. Certaines souches s’avèrent plus agressives ou résistantes aux traitements que d’autres. Or, « l’indétectabilité de la charge virale diminue le risque de transmission du virus et par conséquent de surcontamination qui n’est donc plus considéré comme un risque majeur », explique Sida Info Service. Et de même, « la décision d’avoir des rapports non protégés avec un(e) partenaire régulier(ère) doit être éclairé par le médecin VIH », car des rapports sans préservatif exposent à la contraction d’IST, comme l’hépatite C.

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