« Coach en développement personnel »

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Alors que nous vivons dans une période quelque peu troublée, où un mal-être ambiant généralisé se fait ressentir, certains individus ont vu l’opportunité d’en faire un business, le coaching.

Aujourd’hui en France, c’est près de 6 000 coaches qui existent pour aider à la réussite sur le plan personnel et/ou professionnel. Certains se sont spécialisés dans le monde des affaires. 90 % des sociétés du CAC 40 font appel à eux. Des chefs d’entreprise vont jusqu’à payer plus de 200 000 € par an pour un accompagnement personnalisé. En à peine dix ans, les Français sont devenus accros au coaching.

Voyants, nouveaux investisseurs ou coach de vie, ces individus sont-ils des bienfaiteurs, des bons samaritains, des humanistes ou des escrocs, des charlatans, des prêcheurs ou encore des gourous ?

L’équipe journalistique de l’émission Capital de la chaîne de télévision M6 a alors mené l’enquête sur ce nouveau phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur en France. Lors de son émission intitulée « Devenir riche et heureux : arnaques ou vraies promesses ? » diffusée le 19 novembre dernier, le « coach en développement personnel » a fait l’objet d’un sujet parmi les différents thèmes abordés.

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Ils s’appellent Franck Nicolas ou encore David Laroche. Ils s’attribuent le titre de « coach en développement personnel ». Leur objectif : permettre à chacun, à chacune, de trouver le bonheur en soi grâce à soi et de là retrouver son équilibre intérieur.

Ils organisent des séminaires durant lesquels ils prodiguent leurs conseils afin que les gens aient les solutions pour s’épanouir personnellement et/ou professionnellement.

Franck Nicolas se présente, selon ses propres termes, comme un « produit marketing ». Il se dit spécialiste des bonnes méthodes pour guérir la détresse. Sa stratégie : « faire d’une marque qu’elle soit facile à retenir ». Son leitmotiv : « Connaissez votre Why ? », « Connaissez votre pourquoi ? » (Le Jean-Claude Van Damme de la psychologie). Sa technique : se filmer au quotidien en prescrivant sa série de conseils. Et sa vision des gens : « Un idiot pose des questions pour apprendre ». (Sauf qu’un « idiot » par définition ne se pose pas de questions, il n’y a qu’une personne « intelligente » qui s’en pose).

Dans ses vidéos, tout est traité en surface. Aucune profondeur dans son analyse. Là, on se demande si l’idiot ne serait pas lui. Mais en fait, pas tant que ça…

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Il propose, parmi ses autres produits dérivés (DVD, livres, casquettes, bracelets, gourdes, etc.), une vidéo « gratuite » d’une dizaine de minutes à condition de souscrire à son offre : 89 € par mois pour une vidéo d’une heure et/ou un « pack vidéo » de 2 à 3 heures à partir de 797 €. Les séminaires qu’il anime à la façon des prêches à l’américaine sont également payants, de 90 à 300 € en fonction des « fidèles » ou des « novices ».

Ses résultats, selon les témoignages de certains de ses souscripteurs, majoritairement des femmes : une a réussi à arrêter de fumer, une seconde a obtenu une petite promotion de carrière et une troisième a acquis une reconnaissance sociale. Pas de preuve à l’appui.

Quant à David Laroche, il a refusé l’interview. Il aurait près de 25 000 clients. Également « coach en développement personnel », il propose des stages sous forme de conférences. Il a créé la place « Platinium » au prix de 1 497 €, plus 5 000 € si le participant souhaite être au premier rang (comme dans un concert de musique) lors d’une conférence donnée. (Le briquet n’est pas inclus dans le prix).

Intitulée « Envol » (envol financier pour lui), sa série de conférences présente les mêmes méthodes de réussite que son concurrent. Non professionnel, n’ayant fait aucune étude, il prodigue la confiance en soi, la révélation de son soi intérieur pour ainsi atteindre sur le plan personnel et/ou professionnel l’ « envol ».

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Il a aussi fondé un groupe de « fidèles », appelés les « 360 ». Pour accéder à ce « club privé », l’adhérent « Platinium » doit payer 70 000 € avec TVA, a-t-il été précisé. Les « 360 » ont alors le privilège d’assister à ses conférences leur étant exclusivement réservées.

Actuellement, il en train de développer la place « Titanium » vendue à partir de 18 000 € et pour les « 360 » « Titanium », ils devront débourser la modique somme de 84 000 €, TVA toujours comprise.

Or, que ce soit l’un ou l’autre « coach en développement personnel », les participants à ces séminaires entrent dans une sorte de transe collective où le coach est ovationné à l’image d’un messie. À coup de mots percutants sur lesquels le ton de la voix monte, de termes précis qui font mouche, de semblants d’empathie, ces nouveaux prédicateurs envoûtent leur assistance. Les adeptes boivent leurs paroles comme des absolues vérités.

Ce reportage édifiant et tout autant inquiétant a mis en lumière des personnes qui vont jusqu’à s’endetter pour payer ces séminaires ainsi qu’une rupture avec l’environnement. 2 millions de Français auraient recours à ces « coaches en développement personnel ».

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Enfin, bien que cette émission ait suscité de nombreuses critiques d’internautes sur son contenu jugé d’être ni plus ni moins une manipulation médiatique, en tous cas dans mon coin en Angleterre, ces « coaches en développement personnel » font fureur et surtout de nombreuses victimes. Ayant eu l’occasion, il y a quelques années d’avoir pu assister à un  séminaire du genre (95 £ que je n’ai pas voulu payer, la personne qui a insisté pour que je l’accompagne m’a offert la place), je peux pour ma part attester de la véracité de ce dit thème. Ce fut d’ailleurs mon premier et dernier séminaire qui m’a donné l’impression d’être recrutée pour entrer dans une secte. J’ai ressenti un malaise plus qu’un bien-être.

En aucune façon, je dénigre ces métiers du coaching, dont certains ont leur intérêt. Mais se servir de la fragilité, de la détresse d’une personne pour s’enrichir, me gène. Aider une personne qui souffre psychologiquement n’est pas à la portée de tout le monde. Il y a des professionnels, des vrais, pour ça. Malgré aussi leurs tarifs pas toujours abordables non plus, les psys en général ont des études et diplômes à leur actif. Et à ce que je sache, je n’ai jamais rencontré de psy qui vend des casquettes, des bracelets, etc. à son effigie.

Ceci dit, libre à chacun de penser et faire ce qu’il veut comme de se laisser atteindre par la « coachinite aiguë »…

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Japon : les « chikans »

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Au Japon, ils sont appelés les « chikans », des prédateurs sexuels, de bons pères de famille et employés modèles qui profitent de la promiscuité des wagons bondés à Tokyo et Osaka pour pratiquer des attouchements discrets sur des collégiennes.

Victime de ces pervers sexuels entre 12 et 18 ans, Kumi Sasaki, âgée aujourd’hui d’une trentaine d’années, a décidé de raconter à travers sa propre histoire ce que subissent des milliers de jeunes filles japonaises dans ces wagons de transports en commun toujours surpeuplés. Dans son livre Chikan, co-écrit avec Emmanuel Arnaud et sorti aux éditions Thierry Marchaise, elle a ainsi témoigné afin de « faire évoluer les mentalités ».

« Les chikans agressent en particulier les collégiennes, symbole d’innocence, de virginité. Au Japon, beaucoup d’hommes fantasment sur les uniformes des écolières », explique-t-elle.

Agressée la première fois à 12 ans, elle s’en souvient encore : « Ça a duré sept minutes. Il a touché ma poitrine avec son pouce, j’ai d’abord cru à un accident. Il y avait tant de promiscuité dans le wagon, mais il n’a pas retiré son doigt. Il a ensuite passé sa main sous ma jupe. J’étais terrorisée. »

Et des agressions de ce genre, Kumi en a connu de nombreuses. Un jour, après avoir subi les attouchements d’un énième passager de la rame, celui-ci la remercie en descendant de la ligne tokyoïte Yamanote, la plus fréquentée de l’Archipel avec plus d’un million de passagers chaque jour. « J’avais envie de hurler. Merci de quoi ? Je n’étais pas consentante », spécifie-t-elle. Plus tard, à bout, elle pense à se suicider en s’approchant des rails pour se jeter sous ce train. Mais, « une amie de l’école m’a aperçue. Elle est venue me parler. Je n’ai jamais su si elle avait compris ce que je m’apprêtais à faire. »

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S’il est compliqué de chiffrer ces agressions, un article datant du 21 septembre 2009 sur le site Jeune Afrique fait état d’un sondage selon lequel 64 % des Japonaises âgées de 20 à 30 ans ont été victimes d’un ou de plusieurs chikans dans la capitale. Et le « frotteurisme », terme employé pour personne qui frotte ses parties génitales contre une autre personne non-consentante, se répand de plus en plus dans les transports publics, particulièrement fréquent au Japon.

Les filles ne portent pratiquement jamais plainte. Kumi en apporte la raison : « Une jeune fille qui s’exprime publiquement sur une affaire de ce genre est humiliée et salie aux yeux de la société japonaise : on dit qu’elle est perdue, qu’elle ne trouvera jamais de mari. »

En outre, la considération de la femme japonaise est telle dans la culture du pays que ce type d’agression qu’elles endurent doit demeurer caché, comme le précise Hiroko Goto, professeure universitaire spécialisée dans la politique de genre : « les femmes sont traitées comme des citoyens de seconde classe au Japon. Je pense que dans la société japonaise, on considère que les femmes devraient rester silencieuses et ne devraient pas parler de ce qui s’est passé. »

Alors, afin de changer les mentalités, l’association Chikan Yokushi Katsudo Center, Centre de lutte contre les attouchements, sur la proposition d’une étudiante victime, a mis en vente des badges sur lesquels divers messages sont inscrits, tels que « nous ne resterons pas silencieuses ». Cette initiative a été relatée dans un article du 25 mars 2016 du journal The Japan Times.

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De son côté, Akiyoshi Saito, auteur de l’ouvrage « Les raisons pour lesquelles les hommes deviennent des chikans » sorti l’été dernier, a créé un programme pour aider ces individus à se soigner de cette addiction dans la clinique où il officie à Tokyo. En 12 ans, il a reçu 3 200 d’entre eux. Il a rapporté dans l’article du 25 novembre de cette année du magazine lesInrockuptibles : « C’est un phénomène qui a explosé depuis les années 1960. Le profil du chikan est le cadre, marié avec des enfants, instruit et ayant fait des études universitaires. Il est souvent le père idéal, le mari attentionné, le parfait employé. Dans le train, il se transforme […] le chikan se sent chanceux d’avoir pu toucher la main d’une femme. Et c’est le début, pour certains, de toute une série d’agressions. Les cas les plus extrêmes peuvent passer la journée à prendre le train pour s’en prendre à une vingtaine de femmes. Ils s’attaquent surtout aux plus jeunes, plus fragiles, plus vulnérables. » Et selon lui, le stress du quotidien, la fatigue, les contraintes professionnelles comme privées, l’insatisfaction et la frustration sexuelles, seraient des facteurs déclencheurs.

En effet, le culte de la virginité est très présent dans la société japonaise. Ce que confirme le site du National Institute of Population and Social Security Research, Institut national de Population et Recherche de Sécurité sociale, qui évalue à 40 % des hommes japonais âgés de 18 à 35 ans n’ayant jamais eu de rapport sexuel.

En parallèle, l’article du 22 octobre 2013 du journal The Washington Post évoque que les Japonaises se plaignent d’avoir affaire à des « hommes herbivores », c’est-à-dire qu’ils sont complètement désintéressés du plaisir charnel. En janvier 2015, une étude relayée par le journal The Telegraph révèle que les hommes mariés sont trop fatigués pour accomplir leur devoir conjugal après le travail et 15,7 % d’entre eux ne s’intéressent plus du tout au sexe après la naissance de leur enfant. Selon Kunio Kitamura, responsable du Planning familial japonais, cette attitude ne serait pas liée à un manque de désir à la base, mais de « blocages psychologiques. Les hommes craignent que le rapport sexuel soit un échec. » De ce fait, la plupart préfère une sexualité virtuelle ou une poupée gonflable. Ce qui pourrait également conduire à la perversion.

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En réponse à cette situation qui prend de l’ampleur, certaines compagnies ferroviaires ont commencé à attribuer des wagons réservés aux femmes lors des heures d’affluence. Et plusieurs groupes ferroviaires ont de même placé des cameras de surveillance dans les trains. La société JR East a prévu d’en mettre dès le printemps 2018 dans les 550 trains de la ligne tokyoïte Yamanote.

Enfin en juin dernier, la police de Fukuoka a installé en collaboration avec des étudiants une application mobile répertoriant sur une carte les lieux où des agressions viennent d’être commises. Un dispositif qui permet ainsi de repérer en temps réel les chikans.

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Black Friday

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Le Black Friday, vendredi noir en français, parfois appelé vendredi Fou, tire son origine des États-Unis. Il se déroule le lendemain du repas de Thanksgiving et traditionnellement donne le coup d’envoi de la période des achats de fin d’année. Il est aussi un grand jour de soldes pour lancer cette saison d’achats.

Il est célébré aux États-Unis, au Canada, en France, en Suisse romande et en Angleterre.

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Origine

Il est apparu pour la première fois dans les années 1960 aux États-Unis afin de désigner l’achalandage piétonnier et automobile lors du début des achats de Noël. Des années plus tard, les commerçants utilisèrent ce terme pour qualifier la « sortie du rouge » de leurs comptes financiers et « retourner dans le noir ». À l’époque, la comptabilité était tenue à la main, les comptes s’écrivaient en rouge, signifiant qu’ils étaient déficitaires, toute l’année jusqu’à ce dit vendredi. Car les achats du lendemain de Thanksgiving permettaient aux commerçants de faire passer leurs comptes dans le positif qu’ils écrivaient alors à l’encre noire, d’où l’expression de vendredi noir.

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En France

Il a un rôle essentiellement commercial. Les achats ont lieu principalement sur Internet. Des enseignes, comme Amazon, Cdiscount, Apple, PriceMinister, Intersport, Habitat, Rue du Commerce, proposent des codes promotionnels importants valables durant seulement 24 heures, durée traditionnelle du Black Friday, ou pendant tout le week-end qui suit. Cette initiative commerciale connaît de plus en plus de succès dans le pays. Or, c’est une particularité typiquement française, puisque aux USA, seuls les commerces de notoriété publique appliquent ces grosses promotions. Ce n’est que le lundi suivant, Cyber Monday, que les commerçants cassent les prix sur Internet. Bien que ce lundi existe également en France, il a moins de valeur, étant donné que les promotions sur Internet se déroulent du vendredi au lundi. Cette période est du reste appelée la « Cyber Week ».

Il est arrivé en France par les enseignes Auchan, Fnac, Darty, La Redoute et Géant Casino, entre autres, qui ont lancé ces promotions d’achats dans leurs magasins le 28 novembre 2014. Depuis, l’intérêt des Français pour cet évènement n’a cessé d’accroître. D’ailleurs, en novembre 2016, les recherches sur Google relatives au Black Friday ont explosé en comparaison à la même période l’année précédente, atteignant les 2,4 millions. En 2015 et 2016, Amazon et Cdiscount étaient les e-shops les plus recherchés à l’approche de ce jour, suivis de Fnac, SFR et Darty. Les catégories de produits les plus plébiscitées durant cette période étaient l’électronique, la maison et la mode.

À la suite des attentats terroristes de Paris du vendredi 13 novembre 2015, le délégué général de la Fédération du E-Commerce et de la Vente à Distance (FEVAD), a annoncé que cet évènement commercial sera rebaptisé « Jour XXL », « par respect pour les familles ». Ce qui à titre personnel n’a aucun intérêt. Il faut au contraire conserver ce terme Black Friday afin qu’il honore plutôt les victimes de ce terrible drame et que son interprétation soit un appel à un devoir de mémoire. Ni Auschwitz, ni la Shoah n’ont été rebaptisés au titre de « par respect pour les familles » disparues ou survivantes.

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En Suisse romande

Le Black Friday, tout autant promotionnel, a vu le jour en 2014 avec la participation très remarquée du distributeur Manor. En 2015, il a pris de l’ampleur avec une collaboration croissante des commerçants suisses. Mais, ce n’est qu’en novembre 2016 qu’il a pris son envol avec un tel volume de commande sur Internet qu’il a rendu inaccessible les sites e-commerce de certaines grandes enseignes, comme Melectronics.

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En Angleterre

Alors que nous ne cessons de dire que les Anglais sont toujours à part des autres, pour le coup, ils suivent leurs homologues européens dans cette approche promotionnelle. Enfin, voire en puissance 10 et plus encore si ce vendredi est un Flexi Friday, puisque le Black Friday anglais ressemble à ça :

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Tous les commerces, y compris les charity shops, pratiquent des soldes considérables sur tout et n’importe quoi. Tout y passe, de la simple tranche de jambon (pour 10 achetées, les 10 autres sont à moitié prix), des vêtements de fin de saison divers et variés (allant de la paire de chaussettes aux culottes) sont proposés à des prix défiant toute concurrence, en passant par les appareils ménagers (des réfrigérateurs affichant des prix à 69 £, soit 77,50 €), jusqu’aux séjours en station thermale (une journée pour 2 personnes avec le thé de l’après-midi à 59,50 £, soit environ 67 €).

Et l’expression de « vendredi fou » prend vraiment tout son sens ici. Les maisons se vident pour combler les rues et les commerces. Le guerrier ou la guerrière, surtout la guerrière, qui sommeille au plus profond de chaque Anglais se réveille pour remporter le combat des soldes. La frénésie et la furie viennent alors remplacer le dit flegme britannique qui lui se retrouve l’instant d’une journée envoyé au fond des oubliettes…

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Bank Holidays

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L’expression Bank Holiday est le terme familier employé pour un jour férié au Royaume-Uni, dans certains pays du Commonwealth, à Hong Kong et en République d’Irlande.

Bien que les banques soient fermées et la majorité de la population active bénéficie d’un repos ou d’un salaire supplémentaire pour travailler ces jours-là (selon leur contrat), il n’y a pour autant aucun droit automatique à des congés ces jours-ci.

Les premiers jours fériés officiels étaient les 4 jours mentionnés dans le Bank Holidays Act 1871. En Angleterre, en Irlande et au Pays de Galles, les jours fériés étaient le lundi de Pâques, le lundi de Pentecôte, premier lundi d’août et le lendemain de Noël (St Stephen’s Days), le Vendredi Saint comme le jour de Noël n’étaient et ne sont toujours pas incluent, puisqu’ils étaient déjà reconnus en tant que jours fériés par tradition depuis des temps immémoriaux. En Écosse, ils étaient le Jour de Noël, Jour de l’An, Vendredi Saint, premier lundi de mai et premier lundi d’août.

Un siècle plus tard, le Banking and Financial Dealings Act 1971 a réglementé et adopté les jours fériés actuels au Royaume-Uni. Mais, le Nouvel An et le 1er mai ne furent introduits dans tout le Royaume-Uni qu’en 1974 et 1978 respectivement. Le premier lundi d’août a été décalé au dernier lundi d’août et le lundi de Pentecôte a été remplacé par la fin de la période printanière, le dernier lundi de mai. En Écosse, la loi de janvier 2007 sur les fêtes de la Saint-Sylvestre a reçu la sanction royale faisant ainsi du 30 novembre ou le lundi le plus proche s’il tombe un week-end un jour férié.

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En vertu de cette loi de 1971 sur les opérations bancaires et financières, les jours fériés sont déclarés chaque année par le dispositif légal d’une proclamation royale. Celle-ci sert également à déplacer les jours fériés qui se situeraient hors week-end, de sorte que ces jours fériés ne soient pas perdus dans l’année et coïncident avec les week-ends. Le jour férié différé est appelé « jour férié en lieu et place » de la date anniversaire typique. Dans la législation, il est communément nommé « jour de remplacement ».

En Écosse, s’observe un certain nombre de différence par rapport au reste du Royaume. Le lundi de Pâques n’est pas un jour férié et le Summer Bank Holiday est férié le premier lundi d’août au lieu du dernier. Cependant, afin de respecter la coutume et la pratique du reste du Royaume, les banques ferment le dernier lundi et non le premier.

Durant ces jours fériés, tous les magasins pratiquent des rabais importants pouvant aller jusqu’à 70 % de réduction. Les Britanniques attendent donc ces périodes de « soldes » pour acheter meubles et appareils électroniques. D’ailleurs, Au Royaume-Uni, Argos, Currys et Amazon sont les détaillants qui engrangent les ventes et les revenus les plus élevés lors de ces périodes.

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Boxing Day

Ce jour férié particulier du 26 décembre est célébré en Grande-Bretagne, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Canada et dans d’autres pays du Commonwealth.

Signifiant littéralement le « jour des boîtes » ou « Après-Noël » (Canada français), ce jour est né en Angleterre au milieu du 19e siècle sous le règne de Victoria.

Les années où les vacances tombent un week-end, la fête est déplacée afin d’assurer aux travailleurs ce jour de congé. Lorsque le jour de Noël est un samedi et par conséquent le 26 décembre, un dimanche, le lundi 27 et le mardi 28 décembre sont des jours fériés de remplacement désignés.

Bonfire Night, la nuit de Guy Fawkes

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Petit changement de programme. Je vous présenterai l’article au sujet des Bank Holidays vendredi prochain. Aujourd’hui, je vais plutôt vous parler de la fameuse Bonfire Night qui s’est déroulée récemment, le week-end du 5 novembre.

Cette festivité qui a lieu chaque année en Angleterre aux alentours de la même date est une commémoration très particulière liée à l’histoire du pays.

Le terme propre de Bonfire signifie feu de joie en français et l’expression Bonfire Night est donc donnée à diverses célébrations annuelles qui se caractérisent ainsi par des feux de joie et feux d’artifice qui se passent la nuit. Cette cérémonie correspond à de nombreuses et différentes traditions à des dates distinctes en fonction du pays.

En Grande-Bretagne, la Bonfire Night désigne la nuit de Guy Fawkes qui se célèbre le 5 novembre de chaque année ou week-end près de la date pour maximiser la participation de cet évènement rendu commercial. Fêtée aussi dans certains pays du Commonwealth, elle représente la onzième nuit en Irlande du Nord le 11 juillet et le 5 novembre à Terre-Neuve-et-Labrador. Connue de même sous le nom de Saint John’s Eve, célébrée le 11 juin, elle illustre une tradition analogue du feu de joie suivie dans certaines régions d’Irlande ainsi qu’en Scandinavie sous l’appellation de Walpurgis Night, fêtée le 30 avril. Plusieurs autres cultures incluent tout autant des célébrations nocturnes accompagnées de feux de joie et/ou feux d’artifice, comme la Saint-Jean, par exemple, dont sa commémoration est très importante en Espagne et au nord du Portugal. La Nuit du Feu de joie est célébrée en Irlande du Nord le 15 août dans les communautés catholiques pour marquer la fête de l’Assomption.

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Bonfire Night

Au Royaume-Uni, cet évènement incarne la tradition de célébrer l’échec des actions de Guy Fawkes le 5 novembre 1605. Il s’agit généralement d’une nuit de réjouissances avec un feu de joie et un feu d’artifice ainsi que de brûler une effigie de Guy Fawkes mise sur une place publique. Ces célébrations ont lieu partout en Grande-Bretagne, dans certaines communautés non catholiques en Irlande du Nord, dans des régions du Commonwealth, dans la province canadienne de Terre-Neuve-et-Labrador ainsi qu’en Afrique du Sud.

En Irlande du Nord, la Bonfire Night de la onzième nuit du 11 juillet se réfère à la fête du 5 novembre, mais contrairement à celle-ci, elle conserve des racines profondes issues de la lutte sectaire entre Protestants et Catholiques. Elle célèbre notamment la bataille de la Boyne en 1690 où le protestant Guillaume d’Orange a vaincu le catholique Jacques II.

Dans les régions rurales de la République d’Irlande, la Bonfire Night se rapporte à la nuit de la Saint-Jean, le 23 juin, une fête religieuse qui se pratique en prières pour les récoltes abondantes. Liée aussi au solstice d’été et d‘origine celtique, elle était en vue d’honorer la déesse Áine, la déesse de l’amour et de la fertilité. L’église catholique a repris ce festival païen pour l’adapter à la naissance de Jean, Jean Le baptiste ou Jean le baptiseur, soit Jean-Baptiste qui aurait baptisé le Christ.

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La nuit de Guy Fawkes

Elle est issue du Gunpowder Plot, la conspiration des poudres ou le complot de poudre à canon de 1605. Jadis appelée la trahison de la poudre à canon ou trahison jésuite, elle fut une tentative d’assassinat du roi protestant Jacques Ier d’Angleterre et VI d’Écosse (James I) par un groupe de catholiques provinciaux dirigé par Robert Catesby pour le remplacer par un chef d’État catholique.

Le plan était de faire sauter la Chambre des Lords lors de l’inauguration du Parlement le  5 novembre 1605, prélude de la révolte populaire qui eut lieu dans les Midlands en 1607. Le chef catholique Robert Catesby aurait élaboré ce coup d’État en réponse aux espoirs évanouis d’une plus grande tolérance religieuse promise par le roi James I, laissant ainsi beaucoup de catholiques déçus. Les autres membres de ce complot étaient Thomas Bates, Sir Everard Digby, Guy Fawkes, John Grant, Robert Keyes, Thomas Percy, Ambrose Rookwood, Francis Tresham, Robert Wintour, Thomas Wintour,  Christopher Wright et John Wright. Avec ses dix ans d’expérience militaire de combat aux Pays-Bas espagnols dans la répression de la révolte hollandaise, Guy Fawkes était chargé des explosifs.

Le 26 octobre 1605, le complot fut révélé aux autorités dans une lettre anonyme envoyée à William Parker, 4e Baron Monteagle. Le 4 novembre 1605 vers minuit une perquisition à la Chambre des Lords eut lieu. Guy Fawkes fut découvert avec 36 barils de poudre qu’il gardait, assez pour réduire en cendres la Chambre des Lords, et fut arrêté. La plupart des conspirateurs fuirent Londres, lorsqu’ils apprirent la conspiration démasquée, essayant d’obtenir du soutien en cours de route. Plusieurs s’opposèrent au shérif de Worcester et à ses hommes à Holbeche House. Dans la bataille qui s’ensuivit, Robert Catesby fut l’un de ceux qui furent abattus. Le 27 janvier 1606, au cours du procès des huit des survivants, dont Guy Fawkes, ils furent tous reconnus coupables et furent condamnés à être pendus, traînés et écartelés.

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Les détails de la tentative d’assassinat du roi James I auraient été connus par le principal jésuite d’Angleterre, le père Henry Garnet. Bien qu’il fut reconnu coupable de trahison et condamné à mort, des doutes de sa connaissance du complot furent émis. L’existence de cette tentative d’assassinat fut divulguée en confession par le père Henry Garnet qui fut empêché d’informer les autorités en raison de la confidentialité absolue de la confession. La législation anti-catholique fut introduite suite à la découverte de cette conspiration, mais beaucoup de catholiques importants et loyaux conservèrent de hautes fonctions sous le règne du roi James I.

The Gunpowder Plot a été commémoré pendant de nombreuses années par des sermons spéciaux et autres événements publics, comme la sonnerie des cloches de l’église, qui ont évolué en la Bonfire Night d’aujourd’hui.

« Flexi Friday »

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Comme annoncé dans l’article de samedi dernier, je vais vous parler de cette spécificité que j’ai découverte en Angleterre, qui à ma connaissance n’existe pas en France, le « flexi friday », le vendredi flexible.

De nombreuses entreprises anglaises ont adopté le « flexi friday ». Mais je ne saurais vous dire avec précision depuis quand il a été mis en place.

Il consiste à donner la possibilité aux employés, quel que soit leur niveau de poste, de ne travailler qu’un vendredi sur deux en échange de répartir les heures du vendredi chômé, soit dans la semaine du vendredi travaillé, soit dans les deux semaines.

Les employés effectuent ainsi deux heures en plus par jour du lundi au jeudi la semaine du vendredi travaillé (le vendredi conservant ses horaires de base) ou alors une heure supplémentaire par jour du lundi au jeudi les deux semaines.

Il faut savoir qu’en Angleterre la durée minimale du temps de travail par jour est fixée à 8 heures et la durée maximale du temps de travail hebdomadaire à 48 heures pour les travailleurs de plus de 18 ans et 40 heures pour les 16 à 18 ans.

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Les sociétés qui ont accordé ce vendredi flexible par convention collective se trouvent la plupart dans le secteur de l’industrie. Celles relatives au domaine médical (hôpitaux), au commerce (magasins), à l’artisanat (coiffeurs, fleuristes, pompiers, maçons…), à certains corps professionnels de la fonction publique (enseignants), etc. ne sont pas et ne peuvent être concernées. Ce pour des raisons évidentes. Les employés travaillent le dimanche ou des métiers ne permettent tout simplement pas la mise en place d’un tel système au vu de leurs obligations professionnelles ou humanitaires.

Mais aussi, il y a des cas particuliers. Des administrations territoriales ou locales peuvent autoriser ce système à condition qu’une convention collective ait été signée. Par exemple, en fonction du niveau de fréquentation d’une agence postale, les employés ont le droit au flexi friday. Pour ce cas, il y a une autre explication. La Poste ne fonctionne pas tout à fait comme chez nous en France. Elle possède des réseaux relais tenus par des commerces de proximité, notamment les magasins SPAR, des épiceries de quartier, etc., où les employés eux-mêmes réalisent le travail d’un postier au guichet, sans salaire en plus. Ils s’occupent du courrier à affranchir, délivrent et réceptionnent les colis, encaissent et décaissent même l’argent des clients titulaires d’un compte à la Poste. En revanche, la Poste en elle-même est la jumelle française. C’est-à-dire qu’il y a autant de guichets ouverts lorsque la file d’attente est blindée, les employés sont autant réceptifs qu’aimables, et ici également on tombe sur l’employé du mois qui vous colle sous le nez le petit écriteau en fer « closed » après que vous avez fait la queue pendant une heure. Où là vous pensez que si lui il a le flexi friday, il l’aurait peut-être volé…

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Enfin, ce flexi friday est à titre personnel un vrai gros plus, surtout lorsqu’il nous permet d’obtenir un week-end prolongé. Cas de l’une des années passées où ce vendredi congé se situait à la période de Noël, nous offrant ainsi un beau week-end de quatre jours, sachant qu’en Angleterre le 26 décembre est férié.

Je vous retrouve vendredi prochain pour vous faire découvrir une autre caractéristique britannique, les Bank Holidays…

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Série australienne créée par Rebecca Gibney et Richard Bell en 2016 et sortie récemment sur le site Netflix. Cette série ne comporte que 2 saisons pour l’instant.

Deux femmes inconnues qui tout oppose, Chelsea Babbage (Geraldine Hakewill) et Lola Buckley (Rebecca Gibney), se retrouvent témoins malgré elle d’un meurtre impliquant des flics corrompus, notamment le chef de la police en personne, engagés par une mafia du crime. Menacées de mort, elles parviennent à s’échapper en volant la voiture dans laquelle elles ont été kidnappées ainsi que le gros sac d’argent se trouvant à l’intérieur. Elles découvriront également par la suite la drogue cachée dans la voiture appartenant à cette mafia. La mafia et la police à leurs trousses, elles deviennent des partenaires de fuite et devront chacune composer avec le caractère de l’autre. Leur fuite effrénée pour leur survie les amènera à tisser des liens d’amitié et à découvrir les plus sombres secrets de chacune…

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Depuis un petit moment les Australiens réalisent de plus en plus des séries et des films, dont leur conception en général est digne des séries ainsi que des films américains.

Et la preuve en est à nouveau faite avec cette série qui peut nous prédisposer à penser au célèbre film Thelma et Louise. Bien que le sujet abordé soit différent, la relation amicale qui s’établit entre ces deux femmes s’y apparente quelque part, mais relation strictement amicale.

Cette série traite aussi des thèmes bien actuels, comme celui de la violence conjugale et la place accordée à la femme dans notre société moderne. Action et humour léger sont de même au rendez-vous et le petit plus est la découverte des magnifiques paysages du bush australien.

Enfin, malgré une intrigue classique et sans surprise, cette série vaut le vrai coup d’œil.

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Chine : « La Ceinture et la Route »

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Le 14 et 15 mai dernier, 29 chefs d’États et de Gouvernements ont participé au Sommet de coopération internationale « La Ceinture et la Route » à Pékin organisé par le Président chinois Xi Jinping. Ce vaste projet consiste à ouvrir de nouveau les anciennes « routes de la soie » empruntées par les caravaniers du IIe siècle avant J.C. au XVe siècle après J.C. Par ce nouvel aménagement, la Chine souhaite redessiner le paysage géopolitique mondial et ainsi marquer son empreinte dans la mondialisation sans frontières en désenclavant une partie de son territoire.

Michel Foucher, géographe, ancien ambassadeur et directeur du CAPS (Centre d’analyse, de prévision et de stratégie) du ministère des Affaires étrangères, titulaire de la chaire de géopolitique appliquée au Collège d’études mondiales de Paris, a apporté son analyse sur cet immense dessein aux sérieuses conséquences politiques et stratégiques.

Le Président chinois en a fait sa priorité diplomatique depuis 4 ans. Baptisé Yidai, Yilu, en chinois, One Belt, One Road (OBOR), en anglais, ce chantier implique plus de 60 pays en vue d’une nouvelle géoéconomie terrestre et maritime. En rouvrant tout en modifiant ces anciennes routes commerciales, la Chine veut d’une part retracer ces lignes terrestres, des convois de marchandises qui pourront se rendre par voies ferroviaires directement à Londres (Angleterre), Duisburg (Allemagne), Lyon (France), Madrid (Espagne), Belgrade (Serbie), Budapest (Hongrie), Varsovie (Pologne), ou voire encore jusqu’à Téhéran (Iran). Et d’autre part, réhabiliter ces voies maritimes qui n’étaient pas à l’origine des couloirs consacrés au commerce.

Le mot clé du projet est « connectivité » et il est déjà en marche en avançant même à très grande vitesse.

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Les routes terrestres

Concernant les routes terrestres réaménagées, en exemple, un train de marchandises en provenance de Yiwu (ville-district de la province du Zhejiang en Chine) est ainsi arrivé directement à la gare de Barking à Londres le 1er janvier 2017 après 19 jours de voyage  et un autre dans le sens inverse le 29 avril 2017.

Or la Chine rencontre un problème, celui d’intégrer à son marché intérieur ses provinces de l’Ouest (Xinjiang, Tibet, Yunnan) en les faisant bénéficier de débouchés commerciaux. Pour ce faire, elle veut réduire les distances et par conséquent le temps sur le continent eurasiatique en permettant la circulation des trains entre le marché chinois et européen. La Chine étant en surcapacité de production dans de nombreux domaines, notamment l’acier, le matériel ferroviaire, etc., elle veut exporter ses biens industriels. La Banque mondiale évalue d’ailleurs cet excédent à 10 % du PNB. En exemple, le dernier train pour Duisburg (premier port fluvial d’Allemagne) était un convoi de 700 m de long parti de la province du Sichuan (Chine) comptant 50 conteneurs chargés de produits électroniques assemblés en Chine par Hewlett Packard, Acer et Foxconn, un sous-traitant d’Apple.

Cette idée d’utiliser le marché terrestre est venue de deux constatations. Près de 95 % du fret en provenance d’Asie et en direction de l’Europe sont transportés actuellement par voie maritime, laissant donc la place au transport terrestre mais sous deux conditions, baisser les prix et augmenter la vitesse. La seconde observation est du fait des industriels européens et américains produisant en Chine en voulant exploiter des voies ferroviaires plus rapides et plus sûres que les voies maritimes. Pékin a su alors habilement répondre à ces deux lacunes en introduisant rapidement cette idée de la remise en fonction de ces vieilles « routes de la soie » terrestres, initialement suivies par les caravanes de chameaux partant de Xi’an (capitale de la province du Shaanxi) qui contournaient par le nord ou le sud les déserts du Xinjiang (Taklamakan, région autonome ouïgoure du Xinjiang, désert surnommé « Mer de la mort », et Gobi, vaste région désertique comprise entre le nord de la Chine et le sud de la Mongolie qui englobe près d’un tiers la surface de la Mongolie) et allaient commercer vers l’Orient proche, l’Empire ottoman, l’Empire perse, Venise ainsi que le monde méditerranéen.

Aujourd’hui, des compagnies ferroviaires assurent déjà ces trajets, notamment la Trans Eurasia Logistics, une entreprise allemande qui collabore avec la Deutsche Bahn, la RDZ russe et la Temir Scholy au Kazakhstan. Quant à la France, la SNCF n’appréhende pas l’intérêt de ce projet, étant donné que pour le moment le pays n’a rien à mettre dans ses trains en direction de Chine, d’où un lourd déséquilibre commercial qui en découle.

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Les routes maritimes

La Chine veut dès lors s’affirmer aussi en tant que nouvelle puissance maritime.

Bien que les Chinois se targuent d’évoquer l’Amiral Zheng He (1371-1433), les routes de la soie maritimes n’ont jamais existé. Il a conduit 12 expéditions caractérisées de nos jours de « missions d’évaluation de la menace ». Il n’a donc jamais commercé. Ayant établi que la Chine à l’époque était en sécurité, les autorités avaient décidé de brûler l’ensemble de leur flotte et de refermer le pays sur lui-même.

Ce n’est que très récemment que la Chine a pris conscience qu’elle pouvait devenir une puissance maritime. Elle mène alors une politique dite la « politique du collier de perles », s’apparentant à la stratégie de la « route des Indes » conduite par les Britanniques au XIXe siècle avec leurs célèbres comptoirs maritimes de Gibraltar, Malte, Chypre, Alexandrie, Suez, Aden, Bombay, Colombo, Singapour ou encore Hong Kong. Les Chinois se sont juste contentés d’inverser le parcours. D’ailleurs en mer de Chine, ils sont en train d’aménager un grand port au sud du Sri Lanka ainsi qu’aux Maldives, à Suez et ont prévu la location longue du port de conteneurs du Pirée en Grèce. Il est à noter que 58 % des 50 premiers ports mondiaux de conteneurs appartiennent à la Chine.

Malgré le débat en Chine qui a lieu actuellement sur cette dimension de Terre et de Mer ; le huitième Livre Blanc de la défense insiste sur cette notion, la marine chinoise s’installe à Djibouti, ce qui inquiète fortement les États-Unis.

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L’intérêt réel de ces routes commerciales

Ce bénéfice est considérable d’un point de vue général, mais également et surtout dans le domaine du digital. Les Chinois s’intéressent de très près au vaste marché du digital de l’Union Européenne et veulent s’y connecter en raison de leurs intérêts conséquents dans ce secteur. Ils souhaitent en réalité s’affranchir du monopole occidental sur les câbles optiques sous-marins pour court-circuiter les réseaux américains et créer ainsi un grand marché informatique transcontinental avec des fleurons chinois, dont Huawei et China Mobile.

Hormis la Chine, aucun pays dans le monde n’est en mesure de proposer un projet d’une telle ampleur. Seules les entreprises du GAFA, regroupant Google, Amazon, Facebook et Apple, en Californie possèdent une telle offre de mondialisation, or il s’agit d’entreprises privées non d’États. Mais aussi, la Chine profite de l’opportunité de la nouvelle stratégie diplomatique américaine qui laisse suggérer qu’elle s’extraie des affaires du monde afin de prendre la position du leadership et relier les deux pôles de l’Eurasie.

Le projet de « la Ceinture et la Route » couvre près d’1/4 du commerce mondial et touchera 63 % de la population mondiale. La Chine y a investi plus de 50 milliards $ et construit près de 56 zones économiques. 220 milliards € ont déjà été engagés en 2016 et 2017 pour construire 2 200 km de voies nouvelles dans l’Ouest ainsi qu’au Kazakhstan, au Tibet et au Népal. Elle finance en parallèle des lignes à grande vitesse en Europe centrale entre Belgrade et Budapest.

Réf. « L’Euro-Asie selon Pékin », revue Politique Étrangère, Ifri, 2017 et « la Bataille des cartes, analyse critique des visions du monde », Michel Foucher, éditions François Bourin.

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Alba

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Alba, âgée aujourd’hui de 5 ans, est une femelle orang-outan (Pongo pygmaeus) de l’île de Bornéo unique en son genre. Elle est la seule connue de son espèce qui soit albinos. Elle est de ce fait plus fragile que ses congénères. Selon Associated Press (AP), une agence de presse internationale, Alba est malentendante, possède une mauvaise vue et présente un haut risque de développer plus tard un cancer de la peau. Elle ne peut donc être remise en liberté sans surveillance.

Sa découverte fut malheureusement faite dans de tristes conditions. Enfermée dans une cage par des villageois dans la province de Kalimantan Centre, partie indonésienne de l’île de Bornéo, elle fut secourue par l’ONG Borneo Orangutan Survival Foundation (BOSF) en mai de cette année. Infestée de parasites, déshydratée, elle était très amaigrie. Depuis son poids a plus que doublé et ses sauveteurs souhaitent qu’elle profite de sa nouvelle vie dans un endroit protégé. La fondation a alors lancé un appel aux dons en vue d’acheter une parcelle de forêt de 5 hectares, proche du Centre de réhabilitation des orangs-outans situé sur l’île, dans laquelle Alba pourrait évoluer en toute sécurité accompagnée de trois autres orangs-outans avec lesquels elle s’est liée d’amitié après son sauvetage. L’ONG s’est fixé l’objectif de récolter 80 000 $ pour l’achat de ce terrain.

En rappel. Un article publié en juillet 2017 dans la revue Scientific Reports et relayé par le magazine Sciences et Avenir a rapporté qu’au cours de ces dix dernières années un quart des orangs-outans de l’île de Bornéo a disparu. La destruction de leur habitat, la chasse ainsi que les abattages déciment une espèce au mode de vie fragile. Chaque année, 2 500 orangs-outans environ sont tués.

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Vive la solidarité féminine !

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Le samedi soir, 30 septembre dernier, Sandrine Rousseau, ancienne secrétaire nationale adjointe d’Europe Écologie – Les Verts, était invitée dans l’émission de Laurent Ruquier On n’est pas couché sur la chaîne télévisée France 2 pour présenter son livre « Parler », dans lequel elle raconte son harcèlement sexuel, ayant été jusqu’à l’agression, qu’elle a subi de la part de Denis Baupin, ancien député de la 10e circonscription de Paris, et dans lequel elle invite aussi les femmes victimes de ces violences à briser la loi du silence.

Alors qu’elle précisait que le parti d’Europe Écologie – Les Verts « a mis en place une cellule de lutte contre le harcèlement, contre les violences ; il y a des référents. Les personnes peuvent appeler des personnes qui ont été formées pour accueillir la parole », la chroniqueuse de l’émission, Christine Angot, l’a alors interrompue avec antipathie en lui rétorquant : « Formées pour accueillir la parole, mais qu’est-ce que j’entends ? Arrêtez de dire des choses comme ça ! […] Non mais moi attendez, je retourne dans ma loge. Là, ce n’est pas possible. Moi, je ne peux pas entendre des trucs pareils. » Elle a ajouté par la suite que personne ne pouvait entendre ni aider la femme victime de ces violences, c’était comme ça, il fallait se faire une raison, la femme devait se débrouiller seule et c’était son problème, pas celui des autres. Elle a continué de l’interrompre à diverses interventions de sa part. En résumé, elle a parlé plus que l’invitée.

De son côté, un autre chroniqueur, Yann Moix, qui a de même abusé de la parole, a été jusqu’à dire à Sandrine Rousseau, qui n’a pas écrit le livre et qui ne s’en est jamais cachée non plus, que cet ouvrage ressemblait plus à un discours politique qu’à un témoignage. Sandrine Rousseau, en pleurs, la gorge serrée et semblant être dans un mauvais rêve, a tenté de se défendre en lui répondant : « Je ne peux pas l’entendre. J’ai écrit mon histoire ! […] Je ne peux pas entendre que j’ai un discours là-dessus. Je suis désolée mais vous n’imaginez pas la violence de ce que vous dites ».

Les téléspectateurs ont ainsi assisté à une véritable incompréhension de la souffrance de Sandrine Rousseau de la part de ces chroniqueurs. Le plus inouï est ce profond manque d’empathie et de solidarité venant de Christine Angot. Cette dernière a toutefois sorti son livre témoignage « L’inceste » en 1999, dans lequel elle raconte pourtant cette douloureuse expérience qu’elle a vécue. Et lors de son passage la même année dans l’émission Tout le monde en parle, présentée par Thierry Ardisson, elle s’est retrouvée dans une situation similaire, des invités et un public qui ont ri de son histoire en se moquant de manière plus que déplacée d’un mauvais jeu de mots.

Le plus inadmissible. Les téléspectateurs ont su plus tard qu’au cours de cette émission du 30 septembre dernier la chroniqueuse avait quitté à un moment donné le plateau en balançant ses fiches, huée par le public. Un témoin, présent lors de cet enregistrement a d’ailleurs rapporté ce fait auprès du Huffington Post : « Christine Angot a quitté le plateau en balançant ses fiches. Elle était en total désaccord avec l’invitée, expliquant que les agressions sexuelles devaient se régler en soi, qu’une femme doit pouvoir se débrouiller toute seule. »

La chaîne de télévision s’est bien gardée de montrer ce passage. En revanche, elle n’a pas hésité à conserver au montage la séquence de Sandrine Rousseau en larmes obligée de se justifier devant des chroniqueurs indifférents.

Après cette terrible séquence du face à face entre Sandrine Rousseau et Christine Angot, de nombreux internautes ont vite pris la défense de l’ancienne élue en qualifiant cette scène « inacceptable et répugnante ». Certains ont même estimé le comportement des deux chroniqueurs comme « honteux » et d’autres ont été jusqu’à considérer le choix délibéré de la chaîne de télévision de sélectionner les passages à montrer de « naufrage télévisuel ».

Enfin, bien qu’il soit apparu à l’évidence, pour avoir regarder ce passage de l’émission, que la chroniqueuse pense que la parole ne soulage pas la souffrance, on ne traite pas dans une émission de plus ou moins grande écoute un ou une invitée de la sorte.

On n’est pas tous égaux envers la souffrance. On ne peut pas juger ce qui peut soulager ou pas. Chacun réagit par rapport à son caractère. On ne peut pas comprendre si l’on n’a pas été confronté à une telle situation.

Et pour conclure définitivement, lorsque l’on assiste à ce genre de réaction vis-à-vis de la souffrance, de femme à femme, l’on se dit vraiment que nos combats pour être respecté en tant que femme ont encore un bien long parcours devant eux avant d’aboutir à un meilleur pour nous…