La fête des morts

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Que ce soit les vivants ou les morts, à chacun sa fête. Pour les chrétiens croyants, hier ils célébraient leurs saints. Aujourd’hui, avec ou sans foi, nous honorons nos chers disparus.

Ce jour est important. Il est le seul de l’année où les morts se font entendre, pour ceux qui veulent les écouter.

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J’avais déjà évoqué, il y a fort longtemps, dans un article datant de 2015, mon attrait tout particulier pour les cimetières. Ne voyez en cela rien de morbide. Je ne me balade pas en ces lieux pour pratiquer la nécromancie.

Ce qui m’attire dans ces endroits si spécifiques, c’est le passé gravé sur la pierre. Ce passé figé qui marque sa présence. Ces âmes qui ont vécu puis laissé place aux vivants. Celles-là même qui transmettent ce passé oublié.

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Et ceci dit ce blog ne s’appelle pas LES CHRONIQUES MORTES OU VIVES pour rien !

Alors commémorons nos morts. Ayons une petite pensée pour eux et pour elles. À nos très chers disparus…

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L’incinération est meilleure pour l’environnement que l’inhumation

Misty Overgrown Cemetary

Aujourd’hui 2 novembre, c’est le jour de la Commémoration des fidèles défunts, selon la tradition chrétienne. C’est donc la journée où de nombreuses personnes vont se rendre au cimetière pour rendre hommage à leur cher disparu ou dans les espaces autorisés où les cendres de leur mort ont été dispersées.

Mais les morts sont aussi devenus un sujet d’étude à l’heure où de nombreuses initiatives écologiques sont prises afin d’améliorer l’environnement.

Ainsi dernièrement, la Fondation des services funéraires de la ville de Paris en France a réalisé une étude comparative des émissions de gaz à effet de serre entre incinération et inhumation. Le résultat a révélé incontestablement que l’incinération s’avérait beaucoup moins nocive pour le climat.

Il est un fait que lorsqu’un individu est mort, il continue de dégager du CO2 peu importe qu’il soit mis en terre ou brûlé. Or, cette quantité émise est-elle finalement la même ?

Question à laquelle la Fondation des services funéraires de Paris a voulu répondre. Pour ce faire, elle alors a mandaté deux clusters de start-up greentech, Durapole et Verteego, organismes spécialisés dans les analyses de cycle de vie. Et l’enquête ne fut pas de tout repos en raison de la complexité de l’organisation des funérailles, comme l’a précisé le délégué général de Durapole, Thomas Toutain-Meunier : « Le périmètre de notre étude englobe la prise en charge d’un corps jusqu’à son altération ».

L’étude pour l’inhumation s’est portée sur une fin de concession de 30 ans. Afin d’obtenir un compte-rendu complet, ont été inclus la gestion du cimetière en général, l’entretien de la tombe, de l’espace vert du cimetière, des émissions de CO2 des véhicules municipaux, le cercueil de sa fabrication à sa destination finale, le transport du défunt après sa mise en bière jusqu’au cimetière et la fin de la concession (ossuaire, crémation ou destruction des restes).

Résultat : l’inhumation représente 3,6 crémations pouvant atteindre 5 crémations dans certains cas.

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Bilan écologique de l’inhumation © Fondation services funéraires de Paris
  • Un enterrement produit en moyenne 833 kg de CO2,
  • soit 11 % des émissions de CO2 d’un Français moyen sur 1 an,
  • 84 % d’un aller-retour Paris-New York,
  • 4 023 km en voiture.
  • Le choix de la sépulture représente à lui seul 88 % des impacts d’une inhumation. Il existe des différences importantes entre un enterrement en terre sans monument, soit 182 kg de CO2 rejetés, et la fabrication d’un caveau pouvant aller jusqu’à 1 252 kg. Un caveau est conçu à partir de ciment qui émet une quantité de gaz à effet de serre conséquente et bien plus si le caveau est surmonté d’un monument en granit. Bien que cette pierre soit produite en Bretagne ou dans le Tarn en France, elle est rarement façonnée dans le pays, puisque 4 monuments sur 5 proviennent de Chine. Et l’impact est au moins 3 fois plus important qu’un monument sculpté en France.

L’étude pour l’incinération a pris en compte équitablement les paramètres relatifs, de la mise en bière jusqu’à la destination de l’urne (columbarium, cavurne, caveau, dispersion des cendres), la crémation en elle-même, la fabrication de l’urne cinéraire et la gestion du funérarium (entretien, transport, etc.).

Résultat : Le gaz constitue 56 % des émissions de CO2, loin devant les infrastructures (24 %) et le cercueil (12 %) obligatoire, il est interdit de brûler un corps sans enveloppe.

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Bilan écologique de l’incinération © Fondation services funéraires de Paris
  • L’incinération représente en moyenne 233 kg de CO2,
  • soit 3 % des émissions d’un Français sur 1 an,
  • 23 % d’un aller-retour Paris-New York,
  • 1 124 km en voiture.
  • Le choix du cercueil a un impact sur l’environnement. Un cercueil en carton cause une augmentation de consommation de gaz au vu de son faible pouvoir calorifique et produit une émission supplémentaire de 14 kg de CO2 en comparaison avec un cercueil en bois certifié « forêts durables », comme de juste.

Bilan : « Non seulement l’incinération est plus économe, mais en plus une performance énergétique optimisée dans un grand crématorium peut permettre de réduire la facture de gaz de 34% », a précisé le directeur des opérations chez Verteego, Clément Guillon. D’ailleurs, les ingénieurs ont constaté : la consommation moyenne de gaz par crémation était de 52 m3 au crématorium de Champigny-sur-Marne et de 31m3 au Père-Lachaise.

En outre, l’incinération permet de récupérer les prothèses fabriquées avec des matériaux précieux en vue d’un recyclage, en moyenne 1 kg de matière par corps. La chaleur émise pourrait être également réorientée afin de chauffer des locaux. Cas au Danemark où les incinérateurs chauffent des écoles et des serres. Or sur ce point, le chef de projet aux services funéraires de la ville de Paris, Adrien Joret craint quelques méfiances :  « On peut cependant s’attendre à des réticences […] Peut-on chauffer des enfants avec les cendres de grand-mère ? ».

Enfin l’étude a introduit des éléments permettant de réduire l’impact écologique des rites funéraires, notamment diminuer le poids des cercueils, de réduire les apports de vernis et teintes dont ils sont enduits, d’atténuer les trajets des monuments funéraires importés ou encore d’améliorer les performances des équipements, ce qu’a conclu Adrien Joret : « Il est possible d’imaginer à l’avenir des moyens mis à disposition des familles pour les guider dans leur choix qui ne seront plus basés uniquement sur des critères économiques et culturels mais aussi sociaux et environnementaux ».

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