La « précarité menstruelle »

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A.I. en développement. Internet en progression rapide. Vitesse de connexion des réseaux de téléphonie mobile en accélération… Le monde moderne va de plus en plus vite.

Et l’humain, où en est son évolution ?

Alors que l’humanité avance à grands pas dans de nombreux domaines, elle stagne dans d’autres, voire régresse.

Une publicité qui tourne en boucle en ce moment sur les chaînes de télévision françaises, et ce depuis un certain temps déjà, m’a laissée pantoise, en tant que femme : la précarité menstruelle.

Une marque célèbre de serviettes hygiéniques a lancé une campagne de pub afin d’aider les jeunes filles à se prémunir lors de leurs règles. Beaucoup d’entre elles sont absentes à l’école durant leur période menstruelle, faute d’avoir le nécessaire pour traverser le  plus sereinement qui soit ces quelques jours compliqués que certaines femmes connaissent.

Bien que cette marque joue la carte de la « pub de com » afin de booster ses ventes (ne soyons pas utopistes), il n’en demeure pas moins que ce fait est bien concret. D’ailleurs ce phénomène n’est pas si récent que cela. Avant mon départ en Angleterre, des enseignants en collège de mon entourage me parlaient de ce problème.

Problème qui ceci dit existait déjà de ma génération ; il y a trente ans…

Où en sommes-nous donc trente ans après ?

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Journée Internationale de la Femme 2019

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Aujourd’hui, la Journée Internationale de la Femme fête ses 42 ans. Officialisée par l’ONU en 1977, elle est le fruit de luttes des ouvrières et suffragettes du début du 20e siècle pour de meilleures conditions de travail et le droit de vote.

Ce jour est peut-être l’occasion d’établir un bilan sur la condition des femmes à travers le monde. Il permet également de célébrer leurs victoires ayant conduit à certains de leurs acquis, d’écouter les appels des unes et des autres, de se recentrer sur les vrais combats qui restent encore à mener, de poursuivre le chemin vers l’égalité homme-femme…

Même si chaque année, nous, les femmes, répétons les mêmes choses parfois, il est utile toutefois de les répéter, puisque ces choses ne sont toujours pas entendues, comprises, ni définitivement réglées.

Et chaque année, des opprobres visant les femmes voient le jour. C’est le cas notamment de ce jeu vidéo Rape Day (jour du viol) qui invite ses joueurs à violer des femmes. Bien que le studio de création ait annoncé l’annulation de la commercialisation de son dit jeu le 6 mars, il est cependant nécessaire d’appuyer fortement sur l’idée de base et, à travers elle, livrer le bilan annuel sur l’image actuelle de la femme. Un bout de bidoche !

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En parallèle, de nombreux blogs et forums ont fait écho d’une coutume qui existait en Angleterre de la fin du 17e siècle jusqu’au début du 20e siècle, en postant en copier/coller cet extrait du 7 juin 1879 de la gazette régionale Leeds Mercury et de son article explicatif :

« À vendre, cinq shillings, ma femme, Jane Flebbarcl. Elle est bien bâtie, ferme sur ses pattes, une vraie poutre maîtresse. Elle sème et elle récolte, elle laboure et mène ses hommes, et elle tiendrait tête à n’importe quel gaillard qui tient les rênes serrées, parce qu’elle est butée comme un âne et que c’est une sacrée forte tête ; mais bien menée, elle serait douce comme un agneau. Il lui arrive de commettre des faux pas. Son mari s’en sépare parce qu’elle est trop pour lui.
N B : Tous ses vêtements seront donnés avec elle. »

Pour le copier/coller de l’article en commentaire, se référer, entre autres, à L’indépendant Express, criss44, fralurcy, Rosyvalerie, quintonic, Club50Plus, etc.

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Selling a Wife (1812-1814) – dessin de Thomas Rowlandson (1756-1827), illustrateur et caricaturiste anglais

Mettant relativement à part ma petite colère sur cette mode chez certains « auteurs » de ne pas trop se prendre la tête, ni se casser le bout des doigts sur le clavier de leur ordinateur afin d’écrire leur article avec leurs propres mots, sachant que je passe parfois des heures à élaborer mes propres articles selon leur complexité, cette histoire vraie nous montre que près de deux siècles plus tard la considération féminine n’a pas tant évoluée que ça.

Profitant à mon tour de cette journée de la femme pour exprimer mes mécontentements vis-à-vis de beaucoup de choses, dont celle précitée et sur laquelle je ne reviendrai pas puisqu’elle est dite, mais aussi parce que c’est mon jour après tout, il me semble qu’il ne suffit pas non plus d’inonder les réseaux sociaux de hashtags divers et variés pour que nos voix portent. Nos actions doivent être dans notre vie de tous les jours, dans l’ombre comme dans la lumière, sans prendre les armes des hommes, mais en utilisant les nôtres, celles qui nous sont propres et différentes selon la femme. Il nous faut également une meilleure unité entre femmes. Et il nous faut les hommes. Que nous le voulions ou non, que nous souhaitions une place plus légitime dans la société, que nous estimions mériter mieux que ce que nous avons, que nous désirions notre quote-part équivalent à celle de l’homme, nous avons besoin de lui. Il est et fait la société depuis tous temps à son image. Il nous faut donc être plus maligne que nous le sommes actuellement afin de nous placer comme son égale, bien que cette notion soit subjective.

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L’éducation ! C’est le mot d’ordre. Nous devons repenser notre système d’éducation. Ce sont nous, les femmes, qui en sommes majoritairement les instigatrices à l’origine. C’est par l’éducation que tout débute. Garçon et fille doivent recevoir une éducation similaire, tout en tenant compte des caractéristiques de chacun et de leur caractère propre. Or, cela risque peut-être d’en étonner quelques-uns et quelques-unes, mais il fut un temps où les mères apprenaient à leur garçon à coudre, repasser, faire le ménage, la cuisine et autres tâches ménagères. Mon père en était d’ailleurs une preuve. Il est né en 1929. À la même époque, dans les campagnes, les filles aidaient aux travaux des champs. Et ce malgré les guerres mondiales qui ont été indirectement un tremplin à la libération de la femme.

Enfin, je m’arrête là et souhaite à toutes une belle journée de la femme et pourquoi pas même un acte bienveillant de la part d’un homme qui vous côtoie au quotidien…

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Le burn-out maternel

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Devenir mère serait l’accomplissement d’une femme, pour la majorité. Être une maman serait un rôle naturel pour n’importe quelle femme. Après tout, elle est conçue pour cela.

Hier, la femme n’était cantonnée que dans cette fonction. Son évolution légitime était de se marier, fonder une famille et de servir à l’entretien de celle-ci. La cuisine, le ménage, l’éducation des enfants et s’occuper de son mari étaient ses missions.

Aujourd’hui, ces tâches lui incombent toujours, malgré des droits acquis, une autonomie conférée et une vie professionnelle qui s’est ouverte à elle au fur et à mesure du temps.

Bien que le rôle du père ait lui aussi évolué, il n’en reste pas moins que celui de la mère s’en est retrouvé exacerbé. Et en parallèle, l’image de la maternité a eu un cheminement autre, elle s’est idéalisée.

Les exigences actuelles, qui tendent à se normaliser, poussent la femme à devenir une sorte de superwoman. Elle doit être quasiment exemplaire dans tous les domaines. Elle doit se surpasser professionnellement par rapport à un homme, sans pour autant obtenir le salaire équivalent. Elle doit gérer sa vie familiale sans heurt. Et elle doit rester femme, tout en étant une mère parfaite.

Ne pouvant contrôler son développement professionnel, qui dépend majoritairement de l’appréciation masculine, l’idée de la maîtrise de la maternité comme étant le seul terrain sur lequel elle règne seule est revenue dans l’esprit collectif.

Si une femme ne peut atteindre son objectif professionnel, elle doit alors répondre à son accomplissement personnel, celui de la mère.

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« Avec un enjeu fort : celui de la perfection, puisque la nécessité de réussir s’est replacée de la sphère professionnelle à la sphère familiale. Ainsi, poussées par la société, et par des normes personnelles d’une grande exigence, les femmes s’épuisent à vouloir être des mères parfaites », comme l’a exprimé la journaliste Anne-Laure Vaineau dans son article du 20 février 2017 sur le site Psychologies. Référence aussi à la psychologue clinicienne Maryse Vaillant, décédée en janvier 2013 et auteur du livre Être mère, mission impossible ?, chez Albin Michel.

Exhortées malgré elles par cette idée subliminale créée par la société actuelle, certaines femmes arrivent alors au burn-out.

Le « burn-out maternel », ainsi nommé, est un phénomène qui touche de plus en plus de mamans d’aujourd’hui. Alors que cette nouvelle « pathologie » n’est pas encore considérée comme telle en France, recouvrant même un caractère tabou, l’un de nos pays voisins, la Belgique, commence à prendre cette nouvelle forme de « dépression » très au sérieux.

Mamans au bord du gouffre, violences verbales, physiques sur leurs enfants, abandon du domicile conjugal, allant jusqu’au point de non-retour, le meurtre de leur progéniture, la chaîne de télévision M6 dans son émission 66 Minutes du 3 mars dernier s’est intéressée à ce nouveau mal-être social qui concerne toute sorte de mère, le burn-out maternel.

Touchant également les pères, une prise de conscience réelle sur ce nouveau phénomène en expansion tend à voir le jour. Le burn-out maternel ou parental, lorsqu’il concerne parfois les deux, s’avère être un véritable problème. Quelles solutions ?

Suffragette

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Film historique britannique réalisé par Sarah Gavron, sorti en 2015. Il est disponible sur le site Netflix. Ce film a été le premier dans l’histoire ayant pu être tourné dans l’enceinte du Parlement anglais.

Suffragette, Les suffragettes en français, relate le combat de femmes de toutes conditions pour obtenir le droit de vote. Angleterre, 1912-1913, Maud (Carey Mulligan), une jeune ouvrière travaillant dans une blanchisserie finit par s’engager dans le mouvement des « suffragettes », initié par Emmeline Pankhurst (Meryl Streep), leader du mouvement Women’s Social and Political Union (Union sociale et politique des femmes), auprès d’Édith (Helena Bonham Carter), d’Emily Davison (Nathalie Press) et de bien d’autres.

Circa 1911: British suffragette Emmeline Pankhurst (1858 – 1928), being jeered by a crowd in New York. (Photo by Topical Press Agency/Getty Images)

Des manifestations pacifistes à des actions plus radicales, bombardements de boîtes aux lettres jusqu’à l’explosion d’une résidence parlementaire vide, ces femmes mettent tout en œuvre pour se faire entendre.

Pourchassées, abandonnées parfois par leur mari, malmenées par la police, incarcérées même plusieurs fois, elles ne lâchent rien pour obtenir ce droit de vote. Il faudra la mort d’Emily Davison pour que leurs voix soient enfin écoutées.

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Portrait of Emily Davison, british suffragette, who ran in front of the King’s horse at the 1913 Epsom Derby and was considered a martyr by her fellow suffragettes.

En 1913, les suffragettes se rendent au Derby d’Epsom pour y rencontrer le roi George V. Ne pouvant l’approcher, Emily franchit les barrières de sécurité et pénètre sur la piste où se déroule la course hippique. Percutée de plein fouet par le cheval de course de George V, une banderole à la main mentionnant ses convictions, elle perd conscience et décède quatre jours plus tard d’une fracture du crâne. Cette tragédie fait la Une des journaux jusqu’à l’international et permet aux femmes britanniques d’obtenir le droit de vote en 1918, mais seulement à partir de l’âge de 30 ans, alors que les hommes votent dès 21 ans. Elles devront attendre 1928 pour avoir le même droit de vote que les hommes.

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Emily Davison (1872 – 1913) is fatally injured as she tries to stop the King’s horse ‘Amner’ at Epsom on Derby Day, to draw attention to the Women’s Suffragette movement, 4th June 1913. (Photo by Arthur Barrett/Hulton Archive/Getty Images)

Le film se termine sur des images d’archive, dont la séquence filmée lors de la marche des suffragettes accompagnant le tombeau funéraire de leur sœur de lutte. S’ensuit le générique final sur la liste des pays et leur année d’accord du droit de vote pour les femmes.

Ce film plus que poignant est très évocateur de cette lutte des femmes à cette époque. Il retrace avec force et beaucoup de justesse les douleurs et la considération sociale de la femme plus que médiocre au début du 20e siècle. Il nous révèle une période qui fut très difficile pour les femmes. Surtout, il nous permet de relativiser par rapport à aujourd’hui et nous montre un vrai combat qui a profondément changé le statut social comme privé de la femme. Alors qu’actuellement certaines lancent des hashtags à tout bout de champ sur les réseaux sociaux, montrent leurs poils ou leur cellulite sur Instagram, ces femmes-là, elles, menaient un véritable combat. Elles étaient des féministes sans pour autant le crier sur tous les toits ou même y prétendre…

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L’intimité filmée

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Vendredi 25 janvier, durant la semaine de prévention du cancer du col de l’utérus, Chloe Delevingne, la sœur de Cara Delevingne, a passé un examen gynécologique en direct sur la BBC Two dans l’émission Victoria Derbyshire Show. La doctoresse Philippa Kaye a ainsi pratiqué sur elle un frottis devant les caméras, un prélèvement de cellules de quelques secondes.

Les objectifs d’une telle séquence étaient d’augmenter le nombre de dépistage du cancer du col de l’utérus et de rassurer les femmes qui pourraient appréhender cet examen.

À quand l’examen cœlioscopique filmée en direct pour les hommes ?

USA : baby boom à l’hôpital St Cloud !

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Relayé par la chaîne de télévision américaine Fox 9 et l’émission de télévision américaine Inside Edition, ce fait divers est aussi extraordinaire qu’attendrissant.

L’année 2018 a révélé un bilan surprenant pour l’hôpital St Cloud dans le Minnesota aux États-Unis. Dans la même unité de cet hôpital 31 infirmières ont donné naissance à 32 bébés cette même année. Un véritable baby boom ! Et celui-ci ne s’est pas produit du côté des patientes mais de celui de l’équipe du service de maternité.

31 infirmières sont tombées enceintes presque en même temps et ont donc accouché en 2018, dont l’une d’entre elles a mis au monde des jumeaux.

Celle-ci a d’ailleurs déclaré à Fox 9 : « J’avais des tas de gens qui me disaient quand j’étais enceinte ‘Oh, mon Dieu, chaque infirmière ici est enceinte’ et on disait ‘Oui, ne buvez pas l’eau‘ ». Une autre infirmière a expliqué à Inside Edition : « Il était notre premier alors c’était un grand soulagement de venir travailler avec toutes les autres femmes enceintes et de se dire ‘Hé, ça est-ce normal ? Ça est-ce normal ?’ Et juste avoir ce poids enlevé de mes épaules ».

Cet évènement rare, un record du nombre de naissances pour cette unité cette année-là, ne pouvait passer inaperçu. Les 31 mamans et les 32 bébés ont été alors réunis pour une séance photo grandeur nature afin d’immortaliser ce moment. Les bébés portaient tous des T-shirts blancs avec un numéro correspondant à leur ordre d’arrivée dans le monde.

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Le « Januhairy »

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Il semblerait qu’il n’y a pas que dans les rues que les voitures ou les esprits s’enflamment actuellement. Internet aussi.

Alors que le « dry January » a vu le jour, un bon défi qui consiste à arrêter de consommer de l’alcool durant tout le mois de janvier, un autre plus équivoque, inspiré plus ou moins de celui-ci, a déferlé sur la toile comme un nid d’araignée qui aurait éclaté.

À l’instar du « dry January », le « Januhairy » est un challenge proposé aux femmes reposant sur le fait d’arrêter de s’épiler pendant tout le mois de janvier, en vue d’aider les femmes à s’accepter telles qu’elles sont.

Relayé par la BBC, ce « mouvement » serait en train de faire fureur en ce moment sur le Net. Laura Jackson, une étudiante anglaise de 21 ans, à l’origine de ce défi, invite ainsi les femmes à ne pas s’épiler tout le mois de janvier et à partager des photos de leurs poils sur les réseaux sociaux pour « s’aimer et s’accepter » au naturel.

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La jeune femme s’est exprimée via un long post afin d’expliquer une telle démarche : « À l’origine, j’ai laissé pousser les poils de mon corps dans le cadre d’une performance pour mon diplôme de théâtre en mai 2018 […] Je me suis sentie libérée et j’ai eu davantage confiance en moi-même si certaines personnes autour de moi ne comprenaient pas ou n’étaient pas d’accord avec le fait que j’arrête de me raser […] J’ai réalisé qu’il y avait encore tellement de choses à faire pour que l’on puisse être capable de s’accepter les uns les autres pleinement et réellement […] Après quelques semaines à m’y habituer j’ai commencé à aimer mes poils. J’ai aussi commencé à apprécier le fait de ne pas avoir à me raser régulièrement […] Ce n’est pas une campagne de haine à l’intention de celles ou ceux qui ne comprennent pas qu’avoir des poils c’est normal, mais plutôt un projet pour se mettre en valeur et mieux se comprendre les uns, les autres ».

Touchées par ce discours, de nombreuses femmes ont décidé de rejoindre le mouvement et ont publié des photos de leur corps poilu.

Que dire ?

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Ce défi a le seul mérite d’être au moins sans danger, sans douleur, sans les conséquences dramatiques de certains autres challenges et sans risque létal. Hormis cette distinction, la lutte pour les droits des femmes dans le monde étant de plus en plus bien mis à mal se déplume à la vitesse des poils qui poussent…

Petite parenthèse. À l’image de cette photo ci-dessus représentant un nécessaire à rasage, composé d’un miroir et d’un rasoir, retrouvé dans une tombe égyptienne datant d’entre 1492–1473 av. J.C., les Égyptiens et Égyptiennes de l’époque antique se rasaient pour des mesures d’hygiène.

Le « slut-shaming »

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Lors d’un nouveau numéro de l’émission de télévision C’est mon choix, sa présentatrice Evelyne Thomas a utilisé le « slut-shaming » à l’encontre de deux invitées, Lylia et Melissa, venues défendre leur droit d’être sexy sans pour autant passer pour des filles faciles.

Leurs décolleté plongeant et mini-jupe ont été alors vertement critiqués par l’animatrice, censée faire preuve de neutralité : « Vous n’êtes pas des filles faciles ? Pourtant là, vous donnez facilement votre décolleté. Vous vous habillez sexy et vous en avez marre de passer pour une fille facile. Sincèrement, je dois vous l’avouer, je ne comprends pas qu’on puisse s’habiller comme vous et en avoir marre de passer pour une fille facile. Les garçons vous savez comme ils sont, il n’y en a pas qui vous disent ‘si tu les montres, c’est que tu veux ?' »

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Les propos conservateurs et sexistes de la présentatrice ont entraîné de vives réactions sur les réseaux sociaux. Parmi eux, certains internautes se sont ainsi exprimés : « Waouh Evelyne Thomas qui te sort les arguments des agresseurs sexuels en pleine émission TV à des jeunes filles parce qu’elles osent porter un décolleté. Il est brutal le retour en 1912 », « J’ai mal à mon féminisme. Laissez ces femmes s’habiller comme elles veulent ! »

Hé bien les amis ! C’est grâce à ce fait évoqué sur un site Internet que j’ai découvert cette expression « slut-shaming ». Je ne m’étendrai pas davantage sur l’intervention affligeante de cette animatrice. Si nous ne parvenons pas, nous, les femmes, à nous soutenir les unes les autres, nous ne sommes pas prêtes d’y arriver…

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Bref ! Qu’est-ce donc le slut-shaming ?

C’est un concept à l’origine issu des féministes canadiennes et américaines. Ce terme, qui se traduit en français par « intimidation ou humiliation des salopes » ou « couvrir de honte les salopes » (slut signifiant salope), représente un ensemble d’attitudes individuelles ou collectives agressives envers les femmes, dont le comportement sexuel est jugé anormal, non conventionnel.

Il consiste donc à « stigmatiser, culpabiliser ou disqualifier toute femme dont l’attitude ou l’aspect physique serait jugé provocant ou trop ouvertement sexuel ou qui cherche à se faire avorter. » D’autres a priori sans lien avec la sexualité peuvent également conduire au slut-shaming, comme l’argent, la voiture, le pouvoir…

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Il fomente l’idée que le sexe est dégradant pour les femmes. Il est employé autant par les hommes que les femmes dans les cadres public et privé. Les attaques sont physiques ou morales, selon la culture et les valeurs de l’agresseur. Ces attaques peuvent concerner le nombre de partenaires sexuels, la manière de s’habiller, se maquiller ou encore l’attitude générale d’une femme.

Les injures homophobes ou transphobes anathématisant un comportement sexuel et une identité de genre sont également estimées comme du slut-shaming.

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Cette expression, utilisée couramment aux États-Unis et au Royaume-Uni essentiellement par des féministes, s’insère peu à peu en France dans le langage courant, notamment sur Internet, via les blogs ou les réseaux sociaux.

Elle doit sa popularisation à l’apparition des SlutWalks en 2011. Sonya Barnett et Heather Jarvis, les deux fondatrices de la première SlutWalk de Toronto, au Canada, ont utilisé en 2011 cette expression afin d’expliquer la démarche des SlutWalks : « we are tired of being oppressed by slut-shaming ; of being judged by our sexuality and feeling unsafe as a result », « nous sommes fatiguées d’être oppressées par le slut-shaming ; d’être jugées sur notre sexualité et par conséquent nous sentir en danger ».

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En 2012, aux États-Unis, les propos de l’animateur de radio conservateur Rush Limbaugh vis-à-vis de l’étudiante en droit Sandra Fluke ont suscité l’indignation de personnalités et féministes américaines. Le 29 février 2012, l’étudiante réclamait le remboursement de la contraception par les assurances-santé. L’animateur l’avait alors qualifiée de « salope » et de « prostituée » lors de son émission.

C’est précisément la médiatisation de cette affaire, y compris en France, qui a permis de mettre à jour ce phénomène des insultes visant la sexualité des femmes et donc le slut-shaming.

Premier Ballon d’or féminin de l’Histoire !

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Une véritable révolution dans le sport, plus précisément le football. Pour la première fois de l’Histoire, une footballeuse a été récompensée du Ballon d’or.

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Née le 10 juillet 1995 à Sunndalsøra, commune de Sunndal située dans le comté de Møre og Romsdal, en Norvège, Ada Stolsmo Hegerberg est une footballeuse internationale au poste d’attaquante à l’Olympique lyonnais. Sa sœur aînée Andrine Hegerberg est une footballeuse également. Elle joue au Paris Saint-Germain Football Club.

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Ada Hegerberg a reçu le Ballon d’or féminin France Football 2018 ce 3 décembre. Elle est aussi la première femme de l’histoire du football.

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Cette distinction est non seulement une reconnaissance de son talent, mais c’est surtout une immense avancée pour la femme sportive, dans une discipline à l’esprit encore très masculin.

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Congratulations !

Dawn Shaughnessy

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Les festivités de Halloween terminées, LES CHRONIQUES MORTES OU VIVES reprennent leur cours…

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Dawn Angela Shaughnessy est une radiochimiste américaine et chercheuse principale du groupe d’éléments lourd du Lawrence Livermore National Laboratory (LLNL), centre de recherche fédéral situé à Livermore, Californie, aux États-Unis, fondé par l’Université de Californie à Berkeley en 1952. Elle a participé à la découverte de 5 éléments super-lourds avec les numéros atomiques 114 à 118.

Enfant, elle désirait devenir médecin. Mais à l’école secondaire El Segundo High School, à Los Angeles, elle s’intéresse à la physique-chimie. En 1993, elle obtient son baccalauréat en chimie à l’Université de Californie à Berkeley. Elle rejoint le groupe de Darleane C. Hoffman pour ses études de doctorat. En 2000, elle termine son doctorat au UC Berkeley College of Chemistry. Sa thèse porte sur la fission retardée de l’einsteinium. Elle remporte un prix reconnaissant sa force dans l’enseignement aux cycles supérieurs.

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En 2000, sous la direction de Heino Nitsche, elle étudie, au Lawrence Livermore National Laboratory, les interactions entre le plutonium et les minéraux porteurs de manganèse,  dans le cadre d’une initiative du Département de l’énergie des États-Unis pour nettoyer l’environnement de matériaux. En 2002, elle entre définitivement au LLNL.

En 2012, son groupe de recherche reçoit une subvention de 5 000 $ qu’il fait alors don au département de chimie de Livermore High School. En 2013, elle est nommée à la tête du groupe expérimental nucléaire et de radiochimie. Elle contribue à des campagnes afin de célébrer le Mois de l’histoire des femmes. En 2014, elle édite le livre The Cheminstry of Superheavy Elements.

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Tout en dirigeant le groupe des éléments lourds, elle établit un partenariat avec le Joint Institute for Nuclear Research (JINR), à Dubna, dans l’oblast (unité administrative de type « région » existant en Russie, Ukraine, Kirghizistan et Bulgarie) de Moscou, en Russie. Ce centre international de recherche dans le domaine des sciences nucléaires emploie 5 500 personnes et 1 200 chercheurs, dont 1 000 docteurs en doctorat de 18 États membres, y compris l’Arménie, Azerbaïdjan, Bélarus et Kazakhstan. Mais la plupart des scientifiques sont d’éminents scientifiques russes.

Avec son équipe, ils arrivent à identifier 5 nouveaux éléments super-lourds, lesquels sont confirmés par l’Union internationale de chimie pure et appliquée (UICPA) en début 2016. Dawn Shaughnessy a d’ailleurs appelé l’un d’eux l’élément 116 Livermorium, en honneur au LLNL, dans lequel ces éléments ont été découverts. Les travaux récents de Dawn se portent notamment sur la criminalistique nucléaire (être capable d’identifier les traces de matières fissiles, de produits, et de produits d’activation après une explosion). Son équipe tente d’automatiser la préparation et la détection des échantillons, lui permettant d’accélérer l’analyse des isotopes.

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Ses prix et distinctions :

  • 2018 – Élue membre de l’American Chemical Society
  • 2016 – Fast Company Most Creative
  • 2012 – Intronisée au Alameda County Women’s Hall of Fame
  • 2010 : Departement of Energy Office of Science Oustanding Mentor Award (Prix de mentor exceptionnel de l’Office des sciences du ministère de l’Énergie)
  • 2010 : Gordon Battelle Prize for Scientific Discovery (Prix Gordon Battelle pour la découverte scientifique)