Grand Prix Inserm 2017

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Née le 5 mars 1965 à Londres, Edith Heard est une généticienne britannique spécialiste en épigénétique, une discipline de la biologie étudiant les mécanismes moléculaires qui modulent l’expression du patrimoine génétique en fonction du contexte.

Elle suit des études de génétique à Emmanuel College, l’un des 31 collèges de l’Université de Cambridge, où elle obtient un Bachelor of Arts en 1986. Elle réalise un doctorat, qu’elle soutient en 1990, sur le cancer dans le laboratoire du Imperial Cancer Reasearch Fund. Elle entre à l’Institut Pasteur pour effectuer un stage post-doctoral sur l’inactivation du chromosome X et sa régulation épigénétique au cours du développement. Elle est ensuite engagée par le CNRS en 1993. En 2010, elle est à la direction de l’unité mixte de recherche de Génétique et biologie du développement de l’Institut Curie.

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En 2012, elle est nommée professeur titulaire au Collège de France à Paris de la chaire « épigénétique et mémoire cellulaire ». Lors de ses travaux, elle découvre une organisation des chromosomes, la chromatine (substance composée de molécule d’ADN, d’ARN et de protéines, qui sert à créer les chromosomes eucaryotes) s’organisant selon des structures chromosomiques tridimensionnelles appelées domaine d’association topologique, soit Topologically associating domain (TAD). Celui-ci est une région génomique auto-agissant, c’est-à-dire que les séquences d’ADN dans un TAD interagissent physiquement entre elles plus souvent qu’avec des séquences extérieures au TAD. Il range l’ADN dans une sorte de « fil de laine » qui forment plusieurs pelotes dont chacune correspond à un TAD. Cet « effet pelote » est responsable de la régulation des gènes. Au cours de la reproduction, la perte de ces pelotes provoque l’inactivation du chromosome X. Ces structures chromosomiques tridimensionnelles sont présentes chez les animaux, certaines plantes, champignons et bactéries. La taille des TAD peut aller de milliers à des millions de bases d’ADN. Les fonctions des TAD ne sont pas toutes comprises, mais dans certains cas, la perturbation des TAD entraîne une maladie car le changement de l’organisation 3D du chromosome perturbe la régulation des gènes. Les mécanismes sous-jacents à la formation du TAD sont également complexes et non complètement élucidés, bien qu’un certain nombre de composés de protéines et d’éléments d’ADN soient associés aux limites du TAD. Cette découverte a eu un impact important sur l’interprétation du génome et de l’information épigénétique.

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En 2013, elle devient Fellow of the Royal Society, compagnon de la Royal Society, analogue à l’Académie des sciences en France.

Le 30 novembre 2017 au Collège de France, en présence de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, et du député Cédric Villani, elle recevra lors de la cérémonie annuelle des Prix Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), le Grand Prix de 2017 pour ses travaux sur l’épigénétique, l’ensemble des mécanismes moléculaires au niveau du génome et de la régulation de l’expression des gènes.

En 2019, elle sera Directrice Générale du Laboratoire Européen de Biologie Moléculaire, European Molecular Biology Laboratory (EMBL).

En parallèle à ses recherches et à l’enseignement, Edith Heard œuvre au développement de Programme national d’aide à l’accueil en urgence des scientifiques en exil, PAUSE, un programme régi par le Collège de France visant à développer une science sans frontières et à ainsi accueillir dans l’impératif les scientifiques en exil issus de pays où la situation politique ne leur permet plus d’exercer leur métier, mais aussi où leur vie ainsi que celle de leur famille son menacées.

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Au cours de cette cérémonie, d’autres prix seront décernés :

Grand Prix Inserm 2017_Marie-Paule Kieny_wp– Le Prix International reviendra à la spécialiste française en virologie Marie-Paule Kieny, Sous-directrice Générale de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans le cadre des systèmes de la santé et l’innovation, depuis novembre 2012, aussi Directrice de recherche Inserm. En 2014, alors que l’Afrique de l’Ouest est frappée par le virus Ebola, elle assume tous les aspects de la recherche et du développement afin de tenter d’enrayer le virus. En l’espace de onze mois, l’OMS assure la promotion et le suivi de l’essai clinique de l’un des deux vaccins testés dans cette région. En 1980, elle obtient un doctorat en microbiologie à l’Université de Montpellier ainsi qu’un diplôme universitaire en économie. De 1981 à 1988, elle est Directrice scientifique adjointe de Transgene SA. De 1999 à 2000, elle est à la tête du groupe de recherche de virologie moléculaire travaillant sur le virus de l’hépatite C à l’Institut de virologie de l’Inserm. Elle dirige l’Initiative de l’OMS pour la recherche sur les vaccins depuis sa création en 2001. Sous sa direction, le développement ainsi que l’homologation de nouveaux vaccins contre la méningite et la grippe pandémique dans les pays en voie de développement ont pu se réaliser grâce à son savoir-faire. Elle est pionnière en la matière. Les vaccins contre les maladies liées à la pauvreté et celles qui touchent de manière disproportionnée les populations pauvres et marginalisées sont des priorités permanentes depuis son premier rôle à l’OMS avec le Programme spécial de recherche et de formation concernant les maladies tropicales en 2001. D’octobre 2010 à novembre 2012, elle est Sous-directrice Générale de l’OMS pour l’Innovation, l’Information, les Preuves et la Recherche.

Grand Prix Inserm 2017_Marc Peschanski_wp– Le Prix Opecst-Inserm récompensera le biologiste français Marc Peschanski, spécialiste en neurophysiologie des maladies neurodégénératives et des cellules souches   et directeur de recherche Inserm, pour son travail sur les cellules souches embryonnaires humaines. Lui et son équipe sont actuellement sur le point de produire industriellement des thérapies développées à partir de cellules souches embryonnaires humaines et de leurs produits. Après des études de médecine, il devient chercheur à l’Inserm au sein du CHU de l’hôpital Henri-Mondor de Créteil dans le Val-de-Marne. Spécialiste du cerveau et des maladies neurodégénératives, telles que les maladies de Parkinson et de Huntington, il est un précurseur des greffes neuronales. Il séjourne quelques années en Angleterre puis s’oriente vers la recherche sur les cellules souches. Passée une lutte pour la révision des lois de bioéthiques, il crée en 2005 sur le Génopole d’Évry, I-Stem, un Institut des cellules souches en partenariat avec l’Association française contre les myopathies. En décembre 2006, suite à cette démarche, une polémique menée par certains milieux catholiques se déroule pendant le Téléthon. Il est aussi partisan du clonage thérapeutique pour « obtenir du matériel biologique » afin de comprendre les mécanismes de certaines maladies. En 2011, son équipe, co-dirigée par Cécile Martinat, chef d’équipe de recherche à l’Inserm sur les maladies neuromusculaires, publie des résultats primordiaux sur l’identification de gènes impliqués (deux gènes de la famille SLITRK) dans une forme de myopathie, la maladie de Steinert, en utilisant des cellules souches embryonnaires humaines. Ce qui de nouveau provoque une polémique sur l’opportunité d’utiliser de telles cellules plutôt que des cellules souches pluripotentes induites (iPS). Il a été, durant de nombreuses années, rédacteur en chef de la revue Médecine/sciences.

Grand Prix Inserm 2017_Alain Chéotal_wp– Le Prix Recherche se verra attribué à Alain Chédotal, directeur de recherche Inserm à l’Institut de la vision et chercheur expert en neuro-anatomie, développement, transgenèse chez la souris, migration neuronale, guidage axonal, qui a réussi à observer en 3 dimensions les connexions neuronales dans le cerveau intact, grâce à des rayons lasers et à l’imagerie en fluorescence. Il cherche à comprendre comment les neurones en migration et les extensions des neurones pour établir des connexions entre eux (axones) sont guidés dans le cerveau en développement. Il travaille également avec son équipe sur de nouvelles technologies permettant de visualiser le développement des neurones. Ses travaux visent à déterminer si les molécules servant au guidage axonal sont de même impliquées dans des maladies du système visuel ou des pathologies dont la myéline d’un organe se trouve détruite, cas de la sclérose en plaques ou de certains cancers.

Grand Prix Inserm 2017_Sophie Allart_wp– Le Prix Innovation distinguera, entre autres, la biochimiste Sophie Allart, ingénieure de recherche Inserm et responsable du plateau technique d’imagerie cellulaire du Centre de physiopathologie de Toulouse, en reconnaissance de ses recherches en physiopathologie qui ont permis la découverte de la présence du virus Zika à l’intérieur même du spermatozoïde. Elle entre à l’Inserm en 1994, après des études en biochimie à l’INSA de Lyon. Ingénieure d’études, elle interrompt son activité pour réaliser une thèse en immuno-virologie qu’elle soutient en 2003. Elle effectue un stage de fin d’études dans la recherche privée et découvre sa vocation en développant un fort intérêt pour la vie de laboratoire. En 2005, elle se reconvertit pour être ainsi recrutée à son poste actuel d’ingénieure de recherche.

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Le féminisme à outrance

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Même les hommes n’ont jamais osé aller si loin pour affirmer leur masculinité !

Une tendance de mode féministe actuelle assez controversée semble vouloir s’installer dans notre société, celle de mettre en valeur le sexe de la femme dans son sens propre.

Après les conceptrices de bijoux en forme de vulve, des capsules à paillettes pour vagin, le maquillage pour le sexe féminin, jusqu’aux petites filles d’à peine 9 ans qui ont recours à la chirurgie pour avoir le vagin inexistant de la poupée Barbie, et j’en passe, c’est au tour des créatrices de Haute Couture de s’y mettre.

Samedi 9 septembre, la Fashion Week de New York a permis à tous les « fashionistas » de la planète de découvrir une jeune marque allemande Namilia. Nan Li et Emilia Pfolh, les créatrices de cette marque ont voulu revendiquer leur féminisme dans la présentation de leur première collection intitulée « My pussy, my choice », faisant référence au fameux slogan « My body, my choice » (Mon corps, mon choix) scandé par les femmes pour leur liberté à disposer de leur corps comme elles le souhaitent. Cette collection a ainsi prôné ce nouveau mouvement, le « Pussy Power », « pussy » en français signifiant « chatte », pas la femelle du chat, bien sûr.

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Elles ont alors agrémenté les pièces de leur collection de vulves en tissus de toute taille. Des robes aux chaussures en passant par les manches, rien n’a été épargné.

Après le show, certaines femmes se sont interrogées en laissant ce type de commentaires sur les réseaux sociaux : « Il m’a fallu vraiment beaucoup de temps pour comprendre ce qui se passait », « Est-ce un coup de génie ? », « Une mode qui joue le débat des genres ? », « Du pure grotesque ? », etc.

Inutile de vous donner ma réponse à certaines de ces questions, puisque ceux et celles qui me connaissent s’en doutent déjà…

Une journaliste d’un magazine féminin qui a rapporté cet évènement dans son article a conclu : « La collection Namilia aura au moins eu le mérite de faire parler d’elle et de remettre sur la table le débat de la discrimination dont souffre l’appareil génital féminin concernant sa représentation dans la société. Car contrairement aux nombreux dessins et gribouillages de pénis que l’on croise à longueur de journée et qui ont toujours la cote, les vagins ne sont toujours pas en vogue ! »

Namilia - Runway - September 2017 - New York Fashion Week: The Shows

Je ne sais pas vous, Mesdemoiselles, Mesdames, mais pour part, mon appareil génital se porte bien et ne souffre d’aucune « discrimination », un bien grand mot pour une si petite chose.

Je ne vous spécifierai pas non plus que cette mode tendance me choque. Peut-être suis-je trop vieille, d’une génération réservée, plus respectueuse du corps de la femme autant que celui de l’homme d’ailleurs ? Ceci dit en passant, corrigez-moi si je suis dans l’erreur, mais je n’ai pas le souvenir d’avoir vu un défilé de mode où le pénis de l’homme en tissus ou en toute autre matière pendouillait sur des vêtements ? Vous me direz, au point où on en est, cela ne va peut-être pas tarder à arriver.

Ou suis-je peut-être une fille trop coincée pour adhérer à ce mouvement complètement stupide ? Ou ne suis-je pas aussi intelligente pour comprendre en quoi ce « pouvoir de la chatte » pourrait servir la cause féminine et nous permettre à acquérir plus de droits ?

Je ne vous dirai pas plus, petit clin d’œil à l’article du blog Aphadolie, que l’image de la femme-objet dont toutes les féministes tentent de combattre est pour le coup davantage incrustée.

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Quant à la maigreur des mannequins, il semblerait que ce véritable problème ait été jeté aux oubliettes autant que l’élégance…

Enfin, ce féminisme à outrance et outrancier devrait peut-être se tourner vers les réels combats : les violences en tout genre dont la femme est victime ; l’excision qui perdure et cause des souffrances ainsi que des morts chaque année ; l’éducation pour les filles, dont nombreuses d’entre elles dans le monde n’ont pas accès, parce que c’est tout simplement interdit ; des filles, des femmes, dans certains pays qui sont enfermées dans des endroits insalubres pendant leurs menstruations ; des lieux sacrés même dont elles sont exclues car elles sont considérées « impures » durant cette période, etc.

Et en plus, cette collection est moche !

On ne rajeunit pas…

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Voilà à quoi ressemblait mon état ce matin au réveil, en beaucoup moins souple bien sûr !

Rien d’exceptionnel aujourd’hui. Mon humeur est la fatigue. Et la raison est très simple.

Hier soir, c’était la fête à la maison. L’une de mes meilleures amies et sa charmante fille de 22 ans sont venues manger. De caractère très jovial toutes les deux s’ajoutant au mien, plus le fait que nous soyons des filles, nous nous sommes quittées à 3 h 35 du matin.

De 7 heures du soir jusqu’à cette heure-ci, nous avons partagé le repas, des conversations intéressantes, beaucoup de fous rires et nous avons terminé la soirée, enfin commencé la matinée, en dansant sur des musiques endiablées.

Nos quarante ans plus, plus, plus… se sont alors volatilisés pour laisser place à la petite vingtaine de sa fille. En comparant ainsi nos goûts musicaux générationnels, nous avons toutes deux rajeuni. Plus de petites douleurs, la peur du ridicule de se lâcher comme des folles sur des chansons nous évoquant la nostalgie de notre jeunesse… On était bien.

Ce matin, debout à 7 heures ! Et là…

Ouille, ouille, ouille !

La jeunesse, plutôt l’impression, s’est à son tour évaporée pour rappeler la dure réalité, on n’a plus vingt ans et quelque !

Les neurones se sont entremêlés et ne se trouvent plus à leur bonne place. Les muscles et toutes les parcelles du reste du corps ont la sensation d’avoir été bêchés pendant de longs moments. Toutes ces petites choses du quotidien qui ne prennent que quelques minutes à réaliser deviennent des défis de l’exploit. On marche au ralenti et le temps qui s’écoule semble interminable…  « La fatigue a gagné le corps », comme dit mon amie.

Mais la journée étant loin d’être finie, je vous laisse afin de vous retrouver en meilleure forme demain avec un joli coup de cœur…

 

Afghanistan : les femmes sans nom

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En Afghanistan, les femmes ne sont jamais appelées par leur prénom. Elles sont la « fille de », « femme de » ou « sœur de ».

Thomson Reuters Foundation a alors décidé de lancer une campagne #WhereIsMyName sur les réseaux sociaux afin que les Afghanes obtiennent le droit à leur identité.

« L’identité des femmes n’est même pas mentionnée à leurs funérailles, ni sur l’avis de décès, ni sur leur tombe, elles restent inidentifiables, même après la mort. », tel que l’a déclaré une militante à la BBC.

Quant à l’activiste et écrivain Bahar Sahaili, qui s’est jointe aussi à cette campagne, elle a précisé au journal Marianne : « Les femmes sont considérées comme le deuxième sexe et la propriété des hommes. Nous essayons de prendre en main nos identités et de les libérer. […] Notre pépiniériste me désigne toujours par le nom de mon fils. Il m’appelle « la mère de Samuel ». En public, on nous appelle « celles aux cheveux noirs », « les faibles » ou « tante », quel que soit notre âge ».

La première revendication de cette campagne est de demander au gouvernement qu’il autorise l’inscription du nom de la mère sur les nouvelles cartes d’identité électroniques, jusqu’alors invisible.

À cela, un porte-parole de la Cour suprême à Kaboul a répondu que pour l’instant « les gens de la culture afghane n’étaient pas prêts pour cette étape moderne. Cela pourrait générer un tumulte gênant. »

Sans commentaire…

See you !

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Hello les amis !

Un imprévu de dernière minute me contraint à vous quitter pour le reste de la semaine. Mais, je ne vous abandonne pas pour autant.

Comme à chacune de mes absences, je vous ai préparé des articles planifiés (1 par jour) que vous pourrez ainsi consulter.

Je vous souhaite une très bonne semaine et vous retrouve bon pied, bon œil lundi !

À vous tous…

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Algérie : les maillots de bain de la discorde

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Durant la dernière période du ramadan en Algérie, des femmes en maillots de bain sur la plage ont été prises pour cible par certains internautes sur leur page de Facebook.

Les créateurs de ces pages ont appelé à la dénonciation de ces femmes en question. Ils demandaient de les prendre en photo puis de les « afficher » sur Internet afin de montrer, ce qu’ils estiment, le comportement dégradant de ces femmes.

En riposte à cette manière d’agir inélégante et suite à l’agression de deux jeunes femmes à cause de la longueur de leur jupe jugée « indécente »,  une Algérienne d’Annaba (nord-est de l’Algérie) a décidé de lancer à son tour un appel. Elle a créé un groupe secret ce 1er juillet sur Facebook invitant les autres femmes algériennes à venir se rassembler sur la plage en maillot de bain. La page invitait à l’origine les membres de sa famille. Elle a atteint aujourd’hui plus de 3 200 membres. Trois manifestations ont eu ainsi lieu les 4, 8 et 13 juillet. Plus d’une centaine de femmes y était présente.

Lilia, journaliste au journal quotidien algérien Le Provincial a expliqué la raison de ce mouvement : « habituer les hommes à voir des femmes en maillot de bain […] défendre le droit de se baigner comme vous voulez, pas forcément en maillot de bain. […] Ce mouvement permet que la plage reflète la richesse et la diversité de l’Algérie. »

Elle infirme également « tout coup de com' » dénoncé dans le journal Marianne : « Le but n’est pas de faire du bruit et encore moins de faire le buzz, mais de changer la société profondément et en douceur. Ceci ne pourra se faire qu’en habituant des milliers de voyeurs à ce qu’ils considèrent encore comme étant interdit. Nous ne voulons pas changer leur vision des choses, mais simplement leur inculquer la tolérance et l’acceptation de l’autre. »

Bien que cette initiative fasse débat dans le pays suite à l’article de Lilia publié dans le journal algérien relatant son expérience lors de l’une de ces manifestations, elle demeure secrète par peur des représailles des hommes opposés à leur choix vestimentaire.

D’ailleurs les administrateurs des pages qui appelaient à la délation de ces femmes n’ont pas tardé à partager leur virulente réaction. Selon le journal Le Nouvel Observateur, des commentaires misogynes et agressifs abondent sur ces pages qui accueillent des milliers d’inscrits. Le journal n’en a exposé que les moins violents : « Où sont vos pères ? », « Allez vous rhabiller ? », ou encore « Filles faciles ». Certains d’entre eux ont même décidé de créer une action pour contrecarrer ce groupe de femmes par le biais d’un hashtag : « je me baigne avec mon hijab, je laisse la nudité aux animaux ».

Devant ce déchaînement haineux soutenu et parfois même encouragé par des femmes, le groupe secret a décidé de ne pas céder. Sa fondatrice a déclaré à L’Obs : « Maintenant que nous avons construit une communauté soudée, nous avons décidé de nous battre pour imposer nos robes et nos jupes dans les rues de la ville pendant toutes les saisons de l’année. »

Maryam Mirzakhani

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Maryam Mirzakhani avait reçu la médaille Fields en 2014 – THE SEOUL ICM 2014 / AFP

Hommage à cette prestigieuse femme de science.

Née en 1977 et première femme mathématicienne lauréate de la médaille Fields en 2014, estimée comme l’équivalent du prix Nobel en la matière, Maryam Mirzakhani, Iranienne, est décédée le 15 juillet 2017 aux États-Unis de la suite d’un cancer.

Professeur à l’Université de Stanford (États-Unis), elle était spécialiste de la géométrie des formes inhabituelles. Elle avait découvert de nouvelles méthodes de calcul des volumes d’objets avec des surfaces hyperboliques, en exemple « une selle de cheval ».

En 1994 et 1995, elle remporta les olympiades internationales des mathématiques avec un score parfait à l’issue de la seconde édition.

Lors de sa récompense en 2014, le Congrès International des Mathématiciens (IMC) avait déclaré : « Dotée d’une parfaite connaissance d’un éventail très divers de techniques mathématiques et de cultures mathématiques disparates, elle maîtrise une rare combinaison de capacités techniques, d’ambition audacieuse et une profonde curiosité. »

Le 14 juillet 2017, le scientifique américano-iranien et ancien de la NASA, Firouz Michael Naderi, avait publié sur Internet une photo de la jeune femme en train d’écrire des formules mathématiques sur un tableau noir accompagnée de ce message : « c’est quelqu’un de très réservé mais envoyez-lui vos pensées positives et vos énergies positives ».

Depuis 1936, la médaille Fields est décernée aux mathématiciens de moins de 40 ans.

Simone Veil

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L’une des plus grandes combattantes de tous les temps pour les droits de la femme vient de s’éteindre. Simone Veil est décédée hier 30 juin à Paris, à l’âge de 89 ans.

En tant que femme et défenseur de cette même cause, comment ne pas être touchée par cette annonce ?

Cette rescapée de la Shoah entra dans la magistrature en tant que haute fonctionnaire, puis fut nommée Ministre de la Santé en 1974. Et à ce titre, elle fait adopter la célèbre loi qui porte son nom le 17 janvier 1975 donnant enfin le droit aux femmes à l’IVG. De 1979 à 1982, elle fut la première présidente du Parlement européen, nouvellement élue au suffrage universel. Ministre d’État, Ministre des Affaires sociales (ou des Solidarités) et de la Santé, elle siégea ensuite au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007. Le 20 novembre 2008, elle fut élue à l’Académie française et reçue solennellement par Jean d’Ormesson le 18 mars 2010.

Incarnant ainsi les trois moments forts du 20e siècle, l’une des rares survivantes de la déportation d’Auschwitz, l’accès donc à l’avortement pour les femmes et l’une des figures emblématiques de la construction européenne, Simone Veil restera à jamais un symbole de la liberté féminine, une lumière qui ne cessera de briller dans l’Histoire, notre histoire de la femme…

« Tampon, notre ennemi intime »

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Une vingtaine de composants chimiques ont été retrouvés dans 6 marques de tampons – LOIC VENANCE/AFP

La chaîne de télévision France 5 a diffusé ce 25 avril un documentaire très préoccupant, réalisé par la journaliste Audrey Gloaguen, sur la composition des tampons hygiéniques. Il a mis en lumière que le meilleur protecteur intime pour la femme pouvait se révéler être son pire agresseur.

Les règles des femmes demeurent encore un sujet tabou. La réalisatrice l’a directement évoqué : « À ce jour, il n’existe aucune étude d’impact des tampons sur la santé des femmes. » Autre preuve à l’appui. Aucune loi, ni réglementation n’oblige les fabricants de tampons à divulguer les composants de leurs produits.

L’équipe de journalistes a donc décidé de mener son enquête personnelle. Elle a récolté des données à travers le monde, réalisé ses propres analyses et s’est procurée une étude commandée en août 2016 par le secrétariat d’État à la consommation.

Le syndrome du choc toxique (SCT)

Les tampons seraient à l’origine du syndrome du choc toxique, une affection assez rare causée par une toxine de la bactérie du staphylocoque doré. Selon le Professeur Gérard Lina, microbiologiste spécialiste de ce syndrome, « 20 à 30 % des femmes sont porteuses du staphylocoque doré. Si le fluide menstruel est bloqué dans le vagin par un tampon, la bactérie va l’utiliser comme milieu de culture et se développer. Elle va libérer une toxine extrêmement dangereuse et déclencher une infection généralisée dont on peut mourir si elle n’est pas prise en charge correctement : c’est le choc toxique. »

Cette affection mortelle dans 5 à 15 % des cas peu connue du grand public l’est pourtant depuis les années 80.

À cette époque, une épidémie de SCT explose aux États-Unis, provoquant de nombreuses victimes. La marque de tampons Rely appartenant à la multinationale Procter & Gamble est de suite pointée du doigt. Elles fabriquaient des tampons en fibres synthétiques pour remplacer le coton pouvant absorber jusqu’à 5 jours de règles. Attaquée en justice, elle dut dédommager financièrement les victimes et interrompre la production. Les centres américains de contrôles des maladies (CDC) avaient démontré un lien dans certains cas de ce syndrome avec le port de tampons hygiéniques. Une note d’avertissement sur les emballages a été imposée par les autorités sanitaires américaines (FDA), recommandant des tampons peu absorbants, moins à risque ; degré d’absorption. Cette note existe aussi en Europe depuis lors. D’ailleurs, la célèbre marque Tampax a même une page entière sur son site consacrée à quelques règles de sécurité : « Vous pouvez réduire le risque de SCT en utilisant une serviette, plutôt qu’un tampon, au moins une fois par jour pendant vos règles, et en choisissant le niveau d’absorption minimal correspondant à vos besoins. »

Cependant, 2 victimes, Justine et Margaux, témoignent dans ce documentaire de l’enfer qu’elles ont traversé en raison de la méconnaissance de ce syndrome du choc toxique autant du grand public que des médecins. Le documentaire rappelle également le cas de la mannequin Lauren Wasser, dont le SCT a entraîné l’amputation de sa jambe gauche.

Des traces de dioxines

Quant à l’étude commandée par le secrétariat d’État à la consommation, elle rapporte un résultat terrifiant.

6 marques non citées de tampons hygiéniques ont subi des tests. Une vingtaine de composants chimiques a été alors trouvé dans chaque produit à très faible taux. Or, certaines substances ont troublé les journalistes. Des dioxines, des polluants organiques persistant dans l’environnement, très toxiques pour la santé, et faisant partie des 10 plus nocives, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Elles seraient responsables des problèmes au niveau de la procréation, du développement et un risque de cancer, tel que Dominique Lison, toxicologue belge, l’a expliqué : « Elles pourraient être à l’origine d’une pathologie très douloureuse, responsable aussi d’infertilité : l’endométriose. »

Les journalistes se sont également tournés vers un chercheur du centre Analytika, un laboratoire indépendant du Var. Celui-ci a détecté une substance qui n’avait pas été citée par l’étude, le DEHP, un phtalate (les phtalates sont utilisés pour assouplir les plastiques) interdit en Europe, car suspecté d’être un perturbateur endocrinien et potentiellement cancérigène.

Les journalistes ont transmis leurs résultats à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) qui se prononcera avant l’été 2017 sur la dangerosité de ces produits.

Enfin, la majorité des scientifiques interviewés dans ce documentaire estiment un réel danger constitué par les tampons. Philip Tierno, chercheur à l’école de médecine de New York a déclaré concernant les industriels  : « Ils disent que les risques sont faibles. Mais cela est faible si l’on n’utilise qu’un seul tampon. Une femme utilise en moyenne 11 000 tampons dans une vie. La plupart des dioxines s’accumulent. »

Prix L’Oréal-UNESCO 2017 pour les Femmes et la Science

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Depuis 1998, la Fondation L’Oréal et l’UNESCO se sont associés en vue de récompenser chaque année les femmes de science en créant le « Prix l’Oréal-UNESCO pour les Femmes et la Science », car « le monde a besoin de la science, la science a besoin des femmes », comme l’a rappelé Irina Bokova, la directrice générale de l’UNESCO.

Ainsi, le 6 mars dernier, cette association a fêté ses 10 ans et le 23 mars a eu lieu la cérémonie de remise des prix des 5 lauréates représentant chacune l’un des 5 continents du monde.

Mais également, cette association accompagnant les talents de demain, 15 jeunes chercheuses prometteuses ont reçu le soutien de celle-ci. Flavia Schlegel, la sous-directrice générale pour le Secteur des sciences exactes et naturelles de l’UNESCO, a déclaré : « Par cette reconnaissance, le programme vise à changer les mentalités et montrer à une nouvelle génération de jeunes filles qu’elles ont leur place dans les sciences et peuvent participer pleinement à la découverte des solutions de demain. »

Portraits en images des 5 lauréates à retrouver sur le site de l’Unesco dans l’article Prix L’Oréal-UNESCO pour les Femmes et la Science, 2017

Il est à noter qu’aujourd’hui les femmes scientifiques ne représentent que 28 % des chercheurs dans ce domaine et dans le monde.