Ce poisson drogue ses prédateurs

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En cas d’attaque, ce poisson inocule un venin qui déboussole et affaiblit ses prédateurs.

Il s’agit des blennies. Une des espèces de petits poissons osseux marins benthiques, d’eau douce ou saumâtre, à longue nageoire dorsale et couverte de mucus, mesurant environ 5 cm. Les blennies sont très colorées et parfois striées. Certaines d’entre elles possèdent au niveau de la mâchoire inférieure deux énormes canines constituant de véritables crocs. Celles-ci, comme le Meiacanthus nigrolineatus qui vit en mer rouge, utilisent alors leurs deux dents pour injecter du venin et se défendre contre des prédateurs, essentiellement des mérous.

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À la différence de la plupart des autres poissons venimeux, plus de 2 000 espèces dont la majorité empoisonne via leurs épines dorsales, la morsure du Meiacanthus est indolore, selon des chercheurs australiens de l’Université du Queensland. Ils ont publié leur étude en 2017 dans la revue Current Biology.

Pour arriver à ce résultat, ils ont prélevé le venin de ces blennies ont leur faisant mordre des cotons-tiges. Ils l’ont ensuite administré à des souris qui n’ont senti aucune douleur. « Que le venin des blennies à crocs soit indolore chez les souris a été une grande surprise. La plupart des poissons venimeux provoquent chez les mammifères des douleurs violentes et immédiates », a expliqué Bryan Fry, l’un des auteurs de la publication.

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L’analyse du venin a révélé la présence de trois toxines, lesquelles ne sont présentes chez les autres familles de poisson. Un neuropeptide analogue à celui de certains escargots venimeux. Une enzyme qui se trouve dans le venin des scorpions et des serpents. Et un composé proche des substances opiacées pour soulager la douleur, comme le fentanyl ou l’oxycodone. Les chercheurs ont présumé qu’en cas d’attaque, ces poissons se défendent en mordant leur agresseur et leur injectant leur venin. Celui-ci provoque une chute de tension, rendant le prédateur dans un état d’ivresse et incapable de poursuivre sa proie. Cette dernière peut alors facilement s’enfuir.

Ah ces poissons ! Ils n’ont pas fini de nous surprendre ! Et les escargots aussi…

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Les carassins synthétisent de l’alcool ?

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Sans oxygène, la plupart des vertébrés meurent en quelques minutes car ils ne peuvent pas répondre aux besoins en énergie cellulaire avec le métabolisme anaérobie. Mais pas les poissons du genre Carassius (carassin), les carpes crucifères (carpes communes) et les poissons rouges. Ces deux espèces ont développé un système métabolique spécialisé leur permettant de survivre de longues périodes, 5 à 6 mois, sans oxygène, en produisant de l’éthanol comme produit final métabolique.

Des chercheurs européens ont découvert de quelle manière ce phénomène est réalisable. Leurs résultats ont été publiés le 11 août 2017 sur le site Scientific Reports.

Ces poissons sont en effet capables de transformer l’acide lactique, sorte de déchet qui se forme dans les tissus lorsque les cellules manquent d’oxygène, en éthanol et de l’évacuer par la suite dans l’eau via leurs branchies. Ce processus évite alors l’accumulation d’acide lactique dans les muscles allant jusqu’à l’empoisonnement. Ce système alternatif permet non seulement la transformation de l’acide lactique afin d’éviter donc à ces poissons de s’empoisonner, mais aussi la survie durant plusieurs mois sans respirer.

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Cathrine Fagernes, l’un des auteurs de l’étude, a expliqué au magazine Sciences et Avenir : « Ces animaux utilisent le même mécanisme que les autres vertébrés pour respirer, celui qui requiert de l’oxygène. Cependant, sans oxygène, ils doivent produire de l’énergie autrement pour survivre. Alors au lieu de produire de l’acide lactique à la fin du processus métabolique, ils produisent de l’alcool […] ils diminuent, voire même stoppent certains processus qui consomment de l’énergie, comme par exemple la vision. » Par conséquent, même si ces poissons obtiennent moins d’énergie que lors de la respiration, ils restent en vie.

Ce procédé est possible grâce à la duplication d’une portion du génome codant pour une enzyme, appelée pyruvate déshydrogénase. Au cours de l’évolution, certaines copies de cette portion ont muté afin de coder une autre enzyme, la pyruvate décarboxylase. Cette dernière spécialisée dans la fermentation alcoolique permet de synthétiser l’éthanol.

Ces carassins ont d’ailleurs une alcoolémie très élevée en absence d’oxygène, comme l’a spécifié le Docteur Michael Berenbrink, un autre auteur de l’étude : « Durant la période où elles évoluent dans les eaux sans dioxygène des étangs recouverts de glace – ce qui peut durer plusieurs mois dans le nord de l’Europe – l’alcoolémie des carpes à la lune peut atteindre plus de 50 mg par 100 millilitres, ce qui est au-dessus de la limite autorisée pour conduire dans ces pays ».

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Au moins, ces poissons ne tuent personne sur les routes avec ou sans permis et avec ou sans points…

Dawn Shaughnessy

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Les festivités de Halloween terminées, LES CHRONIQUES MORTES OU VIVES reprennent leur cours…

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Dawn Angela Shaughnessy est une radiochimiste américaine et chercheuse principale du groupe d’éléments lourd du Lawrence Livermore National Laboratory (LLNL), centre de recherche fédéral situé à Livermore, Californie, aux États-Unis, fondé par l’Université de Californie à Berkeley en 1952. Elle a participé à la découverte de 5 éléments super-lourds avec les numéros atomiques 114 à 118.

Enfant, elle désirait devenir médecin. Mais à l’école secondaire El Segundo High School, à Los Angeles, elle s’intéresse à la physique-chimie. En 1993, elle obtient son baccalauréat en chimie à l’Université de Californie à Berkeley. Elle rejoint le groupe de Darleane C. Hoffman pour ses études de doctorat. En 2000, elle termine son doctorat au UC Berkeley College of Chemistry. Sa thèse porte sur la fission retardée de l’einsteinium. Elle remporte un prix reconnaissant sa force dans l’enseignement aux cycles supérieurs.

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En 2000, sous la direction de Heino Nitsche, elle étudie, au Lawrence Livermore National Laboratory, les interactions entre le plutonium et les minéraux porteurs de manganèse,  dans le cadre d’une initiative du Département de l’énergie des États-Unis pour nettoyer l’environnement de matériaux. En 2002, elle entre définitivement au LLNL.

En 2012, son groupe de recherche reçoit une subvention de 5 000 $ qu’il fait alors don au département de chimie de Livermore High School. En 2013, elle est nommée à la tête du groupe expérimental nucléaire et de radiochimie. Elle contribue à des campagnes afin de célébrer le Mois de l’histoire des femmes. En 2014, elle édite le livre The Cheminstry of Superheavy Elements.

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Tout en dirigeant le groupe des éléments lourds, elle établit un partenariat avec le Joint Institute for Nuclear Research (JINR), à Dubna, dans l’oblast (unité administrative de type « région » existant en Russie, Ukraine, Kirghizistan et Bulgarie) de Moscou, en Russie. Ce centre international de recherche dans le domaine des sciences nucléaires emploie 5 500 personnes et 1 200 chercheurs, dont 1 000 docteurs en doctorat de 18 États membres, y compris l’Arménie, Azerbaïdjan, Bélarus et Kazakhstan. Mais la plupart des scientifiques sont d’éminents scientifiques russes.

Avec son équipe, ils arrivent à identifier 5 nouveaux éléments super-lourds, lesquels sont confirmés par l’Union internationale de chimie pure et appliquée (UICPA) en début 2016. Dawn Shaughnessy a d’ailleurs appelé l’un d’eux l’élément 116 Livermorium, en honneur au LLNL, dans lequel ces éléments ont été découverts. Les travaux récents de Dawn se portent notamment sur la criminalistique nucléaire (être capable d’identifier les traces de matières fissiles, de produits, et de produits d’activation après une explosion). Son équipe tente d’automatiser la préparation et la détection des échantillons, lui permettant d’accélérer l’analyse des isotopes.

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Ses prix et distinctions :

  • 2018 – Élue membre de l’American Chemical Society
  • 2016 – Fast Company Most Creative
  • 2012 – Intronisée au Alameda County Women’s Hall of Fame
  • 2010 : Departement of Energy Office of Science Oustanding Mentor Award (Prix de mentor exceptionnel de l’Office des sciences du ministère de l’Énergie)
  • 2010 : Gordon Battelle Prize for Scientific Discovery (Prix Gordon Battelle pour la découverte scientifique)

Halloween makeup !

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Halloween n’est pas uniquement synonyme de costumes plus ou moins effrayants. Cette fête fait également appel à des grimages se réalisant sur le visage, voire sur une ou toute partie du corps. Ces derniers s’effectuent grâce aux techniques de maquillage.

Bien que le maquillage s’affilie au body art, certains makeup requièrent une véritable technicité, au point tel qu’elle pourrait presque même être attribuée à une science.

Regardez donc par vous-même !

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N. B. : Ces photos ne m’appartiennent pas. Si elles sont soumises à des droits réservés et que leurs auteurs souhaitent qu’elles n’apparaissent plus sur ce blog, je les retirerai sur leur demande.

Maria Goeppert-Mayer

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Née Maria Gertrud Käte Goeppert le à Katowice, ville du Royaume de Prusse à l’époque, et morte le à San Diego en Californie, elle est une physicienne germano-américaine. Elle devient la deuxième femme de l’histoire, après Marie Curie en 1903, à être récompensé du prix Nobel de physique en 1963. Il faudra attendre 55 ans pour une autre femme, Donna Strickland, obtienne ce prix Nobel.

En 1929, étudiante en doctorat à l’université de Göttingen, elle démontre théoriquement l’existence de l’absorption à deux photons (ADP), alors que la première mise en évidence expérimentale de l’ADP n’aura lieu que trente ans plus tard avec l’invention des lasers. De nombreuses applications ont été développées à partir du principe de l’ADP, telles que la limitation optique, le stockage optique 3-D de l’information, l’imagerie médicale, la micro-fabrication et la photochimiothérapie. Son nom a été donné à une unité de mesure de l’efficacité d’absorption, le Goeppert-Mayer, « GM ».

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En 1935, après avoir suivi son mari aux États-Unis à l’Université Johns-Hopkins, elle ne peut occuper qu’un poste d’assistante sans salaire. Elle publie un article historique sur la double désintégration bêta. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle rejoint le projet Manhattan et collabore avec Edward Teller, physicien nucléaire hongro-américain. Le projet Manhattan est le nom de code du projet de recherche qui créa la première bombe atomique durant la Seconde Guerre mondiale, mené par les États-Unis le Royaume-Uni et le Canada.

Elle travaille par la suite à l’Université de Chicago. Elle y développe le modèle en couches qui lui vaudra plus tard d’être lauréate avec Hans Daniel Jensen du prix Nobel de physique de 1963 « pour leurs découvertes à propos de la structure en couches du noyau atomique ».

En 1960, elle obtient un poste de professeur à l’Université de Californie à San Diego. Bien qu’elle souffre d’un AVC peu après son arrivée, elle continue à enseigner et poursuit ses recherches pendant plusieurs années.

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Le 20 février 1972, elle décède à San Diego des suites d’une crise cardiaque survenue l’année précédente, l’ayant laissée dans le coma. Elle est enterrée à El Camino Memorial Park à San Diego.

Elle est inscrite au National Women’s Hall of Fame. Fondé en 1969 à Seneca Falls dans l’État de New York, il honore et perpétue la mémoire des citoyennes américaines qui se sont particulièrement illustrées dans le domaine des arts, des humanités*, des sciences, de la politique, des affaires ou du sport. C’est à Seneca Falls que se tint les 19 et 20 juillet 1848 la première convention pour les droits des femmes aux États-Unis. Son nom a été également donné à l’un des cratères de Vénus, dont la liste recense les cratères connus de la planète ainsi que leurs noms. Une plaque commémorative en son honneur a été aussi apposée à Katowice.

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*Le terme humanités a longtemps distingué les collèges dispensant la première partie de l’enseignement des arts libéraux de la faculté des arts de l’Université. Il existait sept arts libéraux. Ils désignaient une grande part de la matière de l’enseignement concernant les lettres latines et les sciences des écoles de second niveau de l’Antiquité, se poursuivant sous plusieurs formes au Moyen Âge. Ces collèges d’humanités étaient pourvus de trois ou quatre classes de grammaire, de deux classes d’humanité et de rhétorique. Du Moyen-Âge à la Révolution française, ils étaient l’équivalent de notre enseignement secondaire actuel et préparaient à l’entrée dans l’une des trois autres facultés de l’Université, droit, médecine et théologie. Par la suite, les Humanités ont continué à qualifier les disciplines traitant des langues et de la littérature ancienne, c’est-à-dire essentiellement le latin et le grec ancien. Aujourd’hui les Humanités déterminent un champ disciplinaire plus large, contenant les Lettres et une partie des Sciences humaines et sociales. L’évolution de sens est emprunt de l’anglais Humanities, mais elle est aussi la conséquence des grands débats pédagogiques qui ont accompagné la marginalisation du grec et du latin par de nouvelles matières (français, sciences, langues étrangères, etc.), débats concrétisés en France par la réforme des lycées de 1902.

Donna Strickland, prix Nobel de physique 2018

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Donna Theo Strickland, née le 27 mai 1959 à Guelph, province de l’Ontario au Canada, est une physicienne canadienne pionnière dans le domaine des lasers. Professeure adjointe au département de physique et d’astronomie de l’Université de Waterloo depuis 1997. Présidente de The Optical Society (1) depuis 2013.

Ce 2 octobre 2018, le prix Nobel de physique a été décerné à l’Américain Arthur Ashkin, au Français Gérard Mouru et à Donna Strickland par l’Académie royale des sciences de Suède pour leurs travaux sur la physique des lasers.

Elle est ainsi devenue la 3e femme seulement de l’Histoire à obtenir ce prix Nobel, après la Française Marie Curie en 1903 (laquelle reçut aussi le prix Nobel de Chimie en 1911) et la Germano-américaine Maria Goeppert-Mayer en 1963.

Depuis 1901, 112 prix ont été attribués par le jury suédois n’ayant ainsi promu qu’une femme par demi-siècle dans cette discipline.

Donna Strickland

« Trois, c’est tout vraiment ?! », a-t-elle demandé de loin à l’Académie royale des sciences. « Je pensais qu’il pouvait y en avoir eu plus […] Dès que j’en ai l’occasion, je parle souvent de la dernière femme à avoir remporté un prix Nobel », a-t-elle par la suite expliqué lors d’une conférence de presse à l’Université de Waterloo, où elle enseigne. « Et tout d’abord, je dois admettre, désolée, que je l’avais en fait appelée ‘il’ dans ma thèse. Quelqu’un qui a lu ma thèse m’a dit ‘honte à toi, Donna’, alors j’ai changé et mis ‘elle’ […] Je connaissais son travail, mais je ne savais pas que c’était une ‘elle' », a-t-elle ensuite précisé.

Il s’agit de Maria Goeppert-Mayer qui découvrit en 1939 « qu’un atome pouvait absorber deux photons », a rappelé Donna Strickland. « C’est une femme qui a pensé à ça et changé notre façon de faire de la science. Et pourtant elle a seulement suivi son mari de poste en poste […] Il est devenu professeur, est monté en grade et a travaillé comme chimiste à l’université. Elle avait le droit d’enseigner si elle le souhaitait, elle pouvait avoir un bureau, mais pas elle… elle n’a pas été payée avant les années 1950 […] Donc évidemment, les femmes ont fait beaucoup de chemin », a-t-elle ajouté.

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Dans le passé, peu de femmes travaillaient dans la recherche en sciences dures. Or, une démographie a évolué et la communauté scientifique doit en tenir compte aujourd’hui. « Il y a des femmes qui font de l’excellente recherche dans toutes sortes de disciplines […] L’excuse ‘oh, on n’a pas trouvé de femmes’ ne tient plus », a déclaré auprès de l’AFP Roisin Owens, une biochimiste de l’Université de Cambridge.

Jessica Wade, une chercheuse en physique à l’Imperial College de Londres, ne supportant plus de constater les femmes scientifiques rester dans l’ombre, décida en 2017 d’insérer à l’encyclopédie en ligne Wikipédia les biographies de 270 chercheuses. Même si elle note des progrès des professions scientifiques vers l’égalité hommes-femmes, notamment « des mesures pour soutenir les femmes à leur retour de congé maternité, le partage du congé parental, des politiques contre le harcèlement sexuel », en revanche, elle remarque « une frange croissante de la société, où, de façon inquiétante, les hommes politiques et les réseaux sociaux laissent se propager des visions surannées et sexistes des femmes ». D’ailleurs, pas plus tard que le 28 septembre dernier lors de l’atelier « Théorie des hautes énergies et genre », organisé par le Comité Européen pour la Recherche Nucléaire (CERN), à Genève, Alessandro Strumia, Professeur de physique fondamentale à l’Université de Pise en Italie, y a tenu des propos sexistes « particulièrement choquants », en ayant affirmé que la physique était une science « inventée et construite par les hommes ». Ce qui lui a valu une mise à l’écart par le CERN.

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Peu de femmes sont également proposées pour le Nobel, malgré la volonté de l’Académie suédoise décernant le prix Nobel à encourager les gens à nominer des femmes « parce que nous ne voulons passer à côté de personne », tel qu’elle l’a indiqué. « Les récompenses engendrent les récompenses… un moyen important de promouvoir les physiciennes est de s’assurer de les nommer », a spécifié Jennifer Curtis, Professeure associée de physique au Georgia Institute of Technology. Parmi ces candidates susceptibles d’être récompensées, la radiochimiste américaine Dawn Shaughnessy ayant découvert 5 éléments du tableau périodique qui n’a pas été encore officiellement honorée d’un Nobel.

Mais aussi, les femmes scientifiques seraient moins enclines à se porter candidates que leurs homologues masculins. La raison est que les Nobel sont pour gratifier des efforts individuels plus que collectifs, d’où si peu de femmes lauréates. « Mon sentiment est que les femmes travaillent pour le bien commun et peuvent souvent sacrifier leur carrière individuelle pour faire avancer la communauté », considère Roisin Owens. En exemple, Jocelyn Bell Burnell, l’une des plus grandes astrophysiciennes du monde ayant participé à découvrir les pulsars, a annoncé en septembre 2018 qu’elle faisait don des 3 millions de dollars reçus avec le prix prestigieux Breakthrough prize en physique fondamentale afin d’aider les groupes sous-représentés à se lancer dans la physique.

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(1) The Optical Society, anciennement Optical Society of America (OSA), est une société savante d’optique fondée en 1916, dont le but est l’avancée du domaine de l’optique et de la photonique (2), de l’étude de la lumière et de ses propriétés, à travers l’organisation de symposiums, de publications, de bourses et de prix. Elle est considérée, avec The Society of Photo-Optical Instrumentation Engineers (SPIE, société internationale à but non lucratif fondée en 1955 ayant pour but la diffusion des connaissances en optique, photonique et imagerie), comme la plus grande société savante internationale de professionnels sur le sujet l’optique et de la photonique.

(2) La photonique est une branche de la physique concernant l’étude et la fabrication de composants permettant la génération, la transmission, le traitement, soit la modulation, amplification, ou la conversion de signaux optiques. Elle étudie sans faire de distinction les photons comme onde ou corpuscule, dans une approche classique ou quantique. Son domaine d’étude couvre l’ensemble du spectre lumineux du Térahertz aux rayons X. Ses composants étudiés sont notamment les lasers, les diodes électroluminescentes, les fibres optiques, les modulateurs optiques, les amplificateurs optiques ou encore les cristaux photoniques, les lentilles, les prismes et les réseaux. Son secteur d’activité possède de nombreuses applications industrielles et de recherche, dont il fait également l’objet d’un soutien spécifique au niveau européen.

Autoriser les sages-femmes à pratiquer l’IVG instrumentale

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Ce 30 septembre, une tribune publiée dans le quotidien Le Parisien.

L’Association Nationale des Sages-Femmes Orthogénistes (ANSFO) et le Réseau de Santé Sexuelle Publique (RSSP) ont demandé l’autorisation aux sages-femmes de pratiquer l’IVG instrumentale, jusque-là réservée aux médecins, pour réduire « les inégalités d’accès aux soins ».

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En 2017 en France, 216 700 IVG ont été pratiquées. En métropole, environ 2 sur 3 sont médicamenteuses. Les autres sont effectuées par aspiration à l’aide d’une sonde au bloc opératoire, sous anesthésie locale ou générale. L’ANSFO et le RSSP sollicitent alors que « la pratique de l’IVG instrumentale soit désormais reconnue comme une compétence des sages-femmes », à l’égal de l’IVG médicamenteuse qu’elles sont autorisées à réaliser depuis 2016. L’IVG médicamenteuse, jusqu’à la 7e semaine de grossesse, a été graduellement accordée aux médecins libéraux, centres de santé, Centres de Planification et d’Éducation Familiale (CPEF) ainsi qu’aux sages-femmes depuis 2004. L’IVG instrumentale (par aspiration) reste réservée aux médecins.

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Les deux associations ont tenu à rappeler, entre autres : « Le Code de la santé publique garantit la liberté pour les femmes de choisir entre les deux. Il est donc indispensable que la France compte suffisamment de praticien.ne.s afin de pratiquer des IVG instrumentales. Pour que le droit de choisir la méthode soit réellement effectif, il est nécessaire de former de nouveaux.elles praticien.ne.s à cette méthode et d’étendre le champ de compétence des sages-femmes en ce sens. Le déséquilibre actuel de l’offre de soins met en danger la liberté pour les femmes de choisir leur méthode d’IVG. Il s’explique notamment par les nombreux départs en retraite des médecins engagé.e.s depuis des années auprès des femmes et la fermeture de nombreux centres d’interruption volontaire de grossesse durant les dix dernières années. »

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« Donner la compétence aux sages-femmes de pratiquer l’IVG instrumentale en milieu hospitalier, en centre de santé et en centre de planification et d’éducation familiale (CPEF) permet la liberté de choix de la méthode d’IVG et la réduction des inégalités d’accès aux soins sur tout le territoire et enfin la réduction des coûts engagés par la collectivité », ont-elles conclu.

Quant au quotidien Le Parisien, il a enfin précisé : « Ils bénéficient du soutien de nombreux syndicats et associations dont : l’Association des centres de régulation des naissances AP-HP (ACRNAP), l’Association nationale des centres d’IVG et de contraception (ANCIC), le Planning familial et le Syndicat de médecine générale (SMG). »

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Pourquoi ne pas effectivement autoriser cette pratique aux sages-femmes ? En tant que femme, et à titre personnel, je partage cette intention. Bien que l’IVG soit une pratique courante aujourd’hui, elle n’en demeure pas moins une période pouvant être difficile à traverser pour la femme qui a recours à cette pratique. C’est un moment pouvant être douloureux physiquement comme psychologiquement. La femme devant subir une IVG instrumentale se sentirait peut-être plus rassurée en présence d’une sage-femme. Celle-ci n’a pas le même impact que celui d’un médecin. Pour une femme, la sage-femme à une considération autre…

Le CCNE a rendu son avis relatif à la révision de la loi de bioéthique

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Ce mardi 25 septembre, le Comité Consultatif National d’Éthique (CCNE) a annoncé qu’il était favorable à l’ouverture de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) aux femmes seules et aux couples de femmes dans son Avis129, relatif à la révision de la loi de la bioéthique. À cette même date, les membres du CCNE ont « repris leur liberté », selon la formule de leur président, le Professeur Jean-François Delfraissy, quatre mois après la clôture des États généraux de la bioéthique.

Le Professeur Jean-François Delfraissy est un « pionnier dans la lutte contre le sida ou le virus Ebola, ce médecin engagé désormais président du Comité consultatif national d’éthique lance les états généraux de la bioéthique. Il entend accélérer le travail de cet organisme et approfondir la réflexion sur les rapports entre santé et société », comme a-t-il été décrit par le journaliste Hugo Jalinière du magazine Sciences et Avenir et dont il lui a d’ailleurs consacré un portrait dans un article du 18 janvier de cette année.

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Bien que le CCNE souhaite la levée de l’anonymat des futurs donneurs de sperme pour les enfants issus de ces dons, il maintient toutefois sa position sur l’interdiction de la Gestation Pour Autrui (GPA).

« Mais par pitié, ne parlez pas que de procréation et de fin de vie », a déclaré une nouvelle fois le Pr Jean-François Delfraissy aux journalistes qui l’interrogeaient à la Maison de la Chimie, dans le 7e arrondissement de Paris. « Cet avis contient d’autres thèmes qui sont au moins aussi importants pour l’avenir de la société », a-t-il ajouté. Cet avis aborde en effet le domaine des neurosciences, de l’entrée des outils numériques dans la santé, la recherche sur l’embryon et les cellules souches ou encore la médecine génomique. Dans l’ensemble, les propositions restent prudentes et le CCNE veille à rester ouvert à la discussion. Cela étant, l’avis n’est que consultatif et ne conjecture pas la nature des lois qui seront votées au courant de l’année 2019.

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Dans son Avis, la recherche sur les embryons préimplantatoires surnuméraires issus des procédures de Fécondation In Vitro (FIV) conserve sa justification « y compris avec des modifications génétiques, à condition du non-transfert de l’embryon ». À côté, la création d’embryons spécifiquement dédiés à la recherche demeurerait non pertinente du point de vue éthique, au nom du « caractère exceptionnel de l’embryon ».

Sur la création d’embryons transgéniques, c’est-à-dire pouvoir modifier le génome d’un embryon le temps d’une expérimentation, le CCNE sollicite une distinction dans le cadre législatif entre le cas d’un protocole de recherche, autorisé par la Convention d’Oviedo, et le cas thérapeutique, qui signifierait une variation du patrimoine génétique transmise à la descendance.

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In globo, le CCNE semble vouloir une extension des conditions d’utilisation des embryons pour la recherche au-delà des deux prérequis actuels : la finalité médicale et l’absence d’alternative. « Un cadre plus général pourrait garantir le principe du respect de l’embryon, sans brider la recherche tout en s’assurant de la qualité scientifique », considère le Comité. Puisqu’il est vrai que le cadre actuel tend à freiner le potentiel de la recherche française face à des concurrents comme la Chine ou la Corée du Sud, par exemple.

Concernant le diagnostic génétique, le CCNE souhaite aussi qu’il soit étendu. Alors que le dépistage de la trisomie 21 dans l’ADN du fœtus après une prise de sang chez la mère se réalise déjà, le Comité propose un élargissement du diagnostic génétique préconceptif à toute personne en âge de procréation, de sorte à dépister des porteurs sains de mutations responsables de maladies héréditaires. Ce diagnostic ne s’intéresserait qu’aux maladies monogéniques, dues à un seul gène, pour un acte médical de prévention, lequel devrait être pris en charge par l’Assurance-Maladie, selon le Comité.

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Le CCNE suggère également d’accroître du dépistage néonatal aux déficits immunitaires héréditaires, des maladies rares, soit une centaine de syndromes différents, conduisant l’individu à développer un système immunitaire défaillant le rendant parfois incapable de se défendre contre des infections bénignes. Le Comité se prononce de même favorable aux examens génétiques sur des patients décédés, sauf si le refus a été exprimé de leur vivant, et pour la création d’un statut de conseillers génétiques « du fait du développement exponentiel des tests génétiques, incluant des non-médecins », a-t-il précisé.

Sur un autre point, le CCNE se dit très défavorable au recours à l’Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle (IRMf) dans le cadre judiciaire. « Il faut prendre garde au risque de réduire l’individu à son fonctionnement cérébral », a rappelé le Docteur Sophie Crozier. Si l’IRM anatomique permet de déceler des anomalies pouvant contribuer à expliquer un comportement, l’IRMf vise à suivre l’activité cérébrale d’un individu « afin d’en déduire des conséquences sur le psychisme », spécifie le CCNE. De la même façon, cette technique devrait être maintenue à l’écart des applications sociétales, comme le neuro-marketing, les assurances ou la sélection à l’embauche. Le CCNE recommande de plus de meilleures informations sur les techniques de neuro-amélioration concernant des dispositifs non médicaux. En exemple, le cycliste américain Andrew Talansky qui avait utilisé un casque d’électro-stimulation transcrânienne afin de s’entraîner au Tour de France, en 2017. Une technique qui n’avait fait ses preuves qu’en laboratoire et dont les risques restent encore méconnus.

Le CCNE a rendu son avis relatif à la révision de la loi de bioéthique_états-généraux-neurosciences_wp

Portant sur la santé numérique et l’intelligence artificielle, « le rythme rapide de diffusion du numérique au sein de notre système de santé est un fait majeur, irréversible », rappelle l’Avis129. Autant source d’inquiétudes que « d’avancées majeures pour le renforcement de la qualité et de l’efficience » du système. Deux risques de la médecine algorithmique sont alors identifiés. Le premier, priver le patient de sa capacité à participer à la construction de sa prise en charge par le biais du consentement éclairé. Car comment comprendre le rationnel d’un algorithme qui échappe à ses propres développeurs ? Le second, donner une moindre valeur à la prise en compte de situations singulières par des systèmes bâtis sur l’apprentissage statistique à partir d’importantes bases de données. Les propositions du CCNE sont réduites au minimum sur cette question très complexe « que toute personne ayant recours à l’intelligence artificielle dans son parcours de soins en soit préalablement informée afin qu’elle puisse donner son consentement ».

Mais aussi, le CCNE désire que cette révolution numérique ne pénalise pas les citoyens hors du contexte, qui se trouvent souvent en situation de fragilité. De façon plus réelle, l’Avis129 soumet une création d’une plate-forme nationale sécurisée de collecte et de traitement des données « pour articuler entre eux les différents enjeux éthiques afférents aux données de santé », ainsi que l’a déjà présenté le gouvernement via le Hub national des données de santé. Or, concrètement, tout est à accomplir dans ce domaine. Enfin, Le Professeur Delfraissy a rappelé que l’Avis129 constituait congrûment une base pour les réflexions nécessaires à venir qui accompagneront les développements techniques.

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Un auteur, une autrice !

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En découvrant les Journées du Matrimoine, dont je ne connaissais pas leur existence, qui ont fait échos dans divers articles de presse, j’ai relevé une information, on ne peut plus intéressante.

Le saviez-vous ?

Le féminin « autrice » existe depuis l’Antiquité. Aussi ancien que son masculin « auteur », il fut employé par Lagrange, le comédien de Molière, pour désigner les premières femmes dramaturges au 17e siècle, dans les Registres de compte.

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Hroswitha de Gandersheim

Le premier auteur du théâtre européen fut une autrice, Hroswitha de Gandersheim, une chanoinesse du 10e siècle. Elle s’inspira des pièces du poète comique latin Térence pour composer des drames chrétiens.

Au 14e siècle, naquit la première femme de lettres professionnelle Christine de Pizan.

Au 16e siècle, la première autrice de théâtre connue en France fut la reine Marguerite de Navarre, sœur de François 1er. Elle écrivit des farces subversives comme satiriques, sans épargner l’Église, toute-puissante en ces temps d’Inquisition.

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Christine de Pizan

Dans les années 1650, Françoise Pascal rédigea des pièces de théâtre qui furent mises en scène par des troupes lyonnaises. En 1662, Mme de Villedieu fut la première autrice de théâtre dont l’une de ses pièces fut jouée à Paris. En 1689, Catherine Bernard fut la première femme à composer une tragédie qui fut jouée à la Comédie-Française.

Ce fut plus d’une centaine de femmes qui écrivit près de 400 pièces de théâtre sous l’Ancien Régime. Plusieurs d’entre elles furent ainsi jouées à la Comédie-Française, à la Comédie-Italienne, à Versailles et dans les premiers théâtres de boulevard. Des tragédies aux comédies, en passant par les drames et les farces, tous les styles furent abordés.

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Marguerite de Navarre

Certaines de ces femmes, notamment Marie-Anne Barbier, connurent une renommée internationale. Leurs œuvres furent traduites dans plusieurs pays, comme les Pays-Bas, l’Italie, l’Allemagne ou encore la Russie.

De la Renaissance à nos jours, 2 000 autrices parcoururent les époques :

  • Sous l’Ancien Régime : 150
  • Au 19e siècle : 350
  • Au 20e siècle : 1 500
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Marie-Catherine Desjardins, dite Mme de Villedieu

De la création de la Comédie-Française, en 1680, jusqu’à la fin du 18e siècle, 17 autrices entrèrent dans son répertoire et 21 par la suite :

  • Au 18e siècle : 13
  • Au 20e : 5
  • Du début 21e à aujourd’hui : 3

Entre 1958 et 2002, aucune pièce de théâtre écrite par une femme n’entra au répertoire de la Comédie-Française.

Journées du Matrimoine

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À l’occasion des traditionnelles Journées du Patrimoine qui se sont déroulées les 15 et 16 septembre derniers, nous avons pu assister à la 4e édition des Journées du Matrimoine* organisées par l’association HF Île-de-France et ses partenaires. Des dizaines de rendez-vous dans Paris et sa banlieue ont ainsi permis de découvrir des créations et initiatives féminines, souvent méconnues, oubliées ou ignorées, qui ont contribué à bâtir l’Histoire de France, l’Histoire de l’Art et l’Histoire des Sciences.

Des médiatrices ont été entendues dans les musées et rues de Paris lors de trois parcours urbains. Des récitals ont été écoutés. Trois visites guidées ont été suivies sur les pas des femmes architectes. Ou encore une belle soirée d’ouverture, à laquelle le tout un chacun pouvait y participer, a été proposée.

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Dans le 20e arrondissement de Paris, notamment, la compagnie théâtrale Pièces Montées a créé des projections, des spectacles, des ateliers créatifs, un tournage participatif, etc. « Une libération d’images, de mots et de gestes qui invite hommes et femmes, petits et grands à la réflexion, aux partages, aux rires et aux explorations dans ces quartiers où les femmes ont toujours joué un rôle actif », a expliqué la metteuse en scène Clothilde Moynot. Cette création a révélé quelques photographies de la série Infinités PluriElles de Marie-Hélène Le Ny. Elle a également dévoilé, de la chimie à l’astrophysique, en passant par l’histoire, la philosophie ou l’aéronautique, les recherches les plus actuelles et les chercheuses, les professeures ou les ingénieures de toutes disciplines qui ont raconté leur métier avec passion, en évoquant la place de la femme dans le milieu scientifique. Et l’atelier d’arts plastiques pour enfants animé par Morgane Bader a présenté différentes techniques à utiliser afin de créer des représentations de femmes extraordinaires, des chercheuses, femmes politiques, même, des artistes, etc., déterminées par les enfants par le biais du jeu de cartes éducatif publié par le Centre Hubertine Auclert, Les femmes sortent de l’ombre.

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*Le Matrimoine est « constitué de la mémoire des créatrices du passé et de la transmission de leurs œuvres. L’égalité entre femmes et hommes nécessite une valorisation de l’héritage des femmes. Dès lors Matrimoine et Patrimoine constitueront ensemble notre héritage culturel commun, mixte et égalitaire.

Notre héritage culturel est constitué de notre Patrimoine (ce qui vient des pères) et de notre Matrimoine (ce qui vient des mères). En réhabilitant la notion de matrimoine, le mot comme les femmes qui le composent, nous nous réapproprions l’héritage culturel qu’on nous vole : nous retrouvons dans la chambre de notre culture une autre bibliothèque, celle des compositrices, des conteuses, des clownesses, des plasticiennes. »