Des cellules immunitaires contre la calvitie

Des cellules immunitaires contre la calivitie_wp

Des chercheurs de l’Université de Californie à San Francisco ont découvert par hasard un moyen de combattre la calvitie.

C’est en étudiant si le processus de cicatrisation de la peau se déroule normalement chez les souris dont l’action des lymphocytes T régulateurs (Treg) est temporairement arrêtée que s’est produite cette découverte : des cellules immunitaires déclenchant la repousse des cheveux et des poils.

Ces lymphocytes T régulateurs sont une sous-population de lymphocytes T CD4+ (cellules immunitaires) qui en plus de leur participation à lutter contre les bactéries et les virus empêchent à l’individu de déclencher des réactions immunitaires contre ses propres organes. Si leur mécanisme est défectueux, l’individu peut alors souffrir de maladies auto-immunes, cas de la polyarthrite rhumatoïde, du diabète de type 1, etc.

Ainsi, afin d’observer la cicatrisation de la peau chez ces souris, les chercheurs ont épilé par endroits leurs poils en constatant que les poils de ces zones ne repoussaient jamais. Pour comprendre ce phénomène, ils ont décidé de l’étudier. Peu à peu, en utilisant des techniques d’imagerie, ils ont réussi à prouver l’implication des lymphocytes Treg dans la régénération des follicules pileux, ces cellules qui déclenchent la venue des nouveaux poils. Non seulement leur nombre triple, mais en plus elles sécrètent une protéine, Jag1, qui déclenche alors l’activité des cellules souches des follicules et permet la régénération des poils. « Tout se passe comme si les cellules souches et les Treg avaient évolué conjointement, si bien que les Treg ne protègent plus uniquement les cellules souches de l’inflammation, mais prennent aussi part à leur effort de régénération […] Maintenant, nous savons que les cellules souches dépendent totalement des Treg pour savoir quand commencer la régénération », comme l’a expliqué Michael Rosenblum, dermatologue et co-auteur de l’étude.

Cette découverte et les travaux qui en découlent pourraient donc amener à un nouveau traitement contre la calvitie, surtout, contre l’alopécie en aires, communément connue sous l’appellation de pelade, maladie auto-immune se caractérisant par la perte partielle ou totale des cheveux ou des poils sur le corps.

Cela étant, les chercheurs poursuivent en parallèle leurs travaux concernant le rôle des lymphocytes Treg dans la cicatrisation. Ils ont découvert notamment que ces cellules ouvrent le passage aux bactéries inoffensives dans la peau, qui seraient normalement attaquées par le système immunitaire. Ces bactéries sécrètent des molécules nécessaires à la cicatrisation des plaies à l’âge adulte.

Suède : Museum of Failure

Suède_Museum of Failure_wp

Très bonne initiative de la part de nos voisins suédois.

À Helsingborg, le Museum of Failure a ouvert ses portes ce 7 juin. L’exposition qui y est proposée regroupe 70 innovations ratées. Annoncés comme révolutionnaires, ces objets comportaient soit des erreurs de conceptions, furent dépassés, oubliés ou connurent tout simplement un échec commercial.

« Une collection d’intéressantes innovations ratées », telle est présentée cette exposition. Et « un aperçu unique de belles prises de risque en matière d’innovation », promet-elle aux visiteurs.

Voici 8 exemples de ces ratages technologiques :

Suède_Museum of Failure_1-le masque Rejuvenique RJV10KIT_réjuvénation faciale_wp

1 – Le masque Rejuvenique RJV10KIT

Cette innovation appelée aussi le masque de « réjuvénation faciale » connut un véritable échec commercial lié à son manque d’esthétisme, lequel devint cependant un vrai succès pour Halloween.

Suède_Museum of Failure_2-la console Pippin d'Apple_wp

2 – La console Pipp!n d’Apple

Prise de risque et grande première d’Apple dans le domaine du jeu vidéo. Conçue ainsi par Apple, commercialisée par Bandai en 1996, cette console ne fut vendue qu’à 45 000 exemplaires. La production s’arrêta en 1997. Parmi ces consoles créées, à l’image d’une architecture de micro-ordinateur, la Xbox de Microsoft (sortie en 2001) y préfigurait.

Suède_Museum of Failure_3-le jeu de plateau Trump The Apprentice_wp

3 – Le jeu de plateau Trump

Basé sur l’émission de télé-réalité The Apprentice, dont Trump y était l’animateur, ce jeu de plateau vu le jour en 1989 et fut réédité en 2004. Déjà avec un ego surdimensionné, il misait sur son image de patron irritable dans cette émission. 800 000 exemplaires furent seulement écoulés sur les 2 millions de prévu. Un échec commercial parmi tant d’autres.

Suède_Museum of Failure_4-l'orbitoclaste_wp

4 – L’orbitoclaste

Instrument chirurgical utilisé pour réaliser des lobotomies transorbitales. Inventé par le Dr Walter Freeman en 1948 pour remplacer l’ancien instrument le leucotome, employé jusqu’alors pour la procédure de lobotomie. Suède_Museum of Failure_4-l'orbitoclaste_leucotome_wpL’arbre étroit et trop fin (partie extrême qui était enfoncée, sorte de longue pointe) du leucotome se cassait dans la tête du patient. Une intervention chirurgicale était alors nécessaire afin de retirer le morceau. L’orbitoclaste est en fait un pic à glace comportant des marques de gradation gravées sur l’arbre. Abreu Freire Egas Moniz, un spécialiste de la lobotomie, reçut même le prix Nobel de Médecine en 1949. Cet instrument ainsi que la pratique furent utilisés jusque fin des années 80. Or, certains rapports médicaux laissent à penser que cette méthode barbare a toujours cours dans le monde.

Suède_Museum of Failure_5-le téléphone-manette de jeux_Nokia N-Gage_wp

5 – Le Nokia N-Gage

Ce téléphone-manette de jeux, ainsi créé par Nokia, leader au début des années 2000 en matière de téléphone mobile et console de jeu portable, tomba dans les oubliettes 3 ans plus tard lorsque l’iPhone sortit.

Suède_Museum of Failure_6-l'Apple Newton_wp

6 – Apple Newton

Encore un échec d’Apple. Malgré sa référence à l’inventeur de la gravité et de sa célèbre pomme, cet assistant personnel, précurseur pourtant du futur iPad, sortit à l’époque où Palm Pilot (1997) dominait sur ce marché. Il ne connut qu’un très bref succès, puisqu’il ne retint pas vraiment l’attention du public.

Suède_Museum of Failure_7-le support vidéo Betamax de SONY_wp

7 – Le Betamax de SONY

Créé en 1975 par SONY, ce support vidéo format de ruban 1/2 pouce tint 10 ans. En 1985, il fut concurrencé par le format VHS. Et bien que ce dernier présente des performances inférieures, il s’imposa comme standard. SONY interrompit la production de ces supports en mars 2016.

Suède_Museum of Failure_8-les Google Glass_wp

8 – Les Google Glass

Supposées être révolutionnaires de par ses promesses d’un monde en réalité augmentée, ces lunettes technologiques ont vu leur production stoppée début 2015 en raison d’une atteinte au droit de la vie privée. Le dispositif permettait de filmer ou de photographier sans être vu.

Suède_Museum of Failure_eau de toilette legendary Harley-Davidson_wp

Enfin, les innovations ratées ou désuètes ne sont pas seules à cette exposition. Elles sont aussi accompagnées des produits de la consommation plus ou moins courante qui ont connu un véritable flop. Exemple avec le parfum Harley-Davidson, les lasagnes au bœuf de la marque Colgate ou encore le ketchup vert de Heinz.

Suède_Museum of Failure_les beef lasagne de Colgate_wp

Et cette amusante exposition a pu se réaliser grâce à ce collectionneur, Samuel West, docteur en psychologie et curateur du musée, qui a donc trouvé la belle façon de nous intéresser à la notion d’innovation et à son terme.

Suède_Museum of Failure_le ketchup Heinz vert_wp

Chine : la plus grande centrale solaire du monde

Chine_ la plus grande centrale solaire du monde_wp
Une ferme solaire flottante en Chine – SUNGROW

La société chinoise Sungrow vient de mettre en activité la plus grande centrale solaire du monde en plein cœur de la province d’Anhui. Un secteur agricole situé proche de la ville de Huainan à environ 200 km au nord-ouest de Shanghai. Cette région très pauvre jadis a prospéré à partir des années 50 principalement grâce à l’exploitation de ses gisements miniers et de son charbon.

C’est précisément dans l’une des mines de charbon à ciel ouvert, désaffectée et inondée que l’entreprise y a installé sa centrale en 2016, puis connectée au réseau du pays en mai 2017. Cette centrale composée de milliers de panneaux solaires cumulant une puissance de 40 MW (mégawatts) alimenterait en électricité près de 15 000 foyers, selon une estimation chiffrée des médias chinois. De part sa capacité, elle devient alors la centrale solaire flottante la plus puissante du monde. Elle détrône ainsi la précédente installation du même type, situé aussi à Huainan, mise en place par le fabricant chinois Xinyi Solar et dont la capacité est de 20 MW.

Or, cette première place risque d’être vite remplacée, étant donné que la société Sungrow a annoncé début juin la construction d’une nouvelle centrale flottante d’une capacité de 150 MW, dans la même région. Un projet qui devrait être achevé en fin d’année, selon le site PV-Tech.

Ce type d’installation sur l’eau présente de multiples avantages. Son étendue importante, 800 000 m2 pour la plus récente, ne nuit pas aux exploitations agricoles, bâtiments, etc. qui se trouveraient sur la terre ferme. La réverbération de l’eau ainsi que le système de refroidissement qu’offre l’eau amplifie l’efficacité des panneaux. Et la surface aquatique étant plate, aucun relief de terrain ne vient faire ombrage aux panneaux.

Enfin, depuis 2015, la Chine est devenue le plus grand producteur d’énergie solaire du monde, dépassant l’Allemagne. Elle a également atteint une capacité de plus de 77 GW (gigawatts) en énergie solaire fin 2016, selon le chiffrement de l’administration nationale de l’énergie. Et malgré que le charbon représente à 60 % la principale source énergétique du pays, les énergies renouvelables sont en progression. Elles atteignent aujourd’hui 11 % du mélange énergétique chinois qui pourrait doubler d’ici 2030.

De quoi peut-être donner à réfléchir à Donald Trump qui, lui, est dans la vision opposée, en voulant faire sortir son pays de l’accord de Paris sur le climat…

L’Amazone

Amazonas

Il ne s’agit évidemment pas des Amazones, malgré qu’il y ait un lien, mais bien du fleuve.

Le plus long du monde avec le Nil, l’Amazone a un débit analogue à celui des 6 autres plus grands fleuves. Il représente à lui seul 1/5 de la totalité annuelle des eaux déversées dans les océans.

Internationalement connu et séparant l’Amazonie en son sein, il reste pourtant l’objet de question concernant sa datation. La raison est que les conditions environnementales des terrains qu’il borde rendent difficile son exploration.

Cependant, de dernières découvertes viennent remettre en cause la date de sa formation estimée actuellement entre 7,5 et 8,4 millions d’années.

Une nouvelle étude réalisée par des chercheurs brésiliens, en collaboration avec l’Union Européenne dans le cadre du projet CLIM-AMAZON, a donné lieu à une révision de cette estimation, grâce à des « techniques analytiques de haute résolution encore jamais utilisées dans la région », comme l’a expliqué Farid Chemale, auteur d’un article paru dans la revue Global and Planetary Change.

Ces procédés ont ainsi permis le prélèvement de sédiments se trouvant au fond d’un puits d’hydrocarbure en dehors des côtes à 4,5 km de profondeur. L’analyse de ceux-ci a révélé que le fleuve s’était probablement formé il y a entre 9 et 9,4 millions d’années.

Pour les scientifiques étudiant le passé de l’Amérique du Sud, « la datation de la naissance de l’Amazone est particulièrement importante. Au vu de sa longueur et de sa largeur, le fleuve a créé une séparation en plein cœur de l’Amazonie et de nombreuses espèces ont évolué différemment de part et d’autre du fleuve. »

La Califorctenus Cacachilensis

La Califorctenus Cacachilensis_araignée_wp
Mexique – La Califorctenus Cacachilensis – CA AcademyOfSciences – Photo Twitter

ATTENTION ! Âme très sensible, s’abstenir !

À tous ceux et toutes celles qui ont une trouille bleue de ces bestioles, accrochez-vous !

Alors qu’une cinquantaine d’espèces d’araignées a été déjà découverte en Australie, une équipe de scientifiques en a déniché une autre, mais celle-là de taille.

Littéralement, la Califorctenus Cacachilensis a été trouvée en 2013 dans les grottes à Las Cacachillas au Mexique. Elle mesure 23 cm de diamètre, possède une tête et des pattes marron, dont ces dernières peuvent atteindre 10 cm chacune, deux énormes crochets et un abdomen jaune.

Bien que des chercheurs du Muséum d’histoire naturelle de San Diego (NAT) ainsi que des experts mexicains et brésiliens aient évoqué cette nouvelle espèce de la famille des Ctenidae, les scientifiques ont attesté que la Califorctenus Cacachilensis constituait à elle seule un nouveau genre, donc le Califorctenus, tel que Maria Luisa Jiménez, spécialiste du Centre de recherches biologique du nord-ouest (CIBNOR), l’a précisé : « Les araignées Califorctenus ont été analysées de manière morphologique et évolutive au microscope en les comparant aux genres décrits dans la famille des Ctenidae pour connaître le genre, l’espèce et lui donner un nom. Il a été confirmé qu’il s’agissait d’un nouveau genre endémique. »

La Califorctenus Cacachilensis_wp
Mexique – La Califorctenus Cacachilensis, découverte en 2013 a un diamètre de 23 cm – RICARDO VALENZUELA/AFP

Cette araignée caverneuse vient ainsi de rejoindre les 250 araignées endémiques de la région.

Cependant, malgré sa taille flippante impressionnante, elle ne représenterait nul danger pour l’homme, comme la spécialiste l’a expliqué : « Le venin de cette araignée n’a pas encore été analysé, mais il n’est pas dangereux pour nous. Un de nos collègues a été mordu alors qu’il capturait un spécimen et jusqu’à présent, il va bien. »

De la même façon que les probabilités de se retrouver confronter à cette affreuse grosse bestiole demeurent très faibles, puisqu’elle est nocturne, rapide et peureuse, ainsi que l’a confirmé la spécialiste : « La raison pour laquelle nous n’avons pas découvert cette espèce plus tôt vient du fait qu’il s’agit d’une araignée caverneuse, la plupart des spécimens ont été recueillis dans une mine, de petites grottes et sous des camions. En plus, il s’agit d’une espèce nocturne et l’apercevoir est d’autant plus difficile qu’elle ne se déplace jamais loin de son habitat naturel et se révèle très timide. Lorsqu’elle perçoit la présence de quelque chose d’étrange elle s’enfuit et se cache. » Nous aussi !

Enfin, même si la Califorctenus Cacachilensis est presque aussi grande que le diamètre d’une assiette, elle n’est pas la plus grosse du monde. Celle qui détient jusqu’alors le record est l’araignée Goliath, une mygale vivant dans des forêts tropicales humides avec ses 30 cm d’envergure et son poids de 170 g. Elle se nourrit de lézards, de souris, voire même d’oiseaux…

La Califorctenus Cacachilensis_araignée Goliath_wp
araignée Goliath

Nouvelle découverte sur la vie terrestre

Nouvelle découverte sur la vie terrestre_terre-lune_wp

Une équipe de chercheurs de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, vient de découvrir dans la région de Pilbara des roches datant de 3,48 milliards d’années et présentant des structures sculptées par des formes de vie microbienne. Ces roches se sont formées proche d’une source chaude terrestre ; sur la terre ferme.

Si cette fantastique découverte est certifiée, elle permettra alors d’être la preuve que la vie sur Terre est apparue beaucoup plus tôt qu’on ne le croyait. Elle deviendra ainsi la plus vieille trace de vie terrestre, la plus ancienne étant estimée à environ 2,8 milliards d’années en provenance d’Afrique du Sud.

Nouvelle découverte sur la vie terrestre_Australie_Nouvelle-Galles du Sud_Pilbara_wp
Ces bulles trouvées dans des roches de 3,48 milliards d’années ont probablement été formées par des bactéries – UNSW

Mais aussi, cette découverte permettrait une avancée conséquente dans les recherches de la vie sur Mars, comme l’a spécifié Tara Djokic, la principale signataire de l’étude : « Notre recherche a des implications majeures pour la recherche de la vie sur Mars, car la planète rouge possède des anciens gisements de sources chaudes d’un âge similaire à ceux de la formation de Pilbara. »

« Des souris et des hommes »

_Des souris et des hommes_wp

Il ne s’agit pas ici du célèbre roman de John Steinbeck, mais de l’histoire entre les souris et les cordons ombilicaux humains.

Selon une récente étude publiée dans le journal Nature, des chercheurs de Stanford aux États-Unis ont réussi à raviver le cerveau de souris en reboostant leur mémoire et leur capacité d’apprentissage par le sang du cordon ombilical humain.

En effet, du plasma provenant du cordon ombilical serait un véritable puits de jouvence pour la matière grise des rongeurs. Car, malgré l’évolution incontestable de la science en ce domaine, les propriétés bénéfiques du plasma dissimulent encore bien des mystères.

Ainsi, les scientifiques ont mis à l’épreuve 4 groupes de souris. Tous les 4 jours pendant 2 semaines, ils ont injecté par voie intraveineuse du sang du cordon ombilical humain au 1er groupe, du plasma de jeunes adultes, au 2e groupe, du plasma de personnes âgées, au 3e groupe, et rien au 4e groupe (groupe témoin).

À échéance, les souris ont passé des tests cognitifs, comme retrouver un chemin dans un labyrinthe. Les chercheurs ont analysé les résultats.

Le 1er groupe est arrivé en tête, le 2e ensuite. Quant aux 3e et 4e groupes, ils ont obtenu des résultats équivalents.

Les scientifiques ont observé l’hippocampe des souris âgées ; l’hippocampe étant la zone cérébrale correspondant à une partie du lobe temporal intervenant dans le processus de la mémoire épisodique et l’apprentissage. Après comparaison avec celles ayant reçu du sang de cordon ombilical, ils ont constaté que ces dernières disposaient d’une meilleure plasticité synaptique (capacité à modifier des connexions entre neurones), donc à apprendre.

Grâce à cet examen, ils ont identifié une protéine responsable de cette seconde jeunesse, la TIMP2 (tissue metallopeptidase inhibitor 2), molécule très présente originellement dans le cordon ombilical qui se détériore avec l’âge. Ils ont alors injecté cette seule molécule à des souris et ont eu des résultats identiques sur le rajeunissement. En revanche, ils n’ont observé aucun changement pour les souris testées avec du plasma du cordon ombilical dépourvu de cette molécule.

Les scientifiques se penchent dès lors sur des études plus approfondies. L’identification d’autres molécules ayant un effet sur le rajeunissement comme sur le vieillissement. Le mécanisme d’action de ces protéines afin de parvenir à ces transformations. Et surtout la réussite de les adapter chez l’Homme pour traiter des maladies dégénératives, telle que la maladie d’Alzheimer.

L’Académie des sciences se mobilise

L'Académie de sciences se mobilise_wp

« En septembre 2016, le président de la République François Hollande avait donné un discours à l’occasion du 350e anniversaire de l’Académie des sciences pour célébrer l’honorable institution comme le rempart « entre la société et les charlatans ». À quelques jours du second tour de l’élection présidentielle, les académiciens ont pris la plume pour intervenir dans le débat et prendre position dans le choix de celui ou celle qui accèdera bientôt à l’Élysée (le Président de la république est le protecteur des académies en France). »

Je vous invite à découvrir dans cet article écrit par Olivier Lascar, rédacteur en chef du pôle digital de Sciences et Avenir, la raison de cette prise de position…

La « Marche pour les sciences »

La_marche pour les sciences_wp

Ce 22 avril, jour de la terre, s’est déroulée la « Marche pour les sciences » devant le Jardin des plantes à Paris afin de défendre les faits scientifiques et l’autonomie des chercheurs, en réponse aux décisions prises aux États-Unis à l’issue de l’élection de Donald Trump.

Sept grands chercheurs sont intervenus en direct, micro à la main, comme l’a rapporté la rédactrice en chef du mensuel Sciences et Avenir, Carole Chatelain, en collaboration avec Sarah Sermondadaz, journaliste (Twitter).

Je vous invite à découvrir ces articles via les liens ci-dessus.

« Tampon, notre ennemi intime »

_Tampon, notre ennemi intime_wp
Une vingtaine de composants chimiques ont été retrouvés dans 6 marques de tampons – LOIC VENANCE/AFP

La chaîne de télévision France 5 a diffusé ce 25 avril un documentaire très préoccupant, réalisé par la journaliste Audrey Gloaguen, sur la composition des tampons hygiéniques. Il a mis en lumière que le meilleur protecteur intime pour la femme pouvait se révéler être son pire agresseur.

Les règles des femmes demeurent encore un sujet tabou. La réalisatrice l’a directement évoqué : « À ce jour, il n’existe aucune étude d’impact des tampons sur la santé des femmes. » Autre preuve à l’appui. Aucune loi, ni réglementation n’oblige les fabricants de tampons à divulguer les composants de leurs produits.

L’équipe de journalistes a donc décidé de mener son enquête personnelle. Elle a récolté des données à travers le monde, réalisé ses propres analyses et s’est procurée une étude commandée en août 2016 par le secrétariat d’État à la consommation.

Le syndrome du choc toxique (SCT)

Les tampons seraient à l’origine du syndrome du choc toxique, une affection assez rare causée par une toxine de la bactérie du staphylocoque doré. Selon le Professeur Gérard Lina, microbiologiste spécialiste de ce syndrome, « 20 à 30 % des femmes sont porteuses du staphylocoque doré. Si le fluide menstruel est bloqué dans le vagin par un tampon, la bactérie va l’utiliser comme milieu de culture et se développer. Elle va libérer une toxine extrêmement dangereuse et déclencher une infection généralisée dont on peut mourir si elle n’est pas prise en charge correctement : c’est le choc toxique. »

Cette affection mortelle dans 5 à 15 % des cas peu connue du grand public l’est pourtant depuis les années 80.

À cette époque, une épidémie de SCT explose aux États-Unis, provoquant de nombreuses victimes. La marque de tampons Rely appartenant à la multinationale Procter & Gamble est de suite pointée du doigt. Elles fabriquaient des tampons en fibres synthétiques pour remplacer le coton pouvant absorber jusqu’à 5 jours de règles. Attaquée en justice, elle dut dédommager financièrement les victimes et interrompre la production. Les centres américains de contrôles des maladies (CDC) avaient démontré un lien dans certains cas de ce syndrome avec le port de tampons hygiéniques. Une note d’avertissement sur les emballages a été imposée par les autorités sanitaires américaines (FDA), recommandant des tampons peu absorbants, moins à risque ; degré d’absorption. Cette note existe aussi en Europe depuis lors. D’ailleurs, la célèbre marque Tampax a même une page entière sur son site consacrée à quelques règles de sécurité : « Vous pouvez réduire le risque de SCT en utilisant une serviette, plutôt qu’un tampon, au moins une fois par jour pendant vos règles, et en choisissant le niveau d’absorption minimal correspondant à vos besoins. »

Cependant, 2 victimes, Justine et Margaux, témoignent dans ce documentaire de l’enfer qu’elles ont traversé en raison de la méconnaissance de ce syndrome du choc toxique autant du grand public que des médecins. Le documentaire rappelle également le cas de la mannequin Lauren Wasser, dont le SCT a entraîné l’amputation de sa jambe gauche.

Des traces de dioxines

Quant à l’étude commandée par le secrétariat d’État à la consommation, elle rapporte un résultat terrifiant.

6 marques non citées de tampons hygiéniques ont subi des tests. Une vingtaine de composants chimiques a été alors trouvé dans chaque produit à très faible taux. Or, certaines substances ont troublé les journalistes. Des dioxines, des polluants organiques persistant dans l’environnement, très toxiques pour la santé, et faisant partie des 10 plus nocives, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Elles seraient responsables des problèmes au niveau de la procréation, du développement et un risque de cancer, tel que Dominique Lison, toxicologue belge, l’a expliqué : « Elles pourraient être à l’origine d’une pathologie très douloureuse, responsable aussi d’infertilité : l’endométriose. »

Les journalistes se sont également tournés vers un chercheur du centre Analytika, un laboratoire indépendant du Var. Celui-ci a détecté une substance qui n’avait pas été citée par l’étude, le DEHP, un phtalate (les phtalates sont utilisés pour assouplir les plastiques) interdit en Europe, car suspecté d’être un perturbateur endocrinien et potentiellement cancérigène.

Les journalistes ont transmis leurs résultats à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) qui se prononcera avant l’été 2017 sur la dangerosité de ces produits.

Enfin, la majorité des scientifiques interviewés dans ce documentaire estiment un réel danger constitué par les tampons. Philip Tierno, chercheur à l’école de médecine de New York a déclaré concernant les industriels  : « Ils disent que les risques sont faibles. Mais cela est faible si l’on n’utilise qu’un seul tampon. Une femme utilise en moyenne 11 000 tampons dans une vie. La plupart des dioxines s’accumulent. »