USA : la Californie en feu

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Pendant presque deux semaines, cet État américain a connu une série de feux de forêt la plus meurtrière de son histoire. Cet incendie de grande ampleur affiche actuellement un bilan provisoire de plus de 1 000 personnes disparues et près de 80 morts. Plus de 60 000 hectares ont brûlé dans le nord de la Californie.

Des villes et des vies en ruine.

C’est surtout le cas de la ville de Paradise qui a été entièrement dévastée par les flammes. Baptisé « Camp Fire », l’incendie s’est déclaré le 8 novembre dernier et a réduit en cendres cette ville. Située dans le Comté de Butter au nord de la vallée centrale de Californie, à environ 24 km au nord-est de Chico, à 160 km au nord de Sacramento et à 280 km au nord de San Francisco, elle s’étend sur 47,3 km2 et sa population était de 27 000 habitants environ.

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12 000 maisons et plus de 61 1000 hectares ont été ravagés par les flammes. Mais grâce à l’intervention des pompiers qui sont parvenus à gagner du terrain au cours des derniers jours, le sinistre a pu être contenu à 70 % environ.

Le chiffre des personnes portées disparues reste encore imprécis. Il a été fourni à partir de données brutes, provenant notamment d’appels téléphoniques aux secours, de noms orthographiés différemment pouvant avoir été comptés plusieurs fois pour une seule et même personne, ainsi que de certains rescapés qui ne se sont pas signalés auprès de leur famille ou des autorités. Les autorités ont donc sollicité les proches des individus encore portés disparus à donner des échantillons ADN afin d’aider à l’identification des corps retrouvés.

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Le « Camp Fire » qui s’est étendu dans le sud de la Californie et ayant été nommé « Woolsey Fire », site de Paramount Ranch rendu célèbre par la série Westworld et situé au cœur des monts Santa Monica, a provoqué la mort de 3 personnes. Près de 200 000 individus ont été déplacés. 500 bâtiments proche de Malibu, ville côtière à l’ouest de Los Angeles, ont été détruits. L’incendie a pu être contenu à 94 % ce lundi.

Le « Camp Fire » est au-delà l’un des incendies les plus meurtriers qu’a subi la Californie. Il l’est aussi aux États-Unis depuis le début du 20e siècle. Il est comparable au « Big Burn » qui a causé la mort de 87 personnes en août 1910 dans le nord des Rocheuses. Mais il est loin du « Cloquet Fire » qui lui a comptabilisé 450 morts en octobre 1918.

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Ruth Bader Ginsburg

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Née Joan Ruth Bader le 15 mars 1933 à Brooklyn, New York, cette incroyable femme est avocate, juriste et juge à la Cour Suprême des États-Unis (1) depuis 1993.

Âgée de 85 ans aujourd’hui, Ruth Bader Ginsburg est la doyenne de la Cour Suprême. À l’affiche du documentaire Notorious RBG, retraçant son parcours, sorti en Suisse depuis ce 10 octobre, elle est devenue l’incarnation de la lutte féministe et des droits civiques.

En 1993, elle est nommée juge à la Cour Suprême par Bill Clinton. Figure emblématique du féminisme et de la lutte pour une justice égalitaire, elle a aussi souffert du sexisme.

Durant ses études elle s’est entendue notamment questionner : « Mais pourquoi voulez-vous donc prendre la place d’un homme ? » Dès les années 1970, mariée à Martin Ginsburg, « le seul homme qui a considéré mon intelligence avant mon look », tel qu’elle l’a exprimé, et mère de deux enfants, elle devient professeur de droit à l’Université de Columbia. Douée pour repérer les failles juridiques, elle remporte de nombreux combats contre l’inégalité.

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L’une de ses plus belles réussites : la Lilly Ledbetter Fair Pay Act of 2009 (2) (Pub. L. 111-2, art. 181), une loi en faveur des droits des femmes dans le monde du travail, adoptée en 2009. Elle devient une icône populaire ; une apparition dans les Simpson, des gadgets à son effigie et a même son propre personnage dans l’émission Saturday Night Live.

La nomination de l’ultra-conservateur Brett Kavanaugh à la Cour Suprême, le 6 octobre dernier, malgré des accusations d’agressions sexuelles, entraîne Ruth Bader Ginsburg à être la dernière personnalité occupant un haut poste à pouvoir contrecarrer la politique de Trump, lui-même accusé de harcèlement sexuel par 13 femmes.

Ouvertement pour l’IVG, le mariage pour tous, entre autres, elle compte bien se servir de sa position importante afin de poursuivre le combat et de défendre les droits des femmes si durement acquis. Elle a d’ailleurs saisi l’occasion. À la présentation du documentaire Notorious RBG et à l’annonce de la sortie en décembre prochain du film biographique On The Basis Of Sex, qui lui sont consacrés, elle a affirmé ses intentions de faire barrage à Trump : « Si je ne le contre pas, qui le fera ? Je resterai tant que j’en aurai la force. Et pour l’instant, c’est le cas. D’ailleurs, je fais encore mes 20 pompes par jour sans problème ! »

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Ses prises de position lui valent les surnoms de « zombie » par les conservateurs et de « vieille schnock qui devrait partir à la retraite », de la part de Trump. Cependant, elle reçoit de nombreux éloges de beaucoup d’autres personnes. Son coach sportif, Bryant Johnson, parle d’elle ainsi : « Elle est merveilleuse. En plus, elle est capable de mettre son ego de côté : quand elle ne sait pas quelque chose, elle demande, elle écoute la réponse et elle apprend ! » Barack Obama a une grande considération à son égard : « Elle est sympathique […] Elle est vraiment remarquable et j’ai vraiment un gros faible pour elle ! » Quant à Bill Clinton, il déclarait : « J’aime sa vision progressiste, sa sagesse, son sens du consensus et sa capacité à garder des opinions équilibrées en toutes circonstances. Et, évidemment, je respecte profondément son travail de pionnière en faveur des femmes de ce pays ! »

Longue vie à cette grande Dame exceptionnelle, à celle que certains appellent la « Simone Veil » américaine…

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(1) Cour Suprême des États-Unis : Supreme Court of the United States (SCOTUS) ou aussi United States Supreme Court, est le sommet du pouvoir judiciaire aux États-Unis et le tribunal de dernier ressort. C’est l’article III de la Constitution des États-Unis qui établit le pouvoir judiciaire du gouvernement fédéral américain. Ce pouvoir comprend la Cour Suprême et des cours inférieures définies par le Congrès. Conformément à cet article, la Cour Suprême est compétente sur tous les cas relevant de la Constitution, des lois et des traités conclus par les États. La devise de la Cour Suprême est Equal Justice under law, « Égalité de Justice devant la loi ». Elle siège à Washington D.C. (Washington District of Columbia), dans le bâtiment de la Cour Suprême, proche du Capitole où elle siégeait jusqu’en 1935, date d’achèvement de la construction de son propre bâtiment.

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(2) Lilly Ledbetter Fair Pay Act of 2009 : Première loi fédérale adoptée par le Président Barack Obama le 29 janvier 2009. Elle modifie le titre VII de la loi de 1964 sur les droits civils et la loi de 1967 sur la discrimination de l’âge dans l’emploi. Elle modifie également le fonctionnement de la loi de 1990 sur les personnes handicapées et de la loi de 1973 sur la réadaptation. Pour préciser qu’une décision d’indemnisation discriminatoire ou d’une autre pratique illégale en vertu de ces lois se produit chaque fois que la compensation est payée par l’effet de la décision d’indemnisation discriminatoire ou d’une autre pratique, et à d’autres fins. Adoptée par le 111e Congrès des États-Unis le 29 janvier 2009, cette loi stipule que le délai de prescription de 180 jours pour le dépôt d’une action en justice sur l’égalité de rémunération en matière de discrimination salariale est réinitialisé à chaque nouveau chèque de paie affecté par cette action discriminatoire. Cette loi fait suite à une décision de la Cour Suprême dans l’affaire Goodyear Tire & Rubber Co., 550 US 618, de 2007. La Cour Suprême des États-Unis a fixé le délai de prescription pour l’introduction d’une action en justice correspondant à l’égalité de rémunération commençant à la date à laquelle l’employeur établit le salaire discriminatoire initial et non à la date du dernier chèque de paie.

« Un 22 juillet »

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Film américain écrit, coproduite et réalisé par Paul Greengrass, sorti en 2018. Adapté de l’ouvrage de 2013 En av oss d’Âsne Seierstad, ce film relate les attentats d’Oslo et d’Utøya perpétrés en Norvège en 2011 par un seul individu, ayant causé la mort de 77 personnes et blessé plus de 200 autres.

Le vendredi 22 juillet 2011, deux actions terroristes ont été coordonnées et menées par un homme de 32 ans, chrétien radical de l’Extrême droite, Anders Behring Breivik.

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La première attaque, une explosion à la bombe, s’est produite à 15 h 26, heure locale, à Regjeringskvartalet, le quartier gouvernemental de la ville d’Oslo, devant le bureau du Premier ministre, Jens Stoltenberg, et d’autres édifices gouvernementaux. L’explosion a tué 8 personnes et blessé 15 autres. La seconde attaque a lieu deux heures plus tard dans un camp de jeunes, lors d’un rassemblement estival, organisé par la Ligue des jeunes travaillistes (AUF) du Parti travailliste norvégien (AP), sur l’île d’Utøya. Déguisé en policier, Anders Behring Breivik, armé d’un fusil de tir de précision, ouvre le feu sur les campeurs, tuant 69 personnes et blessant 33 autres. Arrêté par la police, il revendique les deux attentats. La Justice l’inculpe pour les deux attaques et le condamne le 24 août 2012 à 21 ans de prison.

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Ce fut la plus grave attaque en Norvège depuis la Seconde Guerre Mondiale. Le nombre de morts a représenté l’équivalent de deux fois le nombre annuel moyen de meurtres dans le pays. La fusillade par un tueur de masse fut aussi la plus meurtrière de l’époque contemporaine. L’Union Européenne, l’OTAN ainsi que plusieurs autres pays du monde ont exprimé leur soutien à la Norvège et ont condamné les attaques.

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Ce film, d’une durée de plus de 2 heures, retrace parfaitement ces terribles évènements. Il nous rappelle que le terrorisme n’est pas uniquement lié qu’à un groupe de fanatiques religieux. La religion, quelle qu’elle soit, est la première source du terrorisme.

Disponible sur le site Netflix, je vous invite vivement à le regarder, si ce n’est déjà fait. Ce film est puissant et poignant de réalisme. Nous restons marqués à la fin du visionnage.

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États-Unis : un homme acquitté après 27 ans de prison grâce à un magazine de golf

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Après avoir passé 27 ans de prison pour un crime qu’il n’a pas commis, Valentino Dixon, 48 ans, a été innocenté par le tribunal du district du Comté d’Érié à Buffalo dans l’État de New York, grâce à une enquête initiée par le magazine GolfDigest.

En 1991, âgé de 21 ans, Valentino Dixon est condamné à 39 ans de prison ferme pour le meurtre de Torriano Jackson, 17 ans. Lors d’une chaude nuit d’août, tous deux étaient à une fête de rue avec des mineurs. Le trop plein d’alcool provoqua une bagarre pour une fille et se transforma en fusillade.

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Incarcéré à la prison d’Attica, un gardien lui donna une photo du 12e trou d’Augusta National en échange d’un service. Subjugué par cette photo, il commença à dessiner aux crayons de couleur des paysages de golf pour lesquels il développa une réelle passion. En 2012, il se laissa convaincre par ce gardien d’envoyer ses croquis au magazine spécialisé dans ce sport, le GolfDigest. Impressionné par la qualité de ses dessins méticuleusement détaillés, alors qu’il n’avait jamais pratiqué ce sport, ni posé un pied sur un parcours, le magazine lui consacra un portait. Il a fallu toutefois une centaine de dessins avant que le magazine le remarque. Mais lorsque cela a été fait, le GolfDigest a de même constaté qu’il pouvait être innocent.  Le magazine décida alors de mener sa propre enquête. Avec l’aide du journaliste Max Adler, il découvrit une investigation policière bâclée. Aucune preuve physique ne liant Valentino Dixon au crime, des témoignages contradictoires de témoins peu fiables, un défenseur public n’ayant pas appelé un témoin au procès, des accusations de parjure contre ceux qui ont défendu Valentino Dixon en affirmant son innocence et surtout les aveux enregistrés sur une vidéo d’un autre homme, un dénommé LaMarr Scott. Bien que le passé de Valentino Dixon n’ait pas été pas sans tâche, puisqu’il a vendu de la cocaïne, cela ne faisait pas de lui pour autant un meurtrier, mais l’a précipité en prison.

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L’article de 2012 du GolfDigest a permis à NBC / Golf Channel, CRTV.com, Fox Sports, au Georgetown University Prison Reform Project et à d’autres acteurs de mieux connaître le cas. En parallèle, la fille de Valentino Dixon a mené une campagne populaire en vue de collecter des fonds pour les frais juridiques de son père en vendant ses œuvres en ligne. Or, cela n’a pas suffit à faire vaciller le système judiciaire. Malgré que Valentino Dixon ait toujours clamé son innocence, à Noël 2017, les appels épuisés, les demandes de pardon ou de clémence, n’ont reçu aucune réponse de la part du bureau du gouverneur de New York, Andrew Cuomo.

Mais soudainement sa culpabilité fut remise en cause. Selon Donald Thompson, qui, avec Alan Rosenthal, a déposé la dernière requête de Valentino Dixon, comprenant l’article du GolfDigest, ce revirement découle de la convergence des facteurs. « Une fois que l’affaire a franchi un certain seuil d’attention des médias, c’est important, même si ce n’est pas le cas », a-t-il déclaré. « Il est embarrassant pour le système juridique que la meilleure présentation de l’enquête ait été faite depuis longtemps par un magazine de golf », a-t-il ajouté.

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Donald Thompson a aussi précisé que le travail du GolfDigest a été finalement éclipsé par le récent rapport déposé par l’unité des condamnations injustes du procureur du Comté d’Érié, un nouveau type de département qui apparaît dans plusieurs districts ces jours-ci. Son rapport a été soutenu par un groupe d’étudiants en premier cycle de l’Université de Georgetown qui, dans le cadre de leurs études, avait créé des campagnes documentaires, sites Web et médias sociaux autour de trois personnes soupçonnées d’être emprisonnées à tort. « Ils ont fait un excellent travail en parlant des témoins qui pourraient encore être localisés, ainsi qu’en demandant à Chris Belling [qui a poursuivi Dixon] de modifier les propos qu’elle avait défendus par le passé », a-t-il spécifié.

La valeur du sang frais ne doit pas non plus être réduite. Franck Sedita III, le procureur de longue date du Comté d’Érié, a déclaré que la société devrait davantage se préoccuper des « acquittements injustifiés ». Le nouvel homme, John Flynn, est en poste depuis un an et c’est essentiellement grâce à sa bénédiction que Valentino Dixon a été libéré.

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Bien entendu, une petite question à régler avant que la culpabilité de Valentino Dixon ne soit acquise est de la placer sur une autre personne. Juste avant que Valentino Dixon ne quitte le Palais de Justice, LaMarr Scott entra afin de plaider officiellement coupable du meurtre de Torriano Jackson. Il a ainsi reconnu sa responsabilité la nuit de la fusillade. Et ce depuis des décennies, y compris auprès de GolfDigest, à l’exception d’un court laps de temps pendant lequel Chris Belling a fait pression sur lui pour qu’il dise le contraire. LaMarr Scott purge déjà une peine d’emprisonnement à perpétuité pour avoir tiré lors d’un vol à main armée, en 1993, ayant laissé une victime tétraplégique. Tirer parti d’une condamnation concomitante pour l’assassinat de Torriano Jackson ne change rien à ses perspectives, si ce n’est la possibilité d’une éventuelle libération conditionnelle réduite à néant.

Interviewé à sa sortie du Palais de Justice, Valentino Dixon a déclaré : « Je vais au Red Lobster pour célébrer avec ma famille et mon équipe de soutien, puis nous irons dans un parc ». Il a prévu d’aller voir sa grand-mère, puis d’effectuer les démarches nécessaires en vue d’obtenir un passeport afin qu’il puisse rendre visite à sa femme, avec laquelle il est marié depuis 12 ans et a eu une fille, Louise qui vit en Australie et qui n’a jamais douté de son innocence.

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Les carrières des personnes ayant contribué à la condamnation de Valentino Dixon ne seront pas affectées. Elles ont soit pris leur retraite, soit ont été assignées à de nouveaux postes. « Ce qui est positif, c’est que cette affaire pourrait servir d’exemple aux unités de condamnation injustifiées ailleurs », a conclu Donald Thompson.

Enfin, les hommes plus faibles auraient pu penser à s’évader. Mais avec son esprit fort et son corps intact, Valentino Dixon espère avoir de bonnes années à venir avec sa famille, dont sa fille qui a bien grandi et est maman de deux enfants. Peut-être va-t-il même jouer au golf ?

USA : « Donald Trump souhaite annuler des normes environnementales jugées destructrices d’emplois »

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Je vous invite à consulter cet article écrit et publié le 22 août dernier par Sciences et Avenir en collaboration avec l’AFP, sans grande surprise, ceci dit, venant de la part de ce dirigeant qui, lui, est bien le premier destructeur d’emplois et pas que…

USA : le retour en force de l’amiante

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À partir des années 1970, presque 60 pays ont interdit l’usage de l’amiante utilisé depuis la fin du siècle dernier par l’industrie pour ses qualités ignifuges ; ce silicate de magnésie filamenteux étant particulièrement toxique.

En rappel. Les différents types d’amiante à structure fibreuse se dégradent en particules microscopiques restant en suspension dans l’air. Lorsque ces micro-fibres sont inhalées, elles provoquent une maladie appelée asbestose, en référence à l’asbeste, l’autre nom de l’amiante, évoquée dès les années 1930 et désignant une fibrose pulmonaire. L’exposition à ses particules déclenche aussi d’autres maladies, comme les cancers des bronches, des poumons ou encore de la plèvre.

Les États-Unis sont l’un des seuls pays industrialisés au monde à ne pas l’avoir interdit complètement, ils en ont simplement restreint l’usage. Et à l’instigation du gouvernement de Trump, l’amiante s’apprête à s’étendre en force dans le pays, au moyen d’une série de déréglementations et de nouvelles règles établies ces derniers mois par l’agence fédérale américaine de protection de l’environnement, EPA, qui en juin dernier éditait un rapport détaillant ces nouvelles règles applicables à l’amiante. Parmi celles-ci, l’autorisation de sa réintroduction dans des nouvelles utilisations industrielles, telles que les plastiques, les revêtements de sol, le feutre de toiture ou encore le papier. L’agence prévoit également la limitation des tests d’évaluation des risques sanitaires de l’amiante ainsi que les dangers environnementaux des plus de 10 000 tonnes de fibres présentes dans les sites sensibles ou les décharges. Par conséquent, l’EPA n’évaluera pas davantage les risques avancés par la présence de la substance dans l’air, le sol ou l’eau.

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La Russie, grand exportateur d’amiante s’est évidemment réjouie d’une telle décision, au point d’avoir apposé un sceau à la gloire de Donald Trump sur ses cargaisons d’amiante à destination des USA, comme le montre la photo en en-tête de cet article, sur les palettes d’Ural Asbest, l’une des principales compagnies productrices.

Aux États-Unis, entre 12 000 et 15 000 personnes meurent de maladies provoquées par l’amiante. Cette année, un rapport publié par le président de l’International Commission on Occupational Health (ICOH), (Commission internationale de la santé au travail, société professionnelle internationale non-gouvernementale fondée à Milan lors de l’Expo 1906 en tant que Commission permanente de la santé au travail), Jukka Takal, fait plutôt état de 40 000 personnes décédées d’affections liées à l’amiante.

Or, cette décision n’est pas très surprenante de la part de Trump qui doit une partie de sa fortune à l’immobilier et qui a toujours été un fervent défenseur de l’amiante. Il a même été jusqu’à déclarer sur Twitter que l’interdiction de l’amiante était un complot mené par la mafia et que l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center le 11 septembre 2011 était dû au retrait des fibres de ses structures qui auraient empêché la calcination.

Alors là… seule une armada de bons psys sauraient faire l’affaire…

USA : l’administration Trump, l’ennemie de l’environnement

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L’administration Trump veut supprimer les normes environnementales sur les voitures particulières qui avaient été aménagées sous la présidence de Barack Obama. Elle veut également marquer son pouvoir en empêchant les États de définir leurs propres règles plus strictes, à l’image de la Californie, État à la pointe en matière de voitures « propres » qui va cependant tout mettre en œuvre pour se défendre.

« Un pas en avant, deux pas en arrière », voilà la direction que ce gouvernement américain a choisie de prendre. Après le retrait de l’Accord de Paris sur le climat, c’est au tour du gel des normes environnementales d’être le nouveau fer de lance de l’administration Trump.

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La Environmental Protection Agency (EPA), agence fédérale américaine de protection de l’environnement (agence indépendante du gouvernement des États-Unis), et La National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), agence fédérale américaine chargée de la sécurité routière (agence dépendante du Département des Transports des États-Unis), ont annoncé le 2 août dernier la suspension des normes environnementales contraignantes imposées à l’industrie automobile, visant plus spécifiquement les voitures particulières, sous l’administration Obama. Décision que l’État de Californie a qualifiée de « stupide ».

Les normes établies jusqu’ici prévoyaient des augmentations graduelles de l’automobile en carburant des véhicules en vue d’atteindre les 54,5 miles pour 1 gallon d’essence, soit 4,32 litres aux 100 kilomètres, en 2025. Ces normes n’étaient pas fixées par voiture mais pour l’ensemble de la gamme de chaque constructeur ; 1 modèle consommant beaucoup d’essence contre 1 modèle en consommant peu ou pas du tout (voiture électrique) et c’est la moyenne qui devait répondre à la norme en vigueur.

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Selon l’EPA, ces normes « ne sont plus adaptées », a-t-elle déclaré dans un communiqué. Les deux agences ont ainsi suspendu l’injonction donnée aux constructeurs automobiles par l’ancienne administration de construire davantage de véhicules moins polluants et plus économes en carburant, tels les véhicules hybrides et électriques.

D’après aussi ces deux agences, ces normes auraient contribué à l’augmentation du prix moyen des voitures, se trouvant actuellement à 35 000 $, soit 2 340 $ de plus, poussant les consommateurs à ne pas changer de véhicule. De ce fait, ces derniers se priveraient des dernières technologies de sécurité dont les nouvelles voitures sont équipées. Ces deux agences ont donc estimé que la suppression de ces normes permettra aux Américains une économie conséquente et une réduction du nombre de morts sur les routes.

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Les nouvelles normes délimiteront alors l’objectif à 37 miles pour 1 gallon, soit 6,34 litres aux 100 kilomètres, après 2021. Leur entrée en vigueur est prévue fin de cette année. Et elles concordent avec la volonté de Trump d’anéantir la majeure partie du « plan climat » mis en place par son prédécesseur. Bien évidemment les lobbies de l’automobile, Auto Alliance et Global Automakers, se sont réjouis de cette décision considérant qu’elle « va sauver des emplois ».

Mais également ces nouvelles normes visent en parallèle à retirer le privilège accordé à certains États, comme la Californie, d’affermir des règles encore plus drastiques que le reste du pays dans ce domaine. Concernant cette exemption, le Gouverneur de cet État important de l’ouest américain, Jerry Brown, a commenté sur Twitter : « La Californie va combattre cette décision stupide avec tous les moyens à sa disposition ». 12 États ont déjà instauré des règles plus sévères que celles de Washington, en incitant les constructeurs automobiles à s’aligner sur les normes plutôt que sur les règles fédérales pour pouvoir y vendre leurs voitures. La chef démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a aussi réagi en désignant une « attaque injuste et illégale » de la part de l’administration Trump, qui « va asphyxier nos communautés avec un nuage de pollution ».

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En réponse à ces vives réactions, la porte-parole de la maison Blanche, Sarah Sanders, s’est défendue : « Nous prendrons la décision finale en fin d’année ».

De son côté, Daniel Baker de l’ONG environnementaliste Safe Climate Campaign a ajouté : « Trump essaie de justifier avec cynisme ce retour en arrière avec une parade d’horreurs inventées. Les nouvelles règles vont conduire à davantage de véhicules polluants, à plus de coûts pour les consommateurs et ça ne sauvera aucune vie ».

Enfin, suite à la baisse des prix de l’essence de ces dernières années, les consommateurs américains ont recommencé à racheter des véhicules plus gros et plus polluants.

USA : le retour des armes à feu imprimées en 3D

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Suite à des années de conflits juridiques, un site de partage de modèles d’impression des armes à feu en 3D a été autorisé aux États-Unis. 8 États se sont opposés à cette décision.

En 2013, Cody Wilson, un étudiant au Texas, alors âgé de 24 ans, et quelques amis, créent Defense Distributed, un site de téléchargement libre de modèles d’impression d’armes à feu en 3D. Après avoir posté les plans d’un pistolet baptisé The Liberator et imprimable en 3D, le groupe d’internautes reçoit aussitôt une lettre de la Réglementation américaine sur le trafic d’armes au niveau international (International Traffic in Arms Regulations, ITAR), sous l’administration Obama, interdisant les fichiers, craignant qu’ils puissent être téléchargés hors du territoire. Le groupe s’exécute, mais conteste la décision 2 ans plus tard en saisissant le département d’État auprès duquel il invoque le non respect du 2nd amendement.

Fin juin 2018, après une longue bataille juridique entre l’administration américaine et Defense Distributed, cette dernière se voit accorder par l’administration Trump le droit de diffuser ses fichiers, sous certaines conditions : pas d’arme automatique, ni revente, ni calibre supérieur à 50 mm. Ce site commercialise des cadres de pistolets en aluminium avec percuteurs, pour éviter à la balle d’abîmer le plastique imprimé, ainsi que des outils de fraisage pour creuser le canon. L’objet en plastique fonctionne comme une arme bien réelle, intraçable et indétectable par les détecteurs de métaux. Un véritable kit du parfait petit bricoleur d’armes à feu qui a de quoi faire froid dans le dos.

À la suite de cet accord conclu en juin entre le gouvernement américain et l’organisation pro-armes Defense Distributed, les fichiers d’impression sont autorisés au téléchargement libre à compter de ce 1er août. 8 états américains ont alors porté plainte juste avant que l’autorisation ne soit donnée au site, ayant pour effet de relancer la machine juridique et de bloquer le processus.

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Bob Ferguson, procureur général de l’État de Washington a annoncé ce 30 juillet dernier au cours d’une conférence de presse à Seattle l’opposition des procureurs généraux des 8 États américains à cette décision. Les États de Washington (district de Columbia), de New York, du New Jersey, de Pennsylvanie, du Connecticut, de l’Oregon et du Maryland sont associés dans cette démarche. Ils ont obtenu d’un juge fédéral une injonction interdisant la diffusion de ces fichiers.

De son côté, le département d’État a défendu dans un communiqué l’accord conclu avec Defense Distributed, en déclarant que la décision prise était dans l’intérêt de la sécurité et de la politique étrangère des États-Unis et l’avait été en concertation avec le département de la Justice.

Cependant, le procureur Bob Ferguson ne l’a pas entendu ainsi. Lors de la conférence de presse qu’il a donc tenue à Seattle, il a déclaré qu’à ce jour aucune explication valable à cette décision, estimée comme une « capitulation » par les associations anti-armes, n’avait toujours pas été fournie par la Maison Blanche. « Notre Congrès a rédigé avec soin des lois pour nous protéger et en un claquement de doigt, sans consulter les experts, cette administration les réduites à néant », a-t-il exprimé, ajoutant « le revirement arbitraire et capricieux du gouvernement viole les lois fédérales et contrevient au droit des États fédérés à réguler la possession des armes à feu ».

« Il est simplement fou de donner aux criminels les outils pour imprimer en 3D des armes intraçables et indétectables rien qu’en appuyant sur un bouton », s’est de même insurgée Barbara Underwood, procureure de l’État de New York, qui s’est jointe à la procédure devant la justice.

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Non seulement, cette autorisation accordée à Defense Distributed de diffuser librement sur Internet ses schémas de construction d’armes à feu en 3D à monter soi-même a causé la colère des militants anti-armes, au regard des fusillades de masse, notamment dans les écoles, qui se multiplient, mais elle est aussi en contradiction avec la volonté précédente de l’administration Trump qui s’opposait à cette impression en 3D des armes à feu en avril dernier. À cette époque, elle plaidait devant les tribunaux le risque de la diffusion des fichiers téléchargeables pouvant permettre aux groupes extrémistes et criminels de se procurer plus facilement des armes.

Bien que la justice américaine ait temporairement suspendu le 1er août la mise en ligne de plans numériques permettant de fabriquer des armes à l’aide d’une imprimante 3D, ces schémas ont été téléchargés des milliers de fois avant que la police fédérale ne mette un terme à leur libre accès. Selon le magazine Wired, auprès duquel s’est confié Cody Wilson, ce dernier aurait déjà publié les schémas le 27 juillet.

Le magistrat Robert Lasnik a indiqué qu’il examinerait le dossier sur le fond lors d’une nouvelle audience le 10 août.

Quant à la NRA, le principal lobby des armes à feu, elle ne s’est pas encore exprimée sur le sujet.

Enfin, un porte-parole de la Maison Blanche a affirmé le 1er août qu’il était « actuellement illégal de posséder ou de fabriquer une arme à feu en plastique quelle qu’elle soit, y compris celles fabriquées par une imprimante 3D ».

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Environ 30 000 personnes aux États-Unis meurent chaque année à cause d’armes à feu. La division qui existe sur la question de la réglementation sur les armes personnelles, à cause des nombreuses fusillades de masse souvent perpétrées avec des armes achetées légalement, continue à faire rage dans le pays. Avec cette nouvelle affaire, le problème épineux qui se pose sur les armes à feu aux États-Unis n’est pas prêt d’être résolu.

USA : un bébé de 5 mois a été retrouvé en vie enterré dans la forêt

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Un bébé de 5 mois a été retrouvé en vie après être resté enterré par son père sous un tas de bâtons et de débris dans une forêt du Montana près de 9 heures.

Les faits se sont déroulés au début de ce mois-ci et ont été révélés par le bureau du shérif du Comté de Missoula dans le Montana aux États-Unis, via un post publié sur son compte Facebook ce 8 juillet dernier :

« Des membres du bureau du shérif du Comté de Missoula ont été appelés hier soir vers 20h pour un suspect qui agissait étrangement dans la région de Lolo Hot Springs. Alors que les adjoints étaient en route, d’autres personnes ont indiqué que le suspect menaçait maintenant les gens en disant qu’il avait une arme à feu et qu’il essayait de l’atteindre dans ses poches. À leur arrivée, les adjoints ont découvert que le suspect, Francis Carlton Crowley, âgé de 32 ans, avait quitté la région et qu’un enfant de cinq mois qui lui avait été confié n’avait pas été vu depuis plusieurs heures. Tandis qu’il tentait de localiser Crowley, un appelant au 911 a déclaré que le suspect était revenu à Hot Springs (Comté de Sanders, Comté voisin de Missoula). Les adjoints ont répondu l’appel et Crowley a été appréhendé. En essayant d’interroger Crowley, il semblait être sous l’influence de la drogue et ses propos n’avaient aucun sens pour les officiers. Les déclarations faites par Crowley indiquaient que le bébé était peut-être enterré quelque part dans les montagnes. En raison de l’urgence de cette affaire, des membres du service de recherche et de sauvetage du Comté de Missoula ont été mis à la disposition des agents du Service des forêts des États-Unis, du Bureau of Land Management, de la Montana Highway Patrol et des adjoints du Comté de Missoula. Après plus de 6 heures de recherches à pied, un adjoint a entendu le léger cri d’un bébé. Il a suivi le son et a trouvé le bébé vivant, face cachée, enterré sous un tas de bâtons et de débris. Vêtu seulement d’un body mouillé et souillé, le bébé a été retrouvé vers 2 h 30 du matin, le bébé étant resté dans les bois sans surveillance et au froid (environ 7°C) durant au moins 9 heures. Le bébé a été transporté dans un hôpital local et est en bonne santé. Francis Carlton Crowley, 32 ans, est détenu au centre de détention du Comté de Missoula pour des accusations de mise en danger criminelle et d’autres accusations seront portées contre lui. Pour nous tous au bureau du shérif, c’est ce que nous appelons un miracle. Pour les officiers qui étaient présents pour cet événement, il est particulièrement difficile de savoir ce que ce petit bébé a enduré au cours des dernières 24 heures. Le shérif McDermott aimerait remercier ceux qui ont aidé à la recherche et ceux qui ont appelé le 911 en aidant les premiers intervenants à mettre ce bébé en sécurité. »

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Les dangers de la « fish therapy »

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Une américaine d’une vingtaine d’années a perdu 6 ongles de pieds après une séance de « fish therapy », dans son cas une « fish pédicure ». Elle a contracté une onychomadèse, une pathologie des ongles entraînant leur chute spontanée. En cause, l’eau des bassins ne pouvant être désinfectée entre chaque client.

Ce soin consiste à plonger ses pieds, ses mains ou l’ensemble du corps, dans un aquarium rempli de Garra rufa. Ces petits poissons originaires du Moyen-Orient, appelés poissons-docteurs, auraient des vertus exfoliantes et pourraient soigner des maladies de peau en se nourrissant des squames et des impuretés de la peau.

Dans l’étude, traitant du cas de cette américaine, parue le 3 juillet dernier dans la revue JAMA Dermatology, Shari R. Lipner, doctoresse en dermatologie à l’hôpital Weill Cornell Medicine à New York aux États-Unis, a expliqué : « Les fish pédicures ont connu un pic de popularité il y environ 10 ans et sont encore tendance aujourd’hui. Leur attrait est dû à des affirmations infondées selon lesquelles leur traitement rendrait les pieds plus lisses et plus frais, augmenterait la circulation sanguine, éliminerait les champignons et les bactéries et soignerait le psoriasis et l’eczéma ».

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Les ongles de la jeune américaine 6 mois après sa séance de fish pédicure – photo de l’article dans la revue JAMA Dermatology

Concernant la maladie contractée par la jeune américaine, la dermatologue a précisé : « À ma connaissance, il s’agit du premier cas d’onychomadèse provoqué par une fish pédicure. Bien que le mécanisme exact soit inconnu, il est probable que le traumatisme provoqué par les morsures répétées des poissons entraîne l’arrêt de la production du plat de l’ongle. […] Il existe un certain nombre de risques inhérents à la pédicurie avec lesquels les dermatologues devraient se familiariser. Les baignoires et les poissons ne peuvent être correctement désinfectés entre les personnes pour ne pas tuer les Garra rufa et les mêmes poissons sont généralement réutilisés pour plusieurs personnes successives. Ainsi, il existe des possibilités de transmission d’infections entre les personnes subissant ces pédicures ».

Dans l’étude, il a été également noté que « plusieurs bactéries capables de provoquer des maladies chez l’Homme ont été isolées à partir de lots de Garra rufa et d’eaux provenant de 24 stations thermales ». D’ailleurs 2 cas de Staphylococcus aureus (staphylocoque doré) et 1 cas de Mycrobacterium marinum (bactérie aquatique) du pied ont été signalés suite à une « fish pédicure ». Ce type de soin a été interdit dans au moins 10 États aux États-Unis.

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En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) avait publié un avis en avril 2013 en déclarant : « Il existe un risque potentiel de transmission d’agents pathogènes d’origine humaine ou animale par le biais de l’eau ou des poissons, au cours de la pratique de fish pédicure ». Elle recommandait par conséquent « l’encadrement strict de cette pratique afin de prévenir les risques d’infection des utilisateurs et des professionnels ». Les experts estimaient aussi que « certains usagers (diabétiques, immunodéprimés, usagers ayant des lésions cutanées aux pieds) constituaient une population sensible à risque plus important d’infection ». Enfin, en mai 2016, le Haut Conseil de la Santé Publique s’étant intéressé à ce phénomène avait de même conclu à la possibilité d’un risque infectieux.