Espagne : EDEMM

Espagne_EDEMM_wp

Bien que certains pouvoirs publics internationaux comme des organisations mondiales et autres associations de protection des femmes lancent régulièrement des campagnes de sensibilisation contre les violences conjugales, celles-ci demeurent encore bien présentes dans notre société.

Alors, une ancienne policière espagnole, Carolina Martinez, ayant vu défiler des dizaines de femmes maltraitées, dans la peur de représailles de la part de leur agresseur et sans protection réelle de l’État, a eu une idée vraiment ingénieuse afin de venir en aide à ces femmes victimes de violences.

Il y a un an, elle a créé l’association EDEMM (Asociación vasca de escoltas para la Detección de malos tratos a mujeres, Association basque d’escortes pour la Détection de mauvais traitements aux femmes), qui propose à ces femmes qui en ont besoin le service de gardes du corps féminines bénévoles ainsi qu’une aide psychologique. Grâce à ces gardes du corps, les femmes peuvent ainsi se confier, se sentir en sécurité et parvenir doucement à se dégager de l’emprise de leur agresseur.

Cette magnifique initiative a été rapportée par le journal Ouest France. Carolina Martinez y a d’ailleurs déclaré : « Beaucoup sont victimes de harcèlement dès qu’elles portent plainte. La plupart ne peuvent pas bénéficier d’ordonnances de protection et n’osent plus sortir de chez elles. À raison, car c’est souvent après les dénonciations que se produisent les assassinats. »

Ana, ayant bénéficié de ce programme, a également apporté son témoignage auprès du journal : « Elle m’a sauvé la vie […] Avant de rencontrer Carolina, j’avais perdu 12 kg, je ne dormais plus, elle m’a écoutée et rassurée. »

Actuellement, l’association a son service une quinzaine de gardes du corps pour environ dix femmes. Mais, l’ancien agent de police compte bien étendre son action sur l’ensemble du pays.

Selon les chiffres du Ministère de la Santé espagnol, 13 % de femmes ont déjà subi les coups de leur conjoint. Et depuis le début de cette année, 25 femmes sont décédées à la suite de violences conjugales.

Arabie Saoudite : des femmes remplacées par des ballons

Arabie Saoudite_des femmes remplacées par des ballons_image1_wp

Alors que l’Arabie Saoudite est officiellement membre de la Commission de la condition de la femme à l’ONU depuis septembre 2016, ce pays a peut-être mal interprété ce en quoi consistait réellement son engagement vis-à-vis des femmes.

À l’occasion du ramadan, les supermarchés Saco ont édité un catalogue de soldes pour l’été. Dans ce dernier apparaissait bien évidemment le produit phare de l’été, les piscines. Rien de surprenant. Sauf que les pauvres mannequins d’origine présents sur ces photos pour la campagne publicitaire ont vu leur apparence quelque peu modifiée.

Les campagnes publicitaires n’étant pas réalisées dans le pays, le régime saoudien a alors décidé d’adapter les images en conformité avec la loi du pays, la charia. Dans la piscine, les hommes et les enfants se sont donc retrouvés affublés chacun d’un tee-shirt, avec manches longues pour les enfants. Quant aux femmes, impossible de définir l’origine, la couleur de leurs cheveux, ni rien d’autre d’ailleurs puisqu’elles ont été tout simplement remplacées par des ballons de plage. Winnie l’ourson ainsi que d’autres personnages animaliers, et bien sûr masculins, de Disney calqués sur ces ballons ont ainsi fait office.

Arabie Saoudite_des femmes remplacées par des ballons_image2_wp

En 2016 déjà, des clichés similaires publiés par la même enseigne étaient passés presque inaperçus. En tout cas, ils n’avaient absolument pas créé la moindre indignation de la part de qui que ce soit. Or cette année, des internautes ont réagi à cette aberration et ont ainsi dénoncé ce qu’ils ont estimé de vraiment too much.

Bien que ce fait divers puisse paraître quelque peu insignifiant, il affirme une fois de plus la terrible condition de la femme saoudienne.

Il est aussi utile de rappeler. En 2002, la Mutawa, la police religieuse locale, a interdit l’accès à une école de fille en feu à La Mecque (une ville de l’ouest de l’Arabie Saoudite) à des sauveteurs venus les secourir. Elles n’étaient pas voiler et ces sauveteurs n’étaient pas membres de leur famille. 14 fillettes sont décédées dans l’incendie.

Pakistan : le viol en punition du viol

Pakistan_le viol en punition du viol_wp

Aux alentours du 20 juillet dernier, une pakistanaise de 16 ans a été condamnée de viol en réparation du crime commis par son frère.

Ce sombre fait réel s’est déroulé dans un village proche de la ville de Multan au Pakistan, comme l’a rapporté le chef de la police de Multan : « Une jirga a ordonné le viol d’une jeune fille de 16 ans comme punition pour un viol commis par son frère sur une enfant de 12 ans. »

Dans les régions reculées du Pakistan, l’accès à la justice s’avère encore compliqué. Les gens se tournent alors vers les jirgas. La jirga est le conseil du village, une assemblée tribale uniquement constituée d’hommes qui vise à prendre des décisions par consensus.

Découvrant que sa sœur âgée de 12 ans avait été violée par son cousin, un homme en avertit le conseil. L’assemblée d’hommes prend ainsi la décision de condamner la sœur du présumé coupable à être violée à son tour par cet homme, le frère de la fille de 12 ans, afin que justice soit rendue.

Bien que « répondre d’un crime par un crime » soit la coutume chez les jirgas, après le second viol, les familles se confrontent et décident de « porter plainte l’une contre l’autre », selon Rashid Taheem, le policier en charge de l’enquête.

Suite au résultat des examens médicaux réalisés par des experts attestant des deux viols, 14 personnes du conseil du village sont arrêtées. Quant au violeur de l’enfant de 12 ans, il est toujours en fuite, a affirmé le policier.

Très enracinées dans la culture, les jirgas sont pourtant illégales au Pakistan. Cependant, les gens préfèrent encore se tourner vers ces conseils de village, auxquels ils se sentent plus proches, plutôt que vers la justice rendue par l’État. Malheureusement, ces décisions sont toujours au détriment des femmes, dont les mères, sœurs ou filles payent pour les crimes perpétrés par les hommes de leur famille.

Équateur : des centres de tortures pour gays

Équateur_Des centres de tortures pour gays_Paola Paredes_wp

Paola Paredes, photographe équatorienne de 31 ans, a réalisé une série de clichés choc reconstituant la vie de patients gays dans des centres de « cures » afin d’être « guéris » de leur « mal ». Intitulées « Until You Change » (jusqu’à ce que tu changes), ces photos montrent l’horreur qu’ont subi ces personnes, essentiellement des femmes.

Équateur_Des centres de tortures pour gays_1_wp

Ce n’est qu’en 2013 que la photographe apprend l’existence de ces centres de détention illégaux dans le pays. Elle mettra des années à regrouper les témoignages de ces femmes ayant enduré les pires traitements.

Équateur_Des centres de tortures pour gays_2_wp

Ces 200 instituts, officiellement déclarés comme centres de traitement contre l’addiction à l’alcool ou à la drogue, ouvrent leurs portes sous la protection policière afin d’accueillir en majorité des lesbiennes ou transgenres et les traiter pour qu’elles deviennent hétéros. Situés dans des petits villages excentrés, ces centres usent des pires tortures à l’encontre de ces femmes. Les parents eux-mêmes de ces dernières vont jusqu’à débourser 450 € par mois pour que leur fille guérisse.

Équateur_Des centres de tortures pour gays_3_wp

Forcées à ingurgiter des boissons immondes, à rester dans une baignoire d’eau glacée, elles sont aussi ligotées, électrocutées, violées par le personnel masculin travaillant dans ces centres « dans le cadre de leur traitement », battues avec des câbles électriques, exorcisées même parfois, obligées de lire la Bible, d’avaler tous les jours des médicaments, dont elles ignorent la composition, leur créant soit des insomnies ou des pertes de mémoire. Éprouvant également des sévices psychologiques, ces femmes ressortent marquées à vie de ces établissements.

Équateur_Des centres de tortures pour gays_4_wp

Bien que ces « cliniques privées » soient illégales en Équateur, puisque d’ailleurs en 2011 le Ministère de la santé en a fermé 30, plusieurs ont rouvert et d’autres demeurent en place à cause de la corruption de la police notamment. Des policiers alertent les centres lorsqu’ils savent qu’ils vont être contrôlés afin qu’ils cachent ces femmes.

Je vous laisse continuer de consulter ces quelques photos qui parlent d’elles-mêmes :

Équateur_Des centres de tortures pour gays_5_wp

Équateur_Des centres de tortures pour gays_6_wp

Équateur_Des centres de tortures pour gays_7_wp

Équateur_Des centres de tortures pour gays_8_wp

Équateur_Des centres de tortures pour gays_9_wp

Équateur_Des centres de tortures pour gays_10_wp

Équateur_Des centres de tortures pour gays_11_wp

Équateur_Des centres de tortures pour gays_12_wp

Ces clichés ont été pris dans des centres similaires, tel que l’a expliqué Paola Paredes : « Dans le cadre de ce projet, il y avait deux difficultés principales : je ne pouvais pas aller dans ces centres pour les photographier et les victimes ne voulaient pas être prises en photo. Par conséquent, j’ai pris les photos dans une dizaine de lieux ressemblant à ces centres – une prison abandonnée par exemple – à Quito. Et j’ai choisi d’apparaître dessus, avec des acteurs. Toutes ces images ont été prises entre juillet et septembre 2016 et correspondent à des situations vécues par les victimes. »

N.B. : Ces photos sont peut-être soumises à droits réservés. Si tel est le cas et que l’auteur de ces dernières souhaite que les enlève, je respecterai sa volonté.

USA : 2 États interdisent le mariage de mineurs

USA_2 États interdisent le mariage de mineurs_N.Y._wp

Chacun le sait, les États-Unis ont leur mode de fonctionnement bien à eux. Chaque État a la liberté de sa propre législation à condition qu’elle demeure conforme à la Constitution. Pays aussi qui se revendique comme étant le modèle de vertu et de liberté que le monde devrait suivre.

Ainsi, 27 États américains autorisent le mariage de mineurs. L’âge minimum légal requis n’est toujours pas encore fixé à ce jour dans certains de ces États. Et seul le consentement des parents du mineur ou celui d’un juge suffit pour l’union.

Selon Unchained at last (enfin déchaîné), qui lutte contre le mariage des mineurs, 248 000 enfants ont été mariés entre 2001 et 2010, dont certains avaient à peine 12 ans. Selon le bureau du Gouverneur de l’État de New York, plus de 3 800 mariages de mineurs ont été recensés entre 2000 et 2010. Celui-ci concerne bien sûr principalement les filles mineures qui épousent des hommes majeurs.

Cependant, bien que cette pratique fasse partie intégrante des us et coutumes du pays, puisqu’elle est bien ancrée dans la société américaine, suite à des cas de mariages forcés mis à jour par les médias, 2 d’entre eux ont décidé de quitter le rang et ont enfin adopté une loi interdisant le mariage précoce.

USA_2 États interdisent le mariage de mineurs_Texas-Austin_wp

En juin dernier, l’État de New York et celui du Texas ont rehaussé l’âge légal fixé à 14 ans à celui de la majorité, c’est-à-dire à 18 ans.

Cela étant, des dérogations permettent d’abaisser cet âge à 16 ans avec le consentement d’un juge. Il sera chargé de vérifier qu’il ne s’agit pas d’un mariage forcé et de confirmer que l’union ne nuira ni à la santé physique ni psychologique du mineur concerné.

En parallèle, même si cette nouvelle législation se révèle être une avancée pour les droits des enfants, l’ONG Human Rights Watch rappelle : « à travers le monde, une fille de moins de 18 ans est mariée toutes les deux secondes. C’est une honte nationale, qu’autant de ces mariages aient lieu aux États-Unis. »

Enfin, il est à noter que beaucoup d’États n’ont pas révisé leur législation matrimoniale, notamment les États très conservateurs tels que la Virginie Occidentale ou l’Arkansas qui atteignent un taux de mariages précoces d’une moyenne de 7 pour 1 000.

Tchétchénie : le retour des camps de concentration

Tchétchénie_le retour des camps de concentration_wp

Une information a été révélée par le journal d’opposition russe, Novaïa Gazeta. Depuis la fin mars 2017, des rafles sont organisées en Tchétchénie parmi les homosexuels ou ceux soupçonnés de l’être. Ils sont arrêtés, déportés, torturés, voire battus à mort, dans des « prisons secrètes », rappelant froidement les camps de concentration de la Seconde Guerre Mondiale. D’ailleurs, le journal britannique Daily Mail, qui a relayé l’information sur son site, parle de « l’ouverture des premiers camps de concentration pour homosexuels depuis Hitler ».

Le journal russe a également affirmé que la police Tchétchène avait regroupé plus d’une centaine d’individus suspectés d’homosexualité, dont certains étaient des personnalités locales célèbres ainsi que des personnalités religieuses, et en avait tué 3.

Dès le 29 mars, le réseau LGBT (lesbian, gay, bisexual, and transgender, lesbiennes, gays, bisexuels et transgenre) a lancé un message d’urgence sur les réseaux sociaux pour les habitants du Caucase du Nord : « Si vous vous sentez en danger, si l’on vous menace, contactez-nous immédiatement à l’adresse kavkaz@lgbtnet.org »

Alexander Artemyev d’Amnesty International en Russie a déclaré sur le site du Daily Mail : « Nous pouvons seulement inviter les autorités russes à examiner les allégations. Les homosexuels en Tchétchénie sont traités très durement et poursuivis quotidiennement et ils ont peur d’en parler. Ils doivent se cacher ou quitter la République. Nous restons en contact avec le réseau LGBT qui aide les gens en Russie à trouver un abri. Le problème est que ces gens-là ne peuvent pas en parler sans mettre leur vie ou ceux à qui ils en parlent en danger. C’est la question principale à laquelle nous faisons face en Russie et le défi principal. »

Ekaterina Sokirianskaia, directrice du projet en Russie du Groupe de Crise International, a aussi expliqué au journal britannique : « Cette histoire ressemble à celle racontée par les victimes qui s’en sont échappées. »

Tanya Lokshina, représentante des Droits de l’Homme à Moscou à de même témoigné auprès du journal : « Depuis plusieurs semaines maintenant, la Tchétchénie a rapidement activé une campagne brutale contre les gens de LGBT. Ces derniers jours, très peu de personnes en Tchétchénie osent parler aux représentants des Droits de l’Homme ou aux journalistes, même anonymement, parce que le climat de peur est écrasant et les gens en grande partie ont été intimidés et contraints au silence. Déposer une plainte officielle contre les responsables locaux de la sécurité est extrêmement dangereux, car les représailles des collectivités locales sont pratiquement inévitables. Il est difficile d’évaluer avec justesse comment les gens de LGBT sont vulnérables en Tchétchénie où l’homophobie est intense et effrénée. Les gens de LGBT sont en danger non seulement de persécution par les autorités, mais aussi d’être victimes de « meurtres d’honneur » par leurs proches, afin de ne pas ternir l’honneur familial. »

Tchétchénie_le retour des camps de concentration_arrestations_wp

De son côté, le Président Razman Kadyrov, allié clé de Vladimir Poutine, a prétendument ordonné la répression, bien qu’officiellement son régime ait nié les arrestations : « Il est impossible de persécuter ceux qui ne sont pas dans la République. »

Razman Kadyrov, qui a introduit la loi islamique dans la région à majorité musulmane et qui été accusé précédemment de violations des Droits de l’Homme, a décrit ces allégations comme « des mensonges absolus et de la désinformation. »

Son porte-parole, Alvi Karimov, a déclaré à son tour à l’agence de presse russe Interfax, située à Moscou : « Vous ne pouvez pas arrêter ou réprimer des gens qui n’existent tout simplement pas dans la République. Si de tels gens existaient en Tchétchénie, l’application de la loi ne devrait pas s’inquiéter d’eux, comme leurs proches ne les auraient pas envoyés là où ils ne pourraient jamais revenir. »

Cependant, la société tchétchène demeure très conservatrice. Et contrairement à d’autres cas où des proches ou des activistes de droits peuvent faire pression sur les autorités lorsqu’un proche homosexuel disparaît, ici ceux qui sont soupçonnés vont probablement être reniés par leur famille.

Enfin, selon le journal américain, The New York Times, des hommes homosexuels de la région ont supprimé leur profil sur les réseaux sociaux suite à des témoignages ayant fait état de représentants de l’autorité qui avait tenté de séduire des hommes homosexuels en leur fixant des rendez-vous pour ensuite les arrêter.

Quant aux rapports russes, ceux-ci prétendent que les arrestations n’ont été de l’ordre que de seulement 15 à 50 individus.

USA : un violeur a un droit parental sur l’enfant issu de son viol

USA_un violeur a un droit parental sur l'enfant issu de son viol_wp

Dans l’État du Maryland, la loi autorise au violeur un droit parental sur l’enfant né de son viol. Il possède ainsi les mêmes droits qu’un père. Il peut s’impliquer en toute légalité dans la vie de la mère et de l’enfant jusqu’à la majorité de celui-ci. Il peut donc demander une garde parentale, comme en cas de divorce.

Le Maryland est l’un des sept États américains qui n’a pas de loi permettant à la victime d’un viol de refuser tout droit parental à son violeur si un enfant vient à naître de ce viol.

En avril dernier, la politicienne Kathleen Dumas a tenté pour la neuvième fois d’élaborer une loi qui autoriserait à la victime le refus de ce droit parental à son violeur.

5 législateurs (masculins) se sont concertés afin de se mettre en accord sur le texte final. Ne réussissant pas à s’entendre, ils ont abandonné, selon le journal The Baltimore Sun. L’un des représentants du camp démocrate, Monsieur Moon, a dénoncé, parmi d’autres, l’absence de femmes à ce genre de débat. Ce qui reflète bien les positions et les décisions prises sur l’avortement par l’administration Trump, uniquement masculine.

En conclusion, le violeur est toujours légalement reconnu comme le père de l’enfant né de son acte odieux.

USA : une nouvelle loi qui restreint l’IVG

USA_une nouvelle loi qui restreint l'IVG_wp

En avril dernier, l’Arkansas a promulgué une loi qui autorisera le mari à poursuivre en justice sa femme qui souhaiterait recourir à l’IVG sans son consentement ainsi que le médecin favorable à la pratique, et ce même en cas de viol conjugal. Elle donnera aussi la possibilité à un violeur de poursuivre en justice sa victime qui voudrait avorter.

Cette loi, baptisée loi 45, concerne également les filles mineures. Ce seront leurs parents ou leur tuteur légal qui auront la possibilité de les poursuivre en justice. Et ce n’est pas tout. Cette loi interdira de même l’IVG tardif, lorsque le second trimestre sera entamé, soit 16 semaines. Elle sera ainsi en accord avec la loi appelée loi « pro-vie » qui « interdit toute procédure requérant l’utilisation d’outils chirurgicaux de la part d’un médecin afin d’extraire le fœtus ». Pourtant, selon l’Association Médicale Américaine (AMA), cette méthode est la plus sécuritaire pour la femme désirant avorter tardivement.

Toute femme qui aura recours à cette procédure sera donc considérée comme criminelle et pourra encourir alors une amende de 10 000 $, soit 9 200 € environ, ou une peine de 6 ans de prison. Quant au médecin, il sera poursuivi pour cause de « dommages civils ».

Alors que de nombreux combats se sont menés dans des États afin d’établir ce droit aux femmes, celui-ci se trouve de plus en plus menacé depuis l’investiture de Donald Trump.

Russie : le site internet « Life » et son odieuse vidéo

Russie_le site internet_Life_et son odieuse vidéo_wp

Rappel. Début de cette année, le Kremlin a adopté « la loi sur les gifles » dépénalisant les violences domestiques, à condition qu’elles n’aient ni entraîné de blessures graves ni été une récidive. Le coupable ne devra alors s’acquitter que d’une simple amende de 470 € au lieu des 2 ans de prison anciennement prévus.

Suite à quoi, en février, le média Life, considéré comme pro-Kremlin, a publié sur sa page Facebook une vidéo montrant les 5 meilleures méthodes de battre son enfant ou un membre de sa famille sans laisser de traces.

Intitulée « Il te bat parce qu’il t’aime », cette vidéo de 47 secondes accompagnée d’un petit air de guitare décrit ainsi de manière abjecte comment donner des coups sans qu’ils puissent se voir. Enrouler son enfant dans un matelas avant de le frapper, placer un livre sur sa tête et donner des coups à travers, frapper le derrière de sa tête avec le plat de la main, positionner les mains pour l’étrangler de sorte qu’aucun bleu ne soit apparent ou taper ses talons ou le dessous de ses pieds à l’aide d’une matraque.

Enfin, bien que cette vidéo ait créé un véritable scandale, elle a été relayée sur YouTube et s’y trouve toujours.

Afghanistan : le « bacha bazi »

Afghanistan_le_bacha bazi_wp

Le « bacha bazi », signifiant littéralement en dialecte afghan « jouer avec les garçons », est une tradition qui perdure depuis des siècles pour symboliser un statut social. Un homme fortuné ou puissant (policiers, hommes d’affaires, politiciens, etc.) possède un garçon de 10 à 18 ans qu’il maquille, déguise en fille, puis abuse sexuellement.

Ces enfants sont enlevés à leur famille pauvre ou vendus à des hommes riches ou de pouvoir pour des divertissements sous forme de danse et des activités sexuelles. Maquillés, habillés en fille et drogués aux opiacés, ils deviennent de véritables jouets sexuels au cours de soirées entre hommes. Invités et hôtes abusent ainsi d’eux comme bon leur semble et pour une durée pouvant aller jusqu’à plusieurs années.

Une enquête de plusieurs semaines menée par l’AFP en 2016 sur 13 familles de garçons enlevés dans les provinces du Helmand, d’Uruzgan et Baghlan a remis en lumière cette pratique, s’étendant de plus en plus au sein de la police. Le porte-parole du gouverneur d’Uruzgan a d’ailleurs admis qu’il y avait un garçon dans presque chaque point de contrôle de la police. Il a également exprimé sa crainte, en cas de tentative de secours de ces enfants, de déclencher la colère des policiers qui abandonneraient alors leur poste et risqueraient d’ouvrir la porte aux Talibans.

Bien que la pratique soit illégale en vertu de la loi afghane, étant « à la fois contre la charia et le code civil », les lois sont rarement appliquées contre les délinquants puissants.

Mais aussi, vivant parfois dans des territoires isolés comme accablées par le chagrin et la honte, les familles ainsi que les victimes se murent dans le silence. Le père d’un garçon rescapé a d’ailleurs déclaré au sujet de son fils : « Ses cicatrices vont mettre du temps à guérir […] Il est comme un mort-vivant […] Incapable de mettre des mots sur son calvaire, il ne parvient pas à reprendre goût à la vie. »