Bangladesh : une loi en faveur des mariages précoces

Bangladesh_une loi en faveur des mariages précoces_wp

Alors que depuis l’époque coloniale britannique, les mariages des mineurs étaient strictement interdits, le 27 février dernier le Bangladesh a adopté une loi autorisant le mariage d’enfants dans des « circonstances spéciales ».

Un véritable choc pour les associations de défense des droits des enfants qui y voient à juste titre un « risque » élevé pour les mineurs.

Cependant bien que cette interdiction existe, elle n’était que très rarement respectée. Selon les chiffres de l’Unicef, 66 % des Bangladaises sont mariées avant l’âge légal de 18 ans, dont 1/3 à l’âge de 15 ans. L’âge légal pour le garçon, lui, est de 21 ans.

Cette nouvelle loi ratifiée par le Parlement vient ainsi remplacer celle en vigueur jusqu’à maintenant. Les « circonstances spéciales » permettant le mariage précoce sont le viol des jeunes filles ou des mineures enceintes avant le mariage.

Rebeca Momin, députée du parti au pouvoir à la tête de la Commission parlementaire en charge de la question des femmes et des enfants, favorable à cette loi, a estimé que ces « circonstances spéciales » ciblaient la protection des droits des enfants nés hors mariage. Elle a affirmé que des pénalités seraient appliquées en cas de violation de l’âge minimum légal, sans avoir pour autant spécifier lesquelles. Elle a aussi certifié que le Parlement avait « pris en compte le point de vue de l’Unicef et d’autres experts » pour l’élaboration de ce texte. Elle a enfin ajouté que cette nouvelle législation répondait à la réalité de vie dans les régions rurales où vivent 70 % de la population représentant les 160 millions d’habitants au Bangladesh. Ce que Chandan Z Gomes, avocat pour Vision du Monde Bangladesh, a d’ailleurs amèrement rapporté : « La peur du viol et des violences sexuelles, des grossesses non souhaitées avant le mariage, du déshonneur de la famille, l’absence de maison et de la faim sont les raisons les plus courantes ». En effet, la pauvreté ainsi que l’insécurité poussent les familles à marier leurs filles très jeunes.

Des arguments qui ne tiennent pas la route pour Nur Khan, représentant de la coalition pour les Droits des Enfants qui regroupe notamment les ONG Save the Children et Action Aid. Selon lui, cette loi n’édicte aucun âge minimum légal pour ces exceptions : « Ce qui signifie que les enfants peuvent être mariés à l’âge de 14 ou de 15 ans ». Il a de même considéré que cette loi était une porte grande ouverte aux abus sexuels et un risque bien réel pour les enfants.

Après l’adoption de la loi par le Gouvernement en décembre, Heather Barr, chercheuse senior auprès de la division Droits des femmes en Asie à Human Rights Watch, a déclaré : « Affaiblir la loi est un retour en arrière pour le combat contre le mariage des enfants, et envoie comme message aux parents que le Gouvernement pense qu’il est acceptable dans certaines conditions ».

Enfin, le Bangladesh est le pays d’Asie connaissant le taux le plus important de mariages précoces.

Publicités

La maladie de l’ « homme-arbre »

La maladie de l'_homme-arbre_wp

Une pause assez particulière ce dimanche.

Abul Bajandar, père de famille Bangladais de 26 ans, originaire du district de Khuna (sud), est atteint d’une maladie de peau génétiquement rare, maladie de peau prenant la forme d’excroissances de peau, cas d’épidermodysplasie verruciforme, verrues géantes s’apparentant à l’écorce des arbres, d’où son appellation commune de la maladie de l’ « homme-arbre »

Ce Bangladais va subir une opération afin d’être libéré de ses excroissances qui se développent depuis dix ans sur les mains et les pieds. Une équipe médicale a été constituée pour réaliser cette opération au Dhaka Medical College and Hospital (DMCH) de Dacca (capitale du Bangladesh), le plus grand hôpital public du pays qui a décidé de prendre en charges les coûts.

Ayant dû mettre un terme à son métier de cyclo-pousse, Abul Bajandar a déclaré à l’AFP (Agence France-Presse) : « Au début, je pensais qu’elles étaient bénignes […] Mais petit à petit, j’ai perdu ma capacité de travail. J’ai maintenant des douzaines de racines de 5 à 7 cm sur les deux mains. Et j’en ai des petites sur les jambes » Ses grosses verrues apparues à son adolescence ont commencé à s’étendre plus rapidement il y a quatre ans et ne pèsent pas moins de 5 kilos aujourd’hui.

Le directeur de l’hôpital, Samanta Lal Sen a expliqué à l’AFP : « Nous avons connaissance de 3 cas dans le monde, dont celui d’Abul Bajandar. C’est la première fois que nous découvrons un cas aussi rare au Bangladesh »

Souhaitons un énorme courage à ce jeune homme en espérant que l’opération, peut-être même les opérations qui s’ensuivront, sera une réussite et pourra lui permettre surtout un meilleur confort de vie.