Fight for Dignity

Rehabilitation des femmes violees par le sport

Née le 7 novembre 1973 à l’Union en Haute-Garonne, Laurence Fischer est une karatéka française spécialisée en combat (kumite) dans la catégorie des poids de plus de 60 kg. Triple championne du monde, dont deux championnats remportés en individuel et un par équipe, diplômée de l’École Supérieure des Sciences Économiques et Commerciales (ESSEC), passionnée pour le théâtre, elle est surtout fortement engagée pour l’éducation par le sport.

Déjà à l’époque où elle jonglait entre ses compétitions et sa scolarité à l’ESSEC, elle était partie entraîner la toute nouvelle équipe féminine de karaté afghane à Kaboul. C’est là qu’elle comprend que le karaté est « un merveilleux outil d’émancipation, d’apprentissage de sa propre liberté ».

Elle décide de poursuivre en apportant son expérience aux victimes de viol de guerre de la République Démocratique du Congo (RDC). Sur la demande d’Alphonsine, l’une des jeunes pensionnaires de l’hôpital Panzi, fondé par le Dr Mukwege, désireuse d’apprendre un sport de combat, Laurence Fischer se rend en RDC en 2013.

Sur place, elle y découvre que : « Le corps est réparé chirurgicalement, on propose de la musicologie, un soutien psychologique, une alphabétisation. Mais rien pour le corps alors que c’est le corps qui est traumatisé ». Elle collabore alors avec la fondation Panzi puis crée en mars 2017 l’association Fight for Dignity afin de permettre à ces jeunes femmes de se reconstruire et reprendre confiance en elle. Elle leur apprend ainsi à se réapproprier leur corps. Voulant rendre son programme de reconstruction par le sport durable, elle engage et forme un professeur congolais qui donne des cours à la fondation. Elle espère également que le flambeau sera repris par certaines femmes qu’elle a enseignées.

« Ce que j’ai compris et appris du karaté, j’ai toujours voulu le partager parce que ça m’a comblée […] il y a quelque chose qui ressort, et pour ces filles, c’est souvent ce qu’elles n’arrivent pas à exprimer autrement, c’est-à-dire de la colère, de la honte. […] Une fois que les filles se sentent mieux et qu’elles sortent de la structure, il faut qu’elles puissent se sentir acceptées malgré ce qu’elles ont subi. On veut donc leur permettre en sortant, grâce à l’apprentissage d’un métier, d’accéder à l’autonomie. »
(Laurence Fischer)

« On les appelle « les survivantes » parce que c’est déjà un miracle qu’elles survivent à ce qu’elles ont subi. »
(Dr Denis Mukwege)

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Le tennis mord la poussière…

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Alors que le prestigieux Tournoi de Roland Garros prendra fin ce dimanche 11 juin et que les yeux restent rivés sur les exploits sportifs des tennismen, on a pu aussi découvrir en parallèle l’envers du décor.

Une bien sombre image de certains de ces sportifs qui s’estiment peut-être au-dessus du commun des mortels, parce qu’ils ont le titre de sportif.

Sans rappeler ce sordide fait divers ayant eu lieu en février 2016 en Allemagne, où une journaliste belge a été agressée sexuellement en plein direct du Carnaval de Cologne,  évènement qu’elle couvrait, le 29 mai dernier, ce fut au tour de Maly Thomas, reporter d’Eurosport, d’en subir la triste expérience.

Le tennisman, Maxime Hamou, 21 ans, éliminé quelques heures plus tôt du premier tour du Tournoi par l’Uruguayen Pablo Cuevas, a eu des gestes plus que déplacés envers Maly Thomas venue l’interviewer en direct.

La séquence vidéo a scandalisé non seulement de nombreux téléspectateurs qui n’ont pas hésité à l’exprimer sur les réseaux sociaux, mais aussi est allée jusqu’à provoquer la réaction de l’ancienne ministre Cécile Duflot qui a commenté sur Twitter : « Il l’embrasse de force, elle tente de se dégager, il la serre par le cou et tout le monde… rigole….. #fatigue »

Quant à Maly Thomas, elle a confié au HuffPost : « Si ce n’était pas du direct je lui aurais collé une droite. […] Il ne donne pas une bonne image de lui. Il se détruit tout seul en faisant ça. » Et tout en dénonçant cette situation « franchement désagréable », elle a mis le doigt sur le reflet « des rapports entre les hommes et les femmes qui peuvent exister dans la vie courante. […] Ce sont des situations que l’on banalise et qui ne devraient pas l’être. »

Malgré les critiques qui ont afflué envers le tennisman, la journaliste a tenu à préciser : « Mon intention n’est pas de banaliser cette scène. Mais je ne souhaite pas en faire une polémique. » Et elle a conclu : « Je ne veux pas que ce genre de scène se répète. »

Jesselyn Silva, 10 ans

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Nouvel espoir féminin de la boxe, un domaine encore très masculin. Cette fillette du haut de ses 10 ans, connue sous le pseudonyme de « JessZilla », commence sérieusement à se faire une place dans ce milieu.

Dénigrée par les garçons au début, elle fut soutenue par ces derniers au fur et à mesure des combats qu’elle remportait.

Boxeuse très prometteuse, elle ne cesse de s’améliorer et se trouve dès lors mise en avant dans les médias.

Cette jeune fille risque fort bien de faire parler encore plus d’elle dans les années à venir, puisqu’elle se prépare pour les J.O. de 2024, où elle souhaite décrocher la médaille d’or.

Emily Sheskin lui a d’ailleurs consacré un court-métrage de 6 minutes, dont cette vidéo intitulée Girl Boxer a été relayée par The New York Times.

La réalisatrice poursuivra son projet. Elle la filmera pendant les 7 ans à venir jusqu’aux J.O.

Brianna Lyston, 12 ans

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Rien de mieux pour se préparer aux Pâques que de se mettre en forme…

Brianna Lyston, 12 ans_oeufs-pattes1_pâques_wpEt si nous ne sommes pas toujours en pleine forme, il y a, en tout cas, cette jeune sportive qui elle pète le feu !

Brianna Lyston, seulement âgée de 12 ans, vient de réaliser des véritables performances dans sa catégorie junior en athlétisme.

Lors des championnats nationaux des collèges en Jamaïque qui se sont déroulés début avril, elle s’est approchée à 2″38 du record mondial du 200 m féminin actuellement détenu par Florence Griffith-Joyner aux J.O. de Séoul en 1988. L’athlète américaine avait terminé la course à 21″34 et dans la catégorie senior. Brianna Lyston l’a fini à 23″72.

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De la même façon, au 100 m, elle l’a terminé à 1″37 du record du monde, toujours senior.

Brianna Lyston, 12 ans_oeufs-pattes2_pâques_wpElle a également brillé en collectif en emmenant son équipe au 4×100 à la victoire.

Dès lors, les commentateurs sportifs subjugués par de telles prouesses la comparent déjà à Usain Bolt. Il semblerait que Brianna Lyston pourrait bien assurer la relève.

À suivre…

« L’Équipe Magazine » brise le tabou des règles

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Alors que nous vivons une époque troublée dans bien des domaines, positifs ou négatifs, certains sujets demeurent encore tabous, notamment UN en particulier ne concernant que la femme…

Entre les extrémistes de Daesh qui prônent l’obscurantisme le plus total pour la femme et les « modélistes » qui propagent l’image de la femme tel un objet, où dans cet entre-deux beaucoup d’entre nous ne s’y retrouvent pas vraiment, il y a un fait naturel qui a été omis, de manière plus ou moins relative, celui de notre période de menstruations.

Baisse d’énergie, maux de ventre ou de tête, manque de sommeil, crampes, bouffées de chaleur, ventre et articulations gonflés, etc. (En gros, l’impression de ressembler à une grosse vache qui se vide de son sang…) Quelle femme n’est pas victime d’au moins de l’un de ces symptômes ?

Pour la quidam, c’est déjà une période du mois douloureuse, à laquelle peut s’ajouter aux symptômes précités la « saute d’humeur », comme certains la définissent avec élégance (n’est-ce pas ?) sans en connaître le pourquoi du comment. Mais dans le milieu sportif, cette période peut s’avérer être plus difficile à supporter.

Et première en France ! Le journal L’Équipe Magazine a souhaité, grâce aux témoignages de sportives, de championnes, briser ce tabou.

Ainsi dans son numéro paru ce 18 février dernier, le magazine sportif L’Équipe a consacré un article sur cette « zone de non-dit » en traitant ce thème des règles chez les sportives, considérées parfois comme hors du commun au regard de leurs exploits sportifs, mais qui restent malgré tout des femmes.

Je vous invite à lire cet article (surprenant peut-être pour vous, messieurs) qui montre une facette de la femme (sa vraie nature) que beaucoup ne prennent que trop à la légère…

La monodiète

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Pas de recette de cuisine donc pour ce dernier mercredi de l’année, mais une astuce forme afin de permettre à son organisme de se reposer un peu entre les fêtes.

Il s’agit de la monodiète. Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ?

Le principe est très simple. Cela consiste à ne consommer qu’un seul et même aliment au cours d’un repas ou pendant 1 à 3 jours ou plus (pour les plus courageux), sans oublier pour autant les principes fondamentaux de la nutrition. Les aliments conseillés de la monodiète sont les pommes, le riz, le raisin.

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L’objectif d’un tel « régime » draconien est d’aider son organisme à mieux se purifier.

Erwann Menthéour, un ancien sportif professionnel et le fondateur de la méthode FitNext, partage sur son site ses connaissances en matière de sport, d’alimentation et de bien-être. Dans son programme, il propose de commencer par une monodiète pour ainsi nettoyer le système digestif et purifier son corps.

Je vous invite donc à consulter son site que vous avez en lien (FitNext) dans cet article pour plus de renseignement et surtout vous permettre de vous faire votre propre opinion sur la question…

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Alors, pour ou contre la monodiète ? Et vous sentez-vous capable de tenter l’expérience ?

Les Jeux Paralympiques d’été – 1ère partie

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Dans la continuité des Jeux de Stoke Mandeville, ces Jeux furent élevés pour la première fois au rang de compétition internationale jamais connu jusqu’alors. À l’origine, pratique thérapeutique pour les vétérans de la Seconde Guerre Mondiale, ces Jeux prirent la forme des Jeux Paralympiques et devinrent une compétition sportive de haut niveau permettant à de nombreuses personnes souffrant de handicap de pouvoir exprimer leur talent sportif.

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Les Jeux paralympiques d’été en 1960 à Rome en Italie, du 18 au 25 septembre, furent les premiers de leur histoire. 8 sports, 57 épreuves, 400 athlètes et 23 pays participants. Ces Jeux furent organisés une semaine après les Jeux Olympiques par le Dr Ludwig Guttman en collaboration avec son confrère le Dr Antonio Maglio. Les seuls sportifs qui participèrent avaient des lésions à la moelle épinière. Le village des athlètes n’étant pas accessible aux personnes en fauteuil roulant, les sportifs durent être portés pour la montée et la descente des escaliers.

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Les jeux paralympiques d’été en 1964 à Tokyo au Japon, du 3 au 12 novembre. 2è édition. 9 sports, dont l’haltérophilie ainsi que la course en fauteuil roulant firent leur apparition, 144 épreuves, 375 athlètes et 21 pays participants.

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Les jeux paralympiques d’été en 1968 à Tel Aviv en Israël, du 4 au 13 novembre. 3è édition. 750 athlètes et 29 pays participants.

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Les jeux paralympiques d’été en 1972 à Heidelberg en Allemagne, du 2 au 11 août. 4è édition. 10 sports, 1 000 athlètes et 44 pays participants.

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Les jeux paralympiques d’été en 1976 à Toronto au Canada, du 3 au 11 août. 5è édition. 13 sports, 1657 athlètes et 40 pays participants. Pour la première fois, des épreuves furent établies pour les athlètes aveugles (le sport, le Goal-ball leur est uniquement réservé) et malvoyants ainsi que pour les amputés. Ce fut aussi la première transmission télévisée quotidienne des Jeux mais seulement dans une partie de l’Ontario.

Ces Jeux furent également les premiers à subir un boycott. L’Afrique du Sud exclue des J.O. depuis 1964 à cause de sa politique d’apartheid, participait cependant en parallèle aux Jeux Paralympiques. Malgré une demande antérieure au CIP de plusieurs nations d’exclure ce pays des Jeux, les organisateurs convia l’Afrique du Sud à y participer. 8 pays boycottèrent en tout les Jeux. Le Kenya, le Soudan et la Yougoslavie furent absents, tandis que Cuba, la Jamaïque, la Hongrie et l’Inde se présentèrent en espérant que l’Afrique du Sud sera exclue en dernière minute, ce qui ne fut le cas, alors ces 4 pays quittèrent les Jeux avant le début de la compétition. La Pologne participa aux premières épreuves puis se retira ensuite. Or, l’Afrique du Sud qui avait envoyé pour la première fois une délégation avec des athlètes noirs (9 sur 39) vécut ses derniers Jeux, puisque le pays sera interdit de participer en 1980. En revanche, la Rhodésie, interdite aux J.O. en 1972 de par sa politique de discrimination raciale, mais qui participait en parallèle aux Jeux Paralympiques depuis 1960, fut exclue de ces Jeux en raison du refus du gouvernement canadien de fournir des visas à ses athlètes.

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Le héros incontestable de ces Jeux fut le Canadien Arnold Boldt, âgé de 18 ans et amputé d’une jambe, qui remporta le saut en longueur à 2,96 m et le saut en hauteur à 1,86 m.

Un autre sportif brilla également, l’Américain David Kiley, en fauteuil roulant, qui battit 3 nouveaux records du monde en course sur le 100 m, le 800 m et le 1500 m. Il obtint aussi la médaille d’or par équipe en basket-ball. De façon générale, les Américains dominèrent ces Jeux, largement en tête du classement au tableau des médailles. Et les Néerlandais ne furent pas en reste non plus, ils s’imposèrent dans les épreuves de natation en remportant 36 médailles d’or.

Par ailleurs, ce fut la première année des Jeux Paralympiques d’hiver qui se déroulèrent à Örnsköldsvik en Suède réunissant 4 sports, 250 athlètes et 14 pays participants.

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Les Jeux paralympiques d’été en 1980 à Arnhem aux Pays-Bas, du 21 au 30 juin. 6è édition. 1 600 athlètes et 42 pays participants.

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Les Jeux paralympiques d’été en 1984 à New York aux États-Unis et à Stoke Mandeville au Royaume-Uni, du 17 juin au 1er juillet. 7è édition. 16 sports, 903 épreuves, 2 900 athlètes et 54 pays participants. Ces jeux furent les seuls à être accueillis par 2 villes hôtes et les derniers à ne plus être organisés par la même ville que les Jeux Olympiques. Ils ne furent pas non plus touchés par le boycott que subira les J.O. à Los Angeles quelques temps plus tard. D’ailleurs, l’Allemagne de l’Est y participa pour la première fois.

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La suite de cette magnifique aventure des Jeux Paralympiques dimanche en l’honneur de leur clôture.

 

Les Jeux Paralympiques – histoire

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Logo officiel actuel

Les Jeux Paralympiques regroupent ainsi des athlètes à handicap physique comme mental, amputation, cécité ou malvoyant, infirmité motrice, cérébrale ou en fauteuil roulant, etc. Les sourds et malentendants n’y participent pas en raison de leurs propres Jeux, les Jeux Olympiques des sourds, les Dreaflympics, historiquement la plus ancienne compétition handisport internationale. Quant aux personnes à handicap mental, elles participaient aux Jeux Olympiques spéciaux avant d’être intégrées en 1996, puis exclues de 2004 à 2012 suite à des tricheries (soucis de classification du handicap et fausse déficience intellectuelle), et réintégrées en 2012 aux Jeux de Londres dans lesquels elles concoururent en athlétisme, en natation et en tennis de table. Les Jeux Paralympiques sont organisés par le CIP, le Comité International Paralympique. Ils se déroulent à l’image des Jeux Olympiques tous les 4 ans en été et en hiver après ces derniers.

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Sir Ludwig Guttmann, né le 3 juillet 1899 à Toszek, dans la région de Voïvidie de Silvésie, en Pologne, et décédé le 18 mars 1980. Neurochirurgien allemand, il fut le créateur des Jeux Paralympiques. L’un des plus éminents neurologues d’avant-guerre (la 2nde), il travailla à l’hôpital juif de Breslau jusqu’en 1939 et fuit la Pologne pour se réfugier en Angleterre où il y sera d’ailleurs anobli dans les années 60 en prenant alors le titre de Sir. En 1944, il fonda le National Spinal Injuries Centre (centre national des blessés de la moelle épinière) à Stoke Mandeville, dans le comté du Buckinghamshire, aux environs de Londres, sous la demande du gouvernement britannique. Il y fut le directeur jusqu’en 1966. Et c’est en 1948 qu’il eut l’ingénieuse idée d’organiser sur le terrain de l’hôpital les premiers « Jeux mondiaux des chaises roulantes et des amputés », « World Wheelchair and Amputee Games », qui seront plus connus par la suite sous le nom des « Jeux de Stoke Mandeville ». Ces Jeux avaient pour but d’aider à la réhabilitation des anciens vétérans et victimes de la Seconde Guerre Mondiale devenus paraplégiques et tétraplégiques par la pratique physique, le sport. Les deux seules épreuves auxquelles deux équipes d’anciens combattants participèrent furent le tir à l’arc et le basket. Les progrès constatés en terme de force, de confiance en soi et d’estime de soi furent impressionnants. Ils permirent à la majorité des patients de rentrer chez eux et reprendre leur ancienne activité professionnelle. Il décida alors de s’engager davantage en permettant à des personnes souffrant ainsi de ces handicaps d’accéder aux sports à tous les niveaux. L’adaptation se passa donc par les pratiques et les règles. En 1952, plus de 130 participants internationaux se rassemblaient pour ces Jeux qui furent reconnus par le CIO comme Jeux sportifs en 1956. La même année, il reçut la Coupe Fearnley en récompense à sa contribution majeure à l’idéal olympique. D’ici, les « Jeux de Stoke Mandeville » devinrent une compétition sportive pour handicapés et les premiers Jeux Paralympiques naquirent alors en 1960. À la même date, il fonda la British Sports Association of the Disabled (Association Sportive Britannique des Handicapés). En 1965, il reçut le titre de Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique, celui de chevalier en 1966, fut élu membre de la Royal Society en 1976 et ne cessa d’œuvrer jusqu’à ses 80 ans. L’un de ses ultimes rêves était la création du premier village olympique pour personnes handicapées à Stoke Mandeville.

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Logo officiel de 1988 à 1994

En 1960, les premiers Jeux Paralympiques virent le jour à Rome. Le pape Jean XXIII nomma d’ailleurs à cette occasion le Dr Ludwig Guttmann « le De Coubertin des Paralysés. » Depuis, les Jeux Paralympiques ont souvent lieu dans la même ville et juste après les Jeux Olympiques. Mais, il faudra attendre les Jeux Paralympiques d’été à Séoul en 1988 pour que les J.O. et les J.P. soient effectivement organisés dans la même ville. En 1976, c’est au tour des premiers Jeux Paralympiques d’hiver de se dérouler à Örnsköldsvik en Suède.

L’origine du nom « paralympique » venait de l’association du mot « paraplégique » avec celui de « olympique », aujourd’hui, par la venue d’athlètes ayant différents handicaps, le terme réunit le préfixe issu du grec « para » c’est-à-dire « en parallèle de » et les dernières syllabes « lympique » de « olympique »

Et bien évidemment afin que la compétition soit le plus équitable, les athlètes présentant des aptitudes fonctionnelles similaires sont placés ensemble ; ils sont classés par catégorie selon leur handicap.

Enfin, les Jeux Paralympiques suivent le même procédé que les Jeux Olympiques au niveau des symboles, ainsi les cérémonies d’ouverture et de clôture, la flamme olympique comme les mascottes.

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Logo officiel de 1994 à 2004

Je vous retrouve mercredi prochain avec un nouvel article sur les Jeux Paralympiques, leurs athlètes qui eux aussi ont marqué l’histoire de ces Jeux…

Tegla Loroupe

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Née le 9 mai 1973 au Kenya, Tegla Loroupe est une athlète qui détient plusieurs records du monde à son actif. Médaillée de bronze aux championnats du monde en 1995 et 1999 sur le 10 000 m, elle est également la première athlète africaine à remporter le marathon de New York en 1994.

Elle a collaboré à la formation de l’équipe des réfugiés des J.O. à Rio (les athlètes) par le biais de sa fondation Tegla Loroupe Peace Foundation créée en 2003, dont la mission est de promouvoir « la coexistence pacifique et le développement socio-économique des individus et des communautés pauvres et marginalisées au Kenya du Nord et la région de la Grande Corne de l’Afrique. » Depuis sa création, la Fondation organise des « Courses de paix » annuelles à travers l’Afrique orientale, plus spécifiquement au Kenya et en Ouganda. Des milliers de participants des tribus de la région ont ainsi participé non seulement à des compétitions sportives, mais aussi à des réunions et des dialogues de paix.

L’équipe olympique des réfugiés – les athlètes

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Petit portrait de ces 10 athlètes qui forment l’équipe olympique des réfugiés, une première dans l’histoire des J.O.

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Yusra Mardini

18 ans, originaire de Damas, en Syrie, cette jeune sportive a disputé le 100 m papillon et nage libre ; bien qu’elle soit arrivée première de la série, elle ne s’est pas qualifiée pour les demi-finales. Fille de maître-nageur et nageuse elle-même, elle dut fuir son pays comme tant d’autres des siens à cause de Daesh. Il y a un an, elle faillit perdre la vie en pleine mer Égée lorsque son embarcation tomba en panne. Elle réussit cependant, aidée par sa sœur, à secourir les 20 passagers en tirant le bateau jusqu’à l’île de Lesbos. Elle poursuivit son périple jusqu’en Allemagne où elle y réside désormais et débuta sa formation dans un club à Berlin le 4 septembre 2015. Elle a expliqué la raison pour laquelle elle a intégré l’équipe : « Je veux représenter tous les réfugiés car je veux leur montrer à tous qu’après la douleur, après la tempête, vient le calme. Je veux les inciter à faire quelque chose de bien dans leur vie. »

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Rami Anis

25 ans, né à Alep, en Syrie, il participe à l’épreuve du 100 m papillon. Il faisait partie de l’équipe nationale de natation. Avec sa famille, il dut fuir la ville ravagée par les bombes, les conflits entre djihadistes, gouvernement et forces alliées. Se réfugiant en Turquie dans un premier temps, il partit et traversa la mer jusqu’en Europe. Dans la douleur, le froid, la faim et la fatigue, il termina sa route en Belgique où il y habite aujourd’hui. Et c’est là qu’il rencontra l’ex-championne Carine Verbauwen qui décela alors son potentiel et prit en charge son entraînement. Selon elle, ce sportif de haut niveau aurait pu représenter son pays aux J.O. Celui-ci a déclaré en conférence de presse : « Je suis fier d’être ici […] Mais je ressens un peu de tristesse de ne pas concourir en tant que Syrien. Nous représentons des personnes qui ont perdu leurs droits fondamentaux et font face à des injustices. »

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Popole Misenga

24 ans, originaire de la République démocratique du Congo, il dispute la compétition de judo des moins de 90 kg. C’est presque à domicile qu’il concourt d’ailleurs, puisqu’il est réfugié au Brésil. À l’âge de 9 ans, il fuit la guerre à Kisangani. Séparé de sa famille, il se cacha huit jours en forêt avant d’être sauvé et envoyé dans un centre d’hébergement pour enfants déplacés à Kinshasa, basé dans un gymnase où venaient s’entraîner des judokas. Ce fut la révélation. Il se passionna pour ce sport et grâce à un entraînement intensif, il devint professionnel. Mais, son entraîneur le maltraita, le priva de nourriture et l’enferma dans une cage à chaque défaite. Après les championnats mondiaux de 2013 à Rio qu’il perd, il demanda asile dans ce pays et trouva alors un nouvel entraîneur, Flavio Canto, médaillé olympique, dirigeant d’une ONG qui propose des cours gratuits aux enfants des quartiers défavorisés. Habitant depuis lors dans une favela avec sa femme brésilienne et leur enfant, il vit dans des conditions difficiles dans un petit logement. Grâce à cette occasion qui lui est offerte, il espère non seulement retrouver sa famille d’origine qui le verra peut-être à la télévision, mais aussi améliorer sa situation financière. Il a lui aussi déclaré à propos de sa participation dans l’équipe : « Je veux faire partie de l’équipe d’athlètes olympiques réfugiés pour continuer de rêver, donner un espoir à tous les réfugiés et dissiper leur tristesse. »

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Yolande Mabika

28 ans, originaire également de la République démocratique du Congo, tel Popole Misenga qui est devenu au fur et à mesure de son parcours un ami et un soutien inconditionnel, elle se présente à l’épreuve de judo des moins de 70 kg. C’est à l’âge de 12 ans qu’elle fuit son foyer sans penser qu’elle ne reverrait jamais sa famille, elle rentrait de l’école lorsque des soldats attaquèrent son village. Transférée à Kinshasa à la même époque que son ami, elle connut un parcours similaire ; son entraîneur la privait de nourriture et confisquait son passeport à chaque destination. Suite aux championnats au Brésil, elle demanda de même l’asile, obtint le statut de réfugiée et progressa en même temps que son ami grâce à Flavio Canto. Vivant actuellement dans une zone dangereuse d’une favela, elle souhaite remporter une médaille afin d’améliorer sa condition de vie et briller à l’international, en particulier dans son pays d’origine. À l’image de son ami, elle espère que sa famille la verra peut-être à la télévision. Elle a ainsi déclaré : « J’espère que mon histoire sera un exemple pour tout le monde. Peut-être que ma famille me verra et que nous serons réunis. »

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James Nyang Chiengjiek

28 ans, originaire du Soudan du Sud, il participe à l’épreuve de course du 400 m. Il était très jeune lorsque son père soldat mourut en 1999 et resta dans son village comme berger. Des années plus tard, il fut contraint de partir par peur que les rebelles l’enlèvent pour le transformer en enfant soldat et se réfugia au Kenya. Il se passionna alors pour la course qu’il pratiqua avec des garçons plus âgés au sein d’un groupe sportif scolaire. Or, n’ayant pas les facultés sportives adéquates, il se blessa souvent mais ne renonça jamais. En 2013, il fut repéré par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) qui lui permit alors d’intégrer la Fondation de Tegla Loroupe. À travers sa participation aux J.O., il espère de tout cœur que le rôle salvateur du sport et de l’entraide brilleront, comme il l’a déclaré : « Nous devons regarder en arrière et voir où sont nos frères et sœurs ; si l’un d’eux a du talent, nous pouvons l’inviter à s’entraîner avec nous et lui permettre d’améliorer sa vie.« 

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Rose Nathike Lokonyen

23 ans, cette souriante Soudanaise se présente pour la course du 800 m féminin. Elle a porté le drapeau de la délégation dans le stade. Ayant dû fuir le Soudan à l’âge de 10 ans, elle fut recueillie dans un camp au nord du Kenya. Comme beaucoup de ses compatriotes, c’est dans ce lieu qu’elle découvrit des années plus tard la course, un sport qui pourtant ne l’intéressait pas. Repérée par un enseignant au cours d’une compétition interscolaire, elle suivit son conseil et participa à une course de 10 km où elle se classa 2è, alors qu’elle ne s’était absolument pas préparée. Prenant conscience de sa grande aptitude, elle décida de s’entraîner sérieusement en rejoignant un centre d’entraînement près de Nairobi. Elle a ainsi déclaré : « Je représenterai mon peuple à Rio et peut-être que si j’atteins mon but, je pourrai revenir et organiser une course pour promouvoir la paix et rassembler les gens. »

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Yiech Pur Biel

21 ans, originaire aussi du Soudan du Sud, il se présente pour l’épreuve de course du 800 m. Comme beaucoup enfants soudanais, il fut recueilli dans l’un des plus grands camps de réfugiés du Kenya, Kakuma, où se trouvent les « enfants perdus du Soudan », issus d’ethnies touchées par la guerre civile ayant anéanti des régions entières du pays et fait des milliers de victimes. Il fuit la violence en 2005 et marcha pendant des jours avant de rejoindre ce centre. Il y commença sa première activité sportive, le football, mais s’aperçut très vite qu’il n’était pas fait pour le jeu d’équipe et ressentait surtout davantage de liberté lorsqu’il courait. Malgré les difficultés évidentes pour un tel l’entraînement, il persista néanmoins et se présenta au concours d’intégration de la Fondation de Tegla Loroupe. Il y passa les épreuves haut la main et se rendit à Nairobi afin de continuer sa carrière. Il a déclaré à son tour : « Je peux montrer aux autres réfugiés qu’il y a de l’espoir pour eux dans la vie. L’éducation, et la course aussi, vous permet de changer le monde. »

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Anjelina Nadai Lohalith

21 ans, issue du Soudan du Sud, elle participe à la course du 1 500 m. Elle vit son village complètement détruit par les soldats en 2001 et fut séparée de ses parents lorsqu’elle fuit. Recueillie dans un camp au nord du Kenya, et à l’inverse de Rose Nathike Lokonyen, elle se découvrit de suite un vrai talent et une passion pour la course. Elle remporta d’ailleurs de nombreuses compétitions interscolaires, au point d’attirer très rapidement l’attention des sélectionneurs. Saisissant que ses capacités pourraient la mener loin, elle s’entraîna dur. Grâce à quoi, elle est portée aujourd’hui par Tegla Loroupe, première athlète africaine à remporter le marathon de New York en 1994, et donc a été sélectionnée pour participer aux J.O. 2016. Elle rêve de remporter la médaille afin de « construire une maison plus confortable » pour son père, mais aussi transmettre un message d’espoir aux réfugiés, comme elle l’a exprimé : « Je suis heureuse, car c’est la première fois que des réfugiés seront représentés aux Jeux olympiques, cela inspirera d’autres réfugiés, car, peu importe où ils sont, ils verront qu’ils ne sont pas juste les « autres personnes » Ils seront les premiers à bénéficier d’un encouragement quant à leur capacité à réussir malgré tout. »

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Paulo Amotun Lokoro

24 ans, Sud Soudanais, il concourt pour la course du 1 500 m. Et pourtant, il n’aurait jamais imaginé qu’un jour il courrait aux Jeux Olympiques, car son parcours est plus qu’étonnant. Alors que l’athlète Tegla Loroupe marquait l’histoire africaine avec ce fameux marathon de New York en 1994 qu’elle gagnait, ce jeune berger vivait paisiblement dans une région qui n’était pas encore touchée par le conflit jusqu’au jour où les soldats sont arrivés. Débutant alors la course sans réellement s’apercevoir qu’il était doué dans cette discipline, il fut vite repéré et démarra un entraînement intensif. Il fut ainsi intégré à l’équipe de Tegla Loroupe avec les autres. Il a déclaré : « Je n’avais même pas de chaussures pour courir […] Je sais que je cours au nom de tous les réfugiés. Je faisais partie des réfugiés là-bas au camp et je me trouve désormais dans une situation à peine imaginable. »

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Yonas Kinde

36 ans, Éthiopien, doyen de cette équipe, il participe au marathon. Cet athlète hors norme, ce masseur de grands sportifs de métier, est un réfugié récent, puisqu’il a dû fuir son pays en 2012, menacé pour ses engagements politiques. Après un passage en Allemagne, il s’est installé au Luxembourg qui a accepté sa demande d’asile. Il y apprend le français, travaille comme chauffeur de taxi et malgré ses longues journées de travail, poursuit sa passion pour le marathon. Il rencontre par le pur des hasards Yves Göldi qui devient son entraîneur et le pousse à dépasser ses limites. Ce qui lui vaudra de se faire un nom au Grand-Duché et dans la région en participant à de nombreuses courses qu’il remporte souvent. Il lui est même arrivé de courir dans la même journée un 10 km le matin suivi d’un 5 000 m et d’un 1 500 m l’après-midi, avec comme résultat 2 victoires et une 2è place au classement. Trop marqué par son passé pour l’évoquer, malgré son sourire qui ne quitte jamais son visage, il est plus motivé que jamais pour disputer cette mythique épreuve des Jeux et a exprimé fièrement d’avoir été choisi dans l’intégration de cette délégation : « Je pense que ce sera un message clé sur le fait que les réfugiés, en tant que jeunes athlètes, peuvent obtenir d’excellents résultats. »

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