World Science Forum

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Le World Science Forum s’est ouvert ce mardi 7 novembre 2017 en Jordanie. Cette série de conférence organisée par l’Unesco et le Conseil International pour la Science fermera ses portes le 11 novembre.

Ce Forum Mondial pour la Science a été fondé en 2003, suite au succès de la Conférence Mondiale pour la Science en 1999, évènement qui avait été aussi organisé par l’Unesco et le Conseil International pour la Science. Afin d’en perpétuer les avantages, toujours sous la tutelle de ces institutions internationales, l’Académie hongroise des sciences accueille cette année ce World Science Forum.

Depuis sa création, ce Forum sur la pertinence sociale et économique, l’influence et les responsabilités de la science, se tient en général tous les deux ans à Budapest. En 2013, il s’est déplacé à Rio de Janeiro. Cette année, il quitte une nouvelle fois les rives du Danube pour celles de la Mer Morte, dans la petite ville de Sweimeh, située à environ une heure de route de la capitale jordanienne Amman.

La période de cet évènement n’a pas été non plus choisie au hasard. Elle a lieu à chaque fois autour du 10 novembre, date marquant ainsi la Journée Mondiale de la Science au service de la paix et du développement.

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Ce Forum, réunissant pas moins de 3000 scientifiques et plus de 400 décideurs politiques, scientifiques et spécialistes de la santé,  issus de 140 pays différents, permettra de faire le bilan sur les ressources limitées de notre planète. Le pétrole sera indubitablement l’un des points centraux comme la gestion de l’eau, enjeu majeur en ce début de notre siècle, ou encore l’éducation, thème qui sera d’ailleurs animé par Dominique Leglu, directrice de la rédaction du magazine Sciences et Avenir. Autour de cette table ronde, participeront aussi le ministre de l’Éducation de Jordanie et le ministre de la Science, de la Technologie et de l’Innovation de Malaisie.

Pour l’ouverture du World Science Forum, le Prince Hassan ben Talal, oncle du roi de Jordanie, Abdullah II bin Al-Hussein, de même présent, a célébré le sacre du synchrotron SESAME, laboratoire basé à Allan étant à la pointe de la recherche scientifique. Ce centre de recherche inauguré en mai 2017 est tout autant emblématique du rôle pacificateur que peut recouvrir la science. Il est le résultat d’une extraordinaire collaboration entre la Palestine, Israël, Chypre, l’Égypte, l’Iran, la Turquie, le Pakistan et la Jordanie. Illustration littérale de « La Science pour la paix », leitmotiv de cette nouvelle édition du Forum.

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« La science est le moteur de la prospérité », a déclaré le célèbre physicien et vulgarisateur scientifique américain Michio Kaku sur la scène du King Hussein Bin Talal Convention Center. Cet auteur de « Physics of the impossible » a tenu à préciser les trois vagues qui se sont succédées depuis la fin du 19e siècle : « D’abord avec l’invention du moteur à vapeur qui aura permis la révolution industrielle. Puis avec l’arrivée de l’électricité. Il y a eu enfin l’apparition de l’ordinateur. Quelle sera, demain, la 4e vague ? ». Il a aussi évoqué un avenir fabuleux où l’intelligence artificielle, les nanotechnologies et biotechnologies pourraient façonner ce futur.

La science en tant que vecteur du progrès humain et social a été également défendue par le Professeur Mark Ferguson, directeur général de la Science Foundation Ireland et conseiller scientifique en chef du gouvernement irlandais : « Famine, épidémie et guerre : ces trois fléaux de l’humanité sont désormais des challenges que la science peut résoudre. Cela pouvait avoir un sens jadis de faire la guerre pour prendre possession d’une mine d’or, cela n’en aurait plus pour s’emparer de la Silicon Valley ».

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Enfin, avec cette cérémonie d’ouverture, ponctuée de surprenants intermèdes musicaux célébrant la Terre et l’environnement, qui s’est montrée haute en couleurs, la Jordanie a voulu transmettre un message suggérant qu’elle entende bien se placer à l’avant-garde de la recherche scientifique dans cette région du monde. Mais sans pour autant omettre les difficultés en la matière dont font face les pays arabes, tel que l’a spécifié le Prince : « Nous avons chaque année moins de publications scientifiques que la seule Université de Harvard. Mais peut-on comparer le budget de Harvard avec celui de nos instituts de recherche ».

Et de cette matinée d’inauguration, les participants n’ont pu que retenir l’implication du royaume par la présence de la famille royale, notamment le rôle pilier de la cousine du roi de Jordanie, la Princesse Sumaya bint El Hassan, présidente de la Royal Scientific Society, dans l’organisation de cette édition proche-orientale, ainsi que la présence de nombreux jeunes jordaniens dans le public afin de démontrer qu’ils prétendent à ce que les lignes de la science de demain ne se décident pas sans eux.

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Californie : la liquéfaction, une alternative à la crémation

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Machine high-tech d’hydrolyse alcaline de l’entreprise Qico – photo Qico

En cette fin d’octobre, la Californie vient de ratifier une loi permettant aux individus de liquéfier leur corps après leur mort, une solution qui serait plus écologique et moins chère que l’incinération. C’est le 15e État des États-Unis à entériner une loi autorisant ce système pour les corps humains. Cette loi qui entrera en vigueur le 1er juillet 2020 ne connaît aucune équivalence en Europe.

Cette technique appelée « aquamation » ou « crémation sans flamme » consiste au processus chimique de l’hydrolyse alcaline. Ce procédé fut breveté aux États-Unis en 1888 pour le traitement des os et des déchets animaliers, modernisé ensuite par deux professeurs un siècle plus tard.

Le corps est ainsi liquéfié dans un « bain chimique » contenu dans une machine spéciale. Ce bain est constitué d’eau et d’un alcalin ou d’un sel dérivé d’un métal alcalino-terreux, généralement de l’hydroxyde de sodium ou de potassium ou une combinaison des deux. L’ensemble est chauffé durant plusieurs heures à 180°C pour une pression d’environ 10 bars. Cette solution dissout alors les protéines, le sang, les graisses, les muscles présents dans les tissus et les os, sachant que le pourcentage restant du corps humain est déjà de l’eau, aux alentours de 55 % chez une femme adulte de 70 kg et 60 % chez un homme aux mêmes critères. Lorsque la « cuisson » arrive à terme, le bain chimique devient un liquide de couleur café, dans lequel se retrouvent les os en poudre et les implants métalliques du défunt, les obturations dentaires en or ou en argent notamment. Les restes du corps sont retirés de la machine puis concassés dans d’autres appareils, identiques à ceux employés dans les crématoriums pour les éléments ayant résisté à l’incinération. Les os en poudre, les « cendres », sont remis aux proches dans une urne, pratique interdite en France depuis 2008.

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Unité d’hydrolyse alcaline dans un dépôt mortuaire à Windom – Minnesota – photo Joe Wilson

Concernant cette machine spéciale, son prix varie entre 150 000 $ pour la plus basique et 500 000 $ pour la plus luxueuse. Ce prix qui diffère est bien sûr en fonction du fabricant et de la rapidité de l’exécution. Par exemple, le fabricant Bio-Response Solutions facture 150 000 $ pour une machine effectuant une dissolution complète en 16 heures et 220 000 $ en 3 heures.

Bien que cette méthode puisse paraître quelque peu rebutante, elle séduirait pourtant de plus en plus de directeurs de morgue aux États-Unis, selon la société californienne Qico, l’entreprise de « crémation durable ». D’ailleurs, elle n’hésite pas à mettre en avant sur son site Internet l’atout écologique de ce procédé : « la liquéfaction émet un tiers de moins de gaz à effet de serre que la crémation ». Elle prétend également que le coût de ce dispositif revient moins cher aux proches qu’un enterrement ou une incinération.

Cependant, cette alternative est devenue un sujet à polémique outre-Atlantique, ce que The New York Times a rapporté, dont des témoignages déplorent que le liquide soit rejeté dans les égouts locaux alors que ce fluide riche en nutriments pourrait servir d’engrais. Mais aussi, cette controverse ne semble pas s’appliquer qu’outre-Atlantique, car même si cette pratique est utilisée pour les restes d’animaux, il n’est pas certain pour le moment que les Américains adhèrent à cette méthode peu orthodoxe.

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Unité d’hydrolyse alcaline de l’entreprise Bio-Response Solutions à Danville – Californie – photo Joe Wilson

Un patch qui réduit les bourrelets graisseux des souris

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Des scientifiques américains de l’Université Columbia à New York viennent de mettre au point un patch permettant de réduire la masse graisseuse. Ce dispositif a été testé pour le moment uniquement sur les souris.

Leurs travaux ont été publiés dans la revue ASC Nano et montrent des premiers résultats très encourageants.

Le patch est constitué de minuscules seringues qui injectent des nanoparticules de 250 nanomètres de diamètre. Ces seringues infusent sans douleur une substance active, dans ce cas un antidiabétique, au niveau de la peau qui s’élimine ensuite progressivement. Ce patch a pour objectif de transformer la graisse blanche, stockant les cellules graisseuses, en graisse brune, dégradant les graisses.

Pour arriver à ce résultat, les chercheurs ont testé ce patch sur des souris obèses. Ils leur ont posé de chaque côté de l’abdomen deux patchs, dont l’un diffusant un antidiabétique et l’autre étant un placebo. Elles ont porté ces patchs tous les trois jours pendant quatre semaines. Les premiers résultats ont montré une réduction des bourrelets et du niveau de taux de sucre dans le sang de 20 % du côté du patch actif. Des analyses génétiques ont conforté ces résultats en démontrant en outre que la partie du corps traité avec le patch actif présentait davantage de gènes liés à la graisse brune. Une preuve manifeste de cette transformation des tissus adipeux blancs au bénéfice des tissus adipeux bruns.

Cependant, ce patch doit bien sûr être désormais testé sur l’Homme et la recherche sera longue sans pouvoir garantir dans l’absolu ce même résultat.

Malgré tout aussi, ces premiers travaux s’avèrent prometteurs et sont donc à suivre…

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Un matériau innovant pour les écrans de téléphones mobiles

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Une première en matière de technologie des smartphones !

Des chimistes ont réussi à concevoir un matériau conducteur d’électricité qui se répare tout seul.

Des scientifiques en chimie de l’Université de Californie à Riverside aux États-Unis ont présenté devant la Société américaine de chimie ce matériau innovant qui pourrait être ainsi utilisé pour les écrans de téléphones portables.

Cette auto-réparation s’est permise grâce aux liaisons chimiques du polymère, comme l’a expliqué Chao Wang, l’un des inventeurs : « Il existe deux types de liaisons chimiques dans les matériaux. Les liaisons covalentes sont solides et ne se reforment pas une fois cassées ; tandis que les liaisons non-covalentes sont plus fragiles mais aussi plus dynamiques. Par exemple, les liaisons hydrogène qui lient les molécules d’eau entre elles sont non-covalentes : elles se brisent et se reforment en permanence, ce qui permet la fluidité de l’eau. » Ayant concentré leurs travaux sur cette forme de liaison non-covalente, les chercheurs ont pu mettre au point ce matériau composé de sel et d’un polymère très étirable jusqu’à 50 fois sa taille initiale, qui après avoir été brisé se reforme pour reprendre son aspect d’origine en à peine 24 h.

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Un matériau qui se répare tout seul en pouvant s’étirer jusqu’à 50 fois sa taille d’origine – photo WANG LAB

Cependant, un matériau qui s’auto-répare a déjà été pensé il y a 3 ans par le constructeur coréen LG. Ce dernier avait sorti un premier téléphone mobile à écran incurvé avec une coque arrière munie d’un matériau se réparant après avoir subi des petites rayures. Or, il n’était pas conducteur d’électricité. Alors qu’ici, les chimistes ont non seulement réussi à créer un matériau aussi performant, mais de surcroît conducteur d’électricité.

Il ne reste plus maintenant qu’aux chercheurs à améliorer les propriétés de ce matériau afin d’assurer que celles-ci demeurent stables dans des conditions de grande humidité.

Bientôt donc, adieu les rayures sur l’écran !

Les panneaux solaires prennent de la couleur

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Superbe innovation made in France en matière de solaire !

La société française Sunpartner a inauguré sa première ligne de fabrication industrielle de panneaux solaires colorés et transparents s’intégrant à la façade même des bâtiments.

Ce marché devrait représenter plus de 2,5 milliards € dès 2023.

Cette entreprise basée à Rousset dans les Bouches-du-Rhône vient ainsi d’inaugurer ce 5 octobre sa première ligne de panneaux solaires colorés et transparents qui s’insèrent à la façade propre des bâtiments et d’une capacité de 150 000 m2 par an. Avec le soutien de la Banque européenne d’investissement (BEI) qui a engagé un montant de 15 millions €, cette innovation met déjà l’eau à la bouche de nombreux investisseurs.

Or cette idée date de 2008. Le fondateur Ludovic Deblois décide alors d’entreprendre des recherches de production d’énergie solaire qui pourrait s’assimiler aux bâtiments dans le respect conceptuel de ces derniers. Bien qu’actuellement les panneaux photovoltaïques conservent leur fonction première d’exploiter au maximum le rayonnement solaire, ils restent majoritairement très visibles et inesthétiques. La volonté du fondateur a été donc d’inclure ces panneaux dans les murs en faisant d’eux un élément architectural design. Et ce qui fut une utopie à cette époque s’est concrétisée aujourd’hui par un encadrement juridique. De plus en plus l’énergie solaire est considérée comme l’avenir, notamment au niveau des bâtiments qui produiraient à eux seuls l’énergie dont ils auraient besoin. « La réglementation européenne sur les bâtiments à énergie positive est une formidable opportunité pour Sunpartner. La façade verre ou opaque devient productrice d’énergie et favorise ainsi l’autoconsommation », a d’ailleurs déclaré Ludovic Deblois. Avis partagé par le Réseau de transport d’électricité (RTE) gérant les lignes à haute tension qui estime que l’autoconsommation va radicalement modifier la distribution électrique.

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« Rendre invisible la production d’électricité », tel est l’objectif de Sunpartner. Ayant baptisé ses produits par l’abréviation Wysips, signifiant « What you see is photovoltaïc surface » (Ce que vous voyez est une surface photovoltaïque), il aura fallu toutefois à la société de maints efforts de recherche ainsi que 150 brevets déposés afin de rendre ces panneaux invisibles.

« Wysips s’appuie sur une technologie concurrente du silicium cristallin, les couches minces du cuivre, gallium, indium, sélénium (CGIS). Cette famille de minéraux est capable de capter les électrons même dans une structure désordonnée. Le rendement de conversion de cette technologie (autour de 15%) est inférieur au silicium (20%), mais les avantages sont nombreux : fabrication facile (le CGIS s’étale comme une peinture en couche de 10 à 100 microns sur des supports de verre ou de polymère), coûts de production faibles, génération d’électricité dès qu’apparaît la lumière du jour. Ces panneaux peuvent donc se découper aux tailles demandées et n’ont pas besoin d’être posés inclinés face au rayonnement solaire. On peut donc les mettre en façade. » (Loïc Chauveau, journaliste du magazine Sciences et Avenir)

Le seul souci est que ces panneaux sont de couleur noire. Alors Sunpartner a eu l’idée de modifier la couche de CGIS en développant avec leurs fournisseurs de machines-outils, un laser spécifique permettant de perforer ou diminuer cette couche afin que la lumière puisse traverser. Franck Edme, ingénieur en charge de cette ligne de production, a ajouté : « Nous perdons de ce fait du rendement électrique, mais nous multiplions les usages ». Et ce sont ces usages qu’apporte en valeur ajoutée Sunpartner.

Des fenêtres intelligentes. La société est parvenue à produire des vitres complètement transparentes qui gardent une capacité de production de 18 à 50 Watts crête (puissance maximale d’une installation) par m2 (Wc/m2), équivalant à la puissance d’alimentation utile pour un store, une ouverture automatique ou encore une alarme. Thierry Godard, commercial de la société pour l’Asie, a spécifié : « Nous proposons ainsi des fenêtres dont les fonctions automatiques sont indépendantes du système électrique de la maison et n’ont donc pas besoin d’être câblées au réseau. » Et ce système peut également s’appliquer aux véhicules de transports (les vitres n’ont plus besoin d’être reliées à la batterie) ainsi qu’à l’aviation. D’ailleurs, Airbus est en train de tester des hublots qui s’opacifient sans qu’ils aient la nécessité d’être reliés à l’alimentation électrique générale de l’appareil.

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« Des montres et des téléphones alimentés par des petits panneaux solaires », tel est l’autre objectif de Sunpartner.

Les objets connectés. L’entreprise a déposé des brevets pour des petites pastilles de CGIS appliquées sur des polymères pouvant ensuite se coller sur des montres, des téléphones portables. Franck Edme a expliqué : « Ces puces ne permettent pas une autonomie totale de l’objet mais réduisent les besoins de recharge. Par ailleurs, la batterie n’est jamais à plat ce qui est précieux quand on travaille en extérieur ou quand on fait une randonnée. » Ce même 5 octobre, Sunpartner a du reste annoncé son partenariat avec la société chinoise Truly, située à Shenzhen, pour la production en masse d’écrans solaires destinés aux objets dits itinérants. Et dès 2018, des montres bracelets équipées d’un composant photovoltaïque ultra fin vont être proposées sur les marchés européens et asiatiques. Ludovic Deblois a conclu : « Cette application devrait se développer encore plus avec les Oled, ces éclairages intégrés beaucoup plus économes en énergie où les cellules photovoltaïques seront encore plus pertinentes. »

Enfin Sunpartner qui avait proposé aux architectes de mettre en valeur l’esthétique des panneaux solaires vient de remporter la médaille d’or du concours de l’innovation du « Mondial du bâtiment », qui ouvrira ses portes le 6 novembre prochain à Paris, avec son produit « caméléon ».

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Le « MasSpec Pen »

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Des scientifiques américains, chercheurs et ingénieurs de l’Université du Texas à Austin, ont créé une sonde manuelle de la taille d’un stylo qui détecte des cellules cancéreuses dans des tissus en quelques secondes seulement.

Actuellement, plusieurs jours sont nécessaires aux laboratoires afin de vérifier si aucune cellule cancéreuse ne subsiste dans les échantillons prélevés au cours de l’intervention chirurgicale.

Grâce à cette sonde, les chirurgiens pourront dès lors savoir rapidement si l’ensemble de la tumeur cancéreuse a bien été extrait.

En 10 secondes, cet outil ainsi baptisé MasSpec Pen est donc capable de déterminer en temps réel si la totalité de la tumeur cancéreuse a bien été enlevée après une opération chirurgicale. Car, des résidus de tissus cancéreux qui peuvent rester sont un risque de rechute pour le patient. Il permet d’extraire en douceur des molécules d’eau présentes dans les tissus en pompant un volume d’à peine 10 microlitres, soit 1/5 d’une goutte d’eau. Ces molécules sont acheminées par un tube souple vers un spectromètre qui calcule les différentes masses moléculaires dans l’échantillon et évalue la présence de cellules cancéreuses.

Suite aux résultats d’analyse sur 253 échantillons de tissus humains cancéreux et sains issus du poumon, de l’ovaire, de la thyroïde et du sein, ces scientifiques ont pu établir un profil moléculaire identifiant l’existence d’un cancer avec un taux de précision de plus de 96 %. Testée également sur des souris vivantes, cette sonde a pu localiser sans erreur la présence de cellules cancéreuses sans endommager les tissus sur lesquels ont été pris les échantillons.

Selon ces scientifiques, cette sonde pourrait être encore plus précise en étudiant un plus grand nombre d’échantillons. Il serait de même possible de l’utiliser pour diagnostiquer un éventail plus important de tumeurs dans différents types de tissus.

En parallèle, ils rappellent que la technique actuelle d’analyse employée pour définir si un tissu est sain ou cancéreux est lente et parfois inexacte. Qui plus est, il faut 30 minutes voire plus à un pathologiste pour préparer un échantillon et estimer s’il est cancéreux ou pas. Ce qui présente un risque accru d’infection et d’effets néfastes de l’anesthésie pour le patient. Aussi, l’interprétation de l’échantillon de tissu pour certains cancers est difficile et peut entraîner un niveau d’erreur dans les résultats allant de 10 à 20 %.

De son côté, le Docteur James Suliburk, chef du service de chirurgie endocrinienne à la faculté de médecine Baylor au Centre médical de Houston au Texas, ayant collaboré à ce projet précise : « Cette nouvelle technologie nous permet d’être beaucoup plus précis en sachant exactement quels tissus retirer ou laisser. […] Bien que maximiser l’ablation de la tumeur cancéreuse soit essentielle pour améliorer les chances de survie du patient, enlever trop de tissus sains peut avoir des effets néfastes étendus. »

Enfin, ces créateurs prévoient de se servir du MasSpec Pen en 2018 lors d’interventions chirurgicales pour extraire des tumeurs. En outre, ils ont déposé une demande de brevet pour cette technologie et ses applications aux États-Unis et souhaiteraient également que cette protection s’étende au niveau mondial.

L’Université Mc Gill à Montréal au Canada a présenté en juillet dernier un outil similaire, une sonde portative qui s’allume lorsqu’elle est en contact avec des cellules cancéreuses. La commercialisation est prévue dans les 5 ans à venir.

5 inventeurs européens primés par le MIT

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USA – Cambridge – MIT – Massachusetts Institute of Technology

La prestigieuse Technology Review du MIT (Massachusetts Institute of Technology) à Cambridge aux États-Unis a distingué le 14 septembre dernier à la Station F, inaugurée le 29 juin de cette année, à Paris 5 innovateurs européens de moins de 35 ans.

Parmi plus d’un millier de candidats à l’origine, 35 d’entre eux âgés de moins de 35 ans ont été retenus et 5 ont reçu un prix, chacun dans une catégorie spécifique : inventeurs, entrepreneurs, visionnaires, pionniers et humanitaires. La remise des prix décernés s’est ainsi déroulée à cette station de start-up à Paris.

Les 5 innovateurs récompensés sont :

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Enass Abo-Hamed (Royaume-Uni) – « visionnaire » européenne 2017 pour son travail sur les stations de stockage d’énergie à H2
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Julien de Wit (Belgique) – « pionnier » 2017
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Victor Dillard (Belgique) – mention spéciale « entrepreneur » 2017
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Thibault Duchemin (France) – « humanitaire » 2017
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Solveiga Pakstaite (Royaume-Uni) – « innovatrice » 2017

Ce prix « Innovators Under 35 » est décerné depuis 2011 dans 6 pays européens, donc hors États-Unis. Et cette année, des candidats de 28 pays de l’Union européenne ont participé à cet évènement symbolique.

Les projets présentés par les 35 candidats restés en lice concernaient tous les domaines des sciences et des technologies. Par exemple :

  • SafetyNet (Royaume-Uni) a proposé un système lumineux permettant aux pêcheurs de n’attraper que des espèces de poissons désirées.
  • Gleechi AB (Suède) a montré son travail sur le réalisme des mouvements corporels et robotiques en réalité virtuelle.
  • Lilium (Allemagne) a exposé son jet électrique transportant des passagers, décollant et atterrissant à la verticale.
  • Crafting Wearables (Pays-bas) a affiché ses vêtements du futur s’adaptant selon les situations.
  • Human Instruments (Royaume-Uni) a dévoilé ses instruments de musique pouvant être joués les mains libres par des interprètes atteints d’un handicap physique.

Quant aux autres nombreux projets, ils révélaient des dispositifs médicaux, des systèmes de traçabilité des aliments, de l’énergie, de l’environnement, du transport, etc. ou encore des mécanismes innovants dans bien des domaines différents.

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Des prothèses de genou intelligentes

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Le dispositif fournit une imagerie dynamique en 3D permettant de voir l’articulation du genou sous tous les angles pendant que le patient marche – photo BONETAG

De par sa société Bonetag qu’il a fondée en 2014, le chirurgien orthopédique français de Cabestany dans les Pyrénées-Orientales, Stéphane Naudi, a créé une puce RFID (Radio Frequency Identification) afin de connecter les prothèses de genou. Cette puce permet au médecin ainsi qu’au patient de savoir si une prothèse de genou est défaillante, soit par la perte d’adhérence à l’os ou causée par une infection, mais aussi si la prothèse doit être remplacée. Sa société a d’ailleurs été plusieurs fois primée en recevant notamment les prix des concours i-Lab et Netva qui récompensent des entreprises de technologies innovantes.

« Avec l’Institut d’Électronique et des Systèmes de l’Université de Montpellier, nous avons mis au point une puce qui se place dans une petite encoche sur la prothèse et qui est « scannable » par un lecteur : une raquette RFID, comme celle qu’utilisent les vétérinaires pour lire la puce électronique d’un animal, ou un smartphone incluant la lecture RFID, une option qui tend à se démocratiser », comme le chirurgien l’a déclaré auprès du magazine Sciences et Avenir.

L’idée du chirurgien est venue du fait qu’il existe aujourd’hui un défaut dans le système de gestion des prothèses.

Près de 100 000 prothèses totales du genou sont implantées chaque année en France à des patients souffrant d’arthrose. Celles-ci disparaissent ensuite avec le patient. Aucun registre ne regroupe les données correspondant à ces prothèses : le modèle, la date de la pose, la durée gardée par le patient, etc.

Et le problème se trouve ici. Si le patient ne peut se souvenir du modèle de sa prothèse, du chirurgien qui lui a posé, il n’y a aucun moyen de retrouver ces critères. De la même façon qu’il est difficile de connaître le moment de changer la prothèse. Ce qu’a expliqué le chirurgien : « Le « ciment chirurgical », qui fixe la prothèse, perd son adhérence à l’os au bout de 15 ans, mais parfois au bout d’une seule année […] Le chirurgien est obligé d’opérer pour savoir s’il est nécessaire de changer le modèle ». En outre, le chirurgien peut de même découvrir que la prothèse s’infecte sans que le patient n’ait ressenti quoi que ce soit.

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Imagerie dynamique en 3D – photo BONETAG

D’où l’idée de la conception de cette puce contenant ces informations qui sont par la suite transmises à un logiciel donnant ainsi le modèle de la prothèse, son état d’usure et son infection potentielle. Une imagerie dynamique en 3D est également mise au point afin de visualiser l’articulation du genou sous tous ses angles durant la marche. « La radio ne donne qu’une image fixe de l’articulation, or la voir bouger est un vrai plus pour le médecin afin d’évaluer le bon mouvement de la prothèse », tel que l’a précisé le chirurgien.

Les informations alors récoltées sont stockées dans un registre afin d’assurer le suivi et la traçabilité. Et pour éviter les risques de piratages, le numéro de la prothèse est dissocié du nom du patient.

Cependant pour que ce dispositif soit intégré dans les nouveaux modèles de prothèses de genou, les fabricants français comme internationaux doivent être convaincus de son efficacité. Actuellement, une vingtaine d’industriels se partage le marché mondial et 6 représentent 70 % de la globalité.

Bien que des fabricants français soient intéressés, il reste encore des études à mener sur l’animal, notamment la brebis, et sur l’homme, prévues en 2018, pour valider l’efficacité du dispositif. Et malgré la volonté du chirurgien de rendre disponible cette puce sur le marché dès 2019, la concurrence est déjà là.

Une équipe de chercheurs à Brest a décroché en août de cette année une subvention publique d’environ 8 millions € pour le développement d’un projet similaire devant être commercialisé d’ici 2025.

La Birmanie entre dans l’ère de la technologie

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La Birmanie ou Myanmar, petit pays d’Asie du Sud-Est continentale ayant une frontière commune avec le Bangladesh, la Chine, l’Inde, le Laos et la Thaïlande, vient de connaître une véritable révolution.

Depuis 1962, ce pays a connu des dictatures successives. De 1988 à 2011, il était dirigé par une junte appelée le Conseil d’État pour la paix et le développement. En 2011, cette junte a laissé officiellement la place au pouvoir civil actuel gouverné par l’un de ses anciens membres, même si l’autorité militaire demeure prépondérante dans les faits. S’ouvrant alors sur le monde, par l’intermédiaire de l’Union européenne et des États-Unis qui ont levé en 2012 l’embargo qu’ils imposaient au pays depuis les années 90 sauf sur la vente des armes, la Birmanie a pu relativement se libéraliser.

En quelques années, elle est passée de l’analogie au numérique et a désormais accès à la téléphonie mobile et à Internet. Mieux encore, c’est la réalité virtuelle qui se développe. De nombreuses start-up et incubateurs d’entreprises du numérique birmans travaillent sur la question. D’ailleurs l’enseignement et le patrimoine national en bénéficient déjà.

Europe : numéro 1 des éoliennes en mer

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L’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) a rendu public un rapport ce lundi 27 août : l’Europe totalise 3 230 éoliennes en mer connectées en 2015, correspondant à plus de 90 % de la puissance totale répartie dans le monde. La puissance produite par ces dernières atteint 11 000 MW.

La France qui n’a toujours pas d’éoliennes en mer prévoit d’attribuer jusqu’à 6 000 MW d’ici à 2023 en plus des 3 000 MW qui devraient être installés à cette échéance.

Ce qui n’est pas le cas du Royaume-Uni qui arrive en tête, représentant à lui seul 46 % de la puissance mondiale établie en 2015. Suivent ensuite l’Allemagne avec ses 30 % et le Danemark avec ses 11,5 %.

Hors de la zone Europe, la Chine est le 4e marché mondial avec une puissance implantée ayant dépassé les 1 000 MW fin 2015, équivalant à 8 % du total mondial.

Concernant les parcs éoliens flottants en Europe, ils ne sont encore qu’au stade de projets pilotes, notamment en Norvège, Écosse, Portugal et France.

Selon les données les plus récentes permettant une synthèse de ces données, celles de 2013 évaluent : l’économie maritime française employait 460 000 personnes et générait 35,6 milliards € de valeur ajoutée, soit 1,5 % du PIB du pays.