Tanzanie : des femmes hétérosexuelles se marient entre elles pour protéger leurs droits

Tanzanie_des femmes hétérosexuelles se marient entre elles pour protéger leurs droits_wp

En Tanzanie, une tradition appelée nyumba ntobhu, dont l’origine exacte reste inconnue, se perpétue depuis des siècles dans le peuple Kuria. Elle permet aux femmes totalement hétérosexuelles de se marier ou se remarier entre elles pour garder leurs droits.

Cette coutume leur concède non seulement la conservation de leurs droits, notamment celui de leur propriété, qui revient traditionnellement à la belle-famille lorsque le couple n’a pas eu de garçon, seul héritier légitime, mais aussi d’obtenir plus d’indépendance et de protection contre certaines violences.

Cette tribu éclatée au cœur du pays et au Kenya compterait près de 700 000 personnes.

Selon une estimation, entre 10 et 15 % des femmes de cette tribu auraient recours à cette coutume et ce pourcentage serait en augmentation. Deux raisons principales seraient à la base de cette hausse. Un meilleur équilibre au sein du couple et surtout une préservation à l’encontre des violences conjugales, dont 45 %, voire 72 % dans certaines régions, de la population féminine en Tanzanie seraient victimes.

Tel est le cas de Mugosi Maningo, 49 ans, stérile, et Anastasia Juma, 27 ans, ayant eu trois fils de sa précédente union, mariées, vivant ensemble, épanouies et heureuses dans leur petit village de Nyamongo, en Tanzanie.

Une autre d’entre elles, Pauline Mukosa, en couple avec une femme, a expliqué que son père avait essayé à plusieurs reprises de la marier à des hommes inconnus et suite à ses refus ou ses attitudes rebelles ayant provoqué le rejet de ces hommes, il l’avait battue pour désobéissance. Sa future femme s’était alors proposée de payer la dot coutumière de 7 vaches pour l’épouser. Aujourd’hui, elles ont deux fils et un amant pour agrandir la famille.

Ces mariages étant conçus comme des unions libres, il donne la possibilité à ces femmes de choisir librement des amants afin de tomber enceinte. Lorsque l’enfant né, le géniteur n’a aucun droit sur ce celui-ci qui est systématiquement affilié au couple officiel, à moins que le père décide de le reconnaître, ce qui ne se produit pratiquement jamais. Les deux mères partagent alors les responsabilités parentales.

Or, l’acceptation de cette pratique est d’autant plus surprenante dans ce pays puisqu’en contradiction l’homosexualité y est interdite, passible de prison à vie et exclue parmi les tribus.

Pourtant ces mariages, sans valeur légale ceci dit, simplement administratifs et reconnus par la « pratique », sont très respectés et protégés par les conseils des anciens. D’ailleurs, un homme qui brutaliserait l’une de ces épouses ou tenterait de lui voler la propriété de son couple s’exposerait à de sévères sanctions.

Publicités

Tanzanie et Zanzibar en danger

tanzanie-et-zanzibar-en-danger_paysage_wp

Surnommé « la perle de l’Océan indien », le Zanzibar est un archipel situé au large des côtes de la Tanzanie à laquelle il appartient. Devenue la nouvelle destination à la mode pour les couples de jeunes mariés et les riches touristes, la Tanzanie connaît une véritable avancée touristique. Ce pays a même battu son très célèbre voisin le Kenya, souvent touché par des attentats terroristes, avec plus d’1 million de visiteurs qui viennent ainsi chaque année. En dix ans, le pays a triplé sa fréquentation touristique.

tanzanie-et-zanzibar-en-danger_rock_wp

Mais ce coin paradisiaque classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO est de nos jours menacé. Entre la volonté politique d’évoluer économiquement afin de répondre à une demande touristique de plus en plus croissante, la précarité la population en générale, les problèmes de drogue, l’exploitation des mines de tanzanites et les traditions barbares ancestrales, le pays vit actuellement dans la tourmente.

tanzanie-et-zanzibar-en-danger_ile_wp

Le souhait politique de valoriser coûte que coûte la fréquentation touristique a engendré l’expropriation des terres des populations autochtones, notamment les Massaïs. Chassés de gré, mais surtout de force, parfois à coups de fusil, de leur territoire pour laisser place à l’implantation d’infrastructures et aménagement automobile pour les safaris, les Massaïs n’ont plus d’endroit où se réfugier. Certains d’entre eux ont choisi alors de regagner les villes afin de s’aventurer dans l’exploitation de mines de tanzanites. Joyaux du pays qui se vendent chez les plus grands bijoutiers du monde, ils représentent une importante source de revenus pour leurs exploitants et une terrible souffrance pour leurs exploités. Plusieurs dizaines d’enfants creusent jour et nuit avec du matériel rudimentaire afin de dénicher la pierre qui leur permettra de sortir de la misère.

tanzanie-et-zanzibar-en-danger_elephant_wp

28 % de la population vivent en dessous du seuil de la pauvreté national. Et 28 % de jeunes étaient seulement scolarisés en 2009.

tanzanie-et-zanzibar-en-danger_boats_wp

Et ce manque d’éducation est l’une des raisons à l’enracinement des traditions ancestrales sauvages qui se perpétuent dans le pays, tel le cas des enfants albinos. Toujours considérés comme des « porte-bonheur » une fois mort, ces enfants sont littéralement pourchassés et tués pour leurs membres ou même leur tête qui se vendent à prix d’or. Ils n’ont donc que comme unique moyen de protection des centres d’hébergement d’une précarité extrême dans lesquels ils demeurent enfermés pour sauver leur vie.

tanzanie-et-zanzibar-en-danger_beach_wp

L’équipe de l’émission Enquête exclusive, magazine de la chaîne de télévision M6, présentée par Bernard de La Villardière, s’est immergée dans ce pays rythmé entre rêve et réalité.

tanzanie-et-zanzibar-en-danger_savane_wp

Pour en savoir plus, je vous invite à consulter la vidéo en ligne via ce lien :

Tanzanie et Zanzibar : paradis menacés