World Science Forum

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Le World Science Forum s’est ouvert ce mardi 7 novembre 2017 en Jordanie. Cette série de conférence organisée par l’Unesco et le Conseil International pour la Science fermera ses portes le 11 novembre.

Ce Forum Mondial pour la Science a été fondé en 2003, suite au succès de la Conférence Mondiale pour la Science en 1999, évènement qui avait été aussi organisé par l’Unesco et le Conseil International pour la Science. Afin d’en perpétuer les avantages, toujours sous la tutelle de ces institutions internationales, l’Académie hongroise des sciences accueille cette année ce World Science Forum.

Depuis sa création, ce Forum sur la pertinence sociale et économique, l’influence et les responsabilités de la science, se tient en général tous les deux ans à Budapest. En 2013, il s’est déplacé à Rio de Janeiro. Cette année, il quitte une nouvelle fois les rives du Danube pour celles de la Mer Morte, dans la petite ville de Sweimeh, située à environ une heure de route de la capitale jordanienne Amman.

La période de cet évènement n’a pas été non plus choisie au hasard. Elle a lieu à chaque fois autour du 10 novembre, date marquant ainsi la Journée Mondiale de la Science au service de la paix et du développement.

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Ce Forum, réunissant pas moins de 3000 scientifiques et plus de 400 décideurs politiques, scientifiques et spécialistes de la santé,  issus de 140 pays différents, permettra de faire le bilan sur les ressources limitées de notre planète. Le pétrole sera indubitablement l’un des points centraux comme la gestion de l’eau, enjeu majeur en ce début de notre siècle, ou encore l’éducation, thème qui sera d’ailleurs animé par Dominique Leglu, directrice de la rédaction du magazine Sciences et Avenir. Autour de cette table ronde, participeront aussi le ministre de l’Éducation de Jordanie et le ministre de la Science, de la Technologie et de l’Innovation de Malaisie.

Pour l’ouverture du World Science Forum, le Prince Hassan ben Talal, oncle du roi de Jordanie, Abdullah II bin Al-Hussein, de même présent, a célébré le sacre du synchrotron SESAME, laboratoire basé à Allan étant à la pointe de la recherche scientifique. Ce centre de recherche inauguré en mai 2017 est tout autant emblématique du rôle pacificateur que peut recouvrir la science. Il est le résultat d’une extraordinaire collaboration entre la Palestine, Israël, Chypre, l’Égypte, l’Iran, la Turquie, le Pakistan et la Jordanie. Illustration littérale de « La Science pour la paix », leitmotiv de cette nouvelle édition du Forum.

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« La science est le moteur de la prospérité », a déclaré le célèbre physicien et vulgarisateur scientifique américain Michio Kaku sur la scène du King Hussein Bin Talal Convention Center. Cet auteur de « Physics of the impossible » a tenu à préciser les trois vagues qui se sont succédées depuis la fin du 19e siècle : « D’abord avec l’invention du moteur à vapeur qui aura permis la révolution industrielle. Puis avec l’arrivée de l’électricité. Il y a eu enfin l’apparition de l’ordinateur. Quelle sera, demain, la 4e vague ? ». Il a aussi évoqué un avenir fabuleux où l’intelligence artificielle, les nanotechnologies et biotechnologies pourraient façonner ce futur.

La science en tant que vecteur du progrès humain et social a été également défendue par le Professeur Mark Ferguson, directeur général de la Science Foundation Ireland et conseiller scientifique en chef du gouvernement irlandais : « Famine, épidémie et guerre : ces trois fléaux de l’humanité sont désormais des challenges que la science peut résoudre. Cela pouvait avoir un sens jadis de faire la guerre pour prendre possession d’une mine d’or, cela n’en aurait plus pour s’emparer de la Silicon Valley ».

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Enfin, avec cette cérémonie d’ouverture, ponctuée de surprenants intermèdes musicaux célébrant la Terre et l’environnement, qui s’est montrée haute en couleurs, la Jordanie a voulu transmettre un message suggérant qu’elle entende bien se placer à l’avant-garde de la recherche scientifique dans cette région du monde. Mais sans pour autant omettre les difficultés en la matière dont font face les pays arabes, tel que l’a spécifié le Prince : « Nous avons chaque année moins de publications scientifiques que la seule Université de Harvard. Mais peut-on comparer le budget de Harvard avec celui de nos instituts de recherche ».

Et de cette matinée d’inauguration, les participants n’ont pu que retenir l’implication du royaume par la présence de la famille royale, notamment le rôle pilier de la cousine du roi de Jordanie, la Princesse Sumaya bint El Hassan, présidente de la Royal Scientific Society, dans l’organisation de cette édition proche-orientale, ainsi que la présence de nombreux jeunes jordaniens dans le public afin de démontrer qu’ils prétendent à ce que les lignes de la science de demain ne se décident pas sans eux.

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