Argentine : expulsion de 3 femmes seins nus sur la plage

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Décidément la femme est bien mise à mal dans le monde !

Alors que beaucoup de femmes dans le monde se battent pour la préservation du peu de droits qu’elles ont et pour obtenir ceux qu’elles n’ont pas, la société (patriarcale) incite de plus en plus et très insidieusement la femme à couvrir son corps, sans prendre en compte certaines d’entre nous qui suivent aussi le mouvement sans vraiment réfléchir à l’impact et des conséquences néfastes qui en résultent sur la liberté de la femme…

Et voici encore un exemple affligeant.

L’évènement s’est déroulé en Argentine, fin janvier dernier. Filmée par l’une des femmes concernées ainsi qu’une autre personne présente à leur côté, la vidéo a été postée ensuite sur YouTube.

3 femmes, dont 2 amies et la mère de l’une d’elles, se font bronzer tranquillement, seins nus, sur la plage de Necochea, une station balnéaire dans la province de Buenos Aires. Soudain 3 policiers les abordent pour leur demander de se couvrir la poitrine, en prétextant que des personnes présentes sur la plage se seraient plaintes de leur tenue exhibitionniste, et les menacent de les arrêter si elles ne s’exécutent pas. Elles décident donc d’obéir.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Alors qu’elles se sont revêtues du haut de leur maillot de bain, les 3 policiers reviennent à la charge, accompagnés d’une autre collègue qui en remet en couche, les menaçant à son tour d’une arrestation.

En à peine quelques secondes, les 3 femmes se retrouvent alors entourées d’une vingtaine d’agents de police et d’une foule de curieux à l’opinion très partagée.

Après de longues minutes de débat, exaspérées et apeurées à l’idée de finir en prison pour un acte aussi anodin, les 3 femmes décident de quitter la plage.

L’une d’elles exprime toutefois son incompréhension et indignation : « Mais tout le monde a de la poitrine, ce n’est pas du nudisme, je ne montre rien d’autre. Si une femme porte un tanga sur une plage, vous n’allez pas lui dire : Mettez un pantalon parce que vous exhibez vos fesses ! »

María Susana Laborde, la maman de l’une des 2 jeunes femmes a témoigné pour France 24 en déclarant : « Sur la plage, certaines personnes nous ont soutenues, surtout que nous nous étions rhabillées. Ils disaient que nous n’avions rien fait de grave et que nous avions le droit de bronzer seins nus. Mais d’autres voulaient que les policiers nous emmènent, estimant qu’il n’était pas possible que l’on ait les seins à l’air alors qu’il y avait des enfants autour. Un homme nous a même hurlé dessus… »

Malgré des opinions très divisées sur ce fait, la majeure partie des internautes ont soutenu le trio en dénonçant l’action des policiers outrepassant leur rôle ainsi que l’hypocrisie de la société argentine qui, a contrario, encense les concours de miss beauté où les candidates défilent en bikini très échancré tout en continuant à pénaliser l’avortement.

« Le corps libéré, quand ça arrange ! »

Et le plus incohérent. Aucune loi ou règlement, quel qu’il soit, n’interdit le bronzage seins nus sur la plage dans le pays !

María Susana Laborde conclut ainsi: « Notre société est encore très machiste. Elle estime que les corps des femmes doivent être couverts, alors même qu’on les voit partout ! De notre côté, nous pensons que les femmes devraient pouvoir porter uniquement le bas de leur maillot de bain à la plage, comme les hommes. »

Au regard de cette bien triste anecdote, il serait à croire que les seins des femmes seraient davantage une menace que les bombes qui déciment des peuples et dévastent des régions entières…

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#NiUnaMenos

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En octobre dernier en Argentine, le mouvement #NiUnaMenos, pas une de moins, a sollicité les Argentins à manifester à Buenos Aires suite au meurtre au début de ce même mois de Lucia Perez, une adolescente âgée de 16 ans. Cette manifestation a non seulement dépassé les frontières, d’autres pays latins et européens ont suivi, mais le mouvement aussi qui a été relayé en force sur l’ensemble des réseaux sociaux.

Le 7 octobre, Lucia Perez, en compagnie d’une amie, avait acheté un joint de marijuana devant son lycée auprès de 2 hommes, âgés de 23 et 41 ans. Le 8 octobre, les 2 individus l’ont retrouvée et l’ont forcée à consommer de la cocaïne. Ils l’ont alors violée et empalée. Selon le Procureur de la République argentine, Maria Isabel Sanchez chargée de l’affaire, la douleur était si insoutenable que la jeune femme est décédée d’un arrêt cardiaque.

Le 19 octobre, entre 13 h et 14 h, les Argentins ont arrêté le travail et sont après descendus dans les rues à 17 h pour manifester. Des milliers de poitrines dénudées ont ainsi investi la célèbre Place de Mai avec pancartes et affiches. Sur certaines d’entre elles apparaissait le visage de l’adolescente et sur d’autres des inscriptions, notamment celle d’une pancarte portée par un homme au torse nu qui a fait le tour des réseaux sociaux : « Je suis à moitié nu, entouré par le sexe opposé… et je me sens protégé, pas intimidé, je veux la même chose pour elles. »

Surnommé le Miercoles Negro, le mercredi noir, ce mouvement a été relayé dans plusieurs villes d’Amérique latine ainsi que d’Europe, comme Barcelone, Madrid, La Paz ou encore Santiago.

Le collectif argentin, initiateur de ce mouvement, en est à sa 5è action de lutte contre les violences subies par les femmes du pays. En juin 2015, notamment, 200 000 personnes étaient descendues dans les rues afin de manifester contre ces violences. Au travers de ce mouvement, il souhaite « montrer l’importance des femmes dans l’économie productive du pays […] les inégalités et la violence du genre. »

En 2016, Lucia Perez est la 226è femme tuée et la 19è en octobre en Argentine, selon l’ONG Mujeres de le Matria Latinoamericana. Et selon l’ONG Casa Del Encuento, venant au secours des femmes, « c’est l’une des formes les plus extrêmes de violences faites aux femmes, c’est l’assassinat d’une femme par un homme qui la considère comme sa propriété. »

En Argentine, une femme est tuée toutes les 36 heures.

Des seins et des hommes

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Mon coup de cœur, cette semaine, bat pour l’Argentine, plus spécifiquement pour cette association argentine qui a fait preuve d’une extraordinaire ingéniosité afin de contourner la censure des seins nus sur les réseaux sociaux.

En effet, les réseaux sociaux et leurs utilisateurs se montrent très opposés à l’exposition du corps nu féminin, du haut comme du bas, enfin sauf les fesses… sans commentaire… et surtout de la poitrine, dont les photos de mode de certains mannequins se montrant les seins nus ont été censurées et retirées aussi vite qu’elles ont été publiées, car considérées comme pornographiques. Et cela même lorsqu’il s’agit de la prévention du cancer du sein. Inutile de dire qu’il est dans ce contexte quasi impossible de promouvoir l’autopalpation, une bonne méthode pourtant qui permet de détecter une anomalie potentielle du sein.

Ainsi, afin de détourner ce problème, l’association argentine Movimiento Avuda Cáncer de Mama a eu une idée très originale. Elle a fait appel à un homme doté de « moobs » (langage urbain anglophone, argot, associant les deux mots « man » et « boobs », dont le dernier mot signifie « seins » en français) pour réaliser une vidéo éducative et de manière humoristique sur l’autopalpation utile en cas de dépistage d’un éventuel cancer du sein.

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Refusant absolument de passer outre ces médias, tels Instagram, Facebook, etc., dont ces réseaux sociaux touchent des millions de personnes à travers le monde, cette association a donc leurré cette réglementation stupide, interdisant l’exposition des seins nus féminins, en publiant ce tutoriel vidéo enseignant les gestes de la technique de l’autopalpation avec les seins d’un homme.

Tandis qu’une jeune femme « topless » se montre à l’écran, les seins dissimulés derrière les logos de Facebook et d’Instagram, un homme bien portant, le torse nu et velu, vient alors se positionner devant elle et l’autopalpation commence, effectuée par les mains de cette dernière montrant ainsi les gestes à accomplir.

Cette technique consiste, en s’aidant de l’index, du majeur et de l’annulaire, à pratiquer des mouvements circulaires, de l’aisselle au mamelon en passant par le dessous ainsi que le dessus du sein, pour vérifier l’absence ou la présence de grosseurs ou douleur. La région des aisselles et des pectoraux supérieurs est de même à contrôler.

Et sur le buste de cet homme, le résultat est aussi drôle qu’instructif.

Cela étant, de façon plus sérieuse, cette vidéo rappelle que non seulement ce procédé ne se substitue évidemment pas à un examen médical plus approfondi, mais que ce risque du cancer du sein concerne également les hommes, puisque 5% d’entre eux en ont eu un. Et donc, que cet auto-dépistage s’adresse tout autant à la gent masculine.