Algérie : les maillots de bain de la discorde

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Durant la dernière période du ramadan en Algérie, des femmes en maillots de bain sur la plage ont été prises pour cible par certains internautes sur leur page de Facebook.

Les créateurs de ces pages ont appelé à la dénonciation de ces femmes en question. Ils demandaient de les prendre en photo puis de les « afficher » sur Internet afin de montrer, ce qu’ils estiment, le comportement dégradant de ces femmes.

En riposte à cette manière d’agir inélégante et suite à l’agression de deux jeunes femmes à cause de la longueur de leur jupe jugée « indécente »,  une Algérienne d’Annaba (nord-est de l’Algérie) a décidé de lancer à son tour un appel. Elle a créé un groupe secret ce 1er juillet sur Facebook invitant les autres femmes algériennes à venir se rassembler sur la plage en maillot de bain. La page invitait à l’origine les membres de sa famille. Elle a atteint aujourd’hui plus de 3 200 membres. Trois manifestations ont eu ainsi lieu les 4, 8 et 13 juillet. Plus d’une centaine de femmes y était présente.

Lilia, journaliste au journal quotidien algérien Le Provincial a expliqué la raison de ce mouvement : « habituer les hommes à voir des femmes en maillot de bain […] défendre le droit de se baigner comme vous voulez, pas forcément en maillot de bain. […] Ce mouvement permet que la plage reflète la richesse et la diversité de l’Algérie. »

Elle infirme également « tout coup de com' » dénoncé dans le journal Marianne : « Le but n’est pas de faire du bruit et encore moins de faire le buzz, mais de changer la société profondément et en douceur. Ceci ne pourra se faire qu’en habituant des milliers de voyeurs à ce qu’ils considèrent encore comme étant interdit. Nous ne voulons pas changer leur vision des choses, mais simplement leur inculquer la tolérance et l’acceptation de l’autre. »

Bien que cette initiative fasse débat dans le pays suite à l’article de Lilia publié dans le journal algérien relatant son expérience lors de l’une de ces manifestations, elle demeure secrète par peur des représailles des hommes opposés à leur choix vestimentaire.

D’ailleurs les administrateurs des pages qui appelaient à la délation de ces femmes n’ont pas tardé à partager leur virulente réaction. Selon le journal Le Nouvel Observateur, des commentaires misogynes et agressifs abondent sur ces pages qui accueillent des milliers d’inscrits. Le journal n’en a exposé que les moins violents : « Où sont vos pères ? », « Allez vous rhabiller ? », ou encore « Filles faciles ». Certains d’entre eux ont même décidé de créer une action pour contrecarrer ce groupe de femmes par le biais d’un hashtag : « je me baigne avec mon hijab, je laisse la nudité aux animaux ».

Devant ce déchaînement haineux soutenu et parfois même encouragé par des femmes, le groupe secret a décidé de ne pas céder. Sa fondatrice a déclaré à L’Obs : « Maintenant que nous avons construit une communauté soudée, nous avons décidé de nous battre pour imposer nos robes et nos jupes dans les rues de la ville pendant toutes les saisons de l’année. »

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Algérie : Facebook rend fou !

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« 1 000 likes ou je le lâche »

Voilà ce qu’un Algérien avait posté sur sa page Facebook le week-end du 17 juin dernier. À lire cette simple phrase ne semble pourtant pas choquant en soi. Sauf que ce pronom personnel « le » concernait un bébé de 18 mois qui s’est retrouvé suspendu dans le vide à une hauteur considérable.

Ce fait s’est déroulé en Algérie. Un homme, dont les liens de parenté avec l’enfant n’ont pas été divulgués, tenait le nourrisson par son tee-shirt d’une main et de l’autre filmait son geste. Le but : obtenir 1 000 likes en échange de la vie de l’enfant.

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Capture image Facebook

La Direction de la Sûreté d’Alger a immédiatement réagi et a « arrêté en un temps record » l’homme le lendemain. Celui-ci a été « présenté devant les juridictions compétentes pour mise en danger de la vie d’un nourrisson et publication de l’image de l’enfant sur Internet. »

Heureusement, l’enfant est hors danger et l’homme a été jugé en comparution immédiate le 19 juin. Il a écopé de 2 ans de prison ferme.

De quoi aussi remettre en question le soi-disant contrôle des publications sur Facebook…

Algérie : des « femmes fantômes »

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Alors que nous sommes à 2 jours du premier tour de l’élection présidentielle en France et que notre futur président sera définitivement élu le 7 mai prochain, l’Algérie, de son côté, a entamé sa campagne pour les législatives qui auront lieu le 4 mai à venir.

Jusque-là, rien de réellement troublant, sauf que…

La Haute instance de surveillance des élections algérienne a mis en demeure différents partis en raison d’avoir effacé le visage de certaines de leurs candidates aux législatives sur leurs affiches.

C’est la première fois qu’une telle sanction est appliquée dans le pays.

En effet, depuis 2012 la loi algérienne impose des quotas de représentation des femmes dans les assemblées élues. Mais, selon Algérie focus : « certains partis politiques n’incluent des femmes dans leur liste que parce que la réglementation l’exige. »

De ce fait, certains partis politiques ont alors pris l’initiative de faire disparaître sur leurs affiches le visage de leurs femmes candidates en ne laissant qu’apparaître leur identité avec un dessin d’une femme voilée et du blanc au lieu de leur visage ou encore montrées de dos.

Or, le plus incroyable est qu’il semblerait que cette initiative ne soit pas masculine, mais des candidates elles-mêmes. En exemple, sur cette affiche (en-tête, en haut, à droite), à Adrar, la députée sortante, Naima Salhi, a décidé d’être représentée telle quelle sur ses affiches, tandis que l’une de ses candidates (en dessous d’elle) a préféré avoir le visage gommé afin de conserver son anonymat.

Quel est donc la logique de vouloir cet anonymat alors qu’elle se présente pour devenir députée et qu’elle sera amenée à parler publiquement au Parlement afin de représenter ses concitoyens ?

Appelées ainsi « femmes fantômes », certains se posent une question de fond à savoir si celles-ci ne servent finalement que de prête-nom pour respecter la loi ?

Cela étant, la Haute instance de surveillance des élections ne l’a ainsi pas entendu de cette façon et a estimé que pour représenter le peuple, il fallait un respect d’un minimum de visibilité. Ces partis politiques ont donc été sommés de changer instamment leurs affiches en montrant dessus le vrai visage de leurs candidates et de mettre un terme à ce procédé.

Algérie : 1 femme contre les femmes

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Le 30 novembre dernier, Mounia Meslem, Ministre de la solidarité nationale, de la famille et de la condition de la femme en Algérie, invitée sur le plateau télévisé de la chaîne privée El Bilad, a développé son idée sur le comment renflouer les caisses de l’État.

L’Algérie, à l’image de beaucoup d’autres pays, subit la crise économique. Les comptes publics sont au plus mal.

Donc pour permettre peut-être au pays de se remonter économiquement, cette ministre,  en poste depuis 2013, a ainsi répondu à la journaliste qui l’interrogeait sur une réduction des salaires des responsables politiques : « J’ai dit que s’il fallait que l’on donne tout notre salaire mensuel, et j’ai parlé spécialement des femmes cadres de l’État qui sont mariées, ce serait avec plaisir. Il est clair que ce n’est pas ce salaire qui nous fait vivre. Il y a nos maris qui s’occupent de nous. »

Alors que de nombreuses femmes dans le monde luttent pour une égalité salariale, cette femme suggère carrément aux femmes d’abandonner leur salaire, mais pas que, l’abandon tout court du droit de la femme à travailler.

Inutile de dire que son intervention n’a pas tardé à déclencher des réactions en masse sur les réseaux sociaux, pour la raison supplémentaire que de tels propos aient été prononcés par une femme. Une femme, de surcroît, qui est « Ministre de la solidarité nationale, de la famille et de la condition de la femme. » Le terme « condition de la femme » a vraiment ici toute son importance.

Les associations diverses de défense des droits des femmes ont vivement critiqué de telles déclarations en les estimant désuètes, réduisant ainsi la condition féminine à l’époque du 12è s et ont appelé les femmes à ne pas se résigner.

Pour conclure, si cette femme veut appliquer ce genre d’idée arriérée à elle-même, cela l’a concerne. Libre à chacune, si toutefois cette femme possède la même notion de liberté que ses autres congénères, de faire ce qu’elle souhaite. Or, proposer cette vision complètement révolue en impliquant les autres femmes est tout simplement à la limite de l’indécence. Ce n’est vraiment pas de cette manière que la condition de la femme risque d’évoluer. Ce n’est pas non plus de cette façon que nous, les femmes, souhaitons être représentées. Et que cette ministre quitte alors son poste pour laisser la place à une autre femme qui, elle, saura mieux défendre la cause féminine.

Enfin, « l’union fait la force », dit-on, mais pas avec ce genre de femmes. Déjà, des hommes à des postes de haute responsabilité ne sont pas forcément pour l’avancement de nos droits, alors si une femme s’y met aussi, nous ne sommes pas prêtes de voir nos droits de sitôt progresser. Merci, pour nous, Madame la Ministre !