Malawi : la « purification sexuelle » des femmes

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Le journal Le Monde a publié récemment une série de reportages dévoilant une tradition africaine interdite par la plupart des pays du continent, mais qui a toujours cours dans certaines régions éloignées de l’Angola, de la Côte d’Ivoire, de la Zambie, de l’Ouganda, de la Tanzanie, du Mozambique, du Kenya, du Congo, du Nigeria et plus particulièrement dans le sud du Malawi.

Le kusasa fumbi, littéralement « brosser la poussière », est une « purification sexuelle » ou « nettoyage sexuel ». C’est une coutume qui consiste à un rapport sexuel forcé et ritualisé après l’arrivée des premières règles de la fille ou après que la femme est devenue veuve ou vient de perdre un enfant. Elle est pratiquée par un homme, appelé le fisi signifiant « hyène », qui est payé pour ça. Elle peut être aussi effectuée par un futur mari.

Interdite depuis 2013 au Malawi, cette coutume perdure pourtant dans les zones reculées du sud du pays, notamment dans les districts de Chikwawa et de Nsanje. Le fisi initie ainsi les jeunes femmes généralement âgées de 12 à 17 ans, dans le cadre d’un rite de passage, l’initiation au sexe. Celui-ci dure 3 jours et la « hyène » est payée à chaque fois. La somme peut aller jusqu’à 30 €. Il est censé prévenir la maladie ou faciliter la procréation mais entraîne, au-delà du fait que ce soit ni plus ni moins un viol contractualisé, des cas de transmission de maladies comme le SIDA ou engendre des naissances non souhaitées. Le rituel nécessitant l’échange de fluides sexuels, les préservatifs sont interdits.

Au Malawi, ce sujet est devenu tabou depuis la condamnation de la « hyène » séropositive Eric Aniva en novembre 2016, un procès médiatisé à l’époque, suite au documentaire britannique le mettant en avant.

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Les câlins de Ponso

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Abandonné seul sur une petite île près de la Côte d’Ivoire pendant 3 années, le chimpanzé surnommé « Ponso » s’est littéralement jeté dans les bras de ses premiers visiteurs.

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Ainsi, depuis 2013, Ponso vit seul sur cette île, ayant comme unique contact avec l’extérieur Germain, un habitant du village le plus proche qui lui amène des bananes et du pain de temps en temps pour l’aider à survivre.

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Âgé aujourd’hui de 40 ans, Ponso a eu un parcours de vie très difficile. Il faisait partie d’un groupe d’une vingtaine de chimpanzés tous âgés entre 7 et 11 ans et utilisés pour des tests scientifiques sur l’hépatite par le New York Blood Center, selon l’hebdomadaire The Dodo qui a révélé l’affaire, des biopsies aux anesthésies et bien plus encore, Ponso et ses compagnons auraient subi des maltraitances.

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Les recherches finies, les singes ont été remis en liberté sur cette île inadaptée à leur mode de vie. Le laboratoire qui les avait utilisés leur apportait parfois de l’eau et de la nourriture, car il n’y en avait pas sur l’île.

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Or, ce nouvel environnement inadapté pour les singes a causé la mort de 11 d’entre eux quelques mois après leur installation. En 2013, suite au décès de ses 2 enfants et de l’un de ses amis, Ponso se retrouve alors seul. Et selon les déclarations de Germain à The Dodo, Ponso l’aurait aidé à enterrer les morts.

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Bien qu’il eût été pensable de croire que Ponso serait méfiant des humains après de telles épreuves, il en a été tout autrement, car quand Estelle Raballand, directrice du Centre de Conservation des Chimpanzés est venu le voir, il y a quelques semaines, Ponso l’a accueilli les bras grand ouverts, l’a serré fort contre lui et avait un large sourire.

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De nombreuses personnes au niveau international ont été touchées par l’histoire de Ponso et ont mis en place différentes actions pour l’aider, comme aux États-Unis, l’organisation The Humane Society qui recueille des dons pour aider les chimpanzés du monde entier. En France, Laurence Duthu, fondatrice et présidente d’une association, a lancé sur Go Fund Me un groupe nommé SOS Ponso afin de porter secours à l’animal isolé. Créé en août 2015, son projet a déjà réuni 1 041 personnes et plus de 31 000 €.

Une autre belle histoire pour nous donner envie à nous aussi de câliner…

Les « Black Mamba »

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Un coup cœur pour ces femmes déterminées qui prouvent qu’elles sont tout autant efficaces que les hommes, si ce n’est pas davantage !

Le braconnage, véritable fléau dans beaucoup de régions du monde, comme en Afrique du Sud où de nombreux braconniers chassent les animaux pour leur fourrure, leur viande ou leurs cornes, a incité ainsi les réserves nationales à engager du personnel pour protéger au mieux la nature.

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Parmi ses équipes qui sillonnent les réserves du pays, une unité spéciale anti-braconnage fait parler d’elle depuis plusieurs mois déjà, les « Black Mamba », un groupe entièrement féminin composé de 26 membres qui patrouillent dans la réserve de Balule. Et cette équipe de choc a réussi à réduire de 75% le braconnage dans sa zone ; sa méthode a été étendue sur l’ensemble du pays, selon le rapport du Daily Mail.

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Les Black Mamba ont pour mission de libérer les animaux piégés dans des fils barbelés et de repérer les carcasses de rhinocéros, animal de prédilection des braconniers, au cours de leur patrouille dans les 400 km2 de la réserve. Mais, au-delà d’un véritable engagement dont elles font preuve, elles montrent également une grande témérité, car elles n’hésitent pas à se mettre en danger au quotidien, comme l’a témoigné l’une d’entre elles, Siphiwie Sithole : « La première fois a été quand j’ai commencé à travailler comme Mamba. Je me suis enfuie, ce qu’il ne fallait pas faire. Il ne faut jamais s’échapper face à un lion. J’ai été mise sur un cours spécial qui m’a appris comment faire avec les animaux sauvages si jamais j’en rencontrais. Puis, je suis tombée sur des lions une seconde fois et j’ai su comment me comporter. »

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Ainsi la dernière semaine de février, leur courage a été salué dans le documentaire Helping Rhinos diffusé devant la famille royale britannique. La réalisatrice de ce reportage, Anneka Svenska, avait déclaré pour l’occasion au Mail Online : « Il y a toujours une possibilité pour qu’elles meurent. Et le plus grand danger auquel elles sont confrontées est celui des animaux eux-mêmes. Ils sont très dangereux. En général, les gens seraient inquiets à cause des lions, mais c’est des éléphants dont il faut se méfier. Il y en a beaucoup là-bas. Nous sortions de la Jeep pour traquer les rhinocéros, mais si un éléphant arrivait, tout le monde remontait dans le van aussi vite que possible. »

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Qui plus est, les Black Mamba ne se contentent pas seulement d’effectuer leur patrouille, elles s’investissent aussi à sensibiliser les plus jeunes dans les écoles via le programme Bush Baby, qui consiste à leur faire comprendre que malgré le peu de possibilité d’emploi, ils ne doivent pas se laisser tenter par l’argent facile du braconnage. Et pour Siphiwie Sithole, celui-ci donne de bons résultats : « Je pense qu’aujourd’hui, les gens reconnaissent que nous avons un gros problème parce que s’ils continuent de braconner les animaux… quelque chose de très mauvais arrivera […] Je crois que chaque espèce dans le monde a un impact sur nos vies, donc je pense qu’ils réalisent que braconner n’est pas bien grâce à la sensibilisation que l’on transmet tous les jours. »

Il reste à rappeler qu’en 2014, environ 1215 animaux ont été massacrés contre 13 en 2007 en Afrique du Sud.

« Excisions minimalistes » ?

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Il semblerait qu’au royaume de l’inimaginable, deux gynécologues américains y auraient trouvé leur place !

Deux gynécologues américains, Kavita Shah Arora et Allan J. Jacobs de Cleveland, dans l’Ohio, ont publié un article, dans la revue spécialisée Journal of Medical Ethics, dans lequel ils osent suggérer la pratique des « excisions minimalistes » afin de respecter « les traditions culturelles »  et de ne pas attenter à la santé des femmes. Incroyable !

Il est à noter que l’un de ses deux gynécologues est quand même une femme ! Bravo !

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Alors que l’Organisation Mondiale de la Santé, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’excision qui a eu lieu le 6 février dernier, a révélé ces chiffres effrayants de 200 millions de femmes qui ont été victimes de cette pratique dans le monde, surtout en Afrique et au Moyen-Orient, et que d’autres organisations et associations sont nombreuses à combattre avec difficulté cette barbarie, notamment l’ONU qui voudrait l’éradiquer d’ici 2030, ces deux gynécologues eux prônent la tolérance des « excisions minimalistes » en justifiant leur idée par le respect des « traditions culturelles » et poussent même l’absurde encore plus loin en comparant les mutilations génitales des femmes à la circoncision !

Il est tout de même à rappeler que cette pratique consiste à l’ablation totale ou partielle des parties génitales externes de la femme (clitoris (clitoridectomie), petites et grandes lèvres) et que cette pratique dangereuse peut causer la mort suite à une hémorragie qui se déclenche. Ainsi que l’excision qui est pratiquée sur des filles, parfois des fillettes, l’est seulement pour des raisons purement culturelles, religieuses ou sociales et non médicales !

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Or, ces deux « professionnels » affirment donc dans la revue : « Nous ne disons pas que les interventions sur les organes génitaux de la femme sont souhaitables, mais plutôt que certaines interventions devraient être tolérées par des sociétés libérales. » Ils vont même jusqu’à employer le terme « d’altération génitale » en expliquant que deux types d’excisions seraient tolérables ; l’une sans effet à long terme sur l’apparence ou le fonctionnement des organes génitaux et l’autre modifiant légèrement l’apparence mais sans conséquences sur la reproduction et l’épanouissement sexuel. Encore plus fort, ils rapprochent leur projet à la circoncision ainsi qui elle est légale. Cependant, ces deux gynécologues font preuve de compréhension en considérant que toutes les excisions amenant à la perturbation de la sexualité, au bon développement de la grossesse ou de l’accouchement doivent être interdites.

Évidemment et fort heureusement, cet article a suscité de vives réactions, comme l’a annoncé l’AFP. De nombreux professionnels de santé ont de suite fait connaître leur ressenti.

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Ruth Mackin du Collège de médecine Albert Einstein de New York a ainsi déclaré concernant cette pratique : « une tradition culturelle destinée à contrôler les femmes, même dans sa forme la moins nocive, doit être abandonnée. » Quant au chercheur américain en bioéthique, Brian D. Earp, il a qualifié ce projet comme pouvant être un véritable « fiasco »

Enfin, il est également utile de rappeler que depuis 2008, 5000 communautés ont choisi la voie de renoncer aux mutilations génitales et que le Kenya, l’Ouganda, la Guinée-Bissau, le Nigeria et la Gambie ont promulgué une loi rendant cet acte comme étant un crime.

« L’homme qui répare les femmes – La colère d’Hippocrate »

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À nouveau un article au sujet du gynécologue congolais le Docteur Denis Mukwege, car je ne pouvais pas passer à côté de cet hommage qui lui fut enfin rendu à travers un film documentaire mettant plus en lumière son formidable combat.

Depuis plus de 15 ans, à l’hôpital de Panzi, situé à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC), qu’il a fondé en 1998, le Docteur Mukwege soigne gratuitement les femmes, les filles et les enfants, victimes de barbaries sexuelles tant sur le plan physique que psychique et leur offre une entière prise en charge autant sur le plan économique que juridique.

D’abord interdit au Congo et finalement autorisé en janvier dernier, ce film « L’homme qui répare les femmes – La colère d’Hippocrate » réalisé par Thierry Michel et la journaliste Colette Braeckman est arrivé dans les salles de cinéma françaises le mercredi 17 février.

Ce documentaire retrace ainsi le long combat du Dr Denis Mukwege qui sauve ces femmes, ces filles et ces enfants victimes de violences sexuelles, dont la destruction volontaire et planifiée de leurs organes génitaux, mais aussi l’histoire de cette partie du pays troublée et instable.

C’est après sa thèse en pédiatrie à l’université du Burundi qu’il fut touché par ces femmes meurtries qui avaient besoin de soins qu’elles ne pouvaient recevoir à cause du manque d’obstétriciens et qu’il décida de devenir gynécologue. Parti étudier à Angers, il commença à exercer en France.

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En 1989, malgré son travail bien rémunéré, il retourna au Congo à l’hôpital de Lemera où il devint le médecin directeur. En 1996, au cours de la Première Guerre du Congo, l’hôpital fut la cible de massacres sans précédent, des malades furent exécutés dans leur lit, des infirmiers sauvagement assassinés et le Docteur Mukwege s’en sortit de justesse. Il se réfugia à Nairobi. Bien que certains se laissent à penser que cette tragédie qui reste encore gravée dans l’esprit du médecin fut l’élément déclencheur de son combat, il en est un autre ; lorsqu’il réalisa qu’il commençait à soigner les enfants nés du viol, eux-mêmes victimes de viol. Il se mit alors peu à peu à en parler. En 1998, il fonda ainsi l’hôpital de Panzi qui recueillit plus de 50 000 victimes de violences sexuelles.

En 2008, alors qu’il recevait le prix des droits de l’Homme des Nations Unies, il prononça un discours fort devant les sièges vides des représentants de la République Démocratique du Congo. En 2012, de nouveau convié à l’ONU, il dut se taire face aux menaces du ministre congolais de la Santé. À son retour, le 25 octobre, tandis qu’il se dirigeait vers sa maison en plein centre de Bukavu, le gardien de sa maison et ami fut abattu à bout portant après l’avoir alerté d’un danger. Sa voiture fut incendiée et il fut ensuite ligoté. Grâce à l’aide des gens du quartier, il fut sauvé. Il partit alors en exil en Belgique avec sa famille afin de la protéger. Quelques mois plus tard, il revint au Congo.

En octobre 2014, lors d’un interview donné à un magazine hebdomadaire avant de recevoir son prix Sakharov, il rappela que le viol est utilisé comme arme de guerre depuis plus de 20 ans dans son pays.

Parce que les conflits ethniques qui ont fait rage au début des années 90 au Rwanda ont traversé les frontières en amenant avec eux leur lot d’horreur. Plus d’un million de Hutus ayant fui le Rwanda pour se réfugier dans l’Est du Congo ont continué à être pourchassés par les Tutsis jusqu’ici. Les conflits ethniques ont alors perduré en entraînant l’ex-Zaïre dans une véritable guerre civile. Entre les groupes armés qui prolifèrent et les milices qui sèment la terreur, les femmes ont été et sont encore les premières cibles, puisqu’elles représentent la perpétuation de l’ethnie. Les violences sexuelles à l’encontre de ces femmes et ces filles, très jeunes, n’étant même parfois que des bébés, sont devenues une « stratégie de terreur » afin d’annihiler toute une communauté.

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En outre, la corruption qui sévit et l’inaction du pouvoir en place sont aussi des freins pour mettre un terme à la situation du pays tant au niveau de ces conflits ethniques dont les femmes demeurent les victimes qu’au niveau économique. Tout en poursuivant son travail auprès de ces femmes, il tente aujourd’hui de faire entendre davantage sa voix pour que d’une part la justice soit rendue à ces femmes et d’autre part que des solutions concrètes soient trouvées aux nombreux problèmes que connaît le pays, non seulement afin que le pays cesse d’être dévalisé de ses richesses minières, mais aussi afin que les hommes se sentent plus concernés et prennent enfin part à ce combat.

Enfin, ce documentaire montre au travers des témoignages bouleversants de ces femmes meurtries physiquement et moralement, exclues après ce drame, qu’elles reprennent goût à la vie grâce au travail admirable de l’équipe de l’hôpital.

Diffusé aux Nations Unies, au Parlement européen, au Congrès américain, « L’homme qui répare les femmes » pourrait amorcer un changement et amener davantage d’implication, comme le conclut Thierry Michel : « De plus en plus de chirurgiens, d’infirmières, de psychologues, de juristes se rendent en RDC pour contribuer à l’initiative du docteur Mukwege. […] Même parmi les femmes agressées, l’action du médecin a fait son chemin. […] Le cas d’Alphonsine est merveilleux. Elle a appris à lire et à écrire à l’hôpital et veut maintenant devenir médecin. »

Il ne nous reste plus donc qu’à espérer que ce documentaire bouscule les mentalités, voire peut-être même dérange afin que la terrible situation de ces femmes congolaises trouve définitivement son happy end…

Afrique du Sud : la « bourse des vierges »

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Dans le courant janvier, la ville d’Uthukela, située dans le sud-est de l’Afrique du Sud, a décidé d’ouvrir une nouvelle bourse réservée aux filles, mais les bénéficiaires devront remplir deux conditions, avoir eu d’excellentes notes au lycée et rester vierge.

Les jeunes femmes qui voudront conserver leur bourse devront se soumettre à un test de virginité chaque semestre et au retour de vacances, test toujours légal en Afrique du Sud tandis que celui-ci est estimé comme une violation sexuelle par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), et si le test ne s’avère pas concluant, elles se verront tout simplement retirer leur bourse.

Une pratique inconcevable et dégradante qui ne peut de surcroît garantir la virginité d’une femme, surtout que cette méthode exclue les jeunes femmes victimes de viol dans un pays où les agressions sexuelles sont usuelles.

Alors que nous considérons à juste titre que cette décision bafoue les droits fondamentaux des femmes à disposer de leur corps et à l’éducation, les officiels de la ville ne l’entendent pas de la même manière.

Madame le maire de la ville, Dudu Maziko, a ainsi déclaré à l’AFP : « Pour nous, c’est une manière de vous remercier pour votre pureté et vous pouvez continuer à vous protéger les trois prochaines années, jusqu’à l’obtention de votre diplôme ou de votre certificat d’études. » Et le porte-parole de la mairie, Jabulani Mkhonza, a ajouté : « Cette demande aux jeunes filles de rester pures, ne pas devenir sexuellement actives est un moyen de les faire se concentrer sur leurs études ainsi que de les protéger des grossesses précoces et des MST. » Bien que de nombreuses études aient démontré que l’abstinence n’était pas la bonne solution en la matière.

En outre, cette façon de penser élude les sujets de la sexualité ou de la contraception qui ne sont donc pas abordés et ce silence ne peut qu’alors favoriser cette problématique des grossesses précoces et des MST que la ville dit vouloir enrayer. Sachant aussi que cette abstinence n’étant imposée qu’aux femmes, cette décision déculpabilise entièrement les hommes qui ont pourtant leur part de responsabilité dans les deux cas.

Cette « bourse des vierges » a évidemment provoqué une vive réaction de nombreuses associations de défense des droits de la femme ainsi que l’indignation dans le pays.

Le président de la Commission pour l’égalité des genres, Mfanozelwe, a ainsi déclaré : « Je pense que les intentions du maire sont bonnes mais nous n’acceptons pas que la virginité soit une condition à remplir pour obtenir une bourse. Cette discrimination basée sur la grossesse, la virginité et même contre les garçons est problématique. Ça va trop loin. »

Malheureusement, malgré que cette décision soit choquante, elle risquerait de connaître un certain succès, car les frais de scolarité en Afrique du Sud sont très élevés, ayant même eu une augmentation l’an passé. Selon le journal Libération, « à l’université de Witwatersrand à Johannesburg par exemple, l’année coûte entre 1930 euros et 3800 euros alors que le revenu moyen d’un salarié ne dépasse pas 979 euros par mois. » Une situation économique ardue qui nécessite donc le besoin de bourses pour beaucoup et qui offre surtout l’opportunité à certains d’abuser au point de demander aux jeunes femmes de renoncer à leurs droits fondamentaux.

Le Zimbabwe sauve ses filles !

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Enfin une très bonne nouvelle pour terminer la semaine de bonne humeur !

Le Zimbabwe a enfin interdit les mariages précoces ! Afin de mettre un terme aux mariages de mineures forcés bien souvent, concernant plus de 40% de la population, l’âge légal d’union est passé de 16 à 18 ans et toutes les unions ayant été auparavant célébrées avant cette limite seront proclamées inconstitutionnelles.

Le gouvernement de Robert Mugabe a donc officiellement rendu cette pratique illégale et par effet rétroactif tous les mariages célébrés avant cet âge. Les neuf membres de la Cour constitutionnelle ont pris cette décision le 20 janvier dernier en déclarant : « Personne au Zimbabwe ne pourra se marier y compris sous le régime de la loi coutumière ou sous couvert d’un rite religieux avant d’avoir atteint l’âge de 18 ans. »

L’effet rétroactif également pris en compte dans cette loi l’a été grâce à l’intervention de deux femmes, Loveness Mudzuru et Ruvimbo Tsopodzi, toutes deux mariées avant 18 ans, qui avaient saisi la Cour constitutionnelle et raconté les terribles épreuves qu’elles avaient endurées à cause de cette union non voulue qui les avaient éloignées du chemin de l’école et ainsi privées de la vie qu’elles avaient souhaitée. La première, mariée de force à 16 ans, mère de deux enfants à 18 ans, a exprimé son bonheur : « Je suis vraiment très heureuse que nous ayons aidé à faire du pays un endroit plus sûr pour les filles. »

L’avocat des deux plaignantes, Tendai Biti, à déclaré à l’AFP : « Les filles qui sont mariées tôt viennent souvent de familles pauvres, tout comme leur époux, et sont obligées de faire des enfants, perpétuant ainsi ce cycle de pauvreté. […] Ce jugement offre une réelle protection aux enfants et aux femmes qui sont les victimes malheureuses de mariages forcés. […] Il incombe maintenant aux législateurs de dire quelles seront les peines encourues par ceux qui se marient (avant 18 ans) ou qui forcent un enfant à se marier. »

C’est une énorme avancée pour les droits de la femme et de l’enfant ainsi qu’une véritable ouverture au changement qu’a offert le Zimbabwe à ses filles, après que l’Unicef a tiré la sonnette d’alarme en novembre 2015 en ayant prévenu le gouvernement zimbabwéen que s’il ne faisait rien d’ici 2050 le nombre de mariages forcés risquait de passer de 125 à 310 millions en Afrique.

Le directeur de l’ONG Plan International au Zimbabwe, Lennart Reinus a fait une dernière déclaration : Nous nous félicitons de cette loi. Le mariage précoce viole les droits fondamentaux des filles et des garçons et il affecte de manière disproportionnée les filles, les privant de leur droit à l’éducation et à la protection. Grâce à notre campagne mondiale contre le mariage précoce, un changement social et politique est en place. Nous sommes déterminés à poursuivre notre travail avec les communautés pour changer les normes sociales et culturelles sur le mariage précoce. »

Aujourd’hui, la Mauritanie, le Niger, le Tchad, la Centrafrique sont les pays africains où le taux de mariages forcés est le plus important et le Nigeria qui totalise 23 millions de filles mariées est le pays où elles sont les plus nombreuses.

Invictus

Invictus

Ce poème de William Ernest Henley, dont le titre signifie « Invaincu », était le poème préféré du très cher illustre disparu Nelson Mandela.

Trouvant ce court poème sublime, de grande force, je souhaite le partager en vous laissant ainsi le découvrir ou relire. Nul mot ne serait à ajouter pour exprimer mieux que ceux-là :

Invictus

Dans les ténèbres qui m’enserrent,
Noires comme un puits où l’on se noie,
Je rends grâce aux dieux quels qu’ils soient,
Pour mon âme invincible et fière,

Dans de cruelles circonstances,
Je n’ai ni gémi ni pleuré,
Meurtri par cette existence,
Je suis debout bien que blessé,

En ce lieu de colère et de peurs,
Se profile l’ombre de la mort,
Et je ne sais ce que me réserve le sort,
Mais je suis et je resterai sans peur,

Aussi étroit soit le chemin,
Nombreux les châtiments infâmes,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.

Nigeria : Un espoir pour la dignité de la femme africaine

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Le Nigeria vient d’écrire une page très importante de son Histoire et celle de l’Afrique par là même. Il est le premier pays africain à se lancer dans une « avancée extrêmement importante » pour le respect de la dignité de la femme africaine.

En mars dernier, avant de céder sa place à son successeur, le président nigérian sortant Goodluck Jonathan a mis en place une loi fédérale visant à abolir définitivement l’excision, l’ablation totale ou partielle des organes génitaux féminins externes, qui était jusqu’alors autorisée.

Adoptée par le Sénat, cette loi prévoit aussi de punir les hommes qui abandonneraient leur femme et leurs enfants sans leur fournir de soutien financier, ce qui représente également une très grande avancée vers l’égalité des hommes et des femmes dans le pays le plus peuplé d’Afrique.

Cette barbarie coutumière en Afrique, dont les conditions d’hygiène dans lesquelles elle est souvent pratiquée mettent sévèrement en danger la vie des femmes tant par les hémorragies, les infections que par les conséquences physiques et psychologiques qui en résultent, aurait été subie par 130 millions de femmes et filles et selon l’UNICEF, 30 millions d’entre elles pourraient en être encore victimes dans les dix prochaines années.

Plusieurs pays, notamment le Liberia, le Soudan ou le Mali ne les interdisent pas. Selon le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance, l’excision serait pratiquée sur plus de 90% des femmes en Égypte, en Somalie ou encore en Guinée.

Or, malgré que la loi soit désormais modifiée, il suffira malheureusement bien plus qu’un simple vote du gouvernement pour changer les mentalités et les traditions.

Néanmoins, cette loi ouvre une grande porte à un bel espoir d’avenir sur la condition de la femme africaine et invite ainsi les autres pays du continent à suivre l’exemple.

La chasse aux sorcières

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Aujourd’hui, invoquer la « sorcellerie » pourrait soit nous ramener à l’époque de l’obscurantisme s’apparentant au Moyen Âge, soit nous évoquer des séries de télévision avec un sourire en coin.

Or, la sorcellerie n’est pas à prendre à la légère dans certaines contrées du monde. C’est tristement le cas en Tanzanie où cette pratique est combattue par le gouvernement et par ses habitants, mais pour des raisons différentes et surtout avec des méthodes encore plus distinctives.

Alors que les autorités tanzaniennes ont lancé récemment une campagne interdisant la sorcellerie afin de mettre fin aux enlèvements, aux meurtres et au trafic d’organes des albinos du pays, considérés comme possédant d’étranges vertus, telles la chance et la richesse, plusieurs ONG locales ont dénoncé une véritable chasse aux sorcières qui sévit dans le pays faisant des centaines de morts chaque année ; pas moins de 765 meurtres de femmes, lynchées pour avoir prétendument jeté un sort sur une personne ou un animal, ont été recensés pour l’année 2013. Mais ce chiffre serait loin du compte réel. Paul Mikongoti du Centre juridique et des droits de l’Homme a déclaré à l’Agence France-Presse : « Ce nombre énorme de personnes tuées ne compte que les cas signalés. Il y a tellement de cas, que nous ne pouvons avoir un nombre exact. »

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Dans le pays, 93% de la population croient à la magie. Ces crimes ont souvent lieu dans des villages reculés et sur une population âgée. En 2012, 4 femmes âgées dans la région de Mwanza, au nord, ont été injustement accusées de sorcellerie suite à la mort d’un enfant tué par une hyène, elles auraient jeté un sort sur l’animal. Les villageois les ont massacrées puis brûlées. Sufia Shadrack, la fille de l’une des victimes a raconté : « Ils lui ont coupé les mains à la machette. Puis ils ont pris du bois, des matelas, une plaque de tôle et les ont brûlées, comme vous cuiriez du poisson ou de la viande. » Plus récemment, le 10 octobre 2014, sept femmes, dont cinq d’entre elles étaient âgées de plus de 60 ans, ont été brûlées vives par une foule de villageois dans le village de Murufuti, à environ 1200 km à l’ouest de Dar es Salaam, la capitale économique de la Tanzanie, pour les mêmes calomnies.

Mais, bien au-delà de la croyance, les raisons qui motivent les auteurs de ces meurtres se veulent être davantage crapuleuses, car en mourant, ces présumées sorcières laissent derrières elles des biens que leurs proches peuvent hériter. Flavian Bifandimu de l’ONG Helpage, défendant les droits des personnes âgées, explique : « Traditionnellement, les hommes aiment dominer (…) mais quand une femme commence à être un peu récalcitrante, ils pensent que le seul moyen d’obtenir certains biens, que ce soit des vaches ou une ferme, est de dire que cette femme est une sorcière. Cela justifie sa mort et alors automatiquement l’homme s’empare du bien. C’est aussi simple que ça. »

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Et il apparaît que les autorités ne semblent pas s’en préoccuper, puisque les assassins ne sont que très rarement punis. Ainsi, l’une des survivantes, attaquée à la machette durant la nuit par les hommes de son village et laissée pour morte, doit aujourd’hui coudoyer ses agresseurs tous les jours. Les associations espèrent que cette indifférence change et rapidement.