Figure de la révolution tunisienne, Lina Ben Mhenni est décédée

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1983 – 2020

Cette actu n’est pas récente, puisque la jeune blogueuse tunisienne Lina Ben Mhenni est morte le 27 janvier dernier à l’âge de 36 ans, des suites d’une longue maladie chronique.

Connue par son blog atunisiangirl, cette militante des droits humains avait été présentée pour le prix Nobel de la Paix après la révolution tunisienne. Elle avait contribué à la chute du régime de Ben Ali en 2011.

Endossant le rôle de reporter, elle avait dénoncé la dictature du Président tunisien. Elle s’était déplacée dans de nombreuses villes pour donner la parole aux communautés les plus défavorisées. Elle était l’une des seules femmes à avoir blogué à visage découvert en pleine révolution. Elle demeure aujourd’hui l’une des figures emblématiques du « cyber-printemps » arabe.

Sous le coup de la censure, la révolution digitale de ces blogueurs était parvenue à un soutien dans le monde entier grâce aux réseaux sociaux. Munie d’une caméra, Lina Ben Mhenni avait partagé sur Internet les premières manifestations de colère des habitants contre le régime dictatorial de Ben Ali. Elle fut la première à se rendre à Sidi Bouzid, le berceau de la révolution tunisienne, après l’immolation par le feu du vendeur ambulant Mohamed Bouazizi le 17 décembre 2010. Sa chronique rédigée en trois langues avait eu un écho international.

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En 2011, la jeune femme avait décidé de créer un ouvrage tiré de son blog, « Tunisian Girl, blogueuse pour un printemps arabe ».

« Je suis une blogueuse, et je le resterai. C’est ma conviction quelques mois à peine après les évènements sur lesquels j’ai choisi de revenir dans ce petit livre. J’observe ce qui se passe en Tunisie depuis ce jour du 14 janvier 2011 où nous nous sommes débarrassés du fardeau, du cauchemar de ZABA – le surnom de Zine Al Albidine Ben Ali, ce dictateur président de la Tunisie depuis le 7 novembre 1987 : il est parti, mais beaucoup de choses, d’hommes, d’habitudes sont restés derrière lui, beaucoup de violence. Je suis un électron libre, et je veux le rester », avait-elle notamment écrit dans son livre.

Après la chute de Ben Ali, Lina Ben Mhenni avait continué de militer pour la défense des droits fondamentaux en Tunisie. Malgré sa santé fragile, elle participait à de nombreuses manifestations et à des procès touchant la liberté d’expression. Sa disparition attriste la jeunesse tunisienne ainsi que les élus, les diplomates et représentants de la société civile. L’actuel chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh, a tenu à lui rendre hommage. Pour l’ex-chef du gouvernement Mehdi Jomaa, « la Tunisie perd aujourd’hui l’une de ses femmes libres, une femme qui a vécu forte jusqu’à ses derniers jours. » Selon l’ONG tunisienne Al Bawsala, « Lina était une voix libre, une militante infatigable et défenseuse des libertés et de la démocratie avant et après la révolution ». « Elle a lutté avec courage et détermination pour une société libre et juste », a ajouté cet observatoire de la vie publique, saluant « une femme battante ».

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