« Le Divan des médecins »

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Sur le groupe privé Facebook « le Divan des médecins », comptabilisant plus de 11 000 praticiens, des contenus « outrageants et pénalement répréhensibles » ont été publiés.

« Quand les seins tombent comme ça, je refuse généralement de les voir en consultation », « si elle mesure 1,50 m, c’est déjà une contraception à elle toute seule », « Diagnostic : cul flasque. Traitement : squats + fentes une fois par jour pendant 1 à deux mois » (remarque sous la photo d’une femme ayant des boutons sur les fesses), ou encore « syndrome de la fellation vigoureuse ? » (commentaire sous le cliché d’un enfant de 7 ans présentant un purpura au niveau du palais), peut-on lire parmi ces publications rapportées par le magazine L’Obs.

Certains posts sont même accompagnés des noms et photos de patients reconnaissables, « photos « volées » à l’insu du patient ou tromperie sur l’utilisation qui en est faite ». Des écrits racistes, sexistes, homophobes, entre autres ont été également émis.

Me Bénédicte Papin, avocate en droit de la santé, a précisé auprès du magazine : « À partir du moment où un visage est reconnaissable, il faut que l’accord du patient soit obtenu. Sinon, on est dans la violation du secret professionnel. C’est aussi une atteinte à la vie privée ».

Pour la créatrice et administratrice du groupe, médecin aussi, ces posts seraient l’œuvre de certains de ses confrères qu’elle qualifie comme « des hommes blancs hétéros qui se pensent au-dessus de tout le monde […] un boys club qui a conscience de ses privilèges ».

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France Assos Santé, une organisation de près de 85 associations de défense des droits des patients, a jugé ces propos « outrageants et pénalement répréhensibles », estimant que les médecins à l’origine de ces écrits « ont, en toute impunité, bafoué des droits fondamentaux reconnus par la loi », en évoquant alors la « violation caractérisée du secret professionnel ». Dans un communiqué, elle rappelle d’ailleurs « la révélation d’une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison d’une fonction ou d’une mission temporaire, est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende ».

Quant à Patrick Bouet, président de l’Ordre national des médecins, il veut mettre « en demeure le régulateur du groupe », en assurant une « analyse juridique complète » au sujet de cette affaire. Les contenus polémiques seront transmis au procureur de la République.

Pourtant, cette page privée créée sur Facebook en juillet 2017 a pour objectif l’entraide médicale. « Tout ce qui se rapporte à la profession a vocation à être discuté dans ce cadre confraternel, bien évidemment dans le respect de chacun, le respect du secret médical et la confidentialité des publications », indique ainsi la présentation du groupe, consultée par le magazine L’Obs.

On est bien loin du résultat !

Les extraits des propos rapportés par le magazine L’Obs, relayés par France Assos Santé, d’autres journaux ou encore sur ce blog sont également bien loin de relater la mentalité infecte de ces médecins. En consultant l’« Exemple de capture de contenus indignes publiés sur le groupe Facebook » mis en lien sur le site de France Assos Santé dans son article « Le « divan gate » ou quand des médecins exposent et stigmatisent leurs patients sur les réseaux sociaux », on constate l’ampleur de l’écœurement ressenti à la lecture de certains posts. Le pire ! On assiste à une conscience bien présente chez ces praticiens de la portée de leurs dires. D’ailleurs, lors d’un échange, certains ont même proposé d’effacer régulièrement leurs écrits afin d’éviter d’être dévoilés au grand jour.

Cette bande de crétins ne devrait plus avoir le droit d’exercer et mériterait d’être radiée de l’Ordre des médecins purement et simplement !