Un chirurgien pas vraiment esthétique

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Ce 4 décembre, à l’Université de Gand, en Belgique, le chirurgien plasticien flamand Jeff Hoeyberghs a choqué des étudiants par ses propos avilissants à l’encontre des femmes. Diffusée sur Facebook, la vidéo de son allocution a outré des milliers d’internautes. Plus de 1 200 signalements ont été enregistrés, dont plus de 500 plaintes déposées auprès de l’ordre des médecins de l’Institut pour l’Égalité des Femmes et des Hommes de Belgique depuis la diffusion de cette vidéo.

Un chirurgien pas vraiment esthétique_noël-bonhomme-neige-boule_wpInvité à s’exprimer par l’association étudiante conservatrice et nationaliste du nord de la Belgique (association des étudiants catholiques flamands KVHV), devant un auditoire essentiellement masculin, le chirurgien s’est lancé dans un monologue ordurier à l’égard des femmes. Une bière à la main, du début de son discours à la fin (bonjour l’élégance), il a notamment déclaré  : « Les femmes veulent les privilèges de la protection masculine et de l’argent, mais ne veulent par contre plus ouvrir les jambes » […] « On leur a donné des machines à laver, des lave-vaisselle, des femmes de ménage… tout. Jusqu’à ce qu’elles soient devenues inutiles » […] « On ne peut pas traiter une femme sur un pied d’égalité sans devenir son esclave » […] « Les scientifiques sont principalement des hommes, car, chez les femmes, il y a toujours leurs émotions qui interviennent ».

Au regard de cette séquence ainsi diffusée sur le réseau social précité, le recteur de cette Université Rik Van de Walle a de suite réagi auprès du quotidien belge néerlandophone de tendance libérale pour large public, Het Laatste Nieuws (HLN) : « Ce qui est monté dans la vidéo est carrément humiliant et va complètement à l’encontre de tout ce que notre université défend ».

Un chirurgien pas vraiment esthétique_noël-bonhomme-neige-oiseau_wpInterrogé par la chaîne de télévision flamande VTM, le chirurgien a réitéré avec lourdeur ses dires : « C’est en lien avec #MeToo. Le problème, c’est que les femmes veulent une égalité, mais veulent garder les privilèges offerts par les hommes sans leur devoir l’élégance (il est vrai qu’adresser une allocution à des étudiants une bière à la main, c’est la grande classe) traditionnelle des bonnes femmes, ce n’est pas possible. Si vous regardez par exemple combien d’impôts payent les hommes et de combien de dîners au restaurant bénéficient les femmes, l’addition est très élevée ». (Au vu du gabarit de ce chirurgien, il est à se demander qui coûterait le plus cher au restaurant)

En Belgique, les propos infâmes de cet individu ont provoqué un tel tollé que la ministre de l’Égalité des chances, Nathalie Muylle, a dû intervenir : « Je désapprouve vivement les propos extrêmement sexistes et méprisables de Jeff Hoeyberghs. Je suis également choquée en tant que femme et me sens donc personnellement attaquée. Le fait que le poison de la misogynie soit répandu dans une université est un problème ».

Un chirurgien pas vraiment esthétique_noël-bonhomme-neige-luge_wpLe conseil d’administration de l’Université de Gand a décidé de suspendre l’association des étudiants catholiques flamands (KVHV) pour deux mois suite aux propos misogynes et sexistes du chirurgien plasticien au cours de cette conférence.

En réponse, le chirurgien a spécifié dans une déclaration écrite que les propos tenus au cours d’une conférence de l’association étudiante KVHV n’étaient pas « destinés au public ». L’avocat du chirurgien a annoncé que son client avait déposé deux plaintes, estimant que son discours n’avait rien de répréhensible. Ainsi, une plainte pour « diffamation » contre les responsables de Campagna Rosa, une association de lutte contre le sexisme, et une autre pour « harcèlement » contre X en raison d’avoir « appelé le chirurgien quotidiennement et l’insulter dans les jours qui ont suivi la publication de la vidéo. » Et selon le chirurgien, il serait même attaquer par « certaines institutions ». Les communiqués de presse des dites institutions, sans les nommer d’ailleurs, sont en outre « formulés de manière clairement intimidante […] On croirait presque à la formation d’un gang », a-t-il ajouté. (Finalement, il serait un peu #MeToo (ou mytho) ce chirurgien)

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