Bogaletch Gebre

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? – 2019

Bogaletch Gebre, dite Boge Gebre, est une microbiologiste et une militante éthiopienne née dans le village de Zata au Kembata Tembaro. Sa date de naissance reste méconnue, faute de déclaration à l’état civil. Elle est décédée début à Los Angeles.

En 2010, The Independent la caractérise comme « la femme qui a commencé la rébellion des femmes éthiopiennes ». Elle a œuvré toute sa vie pour les droits des femmes ainsi que la prévention des mutilations génitales féminines.

Comme de nombreuses femmes éthiopiennes et d’Afrique d’ailleurs, son parcours fut un long combat. Ayant elle-même subi cette excision à l’âge de 12 ans, interdite d’éducation par son père, elle continuera cependant son chemin de femme. Elle décide de poursuivre l’école en cachette et sera du reste la première fille de son village à parvenir au terme de sa scolarité à l’école primaire. Envoyée à Addis-Abeba, elle obtient une bourse pour aller étudier en Israël la microbiologie et la physiologie. Elle termine ses études aux États-Unis où elle obtient un doctorat d’épidémiologie à l’Université de Californie.

Elle retourne ensuite en Éthiopie afin d’aider son peuple, en s’investissant pour les droits des femmes et l’éducation. Elle fournit les matériaux servant à la construction d’un pont permettant l’accès à l’école aux enfants de la région ainsi qu’aux commerçants pour se rendre au marché local.

En 1997, elle fonde avec sa sœur l’association Kembatti Mentti Gezzimma (KMG), « les femmes de Kembata debout ensemble », pour la défense des droits des femmes en Éthiopie, laquelle œuvre notamment dans la prévention des excisions et des mariages forcés. Ces derniers auraient été la source de 69 % des mariages dans le pays depuis 2003, selon le Comité national sur les pratiques traditionnelles de l’Éthiopie.

The Independent rapporte que l’association aurait permis de réduire de plus de 90 % le taux d’enlèvements maritaux dans le Kembata. Quant à L’Économiste, il évoque la baisse des mutilations génitales féminines de 100 % à 3 %.

L’Éthiopie compte l’un des plus forts taux de filles et de femmes excisées au monde. Selon un rapport de l’UNICEF datant de 2013, ce serait 23,8 millions de femmes, soit 74,3% des femmes entre 15 et 49 ans, qui auraient déclaré avoir subi une excision. De nos jours, 200 millions de filles et de femmes vivent avec une mutilation génitale féminine. Même si la majorité d’entre elles vivent dans 30 pays d’Afrique et du Moyen-Orient, il est estimé que 5% de ces femmes mutilées vivraient en Europe, dont environ 53 000 femmes résidant en France. D’ici à 2030, il est considéré que 68 millions de filles dans le monde subiront des mutilations génitales féminines si les efforts visant à enrayer ces pratiques ancestrales barbares ne sont pas accentués.