Alabama : la loi anti-IVG la plus répressive des États-Unis

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Ce mercredi, l’Alabama a promulgué une loi anti-IVG, même en cas d’inceste ou de viol. Elle a pour objectif de remettre en question ce droit constitutionnel reconnu depuis 1973. Un texte de loi précédent avait été adopté par la Chambre des représentants et du Sénat de l’État n’autorisant que l’interruption volontaire de grossesse en cas de risques pour la mère. Il représentait déjà le texte le plus restrictif à l’échelle du pays. Désormais avec ce nouveau texte, promulgué par le gouverneur républicain Madame Kay Ivey, il devient le plus répressif des États-Unis.

Cette loi qui entrera en vigueur dans six mois commence évidemment à faire l’objet des mouvements contestataires de défense des droits civiques, dont l’Union Américaine pour les Libertés Civiles, American Civil Liberties Union (ACLU).

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Cette année, les réformes de la législation sur l’avortement aux États-Unis ont déjà frappé fort. 20 États américains ont été concernés, notamment la Géorgie, le Kentucky, l’Ohio et le Mississippi qui ont récemment grossi les rangs. Ces États ont interdit l’IVG dès lors que les battements du cœur de l’embryon son détectables ; un phénomène évolutif naturel dans le développement in utero pouvant apparaître dès la sixième semaine. L’ACLU et le Planning familial ont annoncé ce mercredi qu’ils avaient saisi la justice pour l’abrogation de la nouvelle loi votée dans l’Ohio.

Or, le texte de loi approuvé ce mardi par le Sénat de l’État de l’Alabama, constitué à très large majorité de Républicains, va beaucoup plus loin. Il interdit l’avortement à tous les stades de la grossesse. Il prévoit de plus des peines allant de 10 à 99 ans de prison pour les médecins qui le pratiquent. Une sentence plus sévère que pour un viol. Cependant, il estime qu’une femme ayant été avortée ne peut être tenue responsable. Un amendement proposé par les Démocrates permettant d’autoriser l’IVG en cas de viol ou d’inceste a été rejeté. Les 27 sénateurs républicains qui adopté le texte sont tous des hommes.

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Les partisans de la restriction du droit à l’avortement ambitionnent davantage, tel que l’a résumé le sénateur local Clyde Chambliss. Ils veulent se rendre « directement à la Cour Suprême pour remettre en cause la décision Roe vs Wade », l’arrêt garantissant le droit à l’avortement voté en 1973.

Les deux nominations choisies par Donald Trump parmi les 9 juges de la Cour Suprême ont rendu cette instance à majorité conservatrice. Pour le mouvement pro-life, celle-ci représente dès lors une possibilité de revenir sur cette jurisprudence constitutionnelle.

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