USA : le retour en force de l’amiante

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À partir des années 1970, presque 60 pays ont interdit l’usage de l’amiante utilisé depuis la fin du siècle dernier par l’industrie pour ses qualités ignifuges ; ce silicate de magnésie filamenteux étant particulièrement toxique.

En rappel. Les différents types d’amiante à structure fibreuse se dégradent en particules microscopiques restant en suspension dans l’air. Lorsque ces micro-fibres sont inhalées, elles provoquent une maladie appelée asbestose, en référence à l’asbeste, l’autre nom de l’amiante, évoquée dès les années 1930 et désignant une fibrose pulmonaire. L’exposition à ses particules déclenche aussi d’autres maladies, comme les cancers des bronches, des poumons ou encore de la plèvre.

Les États-Unis sont l’un des seuls pays industrialisés au monde à ne pas l’avoir interdit complètement, ils en ont simplement restreint l’usage. Et à l’instigation du gouvernement de Trump, l’amiante s’apprête à s’étendre en force dans le pays, au moyen d’une série de déréglementations et de nouvelles règles établies ces derniers mois par l’agence fédérale américaine de protection de l’environnement, EPA, qui en juin dernier éditait un rapport détaillant ces nouvelles règles applicables à l’amiante. Parmi celles-ci, l’autorisation de sa réintroduction dans des nouvelles utilisations industrielles, telles que les plastiques, les revêtements de sol, le feutre de toiture ou encore le papier. L’agence prévoit également la limitation des tests d’évaluation des risques sanitaires de l’amiante ainsi que les dangers environnementaux des plus de 10 000 tonnes de fibres présentes dans les sites sensibles ou les décharges. Par conséquent, l’EPA n’évaluera pas davantage les risques avancés par la présence de la substance dans l’air, le sol ou l’eau.

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La Russie, grand exportateur d’amiante s’est évidemment réjouie d’une telle décision, au point d’avoir apposé un sceau à la gloire de Donald Trump sur ses cargaisons d’amiante à destination des USA, comme le montre la photo en en-tête de cet article, sur les palettes d’Ural Asbest, l’une des principales compagnies productrices.

Aux États-Unis, entre 12 000 et 15 000 personnes meurent de maladies provoquées par l’amiante. Cette année, un rapport publié par le président de l’International Commission on Occupational Health (ICOH), (Commission internationale de la santé au travail, société professionnelle internationale non-gouvernementale fondée à Milan lors de l’Expo 1906 en tant que Commission permanente de la santé au travail), Jukka Takal, fait plutôt état de 40 000 personnes décédées d’affections liées à l’amiante.

Or, cette décision n’est pas très surprenante de la part de Trump qui doit une partie de sa fortune à l’immobilier et qui a toujours été un fervent défenseur de l’amiante. Il a même été jusqu’à déclarer sur Twitter que l’interdiction de l’amiante était un complot mené par la mafia et que l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center le 11 septembre 2011 était dû au retrait des fibres de ses structures qui auraient empêché la calcination.

Alors là… seule une armada de bons psys sauraient faire l’affaire…