USA : la fondatrice de la startup Theranos risque jusqu’à 20 ans de prison pour fraude

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Elizabeth Holmes a créé la startup Theranos en 2003 à l’âge de 19 ans. Elle promettait des diagnostics plus rapides et moins coûteux que ceux des laboratoires traditionnels grâce à des méthodes révolutionnaires permettant d’effectuer jusqu’à 200 analyses avec une très faible quantité de sang. En 2015, elle avait été nommée par le magazine Time parmi les 100 personnalités les plus influentes.

Suite à une série d’articles fin 2015 parue dans le Wall Street Journal qui avait commencé à émettre des soupçons sur la réelle efficacité de ses méthodes, le ministère de la Santé américaine s’était saisi de l’affaire.

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Aujourd’hui, cette ex-étoile montante de la Silicon Valley et son associé Ramesh Balwani risquent 20 ans de prison pour escroquerie. Ce qu’a annoncé ce 15 juin les services du procureur fédéral pour la Californie du Nord. Un énorme coup pour le secteur américain des hautes technologies qui tendent de plus en plus à confondre vitesse et précipitation.

La justice américaine a affirmé qu’Elizabeth Holmes et Ramesh Balwani savaient que « leur système avait des problèmes de fiabilités, ne permettait de faire qu’un nombre limité de tests et était plus lent que d’autres systèmes sur le marché ». La fraude est évaluée à « plusieurs millions de dollars ». Ils risquent tous deux jusqu’à 20 ans de prison ainsi que de très lourdes amendes.

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Selon l’acte d’accusation, des centaines de patients ou leurs assurances ont payé des tests sanguins, parfois après que des médecins, eux aussi trompés, leur avaient recommandé la startup Theranos basé à Palo Alto, dans le Comté de Santa Clara, en plein cœur de la Silicon Valley. Les autorités fédérales ont déclaré : « De plus, ils ont délivré aux médecins et aux patients des résultats de tests qui étaient inexacts ». Elles ont également précisé qu’une grande partie des tests avait été réalisée à l’aide d’autres systèmes déjà disponibles dans le commerce.

Alex Tse, procureur de l’État américain a expliqué : « Petits comme gros investisseurs du monde entier sont attirés par la Silicon Valley grâce à son histoire, ses talents et ses promesses. Ils sont aussi attirés par le fait que derrière l’innovation et l’esprit d’entreprise, il y a des règles qui exigent l’honnêteté, le fair-play et la transparence ». Il s’est de même engagé à poursuivre « tous ceux qui ne respectent pas les règles qui font marcher la Silicon Valley ».

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Peu de temps avant le jour de l’inculpation, Theranos avait annoncé qu’Elizabeth Holmes abandonnait ses fonctions de directrice générale, mais qu’elle restait à la tête du conseil d’administration.

À la mi-mars 2018, l’organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers, Securities and Exchange Commission (SEC), avait déjà lancé une accusation d’escroquerie à l’encontre d’Elizabeth Holmes et de Ramesh Balwani. Selon la SEC, ils étaient parvenus à récolter 700 millions $ en exagérant ou en mentant sur leur produit et leurs prévisions financières. Aux termes d’un accord à l’amiable, la fondatrice s’était engagée à payer une amende de 500 000 $ ainsi qu’à céder le contrôle financier de la startup en soldant alors la partie purement financière du dossier mais pas celle des poursuites pénales.

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En 2014, la fortune d’Elizabeth Holmes était estimée à 3,6 milliards $ par le magazine économique américain Forbes, la plaçant au rang de la plus jeune milliardaire n’ayant pas hérité de sa fortune. Sa startup était, elle, évaluée à près de 10 milliards $.

Dans une situation fâcheuse depuis plus de deux ans, Theranos a fermé progressivement plusieurs laboratoires et licencié des centaines de salariés. Malgré tout, Elizabeth Holmes tenterait à nouveau de séduire des investisseurs pour créer une nouvelle société, selon le journaliste John Carreyou, qui avait révélé l’imposture dans le Wall Street Journal et sorti un livre sur cette affaire en mai. Dans une interview récente auprès du magazine Vanity Fair, celui-ci l’avait décrite en ces termes : « Je pense qu’elle a des tendances sociopathes. Parmi ces tendances, il y a le mensonge pathologique ».

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