Le syndrome du choc toxique (SCT)

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Parler de ce qui nous concerne intimement, nous les femmes, de cette période mensuelle que nous traversons toutes, est devenu un sujet qui n’est plus tabou. Et pour cause. Cette maladie méconnue dont certains cas rares de femmes sont victimes, le syndrome du choc toxique (SCT) lié aux menstruations, qui depuis quelques temps déjà suscite un intérêt médiatique et sanitaire particulier.

Le syndrome du choc toxique est une infection rare et grave, provoquée par la sécrétion de toxines produites par des bactéries présentent naturellement dans notre organisme, notamment au niveau de la peau et de l’ensemble des muqueuses. Généralement sans danger, certaines de ces bactéries libèrent cependant un poison dans le sang appelé ainsi toxine ; les bactéries étant les plus souvent incriminées dans le SCT sont le streptocoque, le staphylocoque et le clostridium. Le SCT touche les individus n’ayant pas développé de défenses immunitaires contre la toxine que produit la bactérie concernée. Le SCT n’est donc pas essentiellement lié aux menstruations ; il peut apparaître suite à une blessure, une opération ou encore un traitement affaiblissant le système immunitaire, comme la chimiothérapie par exemple. Ces toxines très dangereuses s’infiltrent dans la circulation sanguine et atteignent les organes, notamment le foie, les reins ou les poumons.

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On appelle donc un « choc toxique » la réaction de l’organisme à la production de la toxine produite par la bactérie en cause. Face à cette « agression », l’organisme réagit de manière plus ou moins intense. La notion de « choc » implique un degré élevé de cette réaction qui entraîne alors un affaiblissement général des fonctions vitales.

Le syndrome du choc toxique lié aux règles est provoqué par le staphylocoque doré qui produit une toxine appelée TSST-1 et atteint les femmes rares n’ayant pas développé des défenses immunitaires contre cette toxine. Ce SCT est une pathologie fulgurante qui peut avoir des conséquences extrêmement graves, de l’amputation d’un membre inférieur, le plus souvent, à la mort. La mauvaise utilisation de tampons et des coupes menstruelles* en est la cause principale.

Le tampon hygiénique et la coupe menstruelle sont directement visés car ils favorisent la stagnation du sang dans le vagin. Ce qui peut provoquer la multiplication des bactéries et ainsi potentiellement la libération de la TSST-1.

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Selon le Dr Lina, biologiste médical au CHU de Lyon, « certaines femmes sont porteuses du staphylocoque doré, une bactérie qui n’est normalement pas dangereuse… mais porter un tampon de manière prolongée peut bloquer la bactérie au niveau du vagin. Alors, elle se multiplie et produit des toxines dangereuses ».

Enfin une nouvelle étude vient de révéler que la composition des tampons et des coupes menstruelles n’influait pas directement sur le risque du choc toxique lié aux règles, mais l’air contenu à l’intérieur.

Je vous invite alors à consulter l’article de Camille Gaubert « Les tampons bio et cups ne diminuent pas le risque de choc toxique » publié dans le magazine Sciences et Avenir qui vous en donne l’explication détaillée.

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*Coupe menstruelle ou coupelle menstruelle, appelée également cup, est un appareil de protection hygiénique féminine utilisé lors des menstruations. Formé ainsi d’une petite coupe en forme d’entonnoir aux bords arrondis se terminant en général par une petite tige, ce dispositif est le plus souvent composé de silicone médical. Placée à l’intérieur du vagin pour recueillir le sang, la coupe menstruelle se conserve jusqu’à 12 heurs en place, avant de devoir être vidée, rincée, puis réinsérée. Réutilisable durant plusieurs années, elle est perçue comme une alternative écologique aux protections hygiéniques classiques et jetables ; les tampons et serviettes.