Des gènes toujours actifs après la mort

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Pas très gai le thème, vous me direz, en cette Journée Internationale de la Femme.

Mais, comme je suis une femme, par conséquent, c’est aussi ma journée, qui plus est mon blog ne s’appelant pas LES CHRONIQUES MORTES OU VIVES pour rien, hé bien les amis, je choisis le sujet de cet article Sciences comme je veux !

Blague mise à part. Cette étude qui a été publiée dans la revue Nature Communication à la mi-février est une véritable avancée dans le domaine de la génétique.

Une équipe internationale de chercheurs a observé et évalué l’activité génétique après le décès d’un individu. Elle a pu déterminer l’heure de la mort avec une précision jusque-là inégalée.

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La vie après la mort existe donc bien ! Mais d’un point de vue biochimique. « Nous avons observé des processus actifs de certains gènes après le décès. C’est-à-dire qu’une activité au niveau des mécanismes de transcription génétique persiste dans certaines cellules plusieurs heures après la mort », a expliqué Roderic Guigó, Professeur de biologie computationnelle (utilisant les concepts fondamentaux de l’informatique dans la recherche et la démarche scientifiques) à l’Institut des sciences et technologies de Barcelone en Espagne.

Cette observation des réactions cellulaires post mortem a été réalisée à partir de 36 types de cellules différentes prélevés sur 540 donneurs morts. Les scientifiques ont étudié dans chaque tissu, cerveau, foie, reins, poumons, sang, etc. les mécanismes de transcription génétique par lesquels l’ADN commande à la cellule de synthétiser telle ou telle protéine. Ainsi des ordres biochimiques passant par l’ARN messager (ARNm), molécule très proche de l’ADN étant la copie d’un fragment du génome donc destinée à transmettre le message génétique. C’est cet ARNm qui continue d’être transcrit dans certains tissus après la mort. La mort d’un individu ne coïncide alors pas exactement avec celle de l’ensemble de son organisme.

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Le Professeur de biologie computationnelle a également commenté auprès du site Vice : « Certaines parties du corps sont toujours en vie quand le décès est prononcé. Qu’est-ce que ça signifie ? C’est une question qui ne concerne peut-être pas la science. Quelle est la différence entre la mort d’un individu et la mort des parties qui constituent l’individu ? Suis-je mon foie, mon estomac, mon rein ? Tous ces organes continuent de fonctionner après la mort. Ils sont vivants, mais je suis mort. En vérité, la vie peut être définie comme l’action coordonnée de toutes ses parties, et la mort comme la fin de cette coordination. »

Mieux encore. Si l’activité de certains gènes décline, notamment ceux liés à la réponse immunitaire ou au métabolisme, cette activité peut être stimulée chez d’autres gènes. Par exemple, l’expression de gènes associés au stress était plus forte après la mort ainsi que celle d’un gène à l’origine d’une protéine de transport de l’oxygène.

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Selon ces scientifiques, ce phénomène pourrait s’expliquer comme pouvant être un effet compensatoire de l’organisme qui n’aurait pas complètement abandonné l’idée de vivre, en quelque sorte l’instinct primitif de survie lié à toute espèce vivante.

Pour arriver à ce constat, les chercheurs ont alors utilisé des techniques de modélisation informatique et d’apprentissage automatique, machine learning. De par ces dernières, ces travaux ont permis à l’équipe de développer un algorithme déterminant l’heure précise de la mort. Grâce à la mesure des variations de l’expression génétique de 399 corps, le logiciel a réussi à établir l’heure du décès de 129 personnes. Pour chaque type de cellule, il a été ainsi possible de mettre au point un timing minuté de l’activité génétique post mortem. C’est entre 7 et 14 heures après la mort que les plus grandes variations d’activité ont été observées. Certains gènes s’affaiblissaient, d’autres au contraire s’activaient.

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Ilias Tagkopoulos, chercheur en science informatique à l’Université de Californie à Davis aux États-Unis qui n’a pas participé à ces travaux a déclaré dans la revue Science : « On peut imaginer un futur où les laboratoires seront équipés d’une intelligence artificielle utilisant l’expression génétique et d’autres informations contextuelles pour déterminer l’heure et la cause d’un décès ».

Même si le programme développé par l’équipe du Professeur Roderic Guigó demeure à ce jour un outil expérimental, cette analyse de l’expression génétique, sur les 24 heures suivant un décès, se voudrait plus précise que celle des bactéries dont l’activité varie peu sur ce laps de temps. Ces travaux permettraient aussi une meilleure compréhension des réactions qui suivent une greffe d’organe. Cette expression génétique résiduelle pouvant avoir des implications sur la survenue de cancer consécutif à la greffe.

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En 2017, une autre équipe de chercheurs avait déjà démontré qu’une activité génétique chez la souris et le poisson-zèbre continuait, voire, se réveillait, jusqu’à 4 jours après la mort.

Enfin, ce type de travaux en la matière ne date pas d’aujourd’hui, puisqu’en 2016, dans son article « Des centaines de gènes « zombies » se réactivent après la mort », Lise Loumé du Magazine Sciences et Avenir en faisait déjà référence.

Women’s Day

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Aujourd’hui, 8 mars, sans surprise, tout le monde le sait, c’est la Journée Internationale de la Femme ! Enfin, plus précisément, la Journée Internationale des Droits des Femmes.

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Bien que cette journée marque les luttes pour les droits des femmes, notamment contre les inégalités par rapport aux hommes, elle ne demeure pas moins qu’une journée parmi tant d’autres.

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Mais, avant de vous présenter mon article habituel sous ma rubrique Sciences, il m’était inconcevable de ne pas dédier un article à cette journée au vu de mon engagement dans ce combat.

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Petit récapitulatif. Cette journée tire son origine de l’histoire des luttes féministes qui ont eu lieu en Europe et en Amérique.

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Le 28 février 1909, le National Women’s Day, Journée Nationale de la Femme, fut fêté sur l’initiative du Socialist Party of America. Ce dernier était le Parti politique démocratique socialiste aux États-Unis de 1901 à 1973. Il naquit de la fusion des membres du jeune Parti social démocratique et de ceux du Parti ouvrier socialiste qui avaient quitté leur organisation en 1899. Il disparut en 1972/1973 pour se diviser en 3 Partis distincts, les actuels Socialist Party of the United States of America (Parti Socialiste des États-Unis), Social Democrats USA (Sociaux-Démocrates, USA) et Democratic Socialists of America (DSA), (Socialistes Démocrates d’Amérique).

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À la suite de la proposition en août 1910 de Clara Zetkin (enseignante, journaliste, femme politique du Parti social-démocrate d’Allemagne) et d’Alexandra Kollontaï (menchevik du Parti ouvrier social-démocrate de Russie, future commissaire du Peuple), l’Internationale socialiste des femmes (ISF) célébra le la première Journée Internationale des Femmes en revendiquant le droit de vote aux femmes, le droit au travail ainsi que la fin des discriminations au travail. Cette organisation féministe internationale européenne, principalement, fut créée en 1907 sous le nom d’Internationale des femmes socialistes en tant qu’organisation sœur de l’Internationale ouvrière. Après plusieurs changements de noms, elle est aujourd’hui associée à l’Internationale socialiste (IS) rassemblant ainsi les organisations féminines des partis membres de l’IS.

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Depuis 1910, des rassemblements et manifestations ont lieu tous les ans. Or, ce n’est que le 8 mars 1977 que les Nations Unies officialisèrent cette journée. Ce fut consécutivement à l’année internationale des femmes de 1975 et s’inspirant de l’initiative communiste que l’ONU adopta une résolution enjoignant à ses pays membres de célébrer une Journée des Nations Unies pour les droits de la femme et la paix internationale, appelée dès lors plus communément la Journée Internationale de la Femme. Celle-ci fait désormais partie des 87 journées internationales reconnues ou introduites par l’ONU.

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Quant à l’origine du 8 mars en France, elle remonterait à une manifestation d’ouvrières américaines du textile. Ce « fait » serait issu d’un article de 1955 du quotidien communiste L’Humanité ayant relaté une manifestation de couturières new-yorkaises, un siècle auparavant, le 8 mars 1857.

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Outre les évènements historiques qui ont permis à cette journée d’être la nôtre (juste sur le calendrier), ce jour représente davantage la consécration aux victoires gagnées de nos aïeules. Cette date est également un rappel à tous les autres combats à mener. Le droit à l’éducation pour les filles dans le monde, de disposer de notre corps, de s’unir avec l’être choisi, de se vêtir comme souhaiter, d’avoir les mêmes opportunités professionnelles que les hommes, les mêmes libertés qu’eux, le droit d’avoir les mêmes droits…