Les peines de cœur

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Ce n’est pas mon habitude, ni mon credo de parler de ce genre de choses. Je ne suis pas très à l’aise avec ça, ni très douée. Peut-être suis-je trop sensible ? Ai-je peur d’en faire de trop ou pas assez ? Je ne sais pas. Cependant exceptionnellement…

La raison qui m’a poussée à vous écrire à ce sujet est simple. Il y a quelques jours, j’ai lu un article sur un blog qui m’a quelque peu tourneboulée. Après sa lecture, je souhaitais laisser un commentaire. Au moment de taper sur les touches du clavier de mon pc, mes doigts se sont figés, mes idées se sont embrouillées… Je ne savais simplement pas quoi dire, ni comment m’exprimer.

Quels mots employer pour soulager une tristesse ? Quelle formule littéraire utiliser pour combler une solitude ? Comment apaiser une absence sans tomber dans le larmoiement ? Comment adoucir un vide sans donner l’impression de pitié ?

Toutes ces questions me sont venues à l’esprit. J’ai donc décidé de fermer la fenêtre de ce commentaire. Je n’ai rien écrit. J’y ai pensé durant ce temps. Je voulais oublier. J’ai hésité longuement à écrire ces mots. Aujourd’hui, je me suis dit, c’est bien et facile de combattre la souffrance en écrivant sur ce qui se passe dans le monde, or au final, ça ne sert à rien si l’on ne peut répondre à celle qui est à sa portée.

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Alors voilà. N’ayant pas l’audace et ne voulant en aucun cas blesser l’auteur de l’article, parce que je ne le connais pas vraiment, je ne laisserai pas de commentaire direct sur son blog mais par l’intermédiaire du mien. Je vais tenter de trouver les mots justes pour peut-être l’aider à traverser cette période difficile de sa vie.

Les peines de cœur. Celles qui traversent notre existence. Celles que nous avons connues tous et toutes un jour ou plusieurs dans notre vie ou connaissons encore. Celles qui font partie d’un tel quotidien qu’elles finissent par ne plus compter. Celles qui paraissent si dérisoires de nos jours par rapport aux violences dans le monde qui abreuvent la presse et en font les choux gras des journaux.

Mais voilà. Ces peines existent. Elles sont aussi réelles que les violences. Car elles sont violentes. Certaines blessent plus que d’autres. Elles laissent autant de traces qu’un coup que l’on aurait reçu en plein visage. Ce bleu s’efface avec le temps. Mais à l’identique, la blessure morale, elle, demeure. On ne peut quantifier la valeur d’une peine. Cette valeur n’a l’importance que celle qu’on lui accorde et surtout en fonction du ressenti de l’être, de sa sensibilité.

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Que l’on ait été quitté ou que l’on ait quitté, la peine est là dans les deux cas. Elle reste plus ou moins longtemps. Elle peut disparaître quand on se retrouve à deux. Elle résiste lorsqu’on est seul. Et c’est peut-être cette solitude qui attise la force de cette peine.

Un adage dit : « Mieux vaut être seul que mal accompagné ». Et ce proverbe dit vrai. Même si la solitude accompagne notre quotidien, elle est parfois plus présente et pesante dans une vie à deux qui se passe mal. On dit aussi que quiconque n’est fait pour vivre seul. Ça dépend. Il y a des individus, des solitaires qui sont malheureusement destinés à le rester. Certaines personnes ne parviennent pas à vivre avec quelqu’un. Non parce qu’elles n’en sont pas capables, qu’elles le veulent, qu’elles sont exigeantes ou encore difficiles à vivre, mais parce que tout simplement c’est comme ça dans cette vie-ci et ne le sera plus peut-être dans une autre vie.

L’amour, le vrai, n’est pas toujours évident à trouver. Il ne se rencontre pas au coin de la rue, même d’une ruelle sombre. Surtout aujourd’hui dans le monde dans lequel on vit. Il est difficile lorsque l’on est seul de trouver ne serait-ce que chaussure à son pied, même si ce n’est pas la chaussure rêvée. Quand on observe l’évolution actuelle, cette guerre des sexes menée avec rage dans chaque camp, comment peut-on réussir à lier une relation de cœur basée sur le respect. Car c’est peut-être cela finalement l’amour vrai, le respect mutuel.

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Il y a également l’âge. Ce n’est pas un secret de dire que l’on vieillit. Et cette avancée dans le temps, la société qui change à vitesse grand V, l’ultra conformisme d’un côté et le non-conformisme à outrance de l’autre, la communication virtuelle qui s’est tant développée dans tout domaine qu’elle s’annihile d’elle-même dans la vie réelle entre les personnes, crée le confinement dans la solitude. On « snapchate », on « textote », on « short message », on « tweete »… mais l’on ne sait plus regarder l’autre, on ne sait plus parler à l’autre, on ne sait plus qui est l’autre, on ne sait plus lui dire : Je t’aime.

Enfin, j’en ai peut-être dit de trop pour le coup ou pas vraiment assez. Il est plus facile à dire qu’à faire. La rencontre de l’être aimé, de son âme sœur, on en a tous et toutes rêvé ou on en rêve encore…