Afrique : 0,5 % seulement de son budget est consacré à la recherche

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À l’occasion du 5e sommet entre l’Union Européenne et l’Union Africaine qui a lieu les 29 et 30 novembre à Abidjan en Côte d’Ivoire, avec le thème central « l’investissement dans la jeunesse », les chercheurs africains lancent un appel à l’ensemble des gouvernements du continent afin qu’ils augmentent les budgets consacrés à la science et aux technologies.

« Aucun des pays africains ne consacre plus de 0,5 % de son budget à la recherche. »

Les causes : une pénurie de laboratoires de bonne qualité technique pour une recherche adéquate et performante, mais également selon l’Unesco, l’Afrique compte 90 chercheurs par million d’habitants à côté de 3 400 environ par million dans les pays développés. Elle ne publie qu’ainsi 2 % des articles scientifiques parus dans le monde. Et bien qu’en avril 1980, les 54 pays africains se soient engagés à Lagos au Nigeria sur un plan d’action pour le développement économique de l’Afrique concernant les crédits alloués à la recherche qui devaient atteindre le 1 % de leur budget respectif en 2000, aujourd’hui, cet objectif semble impossible.

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Le Pr Daouda Aïdara, biologiste, ancien Président de l’Université Nangui Abrogoua de la Côte d’Ivoire et Président de l’Académie des Sciences, des Arts, des Cultures d’Afrique et des Diasporas Africaines (ASCAD), explique : « On peut certes comprendre les contraintes nombreuses et diverses de sollicitations des dirigeants africains sur plusieurs fronts en même temps, notamment sur les priorités données à la santé et à l’éducation […] Or, un constat indéniable est que ce sont les pays qui ont investi dans la formation des ressources humaines, dans la science et dans la technologie qui sont aujourd’hui soit émergents soit développés. »

Afrique_0,5 % seulement de son budget est consacré à la recherche_ERC_wpC’est pour cela que les scientifiques du continent ont décidé de se mobiliser en lançant cet appel dit « Appel d’Abidjan » qui circule dans les Académies de sciences, les organismes de recherche et les universités. Ce texte convie tous les dirigeants d’Afrique à mettre en place un système de soutien financier à la recherche dans le long terme, à encourager la formation de nouvelles équipes ainsi qu’à investir dans des équipements performants et de qualité, à l’image du Conseil européen de la recherche, l’European Research Council (ERC), belle réussite qui fête d’ailleurs ses 10 ans cette année.

Afrique_0,5 % seulement de son budget est consacré à la recherche_IRD_wpCependant, le message de cet « African Research Council » ne s’adresse pas aux bailleurs occidentaux ou organismes européens, comme l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), qui collaborent depuis de très nombreuses années à l’émergence d’une recherche africaine compétitive. Ce que confirme le Professeur Daouda Aïdara : « Leur aide, bien que hautement appréciée, ne saurait à elle seule suffire pour une résolution durable de ce problème spécifiquement africain. C’est donc bien à nos gouvernements de faire l’effort financier nécessaire en faveur de la science, afin que celle-ci soit un levier durable du développement de nos pays et une alternative définitive, de par ses effets induits, à l’émigration périlleuse de la jeunesse africaine vers l’occident. […] Pour la Côte d’Ivoire par exemple, qui possède un potentiel agricole riche, il faut évidemment investir dans la recherche agronomique. »

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Aussi, l’initiative de cet appel est de permettre aux pays africains d’étendre leur domaine de recherche en pouvant choisir les énergies renouvelables, les technologies marines, l’économie numérique, etc. La volonté des signataires de cet appel est donc de définir la « vision africaine » de la science, tel que le Professeur le spécifie : « Il faut capitaliser les compétences acquises par nos jeunes chercheurs dans les laboratoires du Nord en les adaptant à nos besoins endogènes de développement. »

Enfin, le thème phare de ce sommet, « l’investissement dans la jeunesse », n’a pas été un choix hasardeux, puisqu’il est lié aux vagues migratoires entre l’Europe et l’Afrique. Qui plus est, les ambassadeurs de cette rencontre ont tenu compte de la population africaine qui doublera d’ici 2050 atteignant les 2,4 milliards d’habitants et majoritairement jeunes. L’Afrique subsaharienne devra dès lors créer 18 millions de nouveaux postes par an d’ici 2035. Ce qui ne sera pas une mince affaire.

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Les scientifiques présents à ce 5e sommet rappellent donc aux dirigeants africains que le développement scientifique est l’une des pièces maîtresses de la création de ces emplois dans des secteurs nouveaux de l’économie.

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