Grand Prix Inserm 2017

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Née le 5 mars 1965 à Londres, Edith Heard est une généticienne britannique spécialiste en épigénétique, une discipline de la biologie étudiant les mécanismes moléculaires qui modulent l’expression du patrimoine génétique en fonction du contexte.

Elle suit des études de génétique à Emmanuel College, l’un des 31 collèges de l’Université de Cambridge, où elle obtient un Bachelor of Arts en 1986. Elle réalise un doctorat, qu’elle soutient en 1990, sur le cancer dans le laboratoire du Imperial Cancer Reasearch Fund. Elle entre à l’Institut Pasteur pour effectuer un stage post-doctoral sur l’inactivation du chromosome X et sa régulation épigénétique au cours du développement. Elle est ensuite engagée par le CNRS en 1993. En 2010, elle est à la direction de l’unité mixte de recherche de Génétique et biologie du développement de l’Institut Curie.

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En 2012, elle est nommée professeur titulaire au Collège de France à Paris de la chaire « épigénétique et mémoire cellulaire ». Lors de ses travaux, elle découvre une organisation des chromosomes, la chromatine (substance composée de molécule d’ADN, d’ARN et de protéines, qui sert à créer les chromosomes eucaryotes) s’organisant selon des structures chromosomiques tridimensionnelles appelées domaine d’association topologique, soit Topologically associating domain (TAD). Celui-ci est une région génomique auto-agissant, c’est-à-dire que les séquences d’ADN dans un TAD interagissent physiquement entre elles plus souvent qu’avec des séquences extérieures au TAD. Il range l’ADN dans une sorte de « fil de laine » qui forment plusieurs pelotes dont chacune correspond à un TAD. Cet « effet pelote » est responsable de la régulation des gènes. Au cours de la reproduction, la perte de ces pelotes provoque l’inactivation du chromosome X. Ces structures chromosomiques tridimensionnelles sont présentes chez les animaux, certaines plantes, champignons et bactéries. La taille des TAD peut aller de milliers à des millions de bases d’ADN. Les fonctions des TAD ne sont pas toutes comprises, mais dans certains cas, la perturbation des TAD entraîne une maladie car le changement de l’organisation 3D du chromosome perturbe la régulation des gènes. Les mécanismes sous-jacents à la formation du TAD sont également complexes et non complètement élucidés, bien qu’un certain nombre de composés de protéines et d’éléments d’ADN soient associés aux limites du TAD. Cette découverte a eu un impact important sur l’interprétation du génome et de l’information épigénétique.

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En 2013, elle devient Fellow of the Royal Society, compagnon de la Royal Society, analogue à l’Académie des sciences en France.

Le 30 novembre 2017 au Collège de France, en présence de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, et du député Cédric Villani, elle recevra lors de la cérémonie annuelle des Prix Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), le Grand Prix de 2017 pour ses travaux sur l’épigénétique, l’ensemble des mécanismes moléculaires au niveau du génome et de la régulation de l’expression des gènes.

En 2019, elle sera Directrice Générale du Laboratoire Européen de Biologie Moléculaire, European Molecular Biology Laboratory (EMBL).

En parallèle à ses recherches et à l’enseignement, Edith Heard œuvre au développement de Programme national d’aide à l’accueil en urgence des scientifiques en exil, PAUSE, un programme régi par le Collège de France visant à développer une science sans frontières et à ainsi accueillir dans l’impératif les scientifiques en exil issus de pays où la situation politique ne leur permet plus d’exercer leur métier, mais aussi où leur vie ainsi que celle de leur famille son menacées.

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Au cours de cette cérémonie, d’autres prix seront décernés :

Grand Prix Inserm 2017_Marie-Paule Kieny_wp– Le Prix International reviendra à la spécialiste française en virologie Marie-Paule Kieny, Sous-directrice Générale de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans le cadre des systèmes de la santé et l’innovation, depuis novembre 2012, aussi Directrice de recherche Inserm. En 2014, alors que l’Afrique de l’Ouest est frappée par le virus Ebola, elle assume tous les aspects de la recherche et du développement afin de tenter d’enrayer le virus. En l’espace de onze mois, l’OMS assure la promotion et le suivi de l’essai clinique de l’un des deux vaccins testés dans cette région. En 1980, elle obtient un doctorat en microbiologie à l’Université de Montpellier ainsi qu’un diplôme universitaire en économie. De 1981 à 1988, elle est Directrice scientifique adjointe de Transgene SA. De 1999 à 2000, elle est à la tête du groupe de recherche de virologie moléculaire travaillant sur le virus de l’hépatite C à l’Institut de virologie de l’Inserm. Elle dirige l’Initiative de l’OMS pour la recherche sur les vaccins depuis sa création en 2001. Sous sa direction, le développement ainsi que l’homologation de nouveaux vaccins contre la méningite et la grippe pandémique dans les pays en voie de développement ont pu se réaliser grâce à son savoir-faire. Elle est pionnière en la matière. Les vaccins contre les maladies liées à la pauvreté et celles qui touchent de manière disproportionnée les populations pauvres et marginalisées sont des priorités permanentes depuis son premier rôle à l’OMS avec le Programme spécial de recherche et de formation concernant les maladies tropicales en 2001. D’octobre 2010 à novembre 2012, elle est Sous-directrice Générale de l’OMS pour l’Innovation, l’Information, les Preuves et la Recherche.

Grand Prix Inserm 2017_Marc Peschanski_wp– Le Prix Opecst-Inserm récompensera le biologiste français Marc Peschanski, spécialiste en neurophysiologie des maladies neurodégénératives et des cellules souches   et directeur de recherche Inserm, pour son travail sur les cellules souches embryonnaires humaines. Lui et son équipe sont actuellement sur le point de produire industriellement des thérapies développées à partir de cellules souches embryonnaires humaines et de leurs produits. Après des études de médecine, il devient chercheur à l’Inserm au sein du CHU de l’hôpital Henri-Mondor de Créteil dans le Val-de-Marne. Spécialiste du cerveau et des maladies neurodégénératives, telles que les maladies de Parkinson et de Huntington, il est un précurseur des greffes neuronales. Il séjourne quelques années en Angleterre puis s’oriente vers la recherche sur les cellules souches. Passée une lutte pour la révision des lois de bioéthiques, il crée en 2005 sur le Génopole d’Évry, I-Stem, un Institut des cellules souches en partenariat avec l’Association française contre les myopathies. En décembre 2006, suite à cette démarche, une polémique menée par certains milieux catholiques se déroule pendant le Téléthon. Il est aussi partisan du clonage thérapeutique pour « obtenir du matériel biologique » afin de comprendre les mécanismes de certaines maladies. En 2011, son équipe, co-dirigée par Cécile Martinat, chef d’équipe de recherche à l’Inserm sur les maladies neuromusculaires, publie des résultats primordiaux sur l’identification de gènes impliqués (deux gènes de la famille SLITRK) dans une forme de myopathie, la maladie de Steinert, en utilisant des cellules souches embryonnaires humaines. Ce qui de nouveau provoque une polémique sur l’opportunité d’utiliser de telles cellules plutôt que des cellules souches pluripotentes induites (iPS). Il a été, durant de nombreuses années, rédacteur en chef de la revue Médecine/sciences.

Grand Prix Inserm 2017_Alain Chéotal_wp– Le Prix Recherche se verra attribué à Alain Chédotal, directeur de recherche Inserm à l’Institut de la vision et chercheur expert en neuro-anatomie, développement, transgenèse chez la souris, migration neuronale, guidage axonal, qui a réussi à observer en 3 dimensions les connexions neuronales dans le cerveau intact, grâce à des rayons lasers et à l’imagerie en fluorescence. Il cherche à comprendre comment les neurones en migration et les extensions des neurones pour établir des connexions entre eux (axones) sont guidés dans le cerveau en développement. Il travaille également avec son équipe sur de nouvelles technologies permettant de visualiser le développement des neurones. Ses travaux visent à déterminer si les molécules servant au guidage axonal sont de même impliquées dans des maladies du système visuel ou des pathologies dont la myéline d’un organe se trouve détruite, cas de la sclérose en plaques ou de certains cancers.

Grand Prix Inserm 2017_Sophie Allart_wp– Le Prix Innovation distinguera, entre autres, la biochimiste Sophie Allart, ingénieure de recherche Inserm et responsable du plateau technique d’imagerie cellulaire du Centre de physiopathologie de Toulouse, en reconnaissance de ses recherches en physiopathologie qui ont permis la découverte de la présence du virus Zika à l’intérieur même du spermatozoïde. Elle entre à l’Inserm en 1994, après des études en biochimie à l’INSA de Lyon. Ingénieure d’études, elle interrompt son activité pour réaliser une thèse en immuno-virologie qu’elle soutient en 2003. Elle effectue un stage de fin d’études dans la recherche privée et découvre sa vocation en développant un fort intérêt pour la vie de laboratoire. En 2005, elle se reconvertit pour être ainsi recrutée à son poste actuel d’ingénieure de recherche.

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