Le hashtag de trop !

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#BalanceTonPorc, hashtag apparu sur Twitter en octobre sur l’initiative de la journaliste Sandra Muller de La Lettre de l’audiovisuelle. Il est la variation française, peu élégante et encore moins féminine, de #MyHarveyWeinstein, hashtag lancé par l’écrivain canadien Anne T. Donahue suite au scandale du producteur américain Harvey Weinstein accusé de harcèlement et d’agressions sexuelles.

Partant certainement d’un bon sentiment, ce hashtag qui m’a déjà provoqué une douleur indescriptible à mes doigts lorsque je l’ai tapé sur le clavier de mon pc et causé un haut-le-cœur à sa lecture a ainsi réjoui nombreuses de mes congénères.

Or, avant d’exprimer mon point de vue sur le sujet, je tiens à remercier Annabelle Prune pour son article publié sur le site MEDIAPART qui traduit en quelque sorte mon opinion.

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Cette initiative voulant que « la parole se libère », donnant alors l’occasion aux femmes de raconter leur histoire sur ce qu’elles ont subi par rapport au harcèlement et/ou agression sexuelle, porte pourtant une atteinte sévère et dangereuse au respect de l’homme, car lui aussi mérite le respect. En outre, au-delà de l’homme, il s’agit de l’Homme.

Oser parler, rompre le silence, afin de lutter contre ce fléau ne signifie pas pour autant que la femme doive devenir outrancière, donner libre cours à ses instincts primaires. Et pour reprendre les mots d’Annabelle : « Parce que chacun des termes de ce mot d’ordre va à l’encontre de son objectif émancipateur. L’émancipation ne se commande pas, elle se conquiert à plusieurs d’abord en dénonçant le système d’une oppression. »

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Qui plus est, cette volonté d’un pseudo « appel à témoins » dépasse l’idée de dénonciation, mais insinue plutôt celle de la délation, ne serait-ce que par le mot « balance ». Mais aussi, citant de nouveau Annabelle : « Pourquoi animaliser une violence ? « Porc » ? N’est-ce pas avec ce genre d’anathème que se reproduit le système de toutes les violences dominatrices. Laissons nos amis porcins en dehors de nos histoires de familles. Mais quoi ! Ce sont des Beaufs, des Bôfs, des harasseurs, des violenteurs, des violeurs, je cherche encore des mots. »

Ce hashtag ignoble ne sert en rien la cause féminine. Au contraire. Il est maladroit, d’une extrême violence, une incitation à la haine et risquerait de conduire à la conséquence désastreuse de condamner tous les hommes au même sort.

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Pire, il pourrait amener à une dérive (qui a dès lors tendance à se produire) de paranoïa incontrôlée qui pousserait à considérer le moindre geste affectueux sans arrière-pensée sexuelle d’un homme comme du harcèlement et/ou une agression sexuelle. Une psychose qui nous amènerait vers un futur où les hommes et les femmes ne parviendraient plus à vivre ensemble. Un avenir d’un sérieux retour en arrière d’une humanité divisée où les hommes et les femmes ne seraient plus que des ennemis.

Pour conclure, je vous invite vivement à lire l’article d’Annabelle Prune qui a trouvé les bons mots pour définir ce que j’espère ne pas être la seule à penser.

Donc, moi non plus Sister, je ne balancerai pas !

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