« DOSSIER TABOU : Harcèlement sexuel, les femmes n’en peuvent plus »

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Diffusé le dimanche soir 1er octobre sur la chaîne de télévision M6, ce troisième numéro de DOSSIER TABOU présenté par le journaliste Bernard de La Villardière a frappé fort de nouveau.

Le magazine s’est intéressé cette fois-ci à un problème de société qui envahit de plus en plus le quotidien des femmes : le harcèlement sexuel. Qu’il soit de rue, au travail, il fait désormais partie de leur vie.

Ce dossier intitulé « Harcèlement sexuel, les femmes n’en peuvent plus », révèle le ras-le-bol des femmes devant ce phénomène qui s’est accru de manière exponentielle en l’espace de quelques quinzaines d’années.

Ce documentaire met aussi en lumière à travers ce sujet une culture du viol qui s’ancre insidieusement dans notre société au point de la banaliser.

Il montre différentes séquences où les femmes sont confrontées d’une part à l’aversion des hommes et de l’autre part à la résolution de femmes à se soumettre à cette situation.

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Il nous emmène dans un quartier parisien, où dans une rue entière certains commerces, notamment les cafés, sont devenus interdits aux femmes. Des femmes arrivées en France il y a plus de quarante ans, qui se sont installées avec leur famille dans ce quartier, où dans cette même rue, elles se promenaient en liberté visage découvert. Aujourd’hui, elles sont contraintes de sortir voilées et d’éviter certains de ces lieux publics qui sont dès lors la propriété des hommes. Un groupe de femme a décidé de se rebeller. Face à la caméra, elles révèlent leur quotidien. Alors qu’elles marchent tranquillement dans cette rue, elles se font réprimander verbalement par un groupe d’hommes qui expliquent alors que les femmes n’ont pas leur place dans certains endroits, comme les cafés qui sont réservés à l’homme. Certains d’entre eux vont jusqu’à déclarer que le rôle de la femme s’arrête à celui de la bonne mère de famille au foyer à s’occuper de la maison, des enfants, etc., que leur place est à l’intérieur et non dehors, sauf pour faire les courses servant au ménage, sous-entendu à l’homme.

Dans une autre séquence, nous découvrons un professeur organisant régulièrement des séances dans un amphithéâtre d’une université sur cette question de harcèlement et sur la considération de la femme dans notre société actuelle. Les participants sont tous des adolescents. À travers une série de diaporamas des publicités qui inondent nos rues, nos télévisions, il démontre à ces jeunes l’influence de ces images sur leur manière de pensée et leur contribution subliminale à conditionner leur vision sur la femme en tant qu’objet. Il demande en parallèle leurs opinions sur la tenue vestimentaire qu’une fille peut ou pas porter selon eux, avis pour le moins édifiant, en particulier ceux des adolescentes. Certaines expriment franchement qu’elles n’osent plus porter de jupe, qu’elle soit courte ou longue, par peur d’être agressées ou simplement remarquées. D’autres adolescentes pensent qu’une fille ne doit porter une jupe avec un haut un peu décolleté qu’à condition qu’elle soit mariée ou qu’elle ait un copain. Selon elles, une fille célibataire qui s’habille de la sorte cherche juste à coucher, qu’elle est une fille facile, pire, une prostituée, pour rester poli.

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Le reportage nous conduit également à Dijon, où nous assistons à une expérience menée par quatre jeunes femmes sur le harcèlement sexuel, implicitement sur la femme perçue dans l’espace public en fonction de son style vestimentaire. Debout dans l’une des rues les plus fréquentées de Lyon, chacune porte une tenue différente et tient un panneau sur lequel est inscrit : « Ma tenue justifie-t-elle que je me fasse agresser ? » Les passants témoins ont à leur disposition des post-it. Ils peuvent y inscrire sur l’un d’eux le mot « oui » et le coller sur l’une ou les jeunes filles qu’ils estiment être concernées. Les réactions s’avèrent controversées. Nous constatons amèrement que cette vision actuelle de la femme n’a pas évolué, au contraire. Le plus alarmant est que cette dernière est renforcée par les jeunes. Les personnes plus âgées n’ont été choquées par aucune de leur tenue, certaines d’entre elles, des hommes d’ailleurs, ont même évoqué la période de l’arrivée des mini-jupes en France. Quant aux individus les plus jeunes, les adolescents, les vingt et trente ans, leurs réactions ont été des plus virulentes. On pouvait ainsi entendre : « Y’a que des femmes comme vous qui se font violer ! », « C’est à cause de femmes comme ça qu’il y a des viols, regardez comme elle est habillée ! », ou encore « Personne ne mérite de se faire agresser, mais celle-là je l’agresserais bien ». Très vite, la situation dégénère entre les témoins de cette expérience sociale et les jeunes femmes sont obligées d’y mettre un terme pour leur sécurité.

Cette scène n’est pas sans nous rappeler une action similaire réalisée par neuf étudiantes à Dijon suite à un sondage Ipsos de mars dernier ayant rapporté que 27% des Français atténuaient la culpabilité du violeur lorsque sa victime portait une tenue sexy.

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Ce DOSSIER TABOU a donc su exposer objectivement cette réalité sociale qui gangrène notre pays, qui s’est répandue et se répand bien sournoisement de plus en plus au-delà de nos frontières.

Il pose de même des vraies questions. Est-ce cette montée d’une islamisation à outrance que nous subissons depuis de nombreuses années et qui pousse les femmes à se cacher sous un prétexte « religio-culturel » ? Est-ce la prise de position de ces personnalités publiques jouant les faiseurs de morale en dénonçant cette soi-disant « mode des putes » ? Est-ce à l’inverse ces créateurs modernes en tout genre qui enracinent l’image sexuelle de la femme-objet dans leurs publicités ? Est-ce tout simplement le manque de repère d’un côté comme de l’autre qui au lieu de rassembler les deux sexes afin qu’ils acceptent leurs différences les divise au nom de la volonté d’une pseudo égalité ?

Enfin, encore aujourd’hui et trop souvent, les victimes d’agressions sexuelles s’entendent être interrogées sur la tenue vestimentaire qu’elles portaient lors de leur agression afin d’insinuer leur part de responsabilité en les enfermant davantage dans une forme de culpabilité.

En septembre, l’Université du Kansas aux États-Unis a organisé une exposition baptisée « Tu étais habillée comment ? » afin de casser ce préjugé selon lequel tenue vestimentaire et viol son liés.

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