Les enfants maltraités ont un cerveau qui se développe anormalement

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5 à 15 % des enfants âgés de moins de 15 ans sont victimes de graves violences physiques et/ou sexuelles en Occident. Il a été récemment prouvé que ces dernières augmentaient le risque de dépression et de suicide.

Des scientifiques du McGill Group for Suicide Studies ont ainsi publié leurs résultats de recherche dans le prestigieux American Journal of Psychiatry. Ils ont établi que les effets durables des expériences traumatiques subies à l’enfance étaient dus à une altération de la structure et de l’activité des cellules du cortex cingulaire antérieur, partie spéciale du cortex considérée comme la plus ancienne dans l’évolution et partie du cerveau jouant un rôle majeur dans le contrôle des émotions et de l’humeur.

L’activité optimale du cerveau est due aux neurones qui communiquent avec les cellules éloignées par leurs axones, partie allongée qui permet le passage de l’information sous forme d’impulsions électriques. Ces axones sont recouverts et protégés par la myéline, à l’image d’une gaine entourant un fil électrique. La myéline est une substance grasse de protection des fibres nerveuses formée principalement donc de lipides à 70 % et dont les couches alternent avec des couches de protides à 30 %. La constitution de ce revêtement gras a lieu au cours des vingt premières années de vie.

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Après études, les scientifiques ont découvert une diminution de l’épaisseur de la myéline chez les personnes ayant subi des maltraitances pendant leur enfance. Ils ont également constaté un défaut de production de celle-ci au niveau de l’ADN des cellules responsables de la générer et de l’entretenir.

Pour arriver à ces résultats, les chercheurs ont alors étudié de manière plus approfondie la matière blanche des personnes ayant été maltraitées au cours leur enfance. La matière blanche constitue les tissus du cerveau et de la moelle épinière composés de milliards de fibres nerveuses myélinisées. Bien que des études antérieures aient déjà fait ce lien en remarquant la présence d’anomalies significatives, les observations avaient été réalisées par IRM sur le cerveau de personnes vivantes. Il était donc impossible de connaître avec plus de précision les cellules et les molécules concernées qui étaient affectées au sein de la matière blanche. De ce fait, les scientifiques ont porté leurs travaux sur des cerveaux post-mortem. Ils ont recueilli à la Douglas-Bell Canada (Douglas-Bell Canada Brain Bank ou DBCBB) des cerveaux de trois groupes d’adultes sur lesquels ils ont prélevé des échantillons pour les comparer. Les trois groupes étaient composés de 27 individus qui se sont suicidés suite à une dépression avec des antécédents de sévices sévères, 25 qui se sont suicidés suite à une dépression mais sans antécédents et 26 psychologiquement sains. Seuls les individus maltraités durant leur enfance ont montré ces résultats.

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En conclusion, ces changements provoqués un stade précoce du développement peuvent contribuer à l’apparition de troubles dépressifs ainsi que de comportements suicidaires. Ces constats ont dès lors permis de mettre en évidence une dérégulation du traitement des émotions.

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