Pays-Bas : 40 gènes liés à l’intelligence

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Photo de Fernando Da Cunha / BSIP / AFP

Fin mai 2017, des chercheurs de l’Université libre d’Amsterdam aux Pays-Bas ont publié dans la revue Nature Genetics leur découverte qui a eu un fort écho dans les médias anglophones et francophones. Cette dernière a été relayée dans le magazine Sciences et Avenir.

Ils ont ainsi déclaré avoir identifié 40 nouveaux gènes liés à l’intelligence. Pour parvenir à cette identification, ils ont étudié le lien entre le génome de plus de 78 000 adultes et enfants européens et leurs résultats à des tests de QI. De par ce fait, cette étude est celle menée à la plus grande échelle jamais réalisée jusqu’alors.

Cependant, Hervé Chneiweiss, neurologue, directeur du laboratoire Neurosciences Paris Seine et Président du comité d’éthique de l’Inserm met un bémol concernant cette découverte : « Les 40 gènes identifiés rendent compte de moins de 5 % de la variance observée lors des tests d’intelligence, laissant donc 95 % aux facteurs épigénétiques, c’est-à-dire les modifications d’expression des gènes liées à des facteurs environnementaux, éducationnels, culturels, socio-économiques… […] Il est donc scientifiquement faux d’affirmer qu’il n’y a aucune influence de la génétique sur nos capacités cognitives, mais tout aussi erroné de prétendre que celle-ci joue un prépondérant. »

Lise Loumé, spécialiste santé au pôle digital du magazine Sciences et Avenir rappelle que « les tests QI restent très discutés et ne peuvent prétendre à l’universalité », cf. article écrit par Elena Sender.

De son côté, Danielle Posthuma, principal auteur de l’étude, a rassuré sur l’éventualité de dérives, notamment la sélection d’embryons dès la naissance, par exemple, comme elle l’a déclaré au magazine : « Loin de nous l’idée de cautionner une telle dérive, de plus je doute fort que cela puisse être techniquement possible un jour. Aux Pays-Bas, les recherches sur l’héritabilité de l’intelligence ont débuté très tôt au 20e siècle et sont largement financées par l’État. » Elle a également expliqué que ce type de travaux pouvait être effectué « sans tomber dans le déterminisme génétique. […] Les facteurs environnementaux dominent toujours ceux liés à la génétique, bien entendu. Par exemple, si vous êtes génétiquement prédisposé à être accro à la nicotine, vous pouvez toujours décider de ne pas fumer. Dans le cas de certaines maladies génétiques, il est possible de ne pas développer la pathologie en changeant son comportement, par exemple son alimentation : c’est le cas de la phénylcétonurie, une maladie génétique héréditaire qui empêche d’assimiler une substance naturellement présente dans l’alimentation, la phénylalanine. » Elle a ensuite ajouté que ses travaux permettraient de mieux comprendre des pathologies : « Les 40 gènes identifiés, qui ont une fonction dans le cerveau et plus particulièrement dans la régulation du développement cellulaire, sont également en lien avec la maladie d’Alzheimer, la schizophrénie, les symptômes dépressifs, le trouble du spectre autistique… » Et elle a même spécifié en exemple avoir repéré une variante d’un gène associée à un risque réduit de schizophrénie et une autre augmentant le risque du trouble du spectre autistique.

En réponse à cette dernière déclaration, le neurologue a nuancé ces propos : « Il y a toutefois tellement de gènes associés à ce type de pathologie qu’il est complexe d’appréhender leur mécanisme. »

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