Tchétchénie : le retour des camps de concentration

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Une information a été révélée par le journal d’opposition russe, Novaïa Gazeta. Depuis la fin mars 2017, des rafles sont organisées en Tchétchénie parmi les homosexuels ou ceux soupçonnés de l’être. Ils sont arrêtés, déportés, torturés, voire battus à mort, dans des « prisons secrètes », rappelant froidement les camps de concentration de la Seconde Guerre Mondiale. D’ailleurs, le journal britannique Daily Mail, qui a relayé l’information sur son site, parle de « l’ouverture des premiers camps de concentration pour homosexuels depuis Hitler ».

Le journal russe a également affirmé que la police Tchétchène avait regroupé plus d’une centaine d’individus suspectés d’homosexualité, dont certains étaient des personnalités locales célèbres ainsi que des personnalités religieuses, et en avait tué 3.

Dès le 29 mars, le réseau LGBT (lesbian, gay, bisexual, and transgender, lesbiennes, gays, bisexuels et transgenre) a lancé un message d’urgence sur les réseaux sociaux pour les habitants du Caucase du Nord : « Si vous vous sentez en danger, si l’on vous menace, contactez-nous immédiatement à l’adresse kavkaz@lgbtnet.org »

Alexander Artemyev d’Amnesty International en Russie a déclaré sur le site du Daily Mail : « Nous pouvons seulement inviter les autorités russes à examiner les allégations. Les homosexuels en Tchétchénie sont traités très durement et poursuivis quotidiennement et ils ont peur d’en parler. Ils doivent se cacher ou quitter la République. Nous restons en contact avec le réseau LGBT qui aide les gens en Russie à trouver un abri. Le problème est que ces gens-là ne peuvent pas en parler sans mettre leur vie ou ceux à qui ils en parlent en danger. C’est la question principale à laquelle nous faisons face en Russie et le défi principal. »

Ekaterina Sokirianskaia, directrice du projet en Russie du Groupe de Crise International, a aussi expliqué au journal britannique : « Cette histoire ressemble à celle racontée par les victimes qui s’en sont échappées. »

Tanya Lokshina, représentante des Droits de l’Homme à Moscou à de même témoigné auprès du journal : « Depuis plusieurs semaines maintenant, la Tchétchénie a rapidement activé une campagne brutale contre les gens de LGBT. Ces derniers jours, très peu de personnes en Tchétchénie osent parler aux représentants des Droits de l’Homme ou aux journalistes, même anonymement, parce que le climat de peur est écrasant et les gens en grande partie ont été intimidés et contraints au silence. Déposer une plainte officielle contre les responsables locaux de la sécurité est extrêmement dangereux, car les représailles des collectivités locales sont pratiquement inévitables. Il est difficile d’évaluer avec justesse comment les gens de LGBT sont vulnérables en Tchétchénie où l’homophobie est intense et effrénée. Les gens de LGBT sont en danger non seulement de persécution par les autorités, mais aussi d’être victimes de « meurtres d’honneur » par leurs proches, afin de ne pas ternir l’honneur familial. »

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De son côté, le Président Razman Kadyrov, allié clé de Vladimir Poutine, a prétendument ordonné la répression, bien qu’officiellement son régime ait nié les arrestations : « Il est impossible de persécuter ceux qui ne sont pas dans la République. »

Razman Kadyrov, qui a introduit la loi islamique dans la région à majorité musulmane et qui été accusé précédemment de violations des Droits de l’Homme, a décrit ces allégations comme « des mensonges absolus et de la désinformation. »

Son porte-parole, Alvi Karimov, a déclaré à son tour à l’agence de presse russe Interfax, située à Moscou : « Vous ne pouvez pas arrêter ou réprimer des gens qui n’existent tout simplement pas dans la République. Si de tels gens existaient en Tchétchénie, l’application de la loi ne devrait pas s’inquiéter d’eux, comme leurs proches ne les auraient pas envoyés là où ils ne pourraient jamais revenir. »

Cependant, la société tchétchène demeure très conservatrice. Et contrairement à d’autres cas où des proches ou des activistes de droits peuvent faire pression sur les autorités lorsqu’un proche homosexuel disparaît, ici ceux qui sont soupçonnés vont probablement être reniés par leur famille.

Enfin, selon le journal américain, The New York Times, des hommes homosexuels de la région ont supprimé leur profil sur les réseaux sociaux suite à des témoignages ayant fait état de représentants de l’autorité qui avait tenté de séduire des hommes homosexuels en leur fixant des rendez-vous pour ensuite les arrêter.

Quant aux rapports russes, ceux-ci prétendent que les arrestations n’ont été de l’ordre que de seulement 15 à 50 individus.

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