Billy Paul nous a quittés…

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1935 – 2016

Né Paul Williams le 1er décembre 1935 à Philadelphie, Billy Paul est décédé de la suite d’un cancer du pancréas, hier 24 avril, dans sa maison de Blackwood, dans le New Jersey. Il était ainsi âgé de 81 ans.

Chanteur américain mondialement connu, notamment pour son single numéro un Me and Mrs Jones, chanson pour laquelle il reçut en 1972 un Grammy Award, il a marqué toute une époque. Entre Soul et Disco, il a été l’un des chanteurs importants de sa génération. Le velours de sa voix si caractéristique restera à jamais.

Élevé par une maman amoureuse de jazz, son chanteur de prédilection est le très fameux Nat King Cole. Il aime chanter « mellow », moelleux, velouté. Il se produit en ville au Club Harlem, à l’âge de 16 ans, où il y croise les célèbres Charlie Parker et le saxophoniste Paul « Hucklebuck » Williams. Il décide alors de changer d’identité afin de ne pas être confondu avec ce dernier.

À partir de 1952, Billy Paul enregistre deux singles à New York pour le label Jubilee, sans succès. En 1957, il part en Allemagne pour effectuer son service militaire au cours duquel il rencontre Elvis Presley. De retour aux États-Unis, il rejoint les clubs de jazz.

En 1967, sa carrière prend un véritable virage par sa rencontre avec Kenny Gamble et Leon Huff, équipe de création interne de l’International Records Philadelphie, qui lui permettent d’enregistrer deux albums très empreints de sa culture jazz, dont notamment une reprise de Somewhere de Leonard Bernstein ou encore de Psychedelic Sally de Horace Silver, scat emprunté à Ella Fitzgerald. En 1971, sous l’inspiration de Gamble et Huff, il enregistre l’album Going East, se voulant plus pop et psychédélique.

Billy Paul nous a quittés_album_wpMais, c’est en 1972, avec son album 360 Degrees of Billy Paul, dans lequel se trouvent le très célèbre hit Me and Mrs Jones ainsi que celui de la réinvention de la chanson Your Song d’Elton John, énorme tube au Royaume-Uni à l’époque, que Billy Paul connaît un véritable succès.

Pourtant, le second single choisi par Gamble et Huff pour affirmer le succès de Me and Mrs Jones fera tout le contraire, en cassant non seulement son image de chanteur « débonnaire, inoffensif et désengagé » mais surtout, ternira sa carrière qui ne s’en remettra jamais. Ce titre Am I Black Enough for You ? (Suis-je assez noir pour vous ?)  incitant la continuité de la lutte engagée du Black Power jusqu’à la victoire (mouvement très connu lancé par Stokely Carmichael, du Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC), en 1966, qui réunissait les divers mouvements politiques, culturels et sociaux noirs aux USA, très actif dans les années 60/70, et qui luttait contre la ségrégation raciale) sera un véritable fiasco.

En 1975, toujours sous l’influence de Gamble et Huff, la chanson Let’s Make a Baby met une seconde couche au tableau noir. Vivement réprimée par le révérend Jesse Jackson qui mène une campagne relativement agressive contre les paroles qu’il juge trop « explicites », cette chanson finira par éteindre définitivement sa carrière. Sans compter qu’en parallèle, un autre chanteur, l’incommensurable Barry White, enchaîne succès sur succès en déferlant sur les ondes avec sa voix chaude et envoûtante. Face à ce torride concurrent, Billy Paul ne fait pas le poids.

En 1980, il quitte International Records Philadelphie et enregistre encore deux autres albums bourrés de musique au synthé et boîte à rythmes, comme le voulait la mode à cette époque, albums qui passèrent presque inaperçus. En 1988, il décide d’arrêter pour se replier sur ses anciens tubes et publie à son compte des enregistrements en public, dont Your Song : Live in Paris et une reprise de Purple Rain de Prince qu’il interprète en concert privé en 2000.

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En 2011, lors d’une apparition télévisuelle, il chante en duo avec la chanteuse française Chimène Badi l’un des grands classiques de la Motown, prestigieux label de soul music, Ain’t No Mountain High Enough, confirmant ainsi que son talent incontestable fut captif de choix controversés.

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En Inde, la « ferme à bébés »

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Un fait divers récent a ressorti en plein jour cet effroyable trafic d’enfants en Inde. Pire ! Le trafic de bébés !

Les bébés concernés, fruits de grossesses non voulues, issus de relations hors mariage ou de viols ont été au cœur d’un odieux trafic.

Et c’est la police de l’État du Madhya Pradesh, en Inde, qui a révélé cette sombre affaire.

Une clinique privée de la région, après avoir persuadé les jeunes femmes de ne pas avorter, les a ensuite incitées à vendre leur bébé. Surnommée la « ferme à bébés » par les médias, la clinique comptait une trentaine de lits impliqués dans cet ignoble trafic.

Une machination bien rodée. Les administrateurs de la clinique, véritables manipulateurs, convainquaient les jeunes femmes arrivant au terme de leur grossesse de garder leur bébé jusqu’à la naissance, puis les vendaient jusqu’à 1 500 $ chacun ! Et ce qui donne aussi froid dans le dos ! Les bébés non vendus étaient échangés ! Un couple l’a d’ailleurs fait ; il a échangé l’un de ses deux fils contre une fille !

Selon la police, une jeune femme, ou les parents de celle-ci, qui se rendait à cette clinique était reçue par les médecins qui lui servaient alors deux arguments infaillibles afin de la convaincre de garder son bébé, un accouchement dans la totale discrétion et la garantie d’une bienveillance assurée à l’enfant par la suite. Un officier de police a ainsi confié dans l’anonymat au Times of  India : « Une fois que le bébé est livré et la mère déchargée, les autorités hospitalières commencent la chasse aux couples crédules qui pourraient vouloir les acheter. » Et la clinique engageait même des personnes à la recherche de femmes tombées enceintes de manière involontaire.

De plus, l’enquête menée par la police a conduit à un autre sordide constat, celui qui avait déjà été établi en 2007 par l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le crime. Ce bilan avait révélé que la majorité du trafic d’être humains avait pour but l’exploitation sexuelle dans 53% des cas et le travail forcé dans 40%, démontrant ainsi que la volonté d’adoption par amour et pour cause d’impossibilité de procréer ne représentaient qu’un très faible pourcentage.

Le directeur de la clinique ainsi que plusieurs parents ayant acheté des bébés ont donc été arrêtés. Le directeur de la clinique a été entendu par la police. Ce dernier a prétendu ne pas connaître l’origine des nouveau-nés retrouvés dans les chambres. Quoi qu’il en soit, il est poursuivi pour esclavage d’êtres humains, commerce d’esclaves et vente de mineurs destinés à la prostitution ; des charges très lourdes qui pèsent sur lui.

L’enquête est toujours en cours afin d’identifier toutes les personnes compromises dans ce trafic et les autorités craignent que des opérations équivalentes se soient déjà produites dans cette zone.

Affaire à suivre…