« Excisions minimalistes » ?

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Il semblerait qu’au royaume de l’inimaginable, deux gynécologues américains y auraient trouvé leur place !

Deux gynécologues américains, Kavita Shah Arora et Allan J. Jacobs de Cleveland, dans l’Ohio, ont publié un article, dans la revue spécialisée Journal of Medical Ethics, dans lequel ils osent suggérer la pratique des « excisions minimalistes » afin de respecter « les traditions culturelles »  et de ne pas attenter à la santé des femmes. Incroyable !

Il est à noter que l’un de ses deux gynécologues est quand même une femme ! Bravo !

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Alors que l’Organisation Mondiale de la Santé, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’excision qui a eu lieu le 6 février dernier, a révélé ces chiffres effrayants de 200 millions de femmes qui ont été victimes de cette pratique dans le monde, surtout en Afrique et au Moyen-Orient, et que d’autres organisations et associations sont nombreuses à combattre avec difficulté cette barbarie, notamment l’ONU qui voudrait l’éradiquer d’ici 2030, ces deux gynécologues eux prônent la tolérance des « excisions minimalistes » en justifiant leur idée par le respect des « traditions culturelles » et poussent même l’absurde encore plus loin en comparant les mutilations génitales des femmes à la circoncision !

Il est tout de même à rappeler que cette pratique consiste à l’ablation totale ou partielle des parties génitales externes de la femme (clitoris (clitoridectomie), petites et grandes lèvres) et que cette pratique dangereuse peut causer la mort suite à une hémorragie qui se déclenche. Ainsi que l’excision qui est pratiquée sur des filles, parfois des fillettes, l’est seulement pour des raisons purement culturelles, religieuses ou sociales et non médicales !

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Or, ces deux « professionnels » affirment donc dans la revue : « Nous ne disons pas que les interventions sur les organes génitaux de la femme sont souhaitables, mais plutôt que certaines interventions devraient être tolérées par des sociétés libérales. » Ils vont même jusqu’à employer le terme « d’altération génitale » en expliquant que deux types d’excisions seraient tolérables ; l’une sans effet à long terme sur l’apparence ou le fonctionnement des organes génitaux et l’autre modifiant légèrement l’apparence mais sans conséquences sur la reproduction et l’épanouissement sexuel. Encore plus fort, ils rapprochent leur projet à la circoncision ainsi qui elle est légale. Cependant, ces deux gynécologues font preuve de compréhension en considérant que toutes les excisions amenant à la perturbation de la sexualité, au bon développement de la grossesse ou de l’accouchement doivent être interdites.

Évidemment et fort heureusement, cet article a suscité de vives réactions, comme l’a annoncé l’AFP. De nombreux professionnels de santé ont de suite fait connaître leur ressenti.

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Ruth Mackin du Collège de médecine Albert Einstein de New York a ainsi déclaré concernant cette pratique : « une tradition culturelle destinée à contrôler les femmes, même dans sa forme la moins nocive, doit être abandonnée. » Quant au chercheur américain en bioéthique, Brian D. Earp, il a qualifié ce projet comme pouvant être un véritable « fiasco »

Enfin, il est également utile de rappeler que depuis 2008, 5000 communautés ont choisi la voie de renoncer aux mutilations génitales et que le Kenya, l’Ouganda, la Guinée-Bissau, le Nigeria et la Gambie ont promulgué une loi rendant cet acte comme étant un crime.