Le « politiquement correct »

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Récemment, je me suis jointe à un groupe de discussion d’un site Internet dont l’un des sujets débattus est « l’art du politiquement correct » ; sujet bien vaste et fort intéressant qui m’a ainsi donné l’envie de vous écrire cet article.

Que pouvons-nous penser de cette formulation qui sévit dans notre société depuis plus de trente ans ?

Est-ce une manière de dire, de faire, plus qu’un art, afin de caresser dans le sens du poil une société qui spolie de plus en plus les uns et les autres, enfin un peu plus les uns que les autres ; par les uns, j’entends la catégorie sociale la moins aisée ?

Cette expression est apparue dans les années 80 où la mode d’appeler un chat un tigre a envahi le monde professionnel pour atteindre le monde privé. Nous ne disons plus de nos jours une femme de ménage ou d’ouvrage, selon les pays francophones, mais une technicienne en arts ménagers, de la même façon, nous disons plus une caissière mais une hôtesse de caisse ou d’accueil, comme une guichetière qui s’est vue attribuer le titre de conseillère bancaire, etc., ne parlons pas, afin de rester politiquement correct, du salaire qui lui n’a pas eu bien sûr son blason redoré. Le prétexte donné à ces nouvelles appellations quelque peu pompeuses était soi-disant pour revaloriser ces personnes peu qualifiées, leur donner l’impression qu’elles n’effectuaient pas un travail considéré par la bonne société comme dégradant.

Par ailleurs, ce « politiquement correct » est-ce un idiotisme afin d’éviter de froisser les petites sensibilités des uns et des autres qui paraîtraient de plus en plus aujourd’hui s’offusquer pour pas grand-chose ?

« La critique est aisée et l’art est difficile » disons-nous. Or, concernant ce sujet, il semblerait que son inversion révèle davantage sa signification. Pareillement, l’expression « toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire » trouve ici son apogée.

Vivons-nous alors dans une société de plus en plus aseptisée où le « politiquement correct » devient-il la devise du devoir du bon citoyen plus que la notion de moralité en elle-même ? Devons-nous toujours bien rouler sur les bons rails, rester bien rangés en ordre, suivre la bonne marche, être un individu sans être individuel ? Si par malheur ou malchance nous nous en écartons, sommes-nous bannis de cette société irréfléchie bien pensante qui estime que le libre arbitre est contraire à l’intérêt général ? Devons-nous donc penser, dire, faire, respirer à la manière dictée par et de la société actuelle ?

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