Les fricoteurs sans service après-vente…

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Malgré mon désappointement, je reste motivée pour faire publier mon livre. Je reprends alors la lecture de ces contrats, la suite et la fin ; celles relatives à « la participation de l’auteur », « la rémunération de l’éditeur », « la résiliation du contrat » et « les garanties et responsabilités »

L’article bien écrit, noir sur blanc, en majuscule, sans alinéa, ni petit « a » ni petit « b » est ainsi nommé : « La participation de l’auteur » ou « la rémunération de l’auteur » ; certains contrats différenciant l’un et l’autre en deux articles indépendants, mais dont l’objectif reste le même, faire payer l’auteur pour la publication de son manuscrit.

Dans un contrat, l’article mentionne : « Une partie du coût total de l’édition est pris en charge par l’auteur. Ce coût est fixé à 4000 euros TTC (dont TVA 5,5%). L’auteur s’engage à verser cette somme selon l’échéancier suivant…  » Allez ! 4000 euros, rien que ça ! Au moins, c’est cash ! Pas de fioriture ! Cette maison d’édition-ci affiche la couleur ! Et il ne s’agit là que d’une partie du coût total ! Voudrait-il me concevoir un livre en feuilles d’or ? Vu le prix de l’or, quelque part, pourquoi pas ? Je pourrais peut-être même par la suite faire coter mon livre en bourse ?

Mais, dans d’autres contrats, la langue de Molière est utilisée avec beaucoup plus de subtilité. Un exemple :

Ainsi, « la rémunération de l’éditeur » : « L’auteur versera à l’éditeur une rémunération couvrant d’une façon forfaitaire les différentes prestations évoquées dans ce contrat et s’élevant à 2980 euros, toutes taxes comprises payables… » Toute cette longue phrase délicate pour finalement annoncer la douloureuse, comme il se dit ! Et presque 3000 euros par-là !

A la lecture de cela, je me demande, si en fin de compte, j’ai bien choisi le bon métier ? Je devrais peut-être devenir éditeur plutôt que de rester auteur ; je gagnerais mieux ma vie, au lieu d’être en train de la perdre ! Je n’ai même pas encore vendu, ne serait-ce qu’un exemplaire, que je dépense l’argent que je n’ai pas encore gagné !

Dans un autre contrat, l’article indique : « Pour prix de ces différentes prestations, l’éditeur recevra de l’auteur une rémunération forfaitaire de 850 euros payables… » Oh ! Là ! Seulement ! Il y a un sacrée différence de prix ! Ok ! Je dois toujours payer ! Mais, là ! Je me pose des questions ! En quoi, cette maison d’édition va-t-elle faire mon livre ? En papier absorbant ?

Peu importe ! Ce qui compte, c’est le cas de le dire, c’est moi qui dois payer ! Je deviens en quelque sorte un employeur qui « rémunère » un employé pour un travail que je lui demande d’accomplir, mais sans avoir aucune garantie de retour sur l’investissement !

Je consulte les articles suivants, dont quels que soient les termes évoqués dans chaque contrat, ils sont pratiquement similaires :

« La résiliation du contrat » : « Dans le cas où l’auteur serait responsable de l’interruption des travaux, les sommes versées resteraient acquises à l’éditeur » Mais bon sang, c’est bien sûr ! A l’auteur, surtout, de ne pas faire grève !

Mais, je garde le meilleur pour la fin, et celle-là, j’avoue, j’adore !

L’article ultime sur « les garanties et responsabilités », intitulé dans l’un des contrats, et là accroche-vous où vous voulez ou à qui vous voulez : « Cas malheureux » ! Et je vous donne son contenu, avec sa faute d’orthographe, au passage, et surtout son aberration  : « En cas d’incendie, inondation ou encore tout cas accidentels ou de force majeure, ayant pour conséquence la détérioration, la destruction ou la disparition de tout ou partie des exemplaires en stock, les ouvrages détruits ne seront pas intégrés dans le calcul de la reddition des comptes. L’éditeur devra informer l’auteur de cette diminution du stock et de son importance. Si par suite des éventualités ci-dessus envisagées, le stock ne permettrait plus à l’éditeur de répondre à la demande, l’édition serait considérée comme épuisée. L’éditeur réimprimera l’ouvrage pour répondre à la demande. Toute réimpression sera à la charge de l’éditeur. » Et bien ça ! Pour être un cas malheureux, c’est vraiment un cas malheureux, même plus, désespéré ! Commençons par la faute : « tout cas accidentels », avec « s » à accidentel ! Bien pour cette maison d’édition qui me sollicite 4000 euros, dont la correction de mon manuscrit est prévue ! Certes, je fais également des fautes, sans aucun doute ! Cependant, il est utile de rappeler que c’est l’éditeur, en l’occurrence, qui se veut être le professionnel ! Continuons avec l’aberration de taille à la fin de l’article qui stipule que le stock ne permet plus à l’éditeur de répondre à la demande et considère donc l’édition comme épuisée, mais y répondra quand même, puisqu’il s’engage à réimprimer l’ouvrage pour répondre à la demande ! Là, c’est fort ! Répondre à la demande sans pouvoir y répondre ! Il faut m’expliquer ! Mais, la cerise sur le gâteau, c’est quand même le coup de l’incendie, de l’inondation ou le cas de force majeure ! C’est un assureur ou un éditeur ? Il est vrai qu’il est commun qu’une maison d’édition brûle, telle Jeanne d’Arc sur le bûcher ou se trouve noyée sous un tsunami ! Mais, il y a aussi de l’humour dans cet article : « L’éditeur devra informer l’auteur de cette diminution du stock et de son importance. » Ah ! Bah ! Oui ! L’importance de la diminution du stock ; il n’y a plus du tout de stock !

Enfin, après l’étude de tous ces contrats, je m’interroge…

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